‹ Adriaen van de VenneChapitre 1 sur 24 · PEINTRE, DESSINATEUR, POETE · texte numérisé non relu

PEINTRE, DESSINATEUR, POETE

P Le Rat'

ÀDRIAEN VAN' DE VENNE en 1616

d après le Tableau du Louvre

Adriaen van de Venne naquit à Delft en 1589 de parents riches, originaires du Brabant, peutêtre réfugiés en Hollande lors des persécutions par les Espagnols. Il reçut une éducation soignée et une bonne instruction scientifique à Leyden, mais il paraît que sou goût pour les arts libéraux l’attira vers la peinture. On nomme comme ses maîtres Simon de Valk, orfèvre et peintre et Hieronymus van Diest, peintre de grisailles. Le peintre de ce nom, connu des biographes, vivait cependant plus tard et son frère Willem était trop contemporain de van de Venne pour avoir été son maître. Mr. Kramm parle d’une marine de ce Willem, dont l’eau est d’un ton fin et argentin, qualité que nous trouvons aussi dans la vue de Middelburg de notre peintre. On comprend que van de Venne ait cherché ses premiers maîtres dans le voisinage de sa ville natale et qu’il ait appris le dessin

comme beaucoup d’autres peintres chez un orfèvre, mais je crois, sans en avoir les preuves matérielles, qu’il est allé à Anvers et qu’il y a travaillé chez Jean Breugel de Velours. Il y a dans plusieurs de ses tableaux une recherche du fini et une manière de traiter les lointains qui fait penser au maître d’Anvers. Il est juste de dire que le talent de van de Venne est bien plus grand et plus original, lorsqu'il s’est affranchi des souvenirs de son apprentissage.

Il doit toujours être retourné à Delft ou à la Haye avant 1615, date du tableau miniature du Prince Maurice allant à la chasse. C’est là qu’il aura peint en 1616 le tableau emblématique des trêves conclues entre les Espagnols et les Etats généraux en 1609, la Kermesse de Ryswyck en 1618 et vers la même année les deux portraits des Princes d’Orange. Ce sont surtout ces tableaux de 1615 et 1616 et la Pêche des âmes de 1614 qui, dans les paysages, font penser à Breugel.

En 1619, je crois déjà en 1618, nous le trouvons à Middelburg où son frère Jan Pietersz van de Venne était établi comme libraire éditeur.

Il y débuta par le dessin ou le tableau de l’arrivée de l’Électeur Palatin à Flessingue que son frère fit graver et publia en 1618, et par les titres du Silenus Alcibiadis de Cats. Il s’associa avec son frère pour la publication de gravures d’après ses tableaux ou dessins, car nous trouvons le 13 Avril 1619 une résolution des États Généraux accordant aux frères van de Venne

300 florins pour la livraison de 25 portraits sur satin des Princes Maurice et Fred. Henri. Pendant les sept ans qu’ Adriaen a habité la Zélande, il doit avoir exploré en artiste et en poëte les villages riches de l’île de W alcheren ; ses œuvres poétiques et ses tableaux nous en fournissent les preuves. Le Zeeusche Nachtegael, surtout le Tafereel van Sinnemal , contiennent une quantité de particularités curieuses sur la vie des paysans et des bourgeois.

Peu de temps avant la mort de Jan Pietersz qui doit avoir eu lieu entre le 22 Mars et le 16 Mai de l’année 1625, Adriaen est allé se fixer de nouveau à la Haye. Le privilège du Houwelyck de Cats, accordé à lui et à son frère le 22 Mars le désigne comme demeurant dans cette ville, sur le quai nommé Fluweele burghwal fende de poten .

Il se fit inscrire en 1625 dans la corporation des peintres.

Après cette date ce sont surtout les dessins et les grisailles qui paraissent avoir occupé van de Venne. En parcourant la liste chronologique de ses œuvres on est étonné de ne trouver de lui dans certaines années qu’une ou deux compositions, dessins ou tableaux, et on doit penser que bien des œuvres ont été perdues, puisqu'en 1635, dans la lettre au sécrétaire de Fréd. Henri, Constantin Huygens, on le voit dire: chaque jour occupé de fart. De plus les documents qui suivent, nous montrent van de Venne comme un des membres zélés de la confrérie des peintres, en

IO

1640 comme chef. En 1660 encore on le voit dessiner d’une main assez ferme le départ de Charles II du pays où ce prince avait reçu l’hospitalité, preuve que son activité ne s’était pas ralentie, mais ce ne sont plus les fines et spirituelles œuvres d’avant 1625. Comme on aimerait à suivre les changements dans les mœurs et coutumes réprésentés par notre artiste depuis 1614 jusqu’au milieu du 17e Siècle! Mais à moins qu’on ne retrouve des tableaux qui sont encore inconnus pour le moment, nous devrons nous contenter d’admirer le grand talent de van de Venne jusqu’en 1625 et l’apprécier comme peintre de mœurs depuis cette année jusqu’ à sa mort.

En 1625 on trouve notre artiste dans la gilde de S. Luc à la Haye. En 1631 il y était hooftman (chef). Dans les notes extraites par M. van Westrheene des livres de la gilde on lit à l’année 1631 : ,:Le chef „Adriaen van de Venne a dessiné le wûnpelstrick „(nœud) et les armes avec les ornements pour les deux „ grands bocaux en argent, dans lesquels sont mis les „noms; ce que le dit van de Venne a offert à la gilde. „et la façon et la gravure sont payées par la gilde. „La valeur de l’argent est venue de M. Gerrit Dyckmans „ comme cadeau à la corporation pour tenir sa loterie.”

Plus loin on trouve: „Vu que le doyen Adriaen

„van de Venne et les chefs Jan van Goyen, Jacob „Hackee (ou Harkel ?) Bartholomeus van Bassen et „ Gabriel van Montfoort ont trouvé qu’ il était nécessaire de réparer le tableau abimé de la corporation, qu’on

„ aurait pû restaurer depuis longtemps, le doyen et les „ chefs susnommés ont employé les revenus qui rentreront „pour faire un grand tableau avec de la poësie en l'honneur „de la gilde de S. Luc, auquel ils ont contribué eux-mêmes „ trente florins, vu qu’en souvenir d’eux les armes de chacun ont été posées (peintes sous le tableau nommé, „le 16 Octobre 1640.” Adriaen était en 1656 parmi les fondateurs de la nouvelle Chambre de Pictura à la Haye. M. van Westrheene a trouvé dans les registres des baptêmes les enfants suivants d’Adriaen: Elisabeth 5 Octobre 1631, Adriana 24 Juillet 1633, Johannes 18 Juin 1636. Rien sur Huybert qui est peut-être né à Middelburg.

Dans les registres des Ventes, Mai 1676. — „Par „ Gérard Overdyk, avocat, nommé le 15 Oct. 1675 „çurateur de la succession de David Russel, ayant ,, épousé Elisabeth van de Venne et par Huibert van de „ Venne, maître peintre ont été vendues deux maisons „ayant appartenu à leur père Adriaen v. d. Venne, l’une „dans le Heerestraat (côté du sud), l’autre sur le nouveau Marché aux tourbes, la huitième maison depuis „le Heemstede, à côté d’un portique.” C’est dans cette dernière maison qu’ Adriaen a demeuré ; une pierre dans la façade portait l’inscription : In de drie Leerconsten.

Van de Venne est mort à la Haye en 1665 probablement. Suivant un document publié par M. van Westrheene il payait encore dans cette année le Straatgeld .

La biographie de van de Venne est courte et si nous voulons en savoir davantage sur l’homme, il faudra consulter ses œuvres tant littéraires qu’artistiques. Son portrait, qui a été gravé d’après son propre dessin par D. van Bremden et W. Hollar et qu’il a d’ailleurs placé dans plusieurs de ses tableaux et dessins *) nous montre une figure honnête, tranquille, agréable, un peu pensive. Il comptait parmi ses amis plusieurs personnes occupant une place honorable dans le monde des arts et des sciences, Jacob Cats, Simon van Beaumont parmi les poëtes , Michel Le Blon, diplomate et graveur, Jacob de Gheyn, Willem Jacobsz Delff, Magdalena van de Pas parmi les artistes. On a dit qu’il était le peintre officiel des Princes d’Orange. Je ne le crois pas, parceque du vivant du Stadhouder Maurice, il a passé plusieurs années à Middelburg, ville assez éloignée de la résidence du prince et la lettre déjà citée prouve suffisamment que Frédéric Henri qui succéda à son frère Maurice en 1625 ne possédait aucun tableau de van de Venne. Mais nous voyons toutes ses demandes de privilèges et toutes ses offres de gravures ou de livres favorablement reçues et bien recompensées par les Etats généraux des Provinces Unies.

*) Sur le tableau d’Amsterdam »Les pêcheurs d’âmes” de 1614, sur le devant; sur le tableau du Louvre, sur le devant en 1616; dans la gravure de »l’atelier de peintre.” Houwelyck de J. Cats page 24, 1625 ; dans »le Siège de Bois le Duc” en 162 dans »la Cavalcade des princes d’Orange,” même année etc.

Sa devise : Ick soeck en vinclt (je cherche et je trouve) le caractérise. Il cherche partout ses motifs, parmi le beau monde et les paysans, pour poétiser et deviser la plume ou le crayon à la main. Chez lui point d’élans superbes dans ses ouvrages, point d’éffets saisissants dans ses tableaux, mais une philosophie pratique, une poésie accessible à tous, comme la comprenaient ses compatriotes ; une pointe d'ironie perçant souvent mais pourtant la recherche du bon côté de toutes choses et comme dans le tableau du Louvre écartant la Haine et l’Envie. Tenant à l’ancienne école, van de Venne est amateur de l’emblématique, il cherche à moraliser et quand il admire et peint avec un soin minutieux les princes, les grands seigneurs et les belles dames, il garde une place dans ses poësies ou ses tableaux pour quelque paysan ou mendiant, qui avec sa mine gauche et son air moqueur médite sur sa vie pauvre mais tranquille.

Ces dispositions firent de van de Venne le collaborateur prédestiné de Jacob Cats, le poëte populaire qui, peut-être trop vanté pendant deux siècles pour être ensuite trop peu apprécié, n’en a pas moins eu de grands mérites.

Les préfaces de quelques œuvres de Cats nous apprennent que l’auteur des illustrations faisait ces spirituelles compositions suivant les indications du poëte. Mais van de Venne n’avait pas besoin de l’inspiration des autres pour trouver ses sujets. En fin observateur il saisit à merveille le caractère de ses personnages et en dessinateur parfait il sait les rendre

avec esprit. Ses seigneurs sont distingués, ses dames gracieuses, ses paysans gauches, ses mendiants informes C’est la jeune Hollande, hère de son indépendance nouvellement conquise, un peu rude et bruyante dans ses plaisirs, aimant le luxe, les beaux costumes, qu’il nous montre, comme Gerbrand Adriaansz. Brederô nous la peint dans ses comédies.

Ce que van de Venne pense de l’art, il nous le dit dans un poëme, Zeeusche Meyklacht (Complainte de Mai par un Zélandais) qui se trouve dans son recueil du Teeusche Nagtegael 1622 (le rossignol de la Zélande). „Un jeune homme sort de grand matin pour se promener et pensant à sa bien aimée, se plaint d’être loin d’elle ; mais il pense à son art et commençant de suite le portrait de la demoiselle, sa bonne humeur lui revient et il fait l’éloge de l’art.” „Qui, „ dit-il, qui peut assez honorer un art si doux, si agréable, „si utile, qui permet d’avoir toujours sous les yeux, „ce que l’on ne voit pas, qui montre tout ce qui se „ passe dans le monde, la vertu et le vice. Ah ! poësie, „ quand vous voulez donner la main à la peinture, „quelle belle union! Vous consolez ou rendez triste, „vous enflammez ou appaisez, conseillez et laissez déviner, „et la peinture, elle fixe le souvenir d’hier et d’aujourd’hui, elle parle de la main, elle montre aux méchants „ leurs défauts, elle éternise tout ce qui parait oublié. „ L’art est difficile, il faut exercer sans cesse l’imagination et l’esprit. Mais aussi quel beau résultat! „Tout ce qu’un esprit élevé peut voir d’invisible, l’art

„du peintre le représente comme si c’était arrivé. Et „de combien les bonnes peintures ne sont elles préférables aux tapisseries et aux cuirs, qui se gâtent par „le temps, tandis que les panneaux peuvent être facilement nettoyés *). L’art ancien est le plus apprécié, „le maître est mort, son ouvrage est loué. Je m’adresse, „ dit-il, comme pour oublier ce côté matériel de l'art, „je m’adresse de nouveau à ceux qui aiment les arts „pour rassasier les yeux et cultiver l’esprit. L’art et „la science sont les seuls biens que l’on ne pourra „vous ravir. Le voleur aura beau chercher et fouiller, „il devra vous laisser votre art et votre science. Donc „ aimez toujours l’art et même quand vous verrez des „ défauts dans ses productions, ne jugez pas trop vite „mais regardez surtout aux qualités.”

L’œuvre de van de Venne se compose de tableaux en couleurs, de peintures monochromes ou grisailles et de dessins. On a dit qu’il a manié lui-même le burin ou la pointe et le savant Nagler lui attribue les gravures de l’édition de 1632 des Sinrycke Fabulen der dieren par S. Perret, à cause des monogrammes que l’on y trouve. Je ne saurais décider cette question ; sur la belle planche accompagnant le Slypersliedt (chanson du Gagnepetit) dans le Rossignol de Zélande

*) Encore une des preuves multiples que les tableaux étaient considérés commes des meubles dans ce temps qui ne connaissait pas encore les musées, mais où en revanche toutes les maisons bourgeoises formaient ensemble un musée national comme il ne s’en trouve plus.

se trouve également le monogramme de l’artiste légèrement tracé; s’il a gravé cette estampe il a été maître dans cette branche de l’art. Mais partout, dans les privilèges, dans les vers chantés en son honneur par ses amis, Adriaen van de Venne, n’est jamais désigné que comme peintre et dessinateur . Tant que l’on n’aura pas trouvé des planches avec le ,fecit ” du graveur je douterai que notre peintre ait manié le burin ou la pointe.

Les tableaux en couleur de van de Venne sont peu nombreux, comme la liste de ses œuvres le prouvera, et ceux que nous connaissons sont tous du premier temps de sa carrière d’artiste. Ils sont tous peints avec beaucoup de soin et comme il y en a qui contiennent des centaines de figures, ils doivent lui avoir coûté beaucoup de travail. Il n’y a pas entre eux beaucoup de différence de manière comme chez d’autres maîtres ; le paysage seulement des premiers tableaux est, quoique plus directement inspiré par la nature, dans le genre de Breughel de Velours et son école, tandis que le tableau du port de Middelburg (1625) montre des qualités bien supérieures, qui rangent notre peintre parmi les très bons paysagistes de la première moitié du 1 7e siecle. Dans les tableaux où van de Venne a introduit une rivière ou un canal, il se montre encore maître dans cet élément. L’eau dans la pêche d’âmês , dans la chasse au faucon et dans le port de Middelburg est d’une transparence parfaite et le mou vement en est dessiné avec la plus grande vérité. Il serait curieux de retrouver la bataille navale de Rammekens (N '. 7 des tableaux passés dans des ventes) pour compléter

le jugement favorable que nous pouvons déjà former sur van de Venne comme peintre de marines.

tSi les sites oû se passent les scènes que notre artiste a retracées, ont déjà beaucoup d’attrait, ce sont surtout les figures qui, chez lui, font le charme du tableau. On peut lui reprocher avec raison d’avoir souvent sacrifié l’unité du tableau à la perfection qu’il a mise dans tous les groupes et on a dit qu'on pourrait prendre dans une seule composition plusieurs tableaux complets. N’était ce pas cela encore un reste de l’ancienne école à laquelle il appartenait ?, et on ne saurait trop lui en vouloir d'avoir tenu à se conformer à la tradition. En tous cas il a bien racheté ce défaut par d’autres qualités. Telles têtes, telle pose dans la pêche des âmes vaut tout autre tableau du meilleur maître hollandais. Th. de Keyser si justement célébré n’aurait pas mieux peint ces gamins à la mine ironique, ces têtes vénérables de docteurs ou de magistrats hollandais et il y a dans ce riche costume du fou ou nain de l’archiduc Albert comme un avant- goût des brillants vêtements dont Rembrandt habillait les modèles vulgaires,

qu’il métamorphosait en princes orientaux. Van de V enne n’a rien négligé dans ses tableaux. Ainsi que l’a dit Bürger, il a ciselé les têtes comme le plus fin médailliste, il a rendu les accessoires avec une fidélité étonnante, et ce qui est plus étonnant, c’est qu’il a su éviter la sécheresse et n’imiter en aucune façon les tours de force de Guillaume van Mieris et les petitesses d’exécution des artistes de la décadence.

L'éloge qu’on se plaira à accorder aux tableaux en couleurs ne saurait pas être également attribué aux grisailles. Il y en a, comme les deux tableaux de Mr. Six à Amsterdam et quelques autres, qui sont fins de dessin et de ton, mais il faut avouer, que la plupart sont d’un dessin lâché et négligé et manquent de distinction. Plusieurs connaisseurs à qui nous en parlions ont partagé notre étonnement à ce sujet. Si la plupart de ces grisailles ne portaient pas la signature du maître, on serait porté à les attribuer à Huybert van de Venne, qui a également peint des tableaux monochromes, mais dont les productions nous sont demeurées inconnues.

11 est vrai que ces illustrations de proverbes, danses de gueux &c. ayant servi à orner les grands vestibules et les couloirs des maisons hollandaises, demandaient par cela même moins de fini, mais il reste inexplicable comment notre peintre a pû se décider à changer si sensiblement sa manière autrefois si spirituelle.

A-t-il voulu, en abandonnant ses anciennes préférences, se ranger parmi les maîtres à effet, nous ne saurions le dire, mais faute d’explication suffisante, nous regrettons qu’ Adriaen n’ait pas continué la série si belle et si intéressante commencée par la Pêche des âmes.

Les dessins de van de Venue sont très nombreux; ils sont inégaux de qualité. A la plume et à l’encre de chine, faits pour des graveurs qui les ont merveilleusement rendus, ils sont le plus souvent assez fins et spirituels. Dans la préface du livre Moral Emblems . .. front Jacob Cals and Robert Far lie, London. Longman,

Green Longman and Roberts 1860, il est 'dit que Sir Josua Reynolds étant jeune prenait beaucoup plaisir à étudier les illustrations que van de Venne avait composées pour les ouvrages de Cats et les copiait soigneusement.

Dans les grisailles, et dans les dessins, quand même ils sont lourds et négligés, il y a par ci et par là des détails qui montrent que la main du maître était encore habile et qu’il se souvenait des belles figurines de ses débuts.

Une note de P. Terwesten, citée par M. C. Kramm, ferait penser que van de V enne aurait aussi peint quelques vitraux pour la maison de campagne de Jacob Cats. Adriaen van de Venne reste un des maîtres intéressants sous tous les rapports. Comme précurseur de la grande école, comme artiste original et spirituel, comme peintre des mœurs il mérite d’être de plus en plus connu et apprécié.

Van de Venne a signé ses tableaux et ses dessins de son nom en toutes lettres Ad (accolés) v. Venne , ou A. V. Venne; sur quelques unes des gravures exécutées d’après lui se trouve le monogramme composé d’un A. et de deux V. mentionné par Nagler, Monogrammen Lexikon. / N°. 1388.

Lettre de van de Venne à Constantin Huygens,

publiée par M. van Westrheene.

Ed. Heer C. HUGENS.

Myne sclmldige Plicht die beweeght my deesemael UEd.

Eerbiedige te begroeten, daer beneffens te voegen een Belachende Werelt, voor U Oogen Lust.

Als UEd. eenige overtyt keeft .

By on s en Loffelyke H âge;

daer wy UEd. gesonden

doen hoopen weder te sien

Versoekende altyt UEd. genegentheyt over de Konst, die ik aile dagen noch by de haut hebbe, om eyndlyck eens te verkrygen dat ick mochte de eere hebben zvat aerdighs te maecken in de Konstkamers van den Doorluchtigen Prince van Orange gelyck andere hebben gedaen. Daertoe kon UEd. my wel helpen met gelegenheyt ; mitsdien dat ick sal da7ickbaer syn.

Blyven UEd. dienstschuldige, Adr. v. VenNe, Hage} den 5 Augusti 1635.

Aen de Edele lîeere CONST. HUGENS,

Ridder ende Secretaris van den Doorluchtigen Prince va 71 Orangien.

H âge.

Monsieur HUGENS,

Mon devoir me pousse cette fois à Vous offrir, mes compliments respectueux, et d'y joindre un Belachende Werelt (le monde risible), pour le régal de Vos yeux. Quand Vous aurez

quelques loisirs. Avec notre

célébré Haye (la Haye); où...

nous espérons Vous revoir en bonne santé.... Invoquant toujours Votre bienveillance pour l'art, que j'exerce encore journellement, pour arriver enfin à faire quelque chose dejoli dans les galeries de l'illustre Prince d’Orange, comme l’ont fait d’autres (artistes). Vous pourriez, à l'occasion m’aider à cela, ce dont je Vous serai reconnaissant.

Je reste Votre serviteur, Adr. v. Venne,

la Haye, 5 Août 1635.

Au noble

Seigneur Constant. Hugens,

Chevalier et Sécrétaire, de l’illustre Prince d’Orange.

la Haye.

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