LOUIS-JOSEPH PAPINEAU
Le fameux bibliographe Philéas Gagnon mentionne dans son Essai de Bibliographie canadienne qu'on a attribué à Louis- Joseph Papineau la paternité de cette Adresse à tous les Electeurs du Bas-Canada. Cette prétention ne semble pas avoir été démentie depuis lors.
Sur Papineau, on a beaucoup écrit: les historiens ont dit de lui qu'il était l'âme du mouvement nationaliste, le surhomme de l'Histoire du Canada, le symbole des aspirations d'une époque, en somme l'une des personnages les plus sympathiques de notre passé. D'autres l'on considéré comme un tribun aveuglé par sa gloire, ou encore, comme un être profondément divisé.
Nul doute que cet homme politique doué d'une intelligence et d'un verbe devenus légendaires et dont le petit-fils Henri Bourassa semble avoir hérité, n'a pas fini de faire parler de lui.
Certains aspects de la vie de Papineau sont encore très peu connus. Un secteur de recherche qui mériterait d'être approfondi aujourd'hui concerne l'évolution de la nature et de la qualité des relations personnelles qui se sont établies à l'intérieur d'un groupe de Canadiens-français très en vue à l'époque et dont les membres, tous liés par le sang, appartenaient aux familles Papineau, Lartigue, Viger, Fabre, Bossange, Duvernay, Dessaules, Cartier, Bourassa, etc.
Le renouvellement des études historiques nous permettra peut-être un jour de mieux saisir toutes les dimensions de la personnalité de Papineau au sein de sa famille comme au milieu de la communauté canadienne-française dans son ensemble.
ADHZSSZ:
DU
CONCITOYENS nés sur cette terre que la Providence vous a donnée pour berceau, et où elle a fixé vos destinées; Concitoyens d'origines, de langues, de religions diverses, qui êtes venus des diiFérentes parties des domaines de Sa Majesté et des pays étrangers vous établir avec nous, puisse votre travail à tous, et votre industrie recevoir au milieu d'une société paisible sa juste récompense, vous assurer à tous, à votre postérité, à ceux de vos compatriotes que vos succès engageront à marcher sur vos traces, l'aisance et le bonheur à l'abri des fureurs qu'engendre l'esprit de parti.
Nous vivons dans un état de société favorable à nourrir lit moralité, la paix et l'union entre les citoyens. Nous ne voyons pas de ces fortunes colossales, génératrices de l'ambition et des vices perturbateurs de l'ordre social: nous ne voyons pas une extrême misère tenir une classe nombreuse dans une servile dépendance* La distribution de la propriété est si égale et si générale que, dfi.fait, nous avons les loix Agraires que démon-
daient les Romains, sans les avoir conquises par des dclrgci ^e sang. Nous avons tous une mise à-peu-près égale dans le fonds social, nous ne devons donc pas souffrir que des sociétaires privilégiés emportent tous les profits à discrétion et sans être tenus de nous rendre compte de leur administration. .La Nature, ou plutôt le Dieu de la Nature, en donnant aux lommes, à une époque où ils sont aussi éclairés qu'en 1a pressente, les terres fertiles et d'une étendue illimitée de l'Amérique, les appelle à la liberté, à l'égalité de droits aux yeux de la loi, sur toute l'étendue du plus vaste des continens, depuis lei. rives de la Baie d'Hudson, jusqu'à la. Terre de Feu.
Quels sont les hommes insensés qui veulent arrêter lé cours, inflexible et naturel des événemens? Un petit nombre, un très-petit nombre d'hommes parmi nous "veulent défigurer cette magnifique création de la Providence, détruire ses bienfaits^ faire triompher leurs principes despotiques, établir l'ilotismeet la dégradation politique de tout un peuple, dans les tems modernes, dans un pays chrétien, dans un pays anglais, qui ne fait pas partie de l'Irlande catholique et opprimée, ni des Ind^ ■payennes et mahométanes, dans un pays anglais situé sur la frontière des puissans, libres et heureux Etats-Unis d'Amé^ rique.
Combien l'esprit de parti est aveugle î Combien les passions haineuses sont incorrigibles! Ce sont les débris épars de la fac-^ tion sanguinaire qui a organisé et mis on œuvre la tyrannie de 1810, qui conspirent de nouveau pour inventer les mêmes calomnies, et provoquer les mêmes persécutions, avec moins de moyens de succès aujourd'hui qu'elle n'en avait alors, quoiqu' alors .^s efforts abortifs aient commencé sa perte qu'en ce moment elle consomme par ses nouveaux excès. Oui, ce sont les instigateurs des violences commises à cette époque, les amis passionnés des administrations des Craig et des Dal- HousiE, les ennemis passionnés des administrations des Prévost, Shebbhooke et Burtox, qui certains d'être, à juste ti^
Ixc, à jamais détestés, sont pour toujours les leroces, mais impuissans ennemis du Canada. Dès 1810, ils étaient déjà vieillis dans la carrière du mal, leurs rangs s'éclaircissent chaque jour, ils passent et disparaissent. Ils ont été rendus inhabiles à répéter les vengeances cruelles qu'ils exercèrent alors. Ils ne peuvent plus demander des pleurs, des fers, du sang, des cachots, pour engloutir jusqu'à la veille de leur mort leurs adversaires. La persuasion ne peut plus recruter leurs rargs. Ils ne peuvent qu'acheter les services de quelques satellites. De la part du peuple, il y a développement rapide de forces, de lumières, d'attachement à ses droits, d'amour de la liberté, d'esprit d'union; de la part de ses ennemis, affaiblissement progressif, et dt-cadence accélérée.
Le plus furieux et le plus fou de ces agitateurs, celui qui a le plus souvent découvert les complots imaginaires de révolution, qu'il avait organisés dans sa tète pour avoir le mérite de les apercevoir le premier et de les dénoncer, depuis les lettres, prétendues criminelles, ouvertes au bureau de la poste, jusqu'au procès pour sédition et trahison de Bisette acquitté, jusqu'aux bonnêts-blancs attroupés près de la terre de Mr. Richardson pour s'emparer de la ville, jusqu'à l'emprisonnement de Corbeil, mort des suites de sa détention, et de Laforce dans ce district, et dans celui de Québec des Bedard et Tachereau, aujourd'hui Juges du Banc du Roi, de Blanchet et de plusieurs autres, tous élargis sans qu'il y ait eu matière à procès contre eux .jusqu'aux dénonciations imprimées et désignant des individus comme recevant l'argent de Thurreau pour révolutionner le Canada, au mo3'en de l'imprimerie du Canadien", aussi par lui donnée et déposée dans des barils de mines de plomb trouvés chez Mr. Cuvillier; jusqu'au comité secret existant au sein de l'Assemblée, qui ne s'en doutait pas, pour arjacher le Gouverneur du Château St. Louis, et le remplacer par un premier Consul, vient sous les noms de Delta et d'un "Tieux Anglo-Canadien, et sous vingt autres masques hideux
et difformes, de lancer dans le public ses écrits incendiaireau. Ils sont de lui, ou de quelque disciplq formé à son école, et ne sachant comme un perroquet siffler que sur un ton, et toujours, les nicmes injures atroces, et semblables â celles que vomissait contre le pays l'infâme traitre Henry, qui fut l'ami, le confi-. dent, le collaborateur de Nestor, de Senex, de Nerva, de Vindex, de Juvenis Junior, de Delta, d'un Anglo-Canadien, île Veritas, des hommes auxquels le Gouverneur actuel donne toute sa confiance.
Aussi déprave aujourd'hui qu'il le fut alors, et plus influent auprès de l'administration actuelle qu'il ne l'était auprès d'uû homme qui voulait gouverner par lui-n\ême, et qui aurait eu assez de talent pour le faire, si la maladie ne l'avait pas confiné dans le cercle étroit des fripons qui l'égarèrent, n'ayant plus à sa disposition, comme moyen de terreur et d'oppression, 1^ facilité de jeter des innocens dans les cachots pour pratiques traîtresses, il a cru pouvoir y suppléer par l'établissement de presses asservies, auxquelles ils peut promettre l'impunité à quelques excès criminels qu'elles se livrent. En conséquence les sentines pestilentielles des Fisher, des Campbell,, des Armour, Ferguson, et autres, ont été ouvertes et ont laissé couler pour le dégoût de tout honnête homme, les injures les plus sales, contre le pays en masse, contre ses représentans, contre des individus iutcgres et justement considérés. Quand ce sont les presses brevetées par le gouvernement, quand ce sont 'des éditeurs sur la tcte desquels le Gouverneur en Chef se complaît à accumuler les emplois et les plus riches récompenses, qui se livrent à cet excès de démoralisation, quand on voit que pendant l'année de son absence, ces pressens ont été muettes ou même ont quelquefois dit du bien de ceux qu'elles dénoncent aujourd'hui; oui, la perspective étonne. Il semble que ce soit l'administration elle-même qui, officiellement, lance des arrêts de proscription contre les Neilson, les Viger, les Papineau, les Curiilier, et toute la majorité de l'Assemblée; que ce soit l'ad-
ministradon elle-racme qui, en désignant sans cesse ces individus comme des traîtres et des rebelles, semble proclamer qu'elle met leurs têtes à prix, et qu'elle répandrait avec joie le sang innocent. Quel avantage peut elle se promettre de souffler ainsi le feu de la haine et de la discorde entre les citoyens, €t d'assassiner, dans leur réputation du moin=, des hommes que d'autres administrations ont employés avec confiîmce et avec succès â l'heure du danger? L'administration est constituée pour protéger la vie, l'honneur, la liberté, les biens des citoyens, et pour punir les coupables. Si elle s'écarte de cette destination, elle devient une tpannie organisée. Si les h(»mm.es qu'elle dénonce sont en effet des traîtres, elle est coupable de ne pas les arrêter et traduire devant les tribunaux; elle est criminelle si, au lieu de leur infliger la peine prononcée par les lois, elle leur en inflige d'autres prohibées par les lois; sî elle lance contre eux des libelles diffamatoires, même dans le cas où elle pourrait les accuser judiciairement, à plus forte raison quand elle ne le peut pas.
Mais peut-on attendre ces notions de justice de l'homme qui n'a pas la commission de Gouverneur, il est vrai, mais qui, secondé par quelques commis subalternes des bureaux du Conseil et de l'Assemblée, décide en Dictateur de toutes les mesures dont nous sommes les témoins, est presque le seul des fonctionnaires publics qui n'ait pas eu d'altercation avec le Gouverneur actuel, quoiqu'il en ait eu avec tous ses prédé* cesseurs. Ce Nestor d'âge, ce Thersitc de sentiment de nos Conseils, a commencé sa carrière par balayer sous un comptoir. Beaucoup de bonheur et de succès dans les spéculations du commerce l'ont porte aux premiers rangs de la société, ce qui lui ferait le plus grand honneur, s'il y eut conservé de la modestie et de la modération; mais, ce qui rend son orgueil plus insupportable, c'est que sans perdre la rouille de grossièreté d'un balayeur, il est enivré de sa bonne fortune et bouffi de * «urrogancc d un parvenu. Ses veHus patriotiques sont cxal-
tces au point <î*être devenu im ridicule. Il est si ch.iud Brc* ton <jue l'apparution, le nom d'un Français, l'usage de sa langue dans une colonie anglaise, lui occasionent des spasmes convulsifs, et des distorsions de nerfs, semblables à ceux que produit la batterie galvanique sur le cadavre. Il est opiniâtre» abondant dans son propre sens, allier et insolent dans son impatience à souffrir la contradiction, au point de sMrriter contre les obstacles que la nature et la justice opposent à ses désirs frénétiques d'innovations, au point de ne pouvoir comprendre que la masse de la population du pays n'est pas â blâmer parce qu'elle ne peut pas empêcher que ses ancêtres lient été Français; au point de s'entêter â croire que les bouleversemcns politiques qu'il a conçus et accueillis, quoique repoussés avec indignation par les deux Canadas, leur doivent être imposés forcément, et que les vœux de sa passion sont plus saycs que le scnliment de deux peuples n'est sûr, quant à ce qui regarde leurs intérêts les plus chers; au point d'être incapable de conscnrer une ombre de modération et de décenco envers ses adversaires politiques; au point de tomber à leur cgiu-d dans les excès de fureur d'une imagination délirante, ne rêvant que rébellion dans la veille comme dans le sommeil; au point de dénoncer faussement de prétendus comités de salut public, épouiantail de sa création pour faire tomber sous sa tutelle protectrice les gouverneurs alarmés; au point d'imaginer, par démence ou par malice, un protectorat créé par la Chambre, les crimes, les séditions, les tems de Cliarles I, et de Louis XVI, se répétant en Canada. Quand je vois cet homme, je vois le génie du mal incarné sous la forme de ce vieux séducteur, assiégeant, obsédant le Gouverneur pour Texciter à la violence, lui répétant sans relâche: " Oh! vous qui n'éprouvez les supplices de la contradiction, et ne buvez la honte des refus que depuis sept ans, vous ne pouvez partageé^ avec assez d'énergie les ressentimens inspirateurs des désirs de vengeance qui m'agitent; ils sont sans cesse renai*sans pour
trtoî, ils rongent et dévorent mon cœur; dans ce Bas-Cana* da français, où je' suis à la torture tous les jours de ma vie, depuis sept fois sept ans et plus que j'ai été déballé et jeté sur cette terre que je hais. Abandonnez vous à mes inspirations. Je travaillerai sans relâche à perdre un Gouverneur assez bas pour vouloir se concilier l'estime de Représentans fils de Français. Sir George Prévost eut cette faiblesse, et j'ai travaillé efficatement à le perdre au risque de perdre aussi le pays, en dégoûtant l'armée de son chef dans un moment ou leur mésintelligence pouvait entraîner cette perte. Je seconderai en tout et partout, sans scrupules, sans remords, et sans choix des moyens, un Gouverneur assez grand pour dompter, enchaîner à son char et traîner à sa suite tous ces fils de Français* Obtenez sur eux un pouvoir discrétionnaire sur un seul point) et Vous l'aurez bientôt sur tous les autres. Je renonce à mes libertés) j'abjure mes privilèges d'anglais qui ne doit être îaxé que de son consentement, pourvu qu'ils perdent aussi les droits que je perds. Je vous donnerai un discours tel que vous n'en avez jamais lil ni entendu d'analogue, préparatoire aujc nouvelles élections, que je vous conseille. Il ne respirera pas le ton poli invariablement observe entre le Roi et son Parlement dans notre gouvernement constitutionnel, ni le ton des cercles où vous avez vécu; aussi chacun me l'aîtribucra, et chncun sait assez que je n'ai jamais pu me dérouiller, perdre ma grossièreté naturelle, mon accent montagnard, mon rire sardonique, ni aimer un Français.''
CoNciTOYE>îs de toutes nations, ce sont les aveugles antipathies nationales que nourrit ce fanatique, et les détestables pré»ventions qu'elles lui inspirent, d'après lesquelles il veut que vous jugiez des Représentans qui, en toute occasion, ont rendu justice à leurs constituans de quelque origine, profession ou religion qu'ils fù<;sent. Je ne réfuterai pas ses accusations délayées et noyée: dans les injures de Drita. C'est une pro-
duction trop ordurière pour qu'un homtrie de quelque éduca-» tion puisse faire autre chose que la parcourir avec dégoût, sans fixer, sur elle ni son attention, ni celle. d'un public qu'il respecte. .• Je les réfuterai dans l'écrit plus violent, plus coupable, plus rempli de mensonges, mais moins sale de paroles du vieuîC Anglo-Canadien.
Page 2e.: *' Le Représentant du Roi non plus que le Conseil n'ont séparément de la Chambre aucun pouvoir sur nos bourses." , Bien, très bien, voilà la doctrine publique, elle est conforme à la loi; mais la doctrine secrète, mais la pratique différente de hi théorie, ont fait violer la loi, ont fait puiser dans la bourse publique des sommes considérables réservées à la disposition future de la législature sans aucun statut qui autorisât ces usurpations de pouvoir législatif.
" Les démagogues, dont Mr. Papiheau fut le principal directeur, veulent détruire des appropriations légales." L'individu que votre fureur signale et poursuit ainsi, n'a ni plus ni moins de part aux mesures qui vous irritent, que plusieurs autres hommes distingués de la majorité, les Neilson, Vallières, Cuvillier, &c. &c. &c., qui se décident par eux-mêmes, avec autant de connaissance du sujet, et moins de préjugés et de motifs personnels que vous. Aucun d'eux n'a voulu détruire les appropriations légales. C'est dans votre doctrine extravagante qu'il n'y a plus d'appropriations légales, puisque vous revêtez un seul homme du pouvoir de distribuer à discrétion tous les revenus appropriés. S'il peut à discrétion créer et payer de nouveaux emplois avec un revenu insuffisant, il ne payera pas les anciens; s'il peut à discrétion grossir les appointemens d'une classe salariée, même la moins utile, ne force-t-il pas la législature à pourvoir par de nouvelles charges à faire bon du déficit dans les appointcmens réduits ou supprimés des classes salariées les plus utiles? Vous direz que ces abus sont impossibles parce que son Conseil Exécutif retiendrait un Gouverneur qui voudrait s*y livicr. Et pourquoi
portçr un contre-poids nécessaire plutôt clans un Conseil dépendant, et qui partige dans le revenu, que chez les Représentans du peuple qui le paye? Que si vous dites que les Gouverneurs sont de si grands personnages qu'ils ne voudront jamais commettre d'abus, je dis que vous êtes un malhonnête liomme qui ne pouvez leuc donner, sujets comme ils sont a l'erreur et à la surprise, des louanges aussi exagérées q*ue parce que vous voulez les tromper pour les dominer. Lorsqu'on a besoin d'un supplément à un revenu limité, insuffisant, et qu'on ne peut l'avoir sans le consentement de la Chambre, il est naturel de s'attendre qu'elle mettra à son. don libre et gratuit, les conditions qui empêcheront qu'il ne puisse être, dé* tourné à d'autres objets que ceux qui lui ont paru raisonnables, et elle ne pourrait jamais en assurer l'emploi fidèle et conforme à la loi, si elle admet un pouvoir discrétionnaire, puisque cç mot est incompatible avec l'idée de loi et de règle.
'• Mr. Papjncau, de l'avis de. ses satellites dominera le Gouverneur, ou sera Président sous une révolution, et un despotisme intolérable sera la suite de la puissance à laquelle ils aspirent." Iinp\idcnt mcjiteur, vous ne croyez pa^ un mot de ce que vous écrivez. Si les moindres indices vous laissaient espérer que vous pourriez donner quelque apparence de plausibilité à ce tissu de mensonges, ce ne serait pas par d'infâmes écrits que vous voudriez prévenir l'usurpation, ce serait par des dépositions sous serment, et l'arrestation des coupables.— m vous en connaissez, allez à la police, si vous n'en connaisse! pas, cessez de braire comme lui âne vicieux et méchant.
" La clique est égoïste, ambitieuse, appliquant l'argent pu- \ blic à sou profit, témoin la continuation de la rue Bonsccours." Kn principe, la propriété privée ne doit pas être prise pour l'utilité publique, sans indemnité. Qjtlles antres rues ont aussi peu coûté que celles dor.t vous blâmez l'achat? Une rue de soixante pieds de large sur dix à douze arpens de haut, i'inq rues transveri:\!?s dans la largeur de doux arpens et demi
et une plaoo piiM jn'^ qui a trois fois la sup^M-ficir du nouveau marché, tt que les iiMgistialb ont p< ut-itro tort de ne pns donner plus viic ji l'usap^e des citoyens, ont cic acquises pour £C00 à -Mr. Papinejui et amant à Mr ^'igcr, qui ont Ijii n voulu n'en recevoir chacun que £425, ti ont laissé le suipiiis aux comunssaires ))our améliorer les nirs qu'ils aequcraieiiL La superficie vtjidue pour le5 £4^ \ iju'ils ont reçus, valait à cette époque, d'après les ventes qui ont été elTcctuécS dans le voisinage, au moins £1800 à chacun d'eux. Ils ont donc agi avec libéralité. Mais d'ailleurs, ont-ils forcé les commissaires à acheter d'eux? Quels moyens d'influence avaient-ils sur Messieurs Guy, M'Cord, Mondelét, commissaires nommés par le Gouverneur. Ils ne pouvaient que dire à ces messieurs: si vous trouve/ avantageux f)0'.n- le public l'acquisition de ces terrains au pn\ que nous demandons, faites la; si vous ne la trouvez pas avantageuse, ne la fûtes pas. Quant aux ruesaméliorées dans les quartiers où la clique a de l'innucncc, ou bien a ses intérêts, c'est un bavardage dont vous seul êtes capable. Vous avez de l'influence dans la magistrature, et dans le choix des magistrats, la clique n'en a pas; si vous connaissez des abus dans l'emploi de la cotisation, vous y participer, et non la clique. Vos injures retombent sur vous seul et non sur elle.
** Ces parvenus, (oh! monsieur le balayeur, quel mot soUs votre plume!) ces parvenus ont pu crJcr une division loligieuse parmi leurs compatriotes; ils veulent réunir les pouvoirs civils et reli; ieux." Des arrangcmcns ecclésiastiques négociés avec Rome et à Londres, par le chef du clergé catholique du vaste diocèse de Québec, sans doute de l'avis de plusieurs de ses prêtres, mais assurément sar.s l'avis ni l'intervention d'aucuns laïcs, ont eu lieu; et un membre distingué du clergé Canadien, élevé à l'Episcopat, semble ajouter au lustre des établissemens ecclésiastiques du pays, les aficrmir et les consolider. Un arrangement de cette impoi1ai.ce présentait, quant
ù son plus ou moins d'utilité, une foule Je cou.^iiîcralio.-s }v>litiqucs et lc;.^ales qui ont pu fjire naître quelque iUNA:ii.itc d'opinions entre des citoyens é^xaltment uMii. de la religion nationale. Quelques personnes ont paru craindre t]uc de nouveaux ctablissemens ne nuisissent aux ancien;, luxquck l'a- THOur < t la n connaissance nous lient étroitement et pour toujour.N: d'autres ont cru, au c^niraire, «^«l'ils m* fortifrcrajent mutuellement, je le crois et je le soulialte. Mais ces circonstances n'ont pas créé xle division religieuse, ni politique, ni autres, entre les Canadiens; les devoirs de !a cliarilc n'ont pas été interrompus; les liaisons de l'amitié n'ont pas été dissoutes et ne le seront pas; l'esprit public, l'e'^prit d'union ne sera pa$ affaibli parmi nous. Quelques uns sont les amis plus fortement prononcés d'un t'ablissement que de l'autre; mais tous savent que vous et votre faction êtes les ennemis acbarnés des deux établissemens, que vous viiez à les spolier l'un après l'autre, tandis que lous les cœurs et toutes les volontés des Canadiens vous opposeront une résistance qui déjouera ces projets iniques de spoliations, hélas! déjà trop avancés, pour le malheur du pays, surtout quant aux biens des Jésuites, et ré^ cerament avoués contre un autre établissement reli<jicux, co lui de tous qui peut faire le plus de bien au Ciinada. Vous croyez avoir jeté un brandon de discorde entre nous, par ce passage de votre écrit — erreur. Jusqu'à présent, il n'y a que le seul barbier de Mr. Hichardson sur qui il ait paru faire im* j)rcssion, qui ait voulu en parler, et chacun a cru qu'il ne le faisait que pour rire de sa pratique: car il est goguenard cet liommo, et rit de tout le monde, chacun à son tour.
" Celte faction veut produire l'insurrection." Im.pudcnt menteur, vous ne faites punir personne! " Ils n'ont montré aucun i:cle pour la défense de la province durant la guerre.** Il n'y a eu dans le pays qu'un même sentiment unanime de se défendre, excepté chez quelques individus prudens oui ont choisi ce moment pour faire la promenade d'Europe, et cho^
quelques Conseillers et p.utres ofTiciers du gouvernement, âcz* litiics pour les {■crits bnJins, par lesquels ils invitnicnt l'année à mettre le Commandant des Forces à bord d'un vaisseau pour lui faire faire son procès on Angleterre. Quant à cette famille des Patineau et des Vigeh, il y en a toujours eu quelqu'un durant la guerre entière dans les milices incorporées, et dans le moment de la levée en masse du district, elle fournissait, marchant à la frontière, plus de trente individus, parens rapr proches au moins au degré de cousin germain, sans compter ceux qui y nj>partenaient dans des degrés plus éloignés. Quelle est la famille des Conseillers et des favoris qui s'y soit trouvée en pareil nombre?
" Mr. Viger doit se rappeler une eivtrevue avec Sir Georg* Prévost." Oui, cet honnête homme eut le malheur de vou* croire un jour, il tomba dans une erreur grossière et commit une horrible injustice. Votre faction avait elle-mûne excité un mouvement indiscret, et, selon vc/.ro habitude invétérée de nuire aux iTuiocc-ns, vous dénonciez, comme les. auteurs de ce mouvement, les Représentans que vous poursuive2 encore par les mêmes calomnies, et que leurs compatriotes égarés et trom? pés sur leur compte pendant un moment, auraient alors sacri^. fiés à votre rage artificieuse contre eux. Mais voyez comme la fourberie retombe sur ses auteurs. Ils soilt aujourd'hui respectés et chéris de leurs compatriotes, vous en êtes haï et repoussé. Sir George Prévost, deux jours après son égare» ment, découvrit son erreur, apprit n connaître, à rcsj)ccter Mr. Viger, et à vous mépriser, fit faire ses excuses, et ne se livra plus jamais à vous.
" Juuathaii dépenserait-il autant d'argent que John DttllP Que le cK-rgé y pense, il perdrait ses revenus." Ame de boue, âme vénale, vous nous montrez les molifs de votre loyauté. Si Jonathan était le plus riche ou le j)lus libéral, vous seriez à lui^ il n'en serait pas ainsi du clergé, qui tient à ses devoirs par de plus nobles motifs que ceux de l'intérêt. Il est inutile de to-?s
en parler, vous rie'coraprénez rien à ce qui est grand, noble et vertueux.
" La Constitution sera ôtée." Vous êtes fou et en enfance; mais vous n'êtes pas prophète.
" Il est déplorable de voir un honnête homme breton joint à la clique." En parlement, vous verrez avec lui trois Neilson, bons Bretons aussi; et aux /msfings, vous en verre'z un i^rand nombre qui ne partagent pas vos ignobles préjugés*
" Le péage de Lachine n'a pas été renouvelé, et d'autres ont été refusés." Le Gouverneur a-t-il recommandé le renouvellement de l'acte de péage du chemin de Lachine? Mr. Richardson, et les autres commissaires dont l'administration prodigue a donné à son secrétaire des profits immodérés et déraisonnables, l'ont-ils demandé? Non. Voilà ceux qui ont été les négligens. Les intéressés eux-mêmes ont été négligens. Ils ont présenté une requête qui a été reçue, référée à un comité, dont le rapport était favorable au renouvellement de l'acte, en diminuant le péage de moitié. Il n'y avait pas une voix en opposition dans la Chambre; mais lorsque l'on s'enquit si les pétitionnaires avaient rempli les formalités prescrite?, de donner des avertissemens dans les gazettes et à Lachine, l'on vit qu'ils ne l'avaient pas fait, et le comité fut obligé d'abandonner un travail, que la prorogation intempestive et prématurée aurait d'ailleurs empêché de compléter dans la dernière session, comme tant d'autres mesures interrompues par cette cause. Mr. Papineau a fortement appuyé la demande ^'autres chemins de barrières dans le voisinaîie des villes.
"Ils affament l'hôpital général de Montréal, ils ont donn^ des sommes énormes pour des hôpitaux à Québec." Si quelques passages vous identifient plus que d'autre?, ce sont ceux ou votre haine s'exhale contre les anciens établissemens nés avec le pays et grandis avec ses progrès. Ces anciens établissemens ont été créés avec la sanction du législateur .i l'époque de leur fondation, ils ont une existence légale, reconnue par la
loi Dans les principes religieux dos ncuf-dixjèmes des cou» tribuablcs au revenu public^ ouvrir un asile aux filles pieuse* qui s'y consacrent à une vie d'austérité pour le soulagement des malheureux, n'est pas seulement venir au secours de l'hufiianité soufTrante, mais c'est conserver des institutions liées au culte de l'Eglise romaine. Quand l'on a fondé l'hôpital de Montréal, a-t-on demandé la sanction ou le patronage de la lé'^islature? Non, l'on a annoncé une entreprise utile qui devait être soutenue par des contributions volontaires. Honneur et reconnaissance à toutes les personnes bienveillantes qui y ont contribué. Leur mérite est trop grand pour que l'on rappelle que, dans le principe, l'on n'invita aucun Canadian a y prendre part. Cette considération n'a eu aucune influence sur une Chambre d'Assemblée Canadienne. Elle- est venue arec plaisir au secours d'un établissement de bienfaisance : mais elle ne veut pas détruire les motifs de la charité indivicluelle, qui doit .continuer à soutenir cet établissement, en se chargeant de la plus grande partie de ses dépenses. L'abus est trop voisin de l'usage, dans l'emploi du revenu public à des œuvres de charité pour qu'il ne faille pas porter dans ces dons la plus stricte économie. L'Assemblée à voté ce qui était nécessaire, et le Conseil n'y a pas concouru. Il a voulu faire dépendre cette appropriation de celle qu'accorderait l'Assemblée pour les dépenses civiles. Les deux mesures n'ont aucune liaison entre elles. C'est une oppression monstrueuse chez un homme public de dire: Si l'on ne fait pas ce que j'appelle un Jb'icn quant à un objet, je ferai ce que je sais ctre un mal quant à un autre objet qui n'a aucun rapport au premier.
" Leurs mesures éloignent les capitaux du pays, en protégeant la fraude par le refus de bureaux d'enregistrement."
I^s banqueroutes scandaleuses du Xord-Oucst et tant d'autres de la part de ceux qui étalent un luxe insolent au milieu de nous, aux dépens de leurs créanciers, un luxe que ne comportent pas les ressources naturelles du pays, sont bien pluï
jlropre's ciicorc à en éloigner les capitaux. Sur toute la fronlicre entre les possessions anglaises et le territoire des Etats- Unis, la propriété foncière vaut quatre fois plus chez nos voisins que chez nous,' quoique le Haut-Canada et le Nouveau Brunswick aient des bureaux d'enregistrement- Les capitaux sont proportionnément plus abondans dans le Bas-Canada que dans ces deux provinces. Au lieu de rétablissement dispendieux et du vaste patronage qui a été demandé par les bui-eaux d'enregistrement créés à volonté par l'Exécutif en aussi grand nombre qu'il voudrait, les membres que vous attaquez ont suggéré dans les débats des améliorations dans les lois du pays; le rétablissement de la peine du stcllionati des cîiangemens dans les lois relatives au douaire et à la légitime des enfnnts, et des bureaux d'enregistrement sur un plan simple, peu dispendieux, par le dépôt d'un double du répertoire que les Notaires auraient été obligés de déposer au Greffe. Mais non, le seul pion qui convenait aux vues politiques de ceux qui veulent ces établissêmcns était celui qui créait une taxe énorme, et donnait un patronage immense à un Executif déjà trop fort, parce qu'il n'a aucun contre-pôidà, ni dans les conseils ni dans les tribunaux. Ce sont ces plans machiavéliques, et non le principe en lui-même, qui ont été rejctcs. INÎais d'ailleurs, la société entière est très divisée d'opinion sur ce point. Les électeurs de Montréal n'ont jamais fait connaître leurs vœux à ce sujet. Jamais une requête de leur part n'a pu fixer les incertitudes de leurs Représentans sur ce point, qui n'est pas le sujet de la dissolution du parlement. Vous jappez contre Mr. Papinean qui, dans la dernière session, n'a pas eu occasion de dire un mot ni pour ni contre ces bureaux, la majorité de la Chambre ayant décidé la question lorsqu'il était dans la chaire, et sans s'être formée en comité; vous jappez contre Mr. Lcslie qui a voté pour ces bureaux, et vous montrez par cette contradiction qu'en clfct vous coniprencz bien que la seule ques-
tJon bébattue entre l'administration et le peuple, est celle qcX est relative à l'emploi discrétionnaire et sans contrôle de l'argent public
" Ils crient que le gouvernement veut les taxer, le gouvernement ne le peut pas sans un acte de la législature." Mr. Rithardson, Mr. le Juge en Chef, alors Procureur-Général, el plusieurs autres officiers du gouvernement qui étaient dans la Chambre, ont en effet voulu établir des taxes directes sur les terres, et la nuée de collecteurs qui auraient ét^ nécessaire» pour en faire la perception. Si nous ne voyons pas cette odieuse espèce d'hommes pénétrer dans nos maisons pour en emporter leur part de nos propriétés, ce n'est pas aux employés de l'administration que nous en avons obligation. Qu'ils maîtrisent les élections comme ils tentent de le faire, pa-Jas et ne JaSi par des moyens aussi déhontés, aussi peu anglais que ceux, qu'ils emploient, tel que de voir Mr, Richardson, du Conseil Législatif, doyen du Conseil Exécutif, et comme tel, pouvant d'un moment à l'autre être arraché des lieux où il intrigue pour les élections et être porté à la place du gouverneur comme Président de la province, si le Gouverneur en partait, mourait ou devenait inhabile à remplir sa charge; et l'on verrait les taxes directes établies. Avec de bonnes élections, nous ne devons pas craindre de nouvelles taxes. Avec une administration qui pourrait élever à discrétion le taux des salaires sans contrôle dans l'Assemblée, elles seraient bientôt indispensa-* blés. Sur une question où l'administration a des torts si palpables et l'Assemblée un droit si constant, oui des candidats qui prennent parti pour l'administration, s'ils pouvaient être élus en majorité, donneraient lieu de craindre des taxes nouvelles,
" Si la clique pouvait seule souffrir de ses plans révolutionnaires, ce serait heureux; une courte leçon sous JonathaïUf guérirait le pays. de ses erreurs.'*
Ose^ vous bien^ sans voir que vous vous couvrez d'un ridi^
cule indélébile, crier contre le peuple et le gouvernement des Etats-Unis d'Amérique? Il n'y a pas sur la surface du globe une société plus belle, mieux réglée, plus prospère, où les peuples soient aussi contens, aussi universellement les admirateurs enthousiastes de leurs institutions politiques, comme ils le sont dans toute l'étendue de. cette puissante confédération. Elle fait en Europe l'admiration des plus grands hommes d'étau Elle est l'asile inviolable où les victimes du despotisme sont assurées de trouver un refuçre et un accueil amical. Au milieu des bouleversemens qui ont dévasté l'Europe, tous les cœurs généreux doivent se réjouir que cette terre hospitalière ait recueilli, sauvé tant de malheureux (depuis les proscriptions de l'Irlande jusqu'à celles de l'Espagne,) qui y sont devenus de bons et utiles citoyens, et qui, victimes ou de l'esprit de parti ou.de leur résistance à des gouvernemens injustes, auraient péri aux lieux de leur naissance. Elle est appelée, même avant que cette génération passe, à devenir la plus utile des alliées ou la plus formidable des rivales de l'Angleterre. Elle donne à l'Europe de hautes leçons de sagesse et de législation. Sous le rapport du perfectionnement de son code criminel, et de la connaissance des avantages résultans de la tolérance religieuse la plus entière, elle est bien en avant de la plus sage des nations européennes. Tout doit nous porter à cultiver de sentimens de respect et de bienveillance pour cette, f^rande nation, avec laquelle nos rapports de conunerce ne peuvent pas être trop multipliés, ni nos communications trop fréquentes, puisque nous y trouverons les arts industriels, les manufactures, et la civilisation prçsqu'aussi perfectionnée que dans l'ancien monde. L'union politique avec elle n'est pas désirée; l'union avec l'Angleterre est voulue, parce qu'elle est un devoir, parce qu'elle est avantageuse, parce que l'Angleterre veut nous gouverner avec sagesse, parce que ses vues bienveillantes pour nous, quand elle ne sera pas trompée par la faction haineuse que vous dirigez, sont connues, étaient exprimées parle
dernier ministère, depuis longues années obsédé par vos malicieuses accusations contre le Bas-Canada, quoique moitis libéral que le nouveau, lorsqu'il disait l'an dernier, " Qu'il fallait se rappeler oii était situé le Canada, et qu'il fallait si bien traiter les Canadiens qu'ils n'eussent rien à envier aux Etats-Unis." Que CCS belles paroles soient donc gravées au Château St. Louis, pour la mé-ditation de nos gouverneurs, sur la maison de Mr. Sewell, où s'assemble le Conseil Exécutif, et, sur une autre maison où le même Conseil vient délibérer sous ua autre nom, sur le palais de justice, dans la Cour d'Appel où le même Conseil siège judiciairement, dans la Cour du Banc du Roi où vous poursuit encore la vue de Conseillers Exécutifs. Vous semblez préseoter l'union avec les Etats-Unis comme le plus grand des fléaux qui pourraiçnt écraser cette malheureuse, province; vous voyez que le ministère anglais n'est pas affilié à votre école. Peut-être croit-il en effet qu'elle serait soumise à un flcau plus oppresseur encore, si elle était livrée et soumise^ même pour très peu de tenis, à la régie de votre faction tyrannique. Oui, bien vite, elle serait très-pauvre et très-opprimée, à côté d'un pays très-riche et très-libre.
" L'Assemblée a été criarde pour l'indépendance des juges, mais c'était pour les mettre dans sa dépendance." Voilà un nouveau trait de ce que quelqu'un qui jadis écrivait contre Nestor appelait f^gurûment présence (Vcspril écossaise, naturellement effronterie déliontc'e ou détestable habitude de mentir. Il avoit toit de géfiéraliscr et d'attribuer à vos compatriotes votre vice caractéristique et personnel. Je maintiens que ceux qui fournissent Neilson et Lcslie à notre Représentation, jugez de ma haute admiration pour ces deux hommes, font plus de bien au pays, qu'un Anglo-Canadien, et Nestor, et Veritas, et Scncz et Co. ne lui peuvent faire de mal. Ils ne veulent pas de compararson avec vous, et ne doivent pas être ainsi déprimés. Le diable même perdrait à ce jeu: vous lui avez dérobé son nom le plus connu de père des mensonges. L'As?emblée
a passé un bill, assurant aux juges leurs salaires permanens, une pension de retraite de la moitié de leurs appointeincns après un certain tems de service, sous la condition qu'ils n'auraient aucun autre emploi. Ce bill a été rejeté par le Conseil où dominent les juges, qui n'y devraient pas être. L'avarice insiste pour qu'ils aient les trois quarts, au lieu de la moitié, de leurs salaires, pour pension de retraite, et l'ambition pour qu'ils restent dans les Conseils pour y solliciter, mériter et gagner des places pour leurs enfans, neveux et créatures; ce qui ne peut jamais exposer à prostituer leur indépendence à l'intérêt de leurs familles: ainsi le dira le ci-devant père du mensonge et vous seul avec lui.
^' La clique veut soumettre à ses caprices annuels tous les revenus appropriés, en dépit des actes du parlement, et que sa volonté soit la' loi suprême." L'Assemblée réclame l'exercice des mêmes droits que celles des colonies limitrophes; des droits proclamés par le Parlement Impérial comme appartenant essentiellement à, toutes les colonies qui ont des Assemblées électives; des droits qui, pour avoir été violés, ont fait perdre, à l'Angleterre, des colonies telles qu'elle n'en pourra jamais avoir d'aussi belles et importantes; des droits pour la sécurité desquels elle a donné un acte déclaratoire, qui est notre Grande Charte, en vertu de laquelle toute tentative directe ou indirecte de nous taxer, même par le parlement, hors dans un cas y réservé, serait une injustice, à plus forte raison si ce mal pouvait s'clfectuer par une bien moindre autorité, celle d'un Gouverneur, et où il est déclaré de plus que toutes les taxes seront distribuées par les Assemblées générales et non autrement, qui a un effet rétroactif par rapport à l'acte de la 14e. année, ce qui d'ailleurs est une question oiseuse: car tout le revenu approprié, quelque grand qu'il soit, étant devenu insuffisant, par suite des profusions d'une administration sur laquelle la Chambre n'a pas eu de contrôle, elle attache à son tlon la condition qu'elle aura le contrôle sur toute
la âdpense, sans quoi son don, sa nouvelle appropriation, dftviendrait bientôt insuffisante, comme les anciennes le sont devenues, et ainsi de suite ad injînitum. Si la condition ne vous convient pas, n'acceptez pas le don; demandez à l'Angleterre de combler le déficit comme elle le fait pour les colonies voisines; mais ne pillez pas le revenu public, en prenant ce qui, de votre aveu, est réservé à la disposition de la législature. Si le Gouverneur avait eu la magnanimité de ne pas se payer à lui-même sies salaires, et par suite, de ne pas payer ceux de tous les autres fonctionnaires pendant une seule année, la loi n'aurait pas été violée, et vous n'écririez pas .d'aussi sots sophismes que ceux que je réfute.
La comparaison de vos trois associés est juste. Si un seul voulait vendre le fonds conimun sans le concours de deux autres, l'amateur ne serait pas si insensé que de faire une acquisition invalide et illégale,, que de donner, son argent, et aucun des trois associés ne toucherait à ce métal corrupteur. Plut à Dieu que l'administration eût les main» aussi nettes, .eût été comme vos trois associés dans l'impossibilité, de mésuser du fonds commun. Le Gouverneur ne nous aurait pas parlé de ce que chaque année, (en promettant de n'y pas retourner, et y retournant sans cesse,) il; a pris au delà de ce que pcrnjettait la loi, sur sa responsabilité; mot qui jusq^j'à ce jour ne parait pas avoir plus de sens que celui de solvabilité ou dividende du >Jord-Ouest. J'espère pourtant que, tôt ou tard, tous ces grands personnages payeront malgré eux, plus qu'ils ne voudraient.
*' Si les Fonctionnaires publics dépendaient des votes annuels de l'Assemblée, elle pourrait annuellement dissoudre le gouvernement et introduire l'anarchie,"
Pauvres Fonctionnaires, quelles terreurs paniques vous hé-* bctent, quand vous déraisonnez ainsi. Je vous demande si la ^otte et l'armée anglaises ont jamais empilé leurs armes et refusé de voler au combat par la réflexion qu'il u'y avait plus que
peu de semaines poulr compléter l'année pour laquelle seuleînent leur solde est accordée, et que si l'on refusait aux Communes quelques conditions qu'elles jugeraient à propos de prescrire, elles pourraient livrer les trois ro3'aumes à la conquête. Dans vos principes, la solde des armées devrait être votée au commencement de la guerre pour toute la durée de la guerre* Ecrivez vos théories de gouvernement infernal que vous chérissez; mais ne renversez pas les principes du gouvern(?ment Anglais que nous chérissons. Le Roi put légalement déclarer la guerre à Bonaparte, commandant à un million de soldats, il ne pouvait lui en opposer un seul sans le consentement anriuel des Représentans. Le Gouverneur pourrait nommer quinze cents Conseillers Exécutifs, aussi fous que vous, pour le meilleur gouvernement de la province; il ne pourra pas les payer sans le consentement annuel des Représentans, capables de laisser licencier une drmée ausi>i formidable faute de solde, au risque de voir renaître l'harmonie et la concorde cnti'e les branches de la législature, comme sous Sir Francis Burton.
"A cette condition les honnêtes gens ne voudront pas accepter d'emploi." Mais vous, vous les accepterez bien; mais d'honnêtes gens en foule les acceptent à cette condition dans toutes les colonies de l'Amérique anglaise continentale; du moins j'aime à croire, jusqu'à ce que le vieux Anglo-Canadieii m'ait dissuadé, que purnii les Lieutenant-Gouverneurs du Haut-Canada, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Ecosse, Prince Edward, Terreneu^e et les Bermudes, parmi leurs conseillers, juges, avocats de la couronne, &c., il a pu se faufiler quelques honnêtes gens, moins honnêtes pourtant que ceux d'ici, parce que leurs salaire^ votés annuellement ; :it beaucoup moins considérables que ceux que vote la clique icL
" Que tous les sujets loyaux amis de la connexion entre ce pays et la JMcre- Patrie se rallient donc auprès du gouver^ ncmcnl Exécutif dans cette inquiétante occasion.**
Vous ctes dans les angoisses de la mort, dans le délire de Fagonie; vous êtes tellenjcnl vous seul tout l'Exécutif qu'au lieu de crier à moi! je me noie, je péris! vous appelez nu secours du gouvernement Executif. Le j)ays vous voit roulant dans l'abynie; et indifTérent aux supplices qui vous y attendent, il passe et vole an secours du gouvernement Constitutionnel. Vrais Bretons par leurs sentiments, cotnme le sont les Canadiens nés, comme le sont la grande majorité des Anglais, Irlandais, Ecossais, Américains; Allemands, Italiens, Français et autres, qui ont fait choix de notre terre natale pour Patrie adoplive, qui y ont des intérêts perraanens, les mêmes que les nôtres, qui y ont des intérêts permanens bien dificiens de ceux (les employés et des aspirans, pour la plupart oiseaux de proie et de passage, prêts à prendre leur vol jusqu'aux antipodes, vers Botany-Bay, avec les voleurs qui y sont déjà rendus, si l'on veut leur y donner de plus gros salaires qu'ici; qui veulent voir régner dans cette province une juste économie dans l'emploi du revenu, à fin de prévenir l'introduction de ce système de taxation excessive, cause première qui a exilé une si grande proportion d'entre eux de la terre de leurs pères: ils ■sont sourds et doivent demeurer sourds à l'appel inepte d'accourir au secours du gouvernement Exécutif. Dans un pays où des habitudes d'ordre et de tranquillité sont aussi générales qu'en celui-ci, jamais l'Exécutif ne peut-être dans le cps d« crier au secours pour faire exécuter la loi. Il n'a d'exibtence que pour cette fin: c'est là tout son être. Si, contre ses lois organiques, il veut quelque chose de plus et par delà l'exécution des loisj s'il veut des pouvoirs discrétionnaires en quelques matières que ce soit, et surtout en matière d'argent, plus spécialement confiées à la jalouse vigilance du corps Représentatif, ce qui est devenu la source de tous les privilèges, de toutes les libertés conquises pour les sujets britanniques; s'il veut l'exécution des mandats arbitraires des fonction n.-iircs publics quels qu'ils soient, grands ou petits, il doit rencontrer
de toutes parfs une résistance indomptable qui l'enchaine et le confine clans le cercle tracé par la Constitution. Au delà de ce cercle, son action est un crime, la désobéissance un devoir.
Electeurs de tout le pays, courez aux iiustings, entendez y vos Représentans; jugez des hommes publics d'après les mesures publiques qu'ils ont appuyées, surtout, jugez les d'après l'appel qui vous est fait contre les décisions uniformes que l'Assemblée, depuis 1818 à 1827, a rendues au sujet des finances; appel tardif, il est vrai, qu'interjeté de nouveau le Gouverneur, et que l'on pourrait peut-être appeler vexatoire, puisqu'il savait, à n'en pouvoir douter, par le résultat des trois dernières élections générales, que le corps Représentatif que vous avez organisé, et qui a été le gardien fidèle de vos droits, a été l'interprète véritable de vos vœux, en décidant uniforme* ment par de grandes majorités qu'il ne devait pas laisser à l'Exécutif la disposition discrétionnaire d'aucune partie du revenu public; qu'il devait exercer et transmettre intact, aux Assemblées futures, un droit de contrôle efficace sur toutes les dépenses du gouvernement civil; qu'il tenait le Gouverneur personnellement responsable de grandes et fortes sommes qu'il a dépensées en contravention à la loi, et que de telles prétentions, et une telle pratique, tendaient au renversement du gouvernement tel qu'établi par la loi.
Nestor, Veritas, Nerva, Vindex, Senex, Delta, Vieux Anglo-Canadien, vipère, qui après avoir change cent fois de peau, avez toujours conservé le même venin contre le pavs et ses habîtans; pantalon qui, après avoir changé cent fois de masques, vous êtes sous toutes vos métamorphoses constamment montré le hideux ennemi de toutes les libertés, de toutes les lois, de tous les ctablissemens, de tous les défenseurs du pays, de tous les hommes, de toutes les choses qui lui sont chers; votre règne est passé. Comme l'on dit en Français, vous êtes perdu,
en Anglais, vous êtes damné, d jamais, pour toujours et plus s'il le faut.
Le résultat des nourrîtes él-îclions va être la réfutation de votre intàme libelle contre la majorité de la Chambre, ou plutôt iof^ré ta Chambre entière, car la minorité payée, asservie, liée pftr F intérêt persojinel, ne doit compter pour nen contre ÎA dédsiôîi dcintéressé.^ de plus des quatre-cuiquitjnes de;> membres, qui peuvent dire comme vous et mieux que vous:
Pour preuve de nos désirs sincères pour la prospérité du pays, tout ce que nous possédons sur la terre est en Canada-" Dans votre bouche, cola ne veut rien dire, car tou' ce que vous avez sur la terre pourrait bien n'être pas grand'chose, peut-être rien du tout, peut-être des dettes énorn;es.
Voyez l'heureux résultat des Conseils violens. Il est dans l'attribution de la charge du Procureur-Général, Conseiller Exécutif, d'être consulté sur les mesures publiques. Une dissolution a lieu, il doit être réputé y avoir participé ainsi qu'à tous les actes de l'administration; il est réputé avoir fait casser, ou n'avoir pas pu le talent d'empêcher de casser la Chambre, il est justement mis hors de la Chambre, par le bourg de Sorel, sous tous les autres administrations que celle du Comte de Didhousie, la citadelle inexpugnable des procureurs-généraux, ou de tels autres outils qu'a voulu jusqu'ici employer le Juge en Chef. Honneur et triomphe au bourg de Sorel, affranchi, par les fausses manœuvres en politique d'un commandant très-habile tactitien s'il était question de diriger des manœuvres militaires. Oh! vieux Anglo-Canadien qui êtes si inférieur en talens, si supérieur en violence au Procureur- Général, que n'êtes vous aussi Candidat, pour que la censure des Electeurs atteigne le Gouverneur dans la personne de ceux qui le conseillent mal.
Celui qui vous répond est l'ami de ses co-sujets de quelque origine qu'ils soient, qui sont assez raisonnables pour aimer
un gouvernement Constitutionel aimer l'empire des lois et pour abhorrer le pouvoir arbitraire. Ils sont bons sujets comme l'est,