ACTE I, SCÈNE IV
Maurice, riant.
De qui?... eh! mais, d'une petite bouquetière... fort jolie, ma foi... que j'ai rencontrée presque aux portes de votre hôtel et qui m'a supplié si vivement de le lui acheter...
LA PRINCESSE
Que vous avez pensé à moi...
maurice, vivement.
Oui, princesse!
Quel aimable souvenir!. ..j'accepte, M. le comte, j'accepte...
maurice, avec embarras, le lui présentant.
Vous êtes trop bonne !...
la princesse, à voix hante et feignant de l'admirer.
Il est charmant!... L'essentiel, en ce moment, quoique peut-être vous méritiez peu qu'on s'occupede vous... est de songer à vos intérêts... vous dites que le cardinalministre... vous a mal accueilli...
MAURICE
Fort mal.
LA PRINCESSE
Je verrai à faire changer ses dispositions... on vous accordera vos deux régimens.
MAURICE
S'il était vrai!...
LA PRINCBSSE.
J'irai à Versailles... et pour vous tenir au Courantde ce que j'aurai fait, de ce que j'aurai appris...
MAURICE
Je viendrai ici...
LA PRINCESSE
Ici... non ! la foule des curieux et des importuns,
sans compter mon mari, ne me laisse pas un instant de liberté... Mais écoutez-moi : M. le prince de Bouillon a acheté pour la Duclos une petite maison charmante, délicieuse, près de la Grange-Batelière... à deux pas de l'enceinte de Paris... j'en puis disposer., c'est là seulement que je vous recevrai.
MAURICE
Dans cette maison qui appartient...
LA PRINCESSE
A mon mari... raison de plus! chez lui, c'est chez moi...
Maurice, gaiement.
En vérité, princesse, il n'y a que vous pour de telles combinaisons !
LA PRINCESSE
Oui, c'est assez ingénieux... Quand ce sera possible et nécessaire, c'est Mlle Duclos elle-même qui vous en préviendra en vous écrivant, jamais moi ! maurice, de même.
Mais ne craignez-vous pas?...
LA PRINCESSE
Rien !... la Duclos m'est dévouée... son sort est dans mes mains...
MAURICR.
Je comprends... mais moi... [A part.) Accepter quand j'en aime une autre... non, mieux vaut tout lui dire... (Haut.) Je ne sais, princesse, comment vous remercier de votre générosité, de votre dévoûment...
LA PRINCESSE
En acceptant!... Silence ! on vient!... qu'est-ce?... (Se retournant avec impatience.) Rien... c'est l'abbé...
* Maurice, la Princesse, l'Abbé, qui vient d'entrer par la porte à droite.