‹ Adolphe et Clara, ou, Les deux prisonniersChapitre 6 sur 27 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

M. DE LIMBOURG , en habit d'officier; CLARA, L'EXEMPT.

l'exempt , â Clara. Voici M. le com^ ^aodaiit*

DE UMBOURG. Soycz la bicn-arrivr'o , Madame; j'avais recommandé qu'on vint m'avertir dès que vous seriez descendue de voiture 5 mais les détails de cette maison , le nombre des prisonniers dont jo suis chargé... pardon... Me voici à vos ordres.

CLARA. Il me semble, Monsieur , que c'est moi qui suis aux vôtres 5 car j'attends...

DE LIMBOURG. C*est fini... je Suis à présent tout à vous... Qu'on monte les effets de Madame à la troisième cliambrr» delà seconde tour, an-dessus de la poterne, celle dont la fenélre donne sur les fosses, no 107. {à Clara.) Elle est assez commode.

CLARA. Mais, Monsieur, ma femme de chambre...

DE LIMBOURG. On en aura grand soin ; l'ordre porte qu'elle sera sépare'e dn vous, et qu'on la renverra de suite à Berlin. Il paraît qu'on a quelques reproches à lui faire, et que l'on craint que ses conseils... Madame est mariée ?

CLARA. Helas I oui , Monsieur.

DE LIMBOURG. Uq mari jcune... aimable, sans doute.'

CLARA. Un monstre , Monsieur.

DE LIMBOURG. Madame était donc malheureuse?

CLARA. Vous ne ponv.ez pas vous figurer à quel point...

DE LIMBOURG. Il e'tait infidèle, penlêtre?.. C'est difficile à croire en vous voyant... Joueur... de'ransié ?..

CLARA, Tout, Monsieur, tout ce qu'oTi peut-être !

DE LIMBOURG. Hounête, pourtant.

CLARA. Oh! oui! ob! pour ça... loyal, brave... Il n'a jamais eu de torts qu'envers sa femme.

DE LIMBOURG. C'cst toujours quelque chose, mais il n'en est pas moins impardonnable.

CLARA. N'est-ce pas , Monsieur?

DE LIMBOURG. D'autant plus que, d'après ce que vons me dites, et ce qu'on m'a e'crit , tout porte à croire que c'est à sa requête , sur ses pressantes sollicitations que le ministre a délivré l'ordre fatal...

CLARA. Quoi! c'est mon mari qui a....

oui, oni, c'est lui, j'en suis sûre... je le reconnais bien là : je le détestais déjh... mais h présent...

PB LiMSOXJRG II me semble que yow^

ne pouvez guère faire plus pour lui... Je vous plains bien sincèrement , déjà je m'intéresse à vous.... On m'avait trompe : on vous avait peinte à mot comme une ! ^rame légère , e'vapore'e... et je vois que vous êtes une victime de l'injustice...

CLARA. Oui, Monsieur, une victime...

c'est le mot I Ah! queîîe indignité I il faut

bien prendre son parti pourtant Et

dites-moi, à quoi passe-t-onle temps ici? je crains d'y périr d'ennui...

DE LiMBOUEG. Nous ferons tout ce qui nous sera possible pour vous distraire de vos chagrins 3 d^vbord nous avons la promenade.

CLARA. On se promène ?

DE LIMBOURG. Deux foîs par jour.

CLARA, montrant le jardin^ 'Dims le...

DE LIMBOURG. Dans la cour.

CLARA Dans la cour î

{avec une politesse ironique.') qne la figure le ces Messieurs suffit bien.

au soldat Remerciez

un

LIMBOURG-

DE LIMBOURG. En long et en large.

Mad.ime... et conduisez- la.

( On eutend le cor. )

CLARA. Qu'est-ce ceci ?

DE LIMBOURG. C'est un prisonnier que j'.tllinds... et qui arrivera d'ici h unquartd'Iit ure, cesignalnie l'annonce.

CLARA. Un prisonnier... j'aurais mieux aimé que ce fût une compagne.

^)'.i LIMBOURG Je le trouve bien à plaindre , si ce que Ton ni'a écrit est vrai.

CLARA. Il est malheureux!.... vous m'iîiîéressez en sa faveur... Peut-on savoir son nom?

DE LIMBOURG II VOUS le dira luimêiiie ; vous pourrez vous trouver quelque fois avec lui... aux heures du repas , mangerez à la

p;.ir

au choix du prisonnier.

CLARA. C'est bien agréable. Et quel autre plaisir encore ?

DE LIMBOURG. On remonte dans sa chambre : là , on se tranquillise ^ on peut Jire ou dormir.

CLARA. Comment , on permet tout ce-

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