anténodales aux supérieures et 17-18 postnodales
Type : g‘ coll. Forster, Q inconnu.
Habitat : Queensland.
Cette espèce est tout à fait voisine de la Jorcipata, si bien qu'il y aurait peut-être lieu de les réunir. Comme je n'ai pas vu la Severini, je les laisse provisoirement séparées, en observant qu'elles me paraîtraient identiques, si M. Fôrster ne signalait dans sa description quelques différences de coloration sur la tête et le thorax, et n’indiquait l’appendice inférieur comme moins long que celui de /orcipata.
Néanmoins, mon opinion est que la Severini n'est autre que la forcipata, un peu plus jeune et un peu plus grande.
Une autre espèce, un peu différente par la coloration et certainement très voisine, est A. inermis, dont les appendices vus de profil paraissent identiques à ceux de Severini, mais, vus d'en haut, ils ne sont pas coudés comme chez Severini et forcipata, et ressemblent bien plus à ceux des À. victoria et unicornis.
104 COLLECTIONS. SELYS
Le groupe des espèces du genre Austroaeschna, comprenant une espèce de l'Inde, une du Japon et une douzaine d'espèces du continent australien, avait été, jusqu à présent, divisé en quatre genre : « Acanthaeschna, Austroaeschna, Planaeschna et Dromaeschna », fort dificiles à déterminer l’un de l'autre à cause de l'extrême variabilité des formes et du mélange des caractères génériques chez presque toutes les espèces. Le stigma notamment, sur lequel M. DE Serys se basait pour différencier les Acanthaeschna des Austroaeschna, est un caractère illusoire, car il varie du tout au tout chez les espèces du même genre, parfois même chez les individus de la même espèce. La seule base paraissant un peu plus solide pour établir plusieurs genres serait celle qui s'appuie sur les différences entre les appendices des mâles, puisque, dans le genre Aeschna, on admet actuellement comme espèces une série de formes différant parfois entre elles par les appendices des mâles à peu près autant que les formes du genre Austroaeschna diffèrent entre elles par les mêmes appendices.
Mais cette base même est sujette à discussion, parce que des espèces très voisines ont des appendices de forme très différente.
M. DE SELYS basait ses genres Acanthaeschna et Austroaeschna sur la longueur du stigma, long en général chez Acanthaeschna, plus où moins court chez Austroaeschna et sur la forme des ailes dont le bout est plus arrondi chez Acanthaeschna, plus pointu chez Austroaeschna. Mais le stigma est tellement variable dans tout le groupe, qu'il est difhcile de se baser sur ce caractère, car si le type d'Acanthaeschna de M. DE SELYS a le stigma très long, des individus de À. unicornis l'ont réellement assez court, tout en ayant le facies et les appendices de A. victoria. La forme du bout des ailes serait un caractère un peu meilleur, mais il est également variable.
M. FÔRSTER a divisé le groupe en trois genres, même en quatre, si l'on tient compte des espèces du genre //anaeschna, qu'il laisse de côté; il déclare du reste ne pas avoir vu un certain nombre d'espèces. Son genre Acanthaeschna est basé surtout sur les ailes arrondies, la longueur du côté supérieur du triangle anal du mâle, presque égal au côté extérieur. En examinant tel individu, ces caractères se remarquent certainement, mais en examinant tel autre, 1ls deviennent bien fugitifs et souvent à peine marqués. Son genre Aus/roaeschna est presque identique à son nouveau genre /)romaeschna, les deux avant les ailes amincies au bout, le stigma court ou moyen et le côté supérieur du triangle anal du mâle plus court que l'extérieur. Ce côté supérieur du triangle anal serait, d'après lui, à peine plus court que l'extérieur chez Auséroaeschna, beaucoup plus court chez /romaeschna.
Or, nous avons sous les veux, des À. parvistigma bien caractérisés ayant le côté supérieur du triangle anal beaucoup plus court que l'extérieur; une forme extrêmement voisine de parvishigma avec, au contraire, le côté supérieur du triangle anal presque aussi long que l'extérieur. Une autre espèce très proche de parvistigma, A. aspersa, a le côté supérieur du triangle anal notablement plus court que le côté extérieur, mais en même temps un stigma très long.
Il faut donc, dans l’état actuel de nos connaissances et avec les matériaux que nous possédons, réunir, au moins provisoirement, toutes les espèces du groupe, bien que parfois très différentes, en un seul genre; ou alors créer à peu près autant de genres qu'il y a d'espèces connues.
Faire par exemple un genre Acanthaeschna basé sur le stigma très long, les ailes plutôt arrondies au bout, le triangle anal avec côté supérieur très long, la coloration du thorax anormale, les appendices supérieurs du mâle courts, en lames de couteau, l'inférieur presque aussi long. Ce genre ne contiendrait qu'une espèce, A. victoria Selys.
Un autre genre ayant le stigma assez court, les ailes moins arrondies au bout, le triangle anal avec côté supérieur notablement plus court que l'extérieur, le thorax coloré normalement, les appendices du mâle identiques à ceux du genre précédent. Il serait créé pour À. wnicornis Selys et À. inermis Martin.
Il faudrait aussi un genre pour A. atrata Martin avec le stigma moyen, les ailes à demi arrondies, le triangle anal au côté supérieur beaucoup plus court que l'extérieur, la coloration du thorax anormale, les appendices supérieurs du mâle en rasoirs et l'inférieur assez court, très large et très bifurqué, un grossissement considérable sur le 10° segment.
Un genre renfermerait A. longissima Martin avec le stigma mince, moyen, les ailes peu arrondies, le triangle anal à côté supérieur plus court que l'extérieur, la coloration du thorax normale, l’'appendice inférieur particulièrement court, l'abdomen extrêmement mince et long.
Un genre comprendrait À. sagittata, A. tripunctata et A. Wersker, avec les ailes très pointues, le stigma court, le triangle anal à côté supérieur relativement très court, les appendices supérieurs à bouts écartés et l’inférieur triangulaire très longs.
Enfin un autre genre serait créé pour À. forcihata et A. Severint avec leurs appendices supérieurs en crochets et l'inférieur très large, non triangulaire. Il faudrait un genre spécial pour costalis et il faudrait maintenir le genre //anaeschna pour les espèces non australiennes.
Dans ces conditions, nous préférons laisser provisoirement dans un seul genre Austroaeschna les treize espèces australiennes connues et même les deux espèces non australiennes.
Toutes ces espèces peuvent se différencier comme suit
1. lhorax sans bandes claires définies, couvert seulement de points, de stries et de taches, coloration unique chez les Aeschnines. Ailes assez pointues. Appendices supérieurs du mâle moyens ou longs, l'inférieur tronqué —