III. — La valeur du bordereau
Le général Gonsc parle des notes indiquées au bordereau : jnais ces notes, il ne les a pas vues ; il ne les cou-
naît pas ; il n'en sait donc pas la valeur : et tout ce qu'il dit sur ces notes n'est que conjectural. Il parle, par exemple, de la note sur les Iroupes de couverture. Il dit :
Dans mon sentiment, il s'agissait d'un dispositif de couverture, dont l'étude a été entreprise dans le courant de l'été 1894, et qui devait être appliqué à l'automne de la même année.
« Dans son sentiment », cela veut dire que son opinion est une opinion subjective qui ne repose sur aucune réalité, puisqu'il ne connaît "rien du contenu de cette note. ^
Pour la note sur les formations de l'artillerie, le général Gonse répond également : « Il me semble plus naturel d'attribuer... » et il donne son interprétation per-
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soDnelle de cette note, mais il ne la connaît pas.
Pour la note sur Madagascar, le général Gonse dit : « Elle s'applique évidemmefit au rapport de la commission qui a fonctionné dans le courant de Tété de 1894. » Pourquoi cet « évidemment ? » Est-ce que M. d'Ormescheville n'attribuait pas, non moins « évidemment » , cette note au rapport qu'avait copié le caporal Bernolin au mois de février ?
Si on demande au général Gonse comment il concilie ces assertions contradictoires, il répond : « Je n'ai pas suivi l'instruction devant le Conseil de guerre... »
Par conséquent, le général Gonse dit que d'Ormescheville a fait des conjectures erronées : lui-même n'y répond que par des conjectures qui n'ont pas un point d'appui plus séiieux. Il en est de môme pour tous les commentaires sur le bordereau, comme est obligé de le reconnaître le général Deloye. L'expéditeur et le destinataire du bordereau seuls connaissent la valeur de ces notes. Nous, comme le général Gonse, comme le général Roget, comme le général Mercier, comme le général Billot, comme le général Zurlinden, comme le général Chanoine, comme Cavaignac, comme les juges du Conseil de guerre de 1894, comme d'Ormescheville, nous n'en connaissons que les titres et nous ne savons rien de la nature ni de la qualité de la marchandise que recouvrent ces étiquettes.
Ce n'est pas le titre de ces notes, c'est le contenu de ces notes qui pourrait en indiquer le véritable auteur.
La critique du bordereau par Picquart est aussi simple que décisive. En matière d'espionnage, l'acheteur demande à son fournisseur des documents originaux. L'auteur du bordereau ne peut fournir que des notes a l'exception du manuel de tir dont il a bien soin de faire