‹ Affaire-Barbinas [microforme]Chapitre 9 sur 39 · ANALYSE · texte numérisé non relu

ANALYSE

Nous avons pesé exactement, une fo's séchée, cetto poudre jaunâtre que nous avions recueillie de l’estomac, et nous avons trouvé son poids égal à huit grains.

Nous avons pesé également les petits cristaux blanes dont il a été parlé plus haut, et nons avons trouvé leur poids égal. à environ trois quarts de grain.

1° Nous avons traité par la méthode de réduction, à l’aide du flux noir, une petite quantité de cette poudre jaunûtre, et aussitôt nous avons obtenu un anneau brun miroitant, large et épais d’arsénic métallique.—Nous avons soumis à la même épreuve quelques-uns des petits cristaux, avec le même résultat.

2° Nous avons traité une autre portion de cette même poudre, préalablement dissoute dans de l’eau pure, par le nitrate d'argent ammoniacal] ; et nous avons obtenu aussitôt un précipité jaune abondaat, qui s’est redissout aussitôt dans l’acide nitrique.—Nous avons traité de la même manière quelques uns des petits cristaux avec les mêmes réactions.

3° Nous avons traité par un couraut d'acide sulfhydrique lavé,une autre portion-de la poudre dissoute dans de l’eau acidulés par l’acide chlorhydrique.

Nous avons obtenu un précipité jaune qui s’est radissout aussitôt et en totalité dans l’ammoniaque.—Même traitement pour quelques-uns des petits cristaux avec même résultat.—Ces deux dernières réactions (2° et 3°) sont non-seulement caractéristiques de l’arsénic, mais sent encore la preuve que l’arsénic de

cette poudre et de ces cristaux est à:

l’état d’acide arsénieux.

4° Une autre portion de cette poudre a été bouillie avec de l’eau régale pure, évaporée à siccité, reprise par l’acide nitrique, évaporée de nouveau à presque siccité, et, la capsule étant refroidie, a été touchée par le nitrate d'argent ammoniacal. Nous avons obtenu aussitôt un précipité abondant et caractéristique d’arséniate d’argent rouge-brique.

5° Une autre portion de cette peudre, dissoute duns quelques gouttes d’eau, et mise dans un appareil de Marsh, dit de l'Institut, préalablement essayé à blanc,

a donné sur des fragments de soucoupe de porcelaine blanche, des taches nombreuses et épaisses, brunes et miroitantes, d’arsénic métallique.

(a) Une de ces taches soumise à la vapeur d’iode, s’est colorée en jaune.

(b) Une autre, sofmise à l’action de la flamme d'hydrogène, a disparu aussitôt complètement.

(c) Quelques autres taches tonchées par l’acide nitrique, se sout immédiatement dissoutes ; puis, ayont évaporé à presque siccité, et touché par le nitrate d’argent ammoniacal, nous avons obtenu un précipité rougeâtre mélangé de jaune, qui s’est aussitôt dissous dans l’ammoniaque.

Toutes ces réactions sont caractéristiques, et n’appartiennent qu’à l’ursénic.

Nous avons cherché si, par quelques manipulations, nous pourrions enlever à cette poudre cette couleur jaunâtre qui en masquait complètement les caractères physiques, et la rendait méconnaissable à l’œil. Nous avons réussi parfaitement, en la chauffant avec une petite quantité d’eau aiguisée d’acide nitrique, et nous avons nbtenu trois grains pesant d'acide arsénieux pur, blanc, avec tous ses caractères physiques ordinaires.

. Fors.—Nous avons incinéré au moyen du nitrate de potañse une portion du foie, en suivant le procédé d’Orfila, tel que décrit dans la dernière édition de sa Toxicologie.

Après céflagration, la matière, traitée par l'acide sulfurique, reprise par un peu d’eau, et filtrée, a été introduite dans un appareil de Marsh, dit de l’Institut, préalablement essayé à blanc. Nous avons obtenu un grand nombre de taches bien formées. Quelques-unes de ces taches, soumises au même traitement qui a été décrit plus haut, ont donné lien aux

mêmes réactions.

Tous les réactifs dont nous nous sommes servi dans le cours de nos recherches, v.g. potasse, nitrate de potasse, acides sulfurique, nitrique, chlorhydrique, ont été achetés comme réactifs purs. Pour plus de sûreté, nous les

‘avons tous soumis à un examen rigou-

reux, et nous nous sommes assuré qu’aucun d’eux n’était contaminé pur l’arsé-

-nic.

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