‹ Adolphe et Clara, ou, Les deux prisonniersChapitre 13 sur 27 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

ADOLPHE. Eh! mon dieu, oui, Madame.

CLARA. Vous êtes venu ici , sans doute, pour jouir de ma douleur , pour insulter à ma peine.

ADOLPHE, J'y viens , parce que j'y suis arrêté, et que...

CLARA., gaimen/. Arrêté!... Ah! contez-moi donc ça.

ADOLPHE. Par une lettre de cachet.

CLARA. On m'a traitée comme vous.

C'est qu'on a pensé que tout devait être commun dans un bon ménage , même les lettres de cachet.

ADOLPHE, avec humeur. Mais je vou-

Adolph^ et Clara.

drais bien savoir à qui j'ai celte obligation !...

CLARA , se'rieusement d'abord. Ah ! je vais vous le dire. C'est à moi, Monsieur, ( Elle rit et lui fait la révérence. )

ADOLPHE. Avons ! je vous remercie...

CLARA. Vous êtes bien honnête : pour moi, je n'ai pas besoin de vous demander quelle est l'aimable personne qui a bien voulu., .

ADOLPHE. Vous me faites rougir...

Eh ! mon dieu , oui , c'est moi qui ai bien voulu vous procurer une petite surprise..

CLARA. Vous riez !... mais savez-vous que c'est on procédé indigne. . .

ADOLPHE. Vous parlez du vôtre , sans doute?

CLARA. Et que je suis d'une fureur. . . Je ne plaisante pas , Monsieur , je suis ou- rée ', et pour vous en donner une preuve , je vous avouerai que le seul adoucissement que je trouvais dans mon malheur, c'était de ne plus...

ADOLPHE. De ne plus être avec moi ?

CLARA. Pardonnez si j'en conviens , 'nais nous ne sommes pas ici pour nous flatter.

ADOLPHE. Ne VOUS gênez pas. Ce que vous avez pensé, moi , je l'ai dit, tout en arrivant, au commandant... Ah! àxi moins , me suis-je écrié , je vivrai plas tranquille , je ne la verrai plus.

CLARA. Eh bien ! en deux mots , vous lui avez fait Ih mon éloge.

ADOLPHE. Quand on est éloigné des personnes qu'on aime, c'est une douceur que de s'entretenir d'elles. . .

CLARA. Je l'ai éprouvé... car je lui ni dit un... un bien de vous...

ADOLPHE. J'étais entre bonnes mains...

Si vous sortez d'ici , comptez-vous voir ce petit colonel?

CLARA. Retournerez-vous chez cette femme de la cour ?

ADOLPHE. Tout aussitôt que je serai libre.

CLARA. Je le recevrai tous les jours.

ADOLPHE. Mais votre colonel est un imbécille.

CLARA. Mais votre femme de la cour est une impertinente.

ADOLPHE. J'aime beaucoup les impertinentes.

CLARA. Moi , j'adore les imbécilles.

ADOLPHE, à part. On ne peut pas I vivre avec cet'e femme-l;».

CLARA. Il est tout anssi dësngréable qu'à Berlin.

ADOLPHE. Et cette femme de chambre que je ne puis souffrir...

(lO)

ADOLPHE. Le voilà qui devient airunble; il s'en va... Le détestable

CLARA. Un sujet charmant!

garde! et votre e'quipage de chasse...

vos vingt chevaux...

ADOLPHE. J'en achèterai quarante.

CLARA, à part. Qu'il est maussade.

ADOLPHE , à part. Qu'elle est contrariante ! laissons-la

CLARA. Sortons I

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