TABLEAUX CONNUS
Bois. H 0.42. L. 0.67.
Au premier plan du paysage, des voyageurs traversent un ruisseau qui coule sur le chemin. Tout à fait en avant, un cavalier sur un cheval pie, près de lui une charrette attelée de deux chevaux, et quantité de figurines, chasseurs, mendiants etc. A droite, un petit bois dans lequel s’engage le chemin; à gauche, un moulin à vent; au fond un village sur une rivière. Signé A. V. (accolés) VENNE 1614. (Galerie Suermondt par W. Burger. 1860).
Galerie Suermondt.
Musée de Berlin.
Bois H 0.42. L. 0.67.
Une rivière gelée; bords boisés; à droite une ville ; à gauche, un village. Beaucoup de figures, patineurs et promeneurs» des traîneaux etc. On remarque surtout trois personnes occupées à . attraper des anguilles. Au second plan un navire monté sur patins pour glisser sur la glace rempli de voyageurs de distinction. Signé et daté comme le précédent (Galerie Suermondt par W. Burger. 1860).
Galerie Suermondt.
Musée de Berlin.
Photographié par Fierlanls. Bruxelles.
Les Pêcheurs d’âmes.
Bois. H. 0.90. L. 1.80. Fig. 0.29.
Les tableau est occupé pour les deux tiers par un fleuve sur lequel on voit plusieurs barques, remplies les unes de théologiens protestants, les autres d’écclésiastiques catholiques. Celle qui est le plus en vue, sur le devant, est occupée par treize docteurs réformés, qui au moyen d’un grand filet, tâchent de ramener dans leur barque plusieurs personnes en danger de se noyer; ils ont avec eux deux bibles avec inscriptions et le millésime 1614. Une autre embarcation plus à droite contient un évêque et plusieurs religieux cherchant à attirer à eux les nageurs. La rive gauche du fleuve est couverte d’une quantité innombrable de personnages; sur le devant théologiens, pasteurs (au premier rang on remarque le peintre); plus loin des hommes d’état et les princes protestants, Jacques I d’Angleterre et son fils ainé, l’électeur palatin avec sa femme, les princes d’Orange, Maurice et Frédéric Henri etc. Derrière eux des gens armés et les voitures qui ont amené tous ces personnages; sur le bord de l’eau des bourgeois, des paysans etc. La rive droite nous montre le parti Espagnol et Catholique; sur le devant un nain, des gamins, des nobles, des ecclésiastiques (Jean Neyen, Chimarrheus etc.), et pour faire pendant aux princes protestants, les souverains des Pays-Bas autrichiens Albert et Isabelle. Sur le bord du rivage nous voyons un pape porté en procession etc.
Tout cela est admirablement et finement dessiné et beau de couleur. Certaines têtes et les gamins sur le devant peu-
vent rivaliser avec les meilleures productions de l’école hollandaise.
Ce tableau attribué à van de Venne et à Breugel de velours, même à van Balen est entièrement de notre peintre. Il a passé dans la vente Maurits de Jeude, la Haye 1735, et y fut adjugé pour fl. 760. Plus tard il a fait partie des collections des princes d’Orange au chateau le Loo; et c’est de là qu’il est venu au musée d’Amsterdam. C’est un tableau à étudier par rapport aux personnages réprésentés, qui presque tous doivent être des portraits. Quelques uns en ont été trouvés; j’espére réussir pour les autres aidé par le zélé conservateur-adjoint du Cabinet des estampes à Amsterdam, Mr. de Vries.
Musée d’Amsterdam.
Gravé à Teauforte par J. A. Boland Photographié par Braun.
Le prince Maurice d’Orange, allant à la chasse.
Bois H. 0.16, L. 0.225. Fig- 0017.
La partie gauche du tableau est occupée par un bois, la partie droite par une plaine, que traverse un ruisseau, qui sur le devant est sorti de son lit et a inondé le terrain. Des routes remontent vers le lointain et une d’elles, passant entre deux bouquets d’arbres conduit à un village dont le clocher se montre à l’horizon. Du bois à gauche sort le cortège princier; dans une calèche attelée de quatre chevaux blancs se trouve le prince Maurice, ayant une princesse à sa gauche ; en face d’eux se voient deux seigneurs, l’un en noir et l’autre portant un chapeau gris. Deux autres se tiennent de côté. La voiture est entourée de plusieurs cavaliers, parmi lesquels on
remarque un seigneur en gris perle ôtant son chapeau et parlant à un des personnages assis dans la calèche. Plus sur le devant un gentilhomme retenant son cheval pour laisser passer le cortège; il est coiffé d’un haut chapeau à plumes. Dans l’escorte on remarque entre autres le conseiller? à cheveux et barbe gris, qui figure aussi sur le tableau du port de Middelburg. Une foule de jeunes pages entoure la calèche; un d’eux court devant, un autre habillé comme un héraut d’armes, cotte jaune avec broderies noires se tient plus à gauche et au premier plan un fauconnier, en costume gris perle, tenant deux faucons et accompagné d’un lévrier blanc et de deux autres chiens. On apperçoit entre les arbres des cavaliers, des chasseurs, des chiens ; plus loin une clairière, où s’avance une calèche à quatre chevaux entourée de gentilliommes à cheval. Sur les routes avoisinantes plusieurs voitures, remplies de curieux ; sur le devant deux se sont arrêtées sur le bord du ruisseau ; le cocher de l’une, en blouse blanche, est descendu et un personnage en noir se tient derrière le véhicule; dans l’autre voiture deux seigneurs se penchent autant que possible hors de la capotte pour mieux voir. A côté un garçon en gris portant un sac et ayant auprès de lui un chien. C’est le même gamin que l’on voit devant les magistrats sur le tableau du port de Middelburg et que celui qui se tient derrière le monceau d’armes dans le tableau du Louvre.
Signé sur le sol à gauche en lettres minuscules A. V. ( accolés ) Venue 1615.
Ce petit tableau, d’un fini précieux est peut-être une des miniatures les plus curieuses qui existent. C’est lumineux, gai, plein de caractère et d’esprit. Les petits pages, le fauconnier, le gamin sont comme des figures de grandeur naturelle réduites à 17 millimètres de hauteur.
M. E. Warncck à Paris.
Photographie par Michelez à Paris.
Les Trêves entre les Provinces-Unies et les Espagnols ((609).
Bois. H. 0.62. L. 1.12. Fig. o.ii.
Ce tableau, un des plus finis de van de Venne, ne représente pas un événement, une fête donnée a l'occasion des trêves entre les souverains des Pays-Bas espagnols et les Pays-Bas libres. C’est une réprésentation emblématique de cet armistice qui dura 12 ans. Les événements de 1614 et 1615 expliquent peut-être pourquoi van de Venne célébra par un tableau, en 1616 seulement, ces trêves conclues déjà en I609. La guerre de Juliers faite par Spinola inspirait aux hollandais la crainte que la paix temporaire ne fut sur le point d’être violée par l’Espagne. En 1616 cette crainte s’étant dissipée, van de Venne a voulu symboliser l’heureux retour de la tranquillité, qui promettait au pays le progrès et la richesse. Il nous montre les Provinces Unies indépendantes comme la fiancée richement parée et donnant la main à un seigneur brabançon, qui ne paraît pas avoir l’air trop content de cette union. Mais l’Amour les appelle en les devançant et deux tourtereaux se trouvent bequetant à leurs pieds. A gauche un monceau d’armes, d’armures, de drapeaux etc. couvre le sol, mais un paysan en les chargeant sur une voiture va faire disparaître ces symboles de la guerre et avec eux la Discorde et l’Envie, que l’on voit cachées sous les fusils et les hallebardes. Un paysan regarde tout cela avec satisfaction. Derrière les deux personnages principaux, l’on voit les chefs des deux partis belligérants. L’archiduc Albert d’Autriche, sa femme l’infante Isabelle, le père Neijen et le général Spinola ;
un petit nain grotesque habillé de rouge et portant une énorme fraise les accompagne. A côté d'eux les princes d’Orange, Maurice et Frédéric Henri, les chefs héroïques des Pays-Bas libres; suivent des hommes d’état, des capitaines hollandais puis des soldats avec leurs hallebardes. Dans le fond un magnifique chateau, situé dans un paysage boisé Ce bois occupe toute la partie droite du tableau. Là sous ^es grands arbres divers groupes jouant, s'exerçant à l’épée, des serviteurs avec des chevaux, d’autres raffraichissant du vin dans une petite mare etc. Plus près du groupe principa sont assis les musiciens jouant de tous les instruments. Tout à fait sur le devant le peintre van de Venne causant avec un seigneur. Par terre, des plats en faience de Delft et en porcelaine de chine remplis de fruits, des flacons, des verres, un petit singe, enfin une quantité d'objets exécutés avec une extrême précision. — Tout dans ce beau tableau est peint avec une sûreté de main étonnante et sans qu'il y ait la moindre sécheresse. Signé A. V. VENNE FESIT 1616.
Musée du Louvre,
Photogr. par A. Braun.
Portrait du Prince Maurice d’Orange.
Ce portrait, ainsi que ceux de Frédéric Henri (No. 7) et de Guillaume I (N°. 10) ont orné le chateau de Honselaarsdijk, propriété des princes d'Orange près de la Hâve. En 1702 après la mort de Guillaume III d'Orange, roi d’Angleterre et au partage de sa succession, ils échurent au Roi de Prusse»
son cousin. Je ne puis les décrire que suivant la gravure de W. Jsz. Deljf.
Jusqu'aux genoux, à droite, en pourpoint ouvré, un mantelet galonné recouvrant les épaules et les bras, la tête couverte d'un chapeau à haute forme, orné d’une aigrette; il porte l’ordre de la Jarretière. Le prince est debout sous une draperie et à côté d’une table; à gauche un piédestal avec les gantelets, derrière lequel une armure. A droite on voit dans un vestibule deux hallebardiers avec un chien et dans le fond l'intérieur de la grande salle du Binnenhof à la Haye, ornée de drapeaux et occupée par des boutiques (à l'occasion de la Kermesse) devant lesquelles la foule défile ( D . Franken Dz. r œuvre de W. Jsz. Deljf N". 57.). Les portraits de Maurice et de Frédéric Henri sont probablement peints vers 1617. Gravé par W.Jsz. Delff.
Portrait du Prince Frédéric Henri d'Orange.
Jusqu'aux genoux, à droite, en habit richement brodé, le manteau sur l’épaule gauche et enveloppant les reins. Le prince est debout à côté d’une table, sous une draperie; il tient de la main droite le bâton de commandement appuyé sur la hanche. Il est coiffé d’un chapeau à haute forme, le bord relevé près de l’aigrette. Derrière lui son armure et sur un piédestal les gantelets. A droite un grand portique et un vestibule, 011 se trouvent deux gentilhommes accompagnés d’un serviteur avec deux chiens.
Gravé par W. Jsz. Delff (l’Œuvre W. Jsz. Delff, N°. 60.)
La Kermesse de Rijswijck.
Bois. H. 0.55. L. 1.34..
On se trouve sur la place du village, bordée à droite et à gauche de maisons avec l'église dans le fond; une route traverse la place et se perd dans une rue à droite de l’église. A droite de cette chaussée un rang, à gauche deux rangs de baraques en forme de tentes pavoisées de drapeaux oranges, oranges, blancs, bleus et rouges, blancs, bleus. Sur la route s'avancent vers le spectateur trois voitures, dont deux fermées, attelées de quatre chevaux bruns, tandis que plus en avant, une calèche est traînée par six chevaux blancs richement harnachés. Dans cette calèche se trouvent les princes d’Orange Maurice et Frédéric Henri et sur le banc en face deux seigneurs; la voiture est précédée de deux pages, vêtus d’une livrée bleue on verte avec galons de feuillage rouges, accompagnés de trois chiens. A droite de la voiture un cavalier tout en rouge, saluant les princes et plus sur le devant un autre en manteau brun; à gauche un seigneur à cheval tenant son chapeau sur la poitrine et plus en avant deux officiers? richement habillés, dont l’un, qui a la figure très brune, écarte de sa cravache un petit chien; près de ces personnages deux hommes à cheval, portant de grands manteaux et coiffés de chapeaux à larges bords, des voyageurs ou des marchands de chevaux, puis plus à gauche deux pages et un marchand d’allumettes assis par terre. À droite, devançant la voiture, s’avance un seigneur, monté sur un cheval gris pommelé, à la rencontre de deux personnes de distinction, un seigneur et une dame ; le seigneur en habit blanc, posant sa main
sur celle de la dame, qui comme lui est nu-tête ; la dame porte une jupe couleur orange avec corsage et double jupe relevée vert et une grande collerette de dentelles. Dans leur entourage on remarque un bourgeois en costume noir avec sa femme coiffée d’une cornette, des paysans, des charretiers, un marchand de mort aux rats etc. Un gamin, le fouet à la main, va franchir, en saluant le cavalier, une planche jetée sur un petit ruisseau qui sépare ce groupe de la route. Plus à gauche une marchande de fruits, trônant au milieu de ses paniers de pommes, près d’elle un baquet avec des marrons, un sceau d’eau etc. Un jeune homme profite du moment où la marchande reçoit l’argent d’une cliente, pour lui vider sa bourse. Remontant alors par la droite vers l’église nous trouvons deux baraques où l’on vend de la boisson, devant lesquelles sont deux chevaux sellés, à droite une pièce d’eau avec des barques chargées de monde. Puis, quittant l’ombre Iraiche des grands arbres, nous rencontrons une voiture de paysans arrêtée pour , que les voyageurs prennent un verre de bierre, un montreur de chiens savants, un théâtre forain, plusieurs chevaux en liberté, car c’est en même temps marché aux chevaux. Redescendant par le côté gauche, là encore se trouvent des paysans à cheval saluant les princes, un autre qui se tient à peine sur une rosse prenant le mors aux dents, des baraques entourées de visiteurs, dans une petite mare des canards qui barbottent, une rixe de paysans etc. et une échappé sur une colline couverte de verdure.
Toutes ces figurines, au nombre de trois cents peut-être, sont spirituellement dessinées, de bonne couleur et agréables à voir. Il y a des détails comme le verre cassé, les monnaies et les coquillages par terre, la nature morte, le seau? les fruits qui entourent la marchande d’un fini et d’une justesse
remarquables. Il y a peut-être dans ce tableau un manque de gradation dans les tons, qui fait que certains groupes des plans plus reculés ont conservé une importance trop grande; il est vrai qu’il eut été impossible de joindre la fidélité de détails, que l’artiste a tenu à montrer, à un effet plus concentré sur les groupes principaux. Ce qu’il a voulu réprésenter, le mouvement d’un marché, d’une kermesse, est admirablement rendu. On ne doit d’ailleurs pas oublier qu’en 1 6 1 8 les artistes avaient encore les traditions de l’école dont J. Breugel de velours avait été l’inspirateur.
Signé sur la passerelle AV (accolés) VENNE F 1 6 1 8.
Vente Mlle. Drekman. Amsterdam, 14 Avril 1857, fl. 405.
Vente Leroy d’Etiolles, Paris 1861, frs. 10.000.
Chez M. le d*. Leroy d’Etiolles à Paris.
La tradition et le catalogue de 1857 disent que les personnages que le cavalier va saluer sont le roi et la reine de Bohême*. L’homme ressemble beaucoup à ce prince, mais autant que je le sache il n’a visité la Hollande qu’en 1613, en 1621 et en 1622 jusqu’en 1632. En 1613 il avait 17 ans, sa femme le même âge; sur le tableau les personnages sont plus âgés et les princes d’Orange sont bien comme ils étaient en 1618.
Mr. le Chevalier Six à Amsterdam possède un très beau et intéressant tableau cL'Esajas van de Velde de 1625 réprésentant également la visite des princes d’Orange à la kermesse de Rijswijck, Bois H 128, L 0.70.
Les Princes d’Orange et de Nassau, Cavalcade,
Toile H 1.70. L. 2.82. Fig. a cheval 1.37.
Le prince Maurice, le comte Guillaume Louis de Nassau, Frédéric V., électeur palatin, Roi de Bohême, les princes
Philippe Guillaume et Frédéric Henri forment l’illustre cortège. Ils sont tous à cheval et richement habillés. Derrière eux une suite nombreuse de cavaliers et sur le devant les pages avec les chiens. Dans le lointain des arbres, le bois de la Haye, car la grande tour de cette ville se montre au dessus de la verdure.
Gravé par W. Jsz. Delff en 1621, avec des changements. Le Roi de Bohême ne se trouve pas sur la gravure et le prince Frédéric Henri y paraît plus jeune (voir ma Description de l’Œuvre de W. Jsz. Delff.)
Musée d’Amsterdam.
ÎO.
Portrait de Guillaume ), prince d’Orang2.
Jusqu’aux genoux à droite en justeaucorps ouvré, recouvert d’une longue toge bordée de fourrures et garnie de soutaches en or; il porte un chapeau à large bords et une fraise tuyautée. Le prince est assis dans un fauteuil; derrière lui une armure, sous une draperie formant dais. Il tient de la main droite le bâton de commandement et de la gauche la garde de Pépée, à riche baudrier, qui repose entre ses genoux. A droite une galerie ouverte, où se tiennent deux hallebardiers et un page avec deux chiens. Plus loin un chateau. Ce portrait doit avoir été copié par v. d. Venue , sur un autre, fait du vivant du prince. Peint probablement vers 1621.
Gravé par W. Jsz. Delff.
(l’Œuvre de W. Jsz. Delff N. 55).
Lit de parade de Maurice d Orange.
Cuivre H. 0.07. L. 0.12.
La tête est à gauche, coiffée d’un bonnet rouge bordé de dentelles, elle est encadrée par une fraise tuyautée; le corps que Ton ne voit que jusqu’à la ceinture est vêtu d'une toge rouge avec ornements brodés en or.
On a cru que ce petit tableau représentait Guillaume 1 d’Orange, mais après l’avoir comparé avec les gravures du temps et avec lin dessin à la plume de J. de Gheyn , le doute n’est plus permis. Peint en 1625.
Musée d’Amsterdam.
L’exposition rétrospective tenue à Delft en 1863 montrait un tableau analogue appartenant a M*. M. T. E. F. N. comte Nahuys à Utrecht (No. 3.62).
Le port de Middelburg avec l’arrivée de l’électeur Palatin en 1613.
Bois H. 0.63. L. 1.32. Fig. 0.133.
C’est une vue de la ville prise du canal qui conduit au port. Le peintre s’est posté sur la digue qui borde le canal à droite. Il avait alors devant lui un magnifique panorama. La ville dans le fond avec son superbe hôtel de ville, ses belles maisons ornées de tourelles, les nombreux navires amarrés aux quais et dont les mats sont pavoisés; la digue
gauche avec tous les curieux et derrière cette digue les terrains bas couverts de verdure ; le canal, qui sur le devant occupe les trois quarts du tableau, avec les grands vaisseaux, les yacht et les barques; la digue droite remontant jusqu’au port et sur laquelle se presse une foule compacte; les prairies que la digue sépare du canal. Quatre navires surtout attirent tout de suite l’attention. Le plus à gauche, un yacht, portant à son mât un pavillon avec les couleurs rouge, blanc et bleu, deux fois répétées et placées horizontalement, aux armes du prince Maurits d’Orange; sur la poupe un grand drapeau blanc semé de feuilles et de fruits d’oranger, neuf soldats et matelots et deux trompettes composent l’équipage; près de la proue un soldat fait partir un coup de canon. Plus à droite un yacht particulier portant contre la poupe les armes de la famille van Tuyll van Serooskerken ; le grand pavillon qui flotte sur la poupe est de cinq lés bruns et cinq roses avec les armes d’Anvers; celui attaché au mat est rouge ponceau et celui du mat de misaine rouge, jaune, rouge. Cinq seigneurs et deux dames se tiennent, assez serrés, dans le yacht, un homme très fort, au type hispanobrabançon (le même qur figure dans le tableau du Louvre) joue de la guitarre et se soucie peu d’une jolie blonde coiffée d’une fine cornette qui semble écouter les propos d’un seigneur, espagnol probablement, qui porte sa santé. En face d’eux une dame en satin bleu foncé, que l’on voit de dos et qui se bouche les oreilles pour ne pas entendre la détonnation du canon. Un seigneur assis à sa gauche lui passe le bras autour de la taille et ne paraît pas s’apercevoir que son chapeau a été empoité par le vent et flotte dans le canal. Un autre seigneur qui tient .une perche montre le chapeau à un batelier qui paraît embarrassé et porte
la main à son bonnet; un personnage en pourpoint vert rayé (for, que l’on voit de dos et qui met la main dans la poche pour chercher sa bourse va convaincre le batelier de repêcher le chapeau. Sur le devant de la barque un autre garçon à la mine moqueuse, regarde ce qui se passe. Derrière le yacht un vaisseau à trois mats, que deux chevaux sur la digue droite remorquent; le pavillon du premier mat porte les armes de Zélande, celui du grand mât les armes de Middelburg ; sur le troisième mat un petit pavillon rayé de trois lés rouges et deux blancs horizontaux. Le quatrième vaisseau, qui entre dans le port est le Lion rouge , un des navires composant l’escadre qui conduisit l’électeur et sa femme de Londres en Hollande.
La digue gauche est animée par plusieurs groupes, des marchands de Middelburg en noir avec leurs femmes portant la cape à la mode espagnole, des officiers dans leurs costumes à couleurs voyantes, un paysan en admiration, un autre prenant sa femme par la taille et courant avec elle à leur cabane, toutes des petites figures de deux centimètres, des types comme van de Venne les dessinait si spirituellement. C’est surtout sur la digue droite qu’est le mouvement. Au premier plan un vieux charretier avec deux chevaux de halage ; il ne prête aucune attention à tout le luxe qui l’entoure et ne voit pas même le paysan déguenillé, le panier au bras, qui ricane dans le coin du tableau. Derrière ce groupe un autre homme dirigeant deux chevaux qui traînent le vaisseau aux armes de Middelburg et regardant un paysan couché sur la digue qui tient à la main une botte dalumettes. En bas de la digue, étant l’un plus, l’autre moins dans l’eau du canal se voient quatre cavaliers ; l’un d’eux parle à un page qui court, chapeau bas, derrière lui. — Remontant sur la digue, nous
trouvons quatre seigneurs à cheval. Deux d’entre eux, richement habillés, me paraissent des princes, peut-être le prince Maurice d’Orange et son beau frère Emmanuel de Portugal, les deux autres en costumes foncés, ont Pair de magistrats ou de conseillers; autour de ce groupe se trouvent plusieurs pages, dont quelques uns regardent des gamins qui sautent par dessus les fossés dans les prairies à droite; plus à gauche un jeune page le poing sur la hanche. En continuant la digue jusqu’à la ville on aperçoit une foule de seigneurs, de marchands, de dames, de bourgeoises etc., les plus rapprochés du port ne forment que des petites taches vivement coloriées. Près de la ville, les prairies à droite de la digue sont couvertes de petits bouquets de bois, de cabanes devant lesquelles des femmes étalent du linge etc. le tout plein de mouvement.
Signé: AV. (accolés) Venne 1625.
En Mai 1613 l’électeur palatin du Rhin. Frédéric V, ayant épousé la fille de Jacques I d’Angleterre passa par la Hollande pour se rendre dans ses états. Le 9, arrivée à Flessingue, réception par ses oncles les princes Maurice, Fréd. Henri, Emmanuel de Portugal, les Etats de la Hollande etc. ; le 10, départ du prince (en voiture) pour Middelburg, Veere et la Hollande; le 11, départ de la princesse en vaisseau, avec les bagage^ (le Lion Rouge servait dans ce transport) par le port de Rammekens pour Middelburg, réception et fêtes à l’hotel de ville; le 12 elle continua son voyage. C’est donc sans doute l’arrivée de la princesse que le tableau devrait réprésenter, mais comme on n’y voit ni réception, ni rien qui indique sa présence, je croirais plutôt que van de Venne ayant voulu donner une vue de la ville de Middelburg, a pensé qu’il ne pouvait mieux faire pour ajouter
à l’intérêt de son ouvrage que de l’animer en représentant une ceremonie à laquelle prenaient part un grand nombre de personnages, cérémonie qu’il avait peut-être déjà eélébrée en peinture.
D. Franken Dz. Paris.
Photogr. par Michelez à Paris.
Le Prince Maurice d’Orange visitant avec son état major l’armée hollandaise devant Ostende(?)
Ce tableau, conservé au chateau de Beverweerd, (province d’Utrecht) ancienne propriété des princes d’Orange, a été copié (dessiné) par N. J, Kamperdijk (Vente C. Kramm. Utrecht 7 dec. 1875 page 381). Suivant le dessin le prince y est réprésenté vers 1618; ce ne serait donc pas le Siège d’Ostende (1604), comme le prétend le catalogue Kramm.
Le Vijverberg à la Haye, avec les Princes d’Orange, le Roi et la Reine de Bohème, et autres personnages à cheval.
Toile H 38. L 63 pouces anglais.
La vue est prise du côté du Buitenhof. — Le cortège princier se dirige du côté du Vijverberg planté de grands arbres. C’est le prince Maurice d’Orange qui ouvre la marche avec sa nièce la femme de l’électeur palatin du Rhin; derrière elle une autre dame. Suivent une douzaine de seigneurs
et gentilhommes à cheval accompagnés de serviteurs et de pages qui conduisent des chiens, de fauconniers et autres. Dans le Buitenhof (cour extérieure) on voit une calèche attelée de quatre chevaux blancs etc.
Ce tableau qui se trouve à Althorp House, appartenant au Comte Spencer, a figuré dans l’Exposition de Manchester en 1857 sous Ie N°. 543, dans celle de 1866 (National Portrait Exhibition at South Kensington) sous le N°. 481. 11 a toujours été attribué à (J.) Breughel. Le catalogue de Pexposition de 1866 dit que la Reine de Bohême et son mari y figurent ainsi que l’ambassadeur d’Angleterre à la Haye Sir Dudley Carlton. On peut distinguer sur la petite photographie (79 et 132 mm.) à part les personnages nommés, Pélecteur palatin, le comte Guillaume Louis de Nassau, Frédéric Henri, prince d’Orange.
J’ai décrit ce tableau, le croyant de van de Venne, d’après une toute petite photographie. Une inspection plus minutieuse de cette reproduction m’a donné quelques doutes et maintenant je renonce à l’attribuer à van de Venne. Les chevaux par exemple, sont tout autrement dessinés.
Althorp House au Comte Spencer.
Photographié par l’Arundel Society, Londres.
Le Christ et la femme adultère.
Composition de douze figures — Sur un rideau on lit la parole du Christ : Wie is er sonder sonden (qui est-ce qui n’a pas pêché) en caractères gothiques. Signé dans le bas. A. van de Venne. Mr. G. Goossens, à la Haye.
la.
Société dans un paysage.
Cuivre. H. 7. L. 5 pouces.
Paysage avec un vieux chateau. Au milieu une société nombreuse; on festoye et on fait de la musique.
Musée de Cassel.
Vieille femme avec un garçon.
Toile. H. 3 pieds. 9 pouces. L. 4 pieds. 6 pouces.
Une vieille femme assise peigne un garçon, près d,elle un autre garçon et deux femmes.
Musée de Brunswick.
Frédéric Henri Prince d’Orange avec sa suite à cheval. Grisaille.
Toile. H. 1.10. L. 1.42.
Ce tableau qui est d'un dessin négligé a peut-être servi de modèle pour la gravure de C. van Qîieboren (N°. 1 1) ; le graveur alors y aurait introduit plusieurs changements. Signé.
Musée de Rotterdam.
Dame à sa toilette. Grisaille.
Bois. H. 0.42. L. 0.33.
La dame est assise, ayant sur les genoux un mouchoir brodé et un peigne ; elle est en train de se coiffer, regardant dans une glace, qu’un fou tient à quelque distance d’elle. Dans le fond une alcôve; à gauche du lit, accrochée au mur, une marine et a droite un rideau, retombant sur une commode, sur laquelle est posé un verre à vin ; par terre une tige avec deux roses, une broche, forme losange, avec trois perles, un réchaud, un fer à friser, un bassin etc. Signé. 1631.
Ad ( entrelacés ) v . Venue In.
Cabinet Six. Amsterdam.
Photogr. par Oosterhuis.
Cinq dames — les cinq sens. Grisaille.
Bois. H. 0.42. L 0.33.
Cinq dames, réprésentant les différentes classes de la société. Sur le devant une dame en riche costume brodé de fleurs, corsage décolleté, manteau de cour, broche et collier de perles, la coiffure ornée de grandes plumes; elle danse. Derrière elle une dame en costume plus simple et portant la cape espagnole montre une rose ; à droite une autre, vue de dos, joue de la mandoline, une bourgeoise levant un verre et une dame âgée, coiffée à l’ancienne mode et portant
lunettes. Par terre, une glace à main, une pipe, des raisins, un scorpion. Signé: 1631.
Adr. (entrelacés) v. Venue.
Cabinet Six. Amsterdam.
Photographié par Oosterhuis.
Deux gueux. Grisaille.
Bois. H. 0.337. L. 0.27
Deux gueux fort joyeux s’avancent vers la gauche. L’homme qui a une jambe de bois tient de la main gauche sa béquille et se soutient de la droite, donnant le bras à une femme, qui lève une écuelle pleine de boisson. Le couple déguenillé danse et chante. Dans le haut sur une banderolle en lettres gothiques. Arme Weelde (Luxe des pauvres). Dessin spirituel. Signé sur le sol 1631.
Adr. ( entrelacés ) v. Venue .
Mr. A. Dillens à Bruxelles. Provenant de la collection Cremer, àMiddelburg Photographié de la Société Royale Belge de photographie.
Ronde de gueux. Grisaille.
Bois H. 0.36. L. 0.29.
Les trois gueux qui sont le plus en vue, un aveugle avec un jambe de bois, brandissant sa béquille, une femme bossue, et un vieux mendiant se démènent comme des enragés, dansant au
son de la musique, que fait un homme monté sur un tonneau. A droite, dans le fond, une cabane. Sur une banderolle par terre en lettres gothiques .*. . . kromme-appen. Signé :
Adr. ( entrelaces ) v. Venue .
Mr. A. Dillens à Bruxelles, provenant de la collection Cremer à Middelburg. Photographié de la Société Royale de photographie.
Réjouissance de Villageois. Grisaille.
Bois H. 0.29. L. 0.35
Avec inscription en lettres gothiques Drolligh . Dom (Amusant-bêtes).
Signé Ad. V ( entrelacés ) an Ve?i... 1634.
Mr. (Vente A. v. d. Willigen. Haarlem 20 Avril 1874.
florins 105. —
Ronde de gueux. Grisailles.
Bois. H. o 12. L 0.28.
Ronde de plusieurs gueux manchots; à gauche un vieux mendiant déguenillé s’est détaché du groupe.
Musée de la Haye (Vente A. van der Willigen. Haarlem 20 Avril 1874. florins 88).
Dessin par W. Mol à la pierre noire.
Christian IV de Danemark avec sa famille et les ambassadeurs étrangers.
Grisaille,
Bois. H. 1.200. L. 1.642.
Sur le devant à droite le roi assis, avec l'ordre de l'élephant et celui de la jarretière; à ses pieds son chien favori Turk et un casque. A ses côtés Jvstitia et PRUDENTIA et sur le devant une table avec le chapeau du roi et les insignes de la royauté. Derrière lui le prince Christian et Madeleine Sibylle, dont les chiffres sont portés par deux génies, deux autres tiennent des couronnes au-dessus de ces personnages. Puis le prince Frédéric et Sophie Amélie (mariés en Oct. 1643); la princesse porte un diadème; au dessus du prince un génie tenant un chapeau (?) d’évôque sur lequel un F.; au dessus de la princesse un ange avec une couronne de lauriers. Près de ce couple on lit: DVO COR VNVM. En haut plusieurs génies, dont deux tiennent un écusson couronné avec les chiffres de Christian IV. Sur une banderolle VIVAT CHRISTIAN VS QVARTVS REX DANIAE NORWÉGl(AE) SEMPER AVGVSTVS Plus FELIX TRIVMPHATOR. Sur le devant, à gauche. Pax, suivie par LIBERTAS et conduite par PIETAS. Autour d’elles les ambassadeurs étrangers portant les drapeaux de leurs pays, forment le rond. Les plus en vue sont les envoyés de la France, de la Hollande, de l'Allemagne, de l’Angleterre, de la Russie, de la Suède etc. puis un Suisse avec une bâton sur lequel est placé le chapeau de Gesler ; on y lit Libertas. Dans le ciel un génie avec une trompette dont le fanon contient les chiffres couronnés du roi Christian ; un
autre génie tient une banderolle avec REGIS CVM REGIBVS CONCORDIA. Dans le fond plusieurs personnes, parmi lesquelles on croit retrouver Corfitz Ulfeldt et Leonore Christine ; on y voit le comte Waldemar Christian, au dessus duquel les lettres W et C entrelacées avec une couronne de comte. Sur le milieu de la réprésentation planent des génies tenant un écusson couronné, avec les armes du Danemark ; sur une banderolle PAX vna trivmphis innvmeris POTIOR. Signé Adriaen van de Venue .
(Communiqué par Mr. Chr. Bruun de Copenhague).
Chateau de Rosenberg près Copenhague.
Noce Villageoise. Grisaille.
Bois. H. 0.595. L. o 745. Fig. 0.28.
A droite, au troisième plan on voit les mariés, avec leurs parents assis à une table et abrités par une grande toile. Sur le devant deux couples dansent au son du violon d’un musicien villageois, la cornemuse attachée sur le côté ; près de lui un chien qui aboie après les danseurs. A gauche un paysan indique la scène burlesque à une laitière qui s’est assise pour tirer ses bas. Dans le fond des maisons. Sur une banderolle par terre: Losse lompe satte lust en caractères gothiques. Signé
Ad. (entrelacés) v. Venne.
Mr. F>. Franken Dz. à Paris
Emblème. — La restauration de Charles II d’Angleterre.
Grisaille,
Toile H L.
Charles II, revenant avec sa suite de Hollande, est reçu à Londres par la noblesse et le peuple en joie.
Signé: 1660
Chateau de Heidelberg.
Illustration d’un proverbe. Grisaille.
Musée de Gotha.
Illustration d’un proverbe. Grisaille.
Musée de Gotha.
Gamin avec une cage. Grisaille.
Cintré. Bois H. o 185. L 0.12.
Il est vu de face et porte un costume de mendiant et un chapeau à bords rabattus. • De la main gauche il tient une cage d’oiseaux en osier. Grassement peint, la figure et les mains ont du rouge, le reste est jaune — Sans signature. Douteux. Mr. Garnier, la Haye.
Le Ramoneur. Grisaille.
Bois. H. 0.267. L. 0217.
Un gueux tenant sous le bras un balai et sur l’épaule un bâton. Dans le fond à gauche une maison, à droite un pont. En bas sur une banderolle. Isser nyet te veegen. (N’y a-t-il rien à balayer ou ramoner). Belle peinture. Signé
Ad. ( entrelacés ) v. Venue.
Mr. Garnier, la Haye.
Rixe de paysans. Grisaille.
Bois. H. 0.355. L. 0.29.
Deux paysans se battent, l’un armé d’un fléau, l’autre d’une fourche; à gauche une jeune fille; à droite une femme qui retient l’un des combattants — En bas on lit Jammer malt (. . . insensés). Signé: 16..
Ad. ( entrelacés ) v. Venue.
Collection Comte Sievers à Amsterdam (vendue en 1875.)
Ronde de paysans. Grisaille.
Bois. H. 0.36. L. 0.29.
Quatre paysans et quatre paysannes font la ronde. Derrière eux, monté sur un tonneau, un vielleur. Signature illisible.
Collection Comte Sievers à Amsterdam (vendue en 1875.)
Emblème de la décrépitude de la vieillesse. Grisaille.
Bois. H. 0.35. L. 0.50.
La Mort est entrée dans une demeure de paysans. Elle s’empare d’un vieillard assis à gauche et paraît lui retirer les dents au moyen d’une clef. Un chien placé au milieu de la pièce aboie après l’intrus. A droite un homme assis sur un panier tire le cordon d’un berceau dans lequel dort un enfant; il regarde d’un oeil distrait ce qui se passe. Une vieille qui se chauffe au feu et un homme assis devant la cheminée, n’y font pas attention. Sur le devant un chat, un tonneau, des paniers, un racloir, une échelle, par terre ou accrochés à la muraille du fond. Dans un cartouche contre le mur. Ellenden-eind (La fin des misères) en lettres gothiques Signé sur la cheminée Ad, (entrelacés) v. Venue ,
Mr. D. Franken Dz. à Paris.
Le Christ avec les pélérins d’Emmaüs. Grisaille.
Bois. H. 0.53. L. 042.
Composition de trois figures, marchant.
Signé dans le bas A. v. d. Venue.
Mr. G. Goossens, à la Haye.
Cortège de gueux. Grisaille.
Bois. H. 045. L. o.qo.
Ils marchent de gauche à droite, un homme monté sur un âne à la tête ayant attachés à la selle divers objets parmi lesquels ou remarque un chat. La bande se compose de mendiants coiffés de marmites, de pots etc. Un d’eux s’est fourré dans un tonneau; ils marchent jouant du tambour, de la flûte ou criant. Au premier plan deux mendiants, dont l’un est assis, et un chien. A droite un grand drôle en haillons regarde passer la troupe. Signé à droite sur le sol.
Mr. Louis, à Paris
Réunion de gueux. Grisaiiie.
Bois. H. 0.35. L. 59.
Au milieu un homme avec une jambe de bois, conduit par une femme enveloppée dans un manteau. Derrière eux un
grand gueux portant un chapeau pointu ; à gauche au premier plan une femme qui montre le couple du doigt; à droite un gueux coiffé d’un chapeau et deux autres. Par terre sur une banderolle en caractères gothiques Arme Weelde (Le luxe du pauvre). Signé 1635
Ad. (entrelacés) v. Venne.
Mr. G. J. Schouten, à Amsterdam.
Vente à Amsterdam, 16 Mai 1877.
Marché. Grisaille.
Bois. H. 2 pieds 2 pouces. L. 2 pieds 71/* pouces.
F'oire sur la place d’une ville hollandaise, animée de beaucoup de figures.
Mr. Hollandt, Brunswick.
Barbiers. Grisailles.
Bois.
Deux esquisses réprésentant des barbiers. Inspruck. Ferdinandeum. ( Parthey . Deutscher Bildersaal.)
Cortège grotesque de pêcheurs. Grisaille.
Bois. H. 0.34. L 0.28.
Sur le devant un pêcheur, qui s’est fourré dans un tonneau, d’où sortent la tête et les bras ; il porte aux pieds à la place
de souliers, des paniers plats. D’une main il tient une longue pique. Devant lui un chien, se dressant sur les pattes de derrière, exécute une danse. Dans le fond plusieurs autres personnages dans des déguisements bizarres. Signé Adr . v. Venne 1632.
Musée d’Emden.
Provient le la vente du juge Kettler 1874.
Portrait de Corneille Kilian.
Bois. H 0.64. L. 04g.
Le célèbre correcteur de la maison Plantin d’Anvers est assis dans une pièce de simple apparence dont le mûr du fond est occupé par une bibliothèque sans portes dont on voit deux rayons couverts de manuscrits. Kilian est réprésenté en pied, à gauche, en habit ample d’un bleu pâle; il porte culottes et bas rouges. Assis devant un pupitre, que l’on conserve encore dans la maison de Plantin, il compulse avec attention un manuscrit.
La couleur prédominante est le brun clair des grisailles de van de Venne, la figure du savant est peinte avec soin, le fond, le pupitre etc. sont couverts d’un léger frottis.
Probablement un ouvrage de la jeunesse de van de Venne si du moins il a peint Kilian d’après nature, car celui-ci mourut en 1607. J’aime à voir dans ce tableau une preuve que notre peintre a séjourné et étudié à Anvers. Sur le dos du panneau est peint en lettres blanches : COR. Kilian vs. in typia Plana per 50 annos corrector Obiit 1607. Van de Venne Pinxit .
Musée Plantin à Anvers.
Théodore Poelman dans son atelier.
Intérieur très simple où l’on voit quatre personnes dans diverses occupations. A gauche le patron, drapier et savant, en habit vert pâle et manteau rouge couvrant à moitié les jambes qui sont nues, est en train d’écrire sur un papier fixé contre un pupitre; derrière lui à gauche une bibliothèque de trois rayons portant des manuscrits et contre un des côtés de la bibliothèque est posée une longue épée; dans le fond un métier. A droite, également sur le devant, une jeune femme assise qui file; elle a un fichu autour de la tête, un corsage vert marin, jupe violette et tunique vert foncé. Au second plan derrière elle un homme assis devant un métier de tisserand et plus à droite un autre, appuyé sur un bâton et portant un costume oriental.
Ce tableau est presque monochrome (brun). La figure de la femme surtout est délicatement peinte, les accessoires sont légèrement mais spirituellement traitées. Le tableau ne porte pas de signature mais il est bien de notre maitre.
Musée Plantin à Anvers.