AU PRINCE DE CONDÉ
perbe Conde, j’ai le noble courage de te faire part de mes inquiétudes sur 1 état actuel des choses $ tu coimois mes principes , mou caractère , mes opinions , daigneras-tu me répondre en grand homme P
Je 11e, yeux point te faire d’éloge, je ne yeux point te flatter, je ne yeux point employer la voix du flagornage, je ne veux point t’insulter, je t’admire & je te blâme.
, pn ne peut se dissimuler que la nature t’a fait un caractère , mais tu le pousses jusqu’à rentêtement y 011 ne peut te refuser de la bravoure , le courage est héréditaire dans ta maison , mais garde-toi de porter ce courage contre ta patrie 5 ce ne seroit plus que cranerie, imprudence & fureur 3 qu’entreprendrois-tu dans ce moment ? d’achever la ruine totale de ton pays 5 n’est-il pas assez obéré , énervé ? tu yeux absolument y mettre le comble.
Le projet de la contre - révolution flatte encore tes espérances , tu n’as pas besoin d’y mefctie ni le fer ni le feu , elle se produira Cl èlle-merne , non pas comme tu l’entends , elle seroit destructive, & tu perdrois à jamais 1 estime de la postérité, 8t tes propes intérêts. Crois-moi, un noble désintéressement teser-
virois mieux que tontes tes entreprises, je te parle en homme $ tu me considéreras peut-être en femme , & sans doute en femme foible -, séduite , enthousiaste de révolution <$c de la nouvelle constitution 5 mais avant que de me faire injure, sois assuré que j’en connois les vices & les vertus , <$c je vois avec douleur que la France a fait son règne : elle avoit besoin , sans doute, d’être régénérée 5 mais pour lui donner un nouvel éclat , une plus forte consistance , il ne s’agissoit , pour parvenir à cette perfection , que de stipuler les vrais intérêts de la Patrie , & non point les intérêts particuliers.
Mais je ne yeux point voir le vice du nouveau Gouvernement, je ne veux qu’examiner les moyens de l’améliorer & de les trouver, s’il en est temps encore.
Plus j’examine la foiblesse de l’Etat, l’anéantissement total des finances, & le bouleversement général de toutes les têtes , moins je trouve de remède aux maux anciens, actuels & à venir. Je considère la Patrie comme un char attelé de jeunes chevaux fougueux, emportés , sur lesquels chacun lance son coup de fouet , <$c devient ce que tu pourras.
Le précipice s’entrouvre, & le char s’engloutit avec nos espérances : voilà ta position , Condé , ainsi que la notre ; cependant il est un moyen encore de nous sauver, ce moyen est la réunion de tous ; reviens en France , reviens dans tes foyers 5 à ton exemple, tous les fugitifs voleront vers la patrie , tu n’es pas indifférent à la gloire , un brave soldat en fut toujours jaloux ; la cause en est si belle : ah ! combien tu ajouterais au nom que tu portes! tu connois les François, ils te recevroient, j*en suis garant , ayec transport & eilthpu--
Siasme ; ils n’aiment point les lâches , tu h sais , iis t’adoreroient , ton nom volerait de bouche en bouche 5 oubliant .ta' fuite, peut-être necessaire alors , un grand homme ne craint point la mort, mais il doit redouter une fin. ignominieuse, tu n’as rien à craindre actuellement,f& quelle est donc ton ambition ? crainstu de n’être pas assez riche, assez puissant ? ta carrière est déjà avancée j pour tes en fan s , tu leur laisseras encore un grand nom 6c des biens assez considérables^ voudrais-tu rétablir toutes lès prérogatives de la noblesse ? elles étoient abusives , vexatoires 5 vaine fumée qui passe avec nos jours ! est-ce le bien du clergé que tu voudrais rendre ? il est déjà mangé 6c digéré, qui, diable, veux- tu qui le rende ? Dieu soidisant l’avoit donné, l’enfer fa repris 5 un peu de philosophie , je t’en conjure. Four moi qui ai tout sacrifié pour ma patrie , mes beaux jours qui , peut-être dans mon printemps , auraient été encore brillans, mes veilles, ma pauvre fortune , l’avancement de mon fils , il ne me reste que le regret d’avoir prêché ‘aux déserts, 6c j’ai cependant dit de grandes vérités, je ne saurais mieux faire $ 6c voyant mes efforts impuissans , je vais désormais m’en tenir à la morale de l’âne de la Fontaine.
Et vous , favoris de la fortune , 6c vous , gens parvenus , 6c tout ce que peut réunir une ambition démesurée , 6c touj ours nuisible aux intérêts de cette Patrie que vous prétendez défendre ou relever , vous n’êtes que ses plus grands ennemis î tu n’es pas le seul coupable , Condé , il y en a en dedans 6c en dehors , lave ta démarche par ton retour , viens te confondre dans la classe générale des citoyens r 6c sois persuadé que l’on distinguera bientôt
«rie l’honneur & les vertus sont les vrais titres des hommes , que les dignités , lesrangs, les places n appartiennent qu’au vrai mente . insensiblement tu verras expulser cette horde confuse que les cabales des clubs , des districts , des promenades publiques , ont placé dans tous les partis, une quantité d individus qui n’entendent rien au vrai devoir de la chose , infatués de leur élévation , impertinens à l’excès , partiaux , aveugles sur ce qu ils ont ete ,
St plus ridicule qu’un valet de chambre d’un ancien Ministre : voilà ce qui compose à-peuprès f administration publique 5 nos Législateurs ont eu la foiblesse ou le noble désintéressement de s’interdire la nomination des emplois , des places 3 mais encore quelques années , encore une seconde législature , tu verras que tout se reconnoîtra , tout se rectifiera , tout reprendra un nouvel ordre 3 l’ouvrage feroit parfait , s’il n’y avoit ni tache jii brigandage ; en un mot, il faux embiasser le voeu général. On aime la constitution 5 chercher à la détruire, c’est tenter l’impossible ; y réussir , c’est faire un cimetière de toute la France , c’est ôter à-la-fois le moyen de reconnoitre le vice , & de remédier au mal qui se propage tous les jours 3 une guerre intestine , une guerre au dehors n’est pas le remède qui n ous convient, quofqu’en disent les enrages des vieux ou trois partis dont il faut purger la France 3 la saignée est peut-être nécessaire , j’en conviens moi -même , & si elle n’étoit appliquée que sur les fiévreux , les brigands, les energumènes , je dirois : saignez donc ce pauvre royaume 3 mais , helas ! que de nobles victimes, toute notre jeunesse sans expérience des armes, mise en pièce, si l’affreux émigrant
1 emporte à la tête de l’étrânger , si le rusé Bouille est exauce. Ah ! que ne peux-tu voir . Coude , le camp de la plaine de Grenëïle ; tu y verrais le père , le fils , le mari , la femme , les enfans a la lisière , les cris d’allégresse des uns , les cris du désespoir des mères se confondent ensemble ! On chante, on danse, on ' pleure ; un jeune homme de quinze ans se croit déjà mi César ; péaire , à peine peut-il porter son fusil ! l’enthousiaste est parfait , le vertige est général, tous croient yoler au combat , tous vont à la boucherie : si le noble emploi de boucher caresse encore ton ambition, déploie ton étendard, il te servira dans la tuerie; mais ne compte pas sur cette Conquête ; n’y compte pas; tu te fatigueras de san g, il est inépuisable ; & si ce tableau ne te rends pas à toimême, redoute les troupes de ligne. Que fertii de t'abuser , tu le sais , Jamais la révolution ne se serait opérée , si le soldat fût resté attache aux intérêts du despotisme ! ton grand espoir , dit-on , est de détruire l’armée dé^ citoyens , armés indistinctement pour la défense de leur Patrie ; tu comptes beaucoup sur leur inexpérience : certes , cet espoir est grand , généreux , il n’est pas digne de toi , il n est pas fait pour un brave homme , sois-le donc en ie montrant dans cette occasion un véritable françois , généreux, sensible, & tous les coeurs reviendront vers toi. Adieu , c’en est assez , je te laisse le temps d’y réfléchir ; je voudrais faire plus, je voudrais qu’il me fût permis de réparer la fausse démarche de M. Duveyrier, envoyé auprès de toi de la part du Roi des François, & que tu as reçu comme s’il venoit de la part du roi de carreau; je te ramènerais , je te f assure, ainsi que tout
tes compagnons de voyage 5c de fortune , quelle que soit ta fierté & ta superbe audace : Herctde fila devant Ompliale , 5c la tâche que j’aurois^ à t’imposer seroit bien plus noble , plus mâle , plus digne d’un héros , d’un conquérant 3 enfin , après avoir employé toutes les ressources de ton sexe , j ’employerois celle du mien. Voilà du patriotisme tout pur, ou je ne m y connois pas. Qu’on fasse de moi un chevalier Déon , je ne craindrois pas l’ennemi, je t en réponds j je périrois dans mon ambassade ou je reviendrois vainqueur. Une fanatique , une Jeanne d’Arcq eut le talent de séduire le camp & la cour par ces folles prédicdons j 5c moi, je ne séduirois pas des hommes éclairés, qui trouveroient dans le fond de leur conscience la preuve convaincante de mon raisonnement. Adieu , encore une fois , superbe Coudé , je ne désespère pas de me voir mandée auprès de toi , tout est possible dans cette pénible position , 5c l’on pourroit plus mai choisir. Cette ambassade pourroit exciter la critique 5c Pépigramme chez les irançois ; mais il est plus beau d’être séduit que d’être vaincu à la tête d’un parti, ou d’être vainqueur sur les ruines de sa Patrie.
sublime avocat , ambaffadepr timide , charge des ordres du Roi des François , il faut bien que je vous parle auffi, & que je cherché a denteler votre incroyable démarche : le myfteie de la Sainte Trinité eft plus déchiffrable que le refultat de votre ambaffade; je commence par vous aflurer, mon cher Monfievtr Duyeyrier, que, quel que foitle but de ma pîaifanterie fur votre deflem , mon but n’eft pas d’attaquer votre mente perlonnel , je fais l’apprécier , mais je n épargné perlonne, pas même mes amis, lorfqu il s agit e r',n eU* 'ridicule &de prendre les interets de la Patrie. D après cette prcfeffion de foi , convenez du moins Le s’il n’y avoir pas quelques tetes férocement % illégalement abattues, & une détrefle generale, notre révolution feroit trop planante : elle a pioduit des folies auffi neuves qu originales , ms métamorphofes auffi ridicules que bifarres . J en ferai un Volume , j’efpère. Mais revenons à votie n-nhaffade * chacun fe demande, ou a-t-il tte. a ^uof étok-ilchargé ? Q«’a-t-il fait ? D’où vi^? vous lavez tout cela. Je réponds , bonnes gens le Ro^ des François lui donna un gros paquet , & i caroîes facrees : Allez vous-en porter de ma part,
auffi mon petit frère, qui samufe cnez o »
h u y mange beaucoup ü argent de France, quand nous mourons de faim. Vous leur direz , eue je les attends avec impatience, mon p<i
dira le refie. M. Duveyrier part comme tin irait d’arbalête, arrive chez le prince de Condé, qui le reçoit d abord poliment & lui propofej une partie de campagne ; notre ambaffadeur , toujours preffé & prefiant, le fuit: il arrive a Coblenty,; là, il jugea à propos de faire une dation, M, de Condé, M. d’Artois fe rejoignent , & l’ambaffadéurn’entend plus parler des deux myfférieiix fugitifs y attend paifiblement les ordres du gouvernement impérial : rambafîadéur garde à fon tour le mydère, & ne dit mot fur fa million : on le trouve équivoque dans les réponfes , & on le prie de fe mettre modedement dans une voiture; il arrive à Luxembourg ; & fans favok pourquoi ni comment, on le retient vingt- un jours pnfonnier ; dans cette pénible fituation , la voix de la nature fe fait entendre dans fon cœur , pour écrire à fon cher papa , à fa chère maman & à toute fa famille, il gémit fcrieufement fur fon fort; le gouvernement impérial s’attendrit &C on relâche notre ambaffadeur: on le conduit nuitamment par des chemins où il n’a pas trouvé de pierre; heureufe fituation pour dormir à fon aife 1 À fon réveil il nous ed rendu au momenr qu’on ne l’attendoit plus ; le minidre de la jndice l’annonce pompeufemént àTaffemblée nationale; M. Duveyrier paroît, & les applaudiflemens ébranlent la falle ; il prend la parole, <k nous indruit, bonnes gens, de fon voyage,comme s’il arrivoit de Pontoife, avec la même modedle & {implicite, on applaudit encore, qu’a-t-on applaudi? on n’en fait rien. Vous rirez au moins avec moi, Moniteur Duveyrier,. de tout ceci ; votre efprit ed au - deffus de Pépigramme, de la plaifanterie , mais vous n’avez pas moins donné, ainfi que tous, dans le panneau; ce n’éîoit pas non plus votre place, vous êtes fait pour en remplir une plus pénible : celle-là me convenait
parfaitement , Sc actuellement que vous avez l’oreille du cabinet , vous devriez entreprendre de rendre à mon fexe , dans cette révolution , tout ce qu’il a fait pour le vôtre fous l’ancien régime; vous le favez, c’étoit lui qui nommoit aux ambaffades, aux gouvernemens , aux commandemens , aux évêchés : moi feule je me fuis gendarmé contre ce pouvoir illimité , qui faifoit notre honte Sc la vôtre. Seroit-il donc fi ridicule que je répara fie loyalement tous les torts de mon fexe ? Je vous dis ceci férieufement ; vous allez croire, peutêtre, que je m’amufe fur l’extravagance des deux fexes , il en eil quelque chofe ; mais je fuis encore plus fatiguée de rationner ; vous conviendrez que dans un temps où tout le monde bat la campagne avec éloquence : cependant, certes, on eit bien fort actuellement fur le choix de la phrafe & fur la richefie de l’expreffion , que ferviroit, de raifonner à fond la logique , la politique Sc la phiîofophie ; je me rends à la bonhommie de Louis XVI à ion Valet- de- chambre , rentrant dans fon appartement ; me voilà, lui dit-il , tout le monde fait fes farces, je viens de faire les miennes aufii; il faut convenir cependant que j’ai fait un f.... voyage ; je n’en fuis pas fâché , cela m’a infiruit de ce que je ne favois pas; ce raifonnement naturel vaut bien des exp reliions guindées Sc amphibologiques ; de même que le Roi, j’ai fait auili mes farces, Sc vous avez fait les vôtres auili , Monfieur Duveyrier, Sc celle de l’Ami commun, vous m’entendez... Ah! ah ! ah !.... mon dieu, mon dieu! on ne tient plus à cela , elles font bifarres Sc fi comiques , le pauvre cher homme , en changeant d’état , a changé de phyfionomie ; vous vous en rappeliez encore , fouriant toujours , fimple Sc modeite avec tout le monde ; examinez-îe de près actuellement, vous ne le reconnoîtrez plus , quels
que foient les efforts qu’il emploie pour fe conte» nir ; mais je m’arrête , ce ueil pas encore le temps de pourfuivre des ridicules qui font plutôt les effets du vice des dignités que de l’homme , mais je lui ferai moins de grâce qu’à tout autre , s’il manque parles principes d’honneur ; jelefoupçonne de m’avoir adreile un avis envers; il en faifoit, dit-on , jadis d’alfez jolis; ceux que j’ai reçus font le mérite de fa mémoire ; car iî me femble que ces vers font de la connoiffance de tout le monde ; plufieurs connoiiieurs m’ont dit la meme chofe ; aucun n’a pu me nommer le véritable auteur ; je les livre à l’impreffion , perfuadée que le véritable père fe fera' connoître ; ou fi du moins il eft mort , le fang qui parle toujours , fera retrouver quelques parens de cette augufle famille. Avant que de recevoir cette fatyre, j’avois reçu deux éloges envers & contre tous, qui , loi# de guérir mes fouffrances, avoient augmenté ma fièvre 6c mon grand mal de tête , un mal d’yeux épouvantable : on fe préparoit à me mettre les làngfues , & j’étois étendue fur mon lit , fans force, fans courage, 6c défefpérant d’écrire encore en faveur de ma Patrie ; on m’apporte ce paquet , on me lit ces vers , 6c me voilà à rire pour le coup , comme une folle, de la jufteffe de l’auteur, ou de fom application ; je me lève , j’arrache mon bandeau de deffus mes yeux, ma fièvre difparoît, mon mal de tête s’évanouit , 6c je ditte mes fameufes adr elfes : voilà comme je me corrige ; je fuis têtue auffi à mon tour , on a beau me repréfenter qu’on ne répond pas à de femblables plattitudes ; 6c lai ffez-moi , je m’écrie ; Voltaire répondoit bien à des choies plus plattes ; il y a quelques vérités dans ces vers , quelqu’application dans cette citation que je mérite; j’en veux faire l’énumération 6c les rendre publiques ; je n’en ferai pas de même des fades éloges qu’on m’adrdfe; iàns doute j’ai
fait quelque chofe de méritoire , puîfque j’ai excité Fenvie & la critique. Mais voyons les vers de notre homme qui cherche à nie décourager. Le malin, c’efl pour lui qu’il agit; quelle force d’efprit &c de prévoyance ! il oie m’attaquer; certes quel homme ! stugete génies !
Vers adressés et une soi-disant Savante,
Folle 4e tout, & fur-tout de l’Amour,
A raifonner opéra, politicpie ,
Danse , tableau , fculpture , vers , mufique ,
La fottë Églé coutume chaque jour;
Improuve ou loue au gré d’un vain caprice, jPrône un Acteur & 'décrie une A&rice ,
Et veut fans goût trancher du connoiiTeur.
Sachez, Eglé, quelle e ü la différence De ce talent au rûle d’amateur ;
Savant profond , le premier fent &C penfe ,
L’autre e il fan linge , un léger raifonneur ;
Aimez les Arts , qu’ils foient de votre vie L’amufement & les plus doux plaihrs ;
D’être favante , abhorrez la manie ,
Le Ciel vous ht pour n’être que jolie.
Voyons aduellement l’analyfe de ces vers : Charmant auteur ou pitoyable plagiaire, mets du moins de la vraifemblance dans tes fatyres , & perfonne ne les recevra avec plus de reconnoilfance que moi ;
A une foi- difarit favante,
efl un titre bien trouvé; ignores- tu à ton tour, que jamais femme, homme , beaux efprits , n’eurent moins de prétention que moi, &c de pédantifme, Tottife inféparable , en général, de la fcience. Tu ne répétés dans tes vers que ce que j’ai dit cent fois dans mes écrits; on ne m’a rien appris, je ne fais rien : je fais trophée de mon ignorance; le cachet du génie naturel efl dans toutes mes produirions ; je te le répété , miférable plagiaire : je n’ai rien appris, fk je fais plus que toi; je fais me rendre
juftice , je fais me rendre utile, les preuves en
ÎOfotdetout, celui-lkeftaffejufte *
de l’amour-, oüdiable as-tu trouve celui-, a? Hel dans quel temps que tu mé prennes ce peut npo.i a du me féduire quelquefois ; mais il ne m a j tourné la tête; & l’ai fi bien traite, que je ne crois pas qu’il s’avife de me feduire encore • prête à la plaifanterie. A ton aifey elpnt françois ,
A raisonner opéra, politique, danse, tableau, sculpture, vers, musique Souhaits ta politique, réponds, qui te dira que fat raifonne fur le refte; la sotte Eglé consume chaque jour, celui-ci eft noûtif i’épuiie ma fante peut-etre înimâiieuie-
Cpo»?™ pâme : b « & bte ».« ,««
autre par fois, improuve ou loue, au are d un vain caprice ; mon mémoire contre la comedie françoife, répond pour moi, a cette faunete . veut, sans goût, traiter du connaisseur celui-là pourrait encore être vrai celui-ci regarde le public : c’eft à lui à qui j’en appelle. J anrois a tous à répondre, l’éloge du dernier, mérite feulement mon obfervation.
» D’être favante abhorrez la manie. ;
« Le Ciel vous fit pour n’être que johe.
Par un hommt qui vous çonsiderc .
C’eft bien la tournure de l’homme que nous con~ noiffons , M. Duveyrier. Le ciel ne vous a fait eue pour être jolie ; l’impofteur ! le miroir eft plus vrai que lui; je crois au contraire que le ciel m’a fait une manie permanente , & non pas une beauté. Ce mélange de vrai & de faux ne devoit pas exciter ma réponfe , il eft vrai ; & 1 auteur , tel qu’il foit , ne devoit pas s’attendre devoir tout auffitôt imprimée que conçue, fa poeue ou fon application-, fi ce n’eft pas notre cner homme que j’ai cru reconnoître \par uu homme qui vous
considère, ma bévue eft terrible, & ma cranerie épouvantable ; fx c eft un ariftocrate , il rira de bon coeitr de me voir Ibupçonner un bon patrtote ( quoxqu un peu ridicule) de cette diatribe. Je feupçonne auffiune maifbn entière, où le crime & le vice le réunifient enfemble , où tout eft ariftocrate jufqu’au vieux chien , gens fans aveu , lans coniiitance quelconque , ne vivant que d’efcroquerie & du commerce le plus infâme , fe croyant un privilège exclufif de couvrir d’opprobre & de médifance tout le monde ; tandis que leur exiftence n’eft qu’un tiffu de forfaits & d’ignominie ; enfin , quels qu’en foient les auteurs , ils prendront pour leur récompenfe , le paffage qui les defigne. Quant à notre brave homme, ce que je dis de lui n’eft pas bien meurtrier; qu’il ne me force pas d’en dire davantage, & qu’il fe rappelle ce pronoftic de ma part : quand je cefferai de vous eftimer, vous ne ferez pas loin de perdre l’eftime publique. J’étois bien loin de penfer alors que j’imprimerois un jour cette obfervation ; à quelques ridicules près, il a encore mon eftime. Pour vous Mopfieur, prenez de bonne grâce ma critique; car , ft vous la prenez mal*, ce feroit tant pis pour vous : vous avez trop d’efprit, trop d’amabilité pour ne pas en faifir le but louable. J’ai voulu traiter gaiement tout ce qui mérite de l’être : cette manière ne peut rien ôter à votre mérite; nous ne femmes plus en France, mais bien dans file des fous; tâchons de reconnoître, s’il eft poftîble , le remède , peut-être pourrons-nous détruire cette maladie contagieufe, & parer au coup dont aous femmes menacés, vous ferez époque dans l’hiftoire; je veux aufli. ... y trouver un petit coin. r
Le lefteur m’accordera quelque indulgence lorfqu’il faura que j’ai écrit cet opufçule dans les accès d’une fièvre violente.