‹ Adolph MonodChapitre 134 sur 143 · CONFIANCE ET PAIX · texte numérisé non relu

CONFIANCE ET PAIX

nous gouvernent pour les arrêter sur cette pente funeste, et donne à tes serviteurs cette même sagesse pour discerner la résistance charnelle de la résistance commandée. Ta grâce et ta paix soient avec nous !

18 Mars. — Psaumes XX, LXÏII, XIII. — Ce

sont là de douces paroles. Il reste que le Saint- Esprit nous les approprie. Pour moi, je dirais volontiers avec Job : Ma souffrance est si grande que je ne saurais la porter ; mais en sachant où la mettre. Je la dépose dans le sein de mon Sauveur. Je m'attends à lui, et j'ai cette confiance que cela me sera donné jusqu'à la lin. Je voudrais plus; je voudrais la joie, je voudrais la victoire ; le Seigneur est puissant pour me la donner en son temps. Je n'ose rien prescrire, mais j'aspire à ma délivrance... Seigneur Jésus, unique espérance de nos âmes travaillées et chargées, toi dont le sang sauve pour l'éternité, regarde dans tes compassions cette famille que tu as réduite à une si grande et si pénible extrémité. Accorde à ton serviteur la grâce premièrement d'être soumis, entièrement soumis; et puis accorde-lui la grâce de surmonter la souffrance par le Saint-Esprit, comme Jésus a fait la sienne. Accomplis en nous cette paix qui s'accroît dans l'affliction , et fais-nous marcher par la croix de Jésus-Christ à la gloire de Jésus-Christ, au nom de Jésus-Christ !

26 Mars. — Psaume GUI. Oh! quel admirable Psaume ! Quelle beauté de pensée, de sentiment, de langage ! quelle poésie ! quelles images pour peindre la bonté de Dieu, et surtout la gratuité avec laquelle il nous pardonne nos péchés! // a éloigné de nous nos péchés autant que l'Orient est éloigné de l'Occident. Sa bonté est grande au-dessus de toutes ses œuvres. Il a compassion de nous comme un père a compassion de ses enfants. La nature entière, la nature physique et la nature morale, semble n'avoir été faite, et n'a été faite en réalité que pour nous peindre sous de vives et touchantes images les grâces que Dieu nous a faites en Jésus-Christ. Admirable psaume ! voyez l'unité de l'Écriture , sa beauté et en même temps sa simplicité ! Jamais de recherche dans sa poésie la plus hardie : on sent que c'est la poésie de Dieu, c'est-à-dire la poésie de la vie éternelle !

A son neveu, M. Henri Babut1.

Paris, 28 Mars.

Mon cher Henri, sous le poids d'un malaise et d'une douleur contre lesquels ma foi est bien faible,

1 La première nouvelle de la maladie de M. Henri Babut, aumônier en Grimée, venait d'arriver à Paris ; et déjà il s'était endormi dans le Seigneur, fidèlement entouré et assisté jusqu'à sa fin par quelques soldats chrétiens.

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je viens chercher quelque consolation en essayant de t'en apporter. J'ai tant de fois éprouvé que Dieu est fidèle envers celui qui lui est fidèle, que l'exercice de la charité pourrait passer presque pour un calcul d'intérêt.

J'apprends à l'instant que tu as été pris d'une indisposition dont il est impossible de déterminer encore le vrai caractère. En voilà bien assez pour nous préoccuper, à la distance où nous sommes de toi, et pour te préoccuper toi-même, soit pour ta santé, soit pour nous, soit pour ton ministère.

Pour ta santé, crois -en ton pauvre vieux oncle, marchant aujourd'hui tant bien que mal, sur les traces de ton excellent père, si la maladie parvenue à un certain degré est la plus sensible des épreuves, parce qu'elle est dans le corps, elle en est aussi la plus salutaire, et celle à laquelle s'applique plus spécialement Jacques I, 1-7.

Pour ce qui est de nous, nous sommes en paix pour toi, sachant dans quelles mains tu es, mains souvent pesantes, mais toujours tendres et paternelles.

Enfin, que ton ministère ne te trouble pas : c'est l'œuvre de Dieu, non la tienne, et il ne demande jamais de nous que ce qu'il nous donne la force d'accomplir.

Je reconnais à cela qu'il ne m'appelle pas à prolonger ce billet, car la force de parler m'échappe. Seulement souviens-toi de Jacques I, 6, et que la

foi est lame et le nœud de tout. Seigneur, augmentenous la foi!

Tous les miens te portent sur leur cœur devant Dieu.

28 Mars. — Agneau de Dieu nous t'adorons ! avec toi nous voulons mourir et vivre; avec toi souffrir et posséder la gloire éternelle. Renverse tous les obstacles qui nous séparent encore de toi, et unisnous tellement à toi, que nous soyons rendus plus que vainqueurs en Celui qui nous a aimés. Que ces chants, ces prières, ces paroles du Saint-Esprit nous soutiennent pour achever cette journée en paix, et pour nous engager dans les sombres craintes de la nuit. Qu'il n'y ait pas de crainte, parce que la parfaite charité la bannit, et que ton nom soit glorifié parmi nous, le nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit !

A un de ses Catéchumènes.

Paris, 31 Mars 1856.

Mon cher N. Il nous est revenu que vous avez été sérieusement malade ; et moi, qui me crois à la veille de passer de ce monde à Dieu, je ne voudrais pas le quitter sans vous avoir adressé une dernière parole d'attachement et d'exhortation. Je n'ai jamais cessé d'espérer de vous. Je sais que vous connaissez la vérité et l'appréciez : un saint effort,

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