‹ Adolphe et Clara, ou, Les deux prisonniersChapitre 16 sur 27 · I.a douceur et la putienec · texte numérisé non relu

I.a douceur et la putienec

Un cœur sensible et généreux,

bont les dons que reçut des dieux ,

Un sexe faible , sans défense j

A vous, Messieurs, assurément,

La raison échut en partage...

C'est, sans doute , uu bien beau présent,

ADOLPHE, blessé^ sans lester les yeux de dessus son livre. Vous verrez qu'il n y a pas un mnrî ..

CLARA. Pas unî... Je n'excfpte personne:

ADOLPHE. C'est honnête.

CLARA. Et vrai.

ADOLPHE. Lisons.

CLARA. Chantons. {d*un air sérieux.) Ali i mon dieu ! est-ce que je l'aurais ofïense' ?... réparons ma faute.

On pardonne à l'amour, à l'âge, Et la malice et la gaîté ; Mais il faut plus de gaavité, Dans les saints nœuds du mariage.

Le cœur contrit et repentant, Je veux vous obéir, vous plaire...

(Elle s'approche. Adolphe tourne un peu la tète de son côté. )

Ordonnez donc , et dans l'instant,

( Changeant de ton. )

Je fais. Monsieur, tout le contraire.

ADOLPHE, à part. C'est trop fort....

{haut. ) Madame... non. ( à lui-même. ) Ne lui donnons pas la satisfaction de voir combien elle m'a piqué.

CLARA, J*ai cru que vous m'aviez appelée.

ADOLPHE. Non, Madame... je lis....

Mais je remarquais seulement que vous aviez cessé de chanter...

CL kv^K ^ souriant ^ et comme flattée. Et cela vous faisait... '

ADOLPHE. Oui, cela me faisait espérer... que Je pourrais continuer plus tranquillement ma lecture.

( Il tourne les feuillets sans lire, n ais avec aflectation» )

CLARA. C'est très-galant.

ADOLPHE, c'est... c'est... Mais enfin , Madame , je voudrais bien savoir comment vous vous y êtes prise pour obtenir Tordre qui m'a...

CLARA. Je voudrais bien, à mon tour, Monsieur, connaître le moyen dont vous vous êtes servi...

ADOLPHE. Un... très simple j j'ai été trouver mon oncle...

CLARA. C'est à lui que je me suis adressée...

ADOLPHE. Nous sommes si loiu , qu'il faut crier...

CLARA. Eh bien!... approchez-vous.

ADOLPHE. Vous Bvcz raison... You.s disiez donc...

CLARA. Ahî... vous avez repris vos cheveux ?...

ADOLPHE. Oui j trouvez-vous que cela m'aille?...

CLARA. Beaucoup mieux.

ADOLPHE. Ce chapeau vous sied aussi à ravir...

CLARA. Vraiment !... Vous avez donc été chez mon oncle? Et vous lui avez dit?...

ADOLPHE. Un mal horrible de vous...

CLARA. Que vous ne pensiez pas?

ADOLPHE. Pardonnez moi , je ne mens jamais... Et vous, que lui avez-vous dit sur mon compte 7

CLARA. Que vous éfiez un .homme détestable... qui faisiez le malheur de ma vie.

ADOLPHE. Vous exagériez.

CLARA. Au contraire, je suis aussi franche que vous , comme vous voyez ; j'ai même été jusqu'à Tassurer ( j'étais furieuse ce jour-là ) , que je ressentais pour vous une haine...

ADOLPHE. Haine !... c'est fort- .,. Moi, je n'ai parlé que d^antipathie.

CLARA. Et cela n'a pas changé?

ADOLPHE. Voilà ce qu'il y a de bon.

CLARA. Adieu , Monsieur.

ADOLPHE. Adieu , Madame... Avec tout cela , nous voilà condamnés à nous voirions les jours!...

CLARA. Hélas I oui... \

ADOLPHE. Et cela peut durer...

CLARA. Toute la vie.

ADOLPHE. Ainsi, quand nous irions nous quereller,

CLARA. Cela ne servirait qu'à rendre notre sort plus triste.

ADOLPHE. Je le sens bien... Nous pourrons... vivre... politiquement.

CLARA. Oui , politiquement,

ADOLPHE. Nous nous verrons...

CLARA. B.arémcnt... aux momens des repiïs.

ADOLPHE. A la promenade.

CLARA. Encore!.'., mais rien de plus...

Bonjour... bonsoir...

ADOLPHE. Sans doute... 'Seulement si vous étiez indisposée...

CLARA. Ah ! oui , s'il vons arrivait quelque chose ^e fâcheux...

ADOLPHE. Alors...

CLARA. Alors...

ADOLPHE. On se rapproche...

CLARA. Ou ne se quitte pas...

ADOLPHE. On se raconte ses maux.

CLARA. On les adoucit... Mais... voilà tout , et on en reste là...

ADOLPHE. Oui, on en reste là... Ces' dommage pourtant.. Au fait, on est libre, et on ne peut pas forcer les gens à vous I aimer malgré eux.

CLARA. C'est convenu. Ainsi , Mon sieur...

ADOLPHE. Ainsi , Madame.

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