VÉNÉRABLE FRÈRE , SALUT ET BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE
Nous avons lu avec des sentimens de bienveillance la lettre que vous nous écrivîtes , le 22 avril de Tannée der- § nière , de concert avec plusieurs de nos vénérables frères les évêques de France , et que vous avez pris soin de nous faire remettre par notre vénérable frère Emmanuel, cardinal évêque de Tusculum , grand -pénitencier. Cette lettre nous a offert une nouvelle et éclatante preuve du zèle pastoral , de la foi , et du respectueux attachement pour ce Siège apostolique , dont nous savions parfaitement que vous et vos collègues êtes profondément pénétrés. Au moment où votre lettre nous est parvenue , nous donnions depuis long-temps nos soins et toute notre application à ce que , conformément à l'usage et à la pratique du Saint-Siège , après avoir mûrement pesé , selon l'expression du pape Zozime, ce que requérait la nature même de la chose, nous pussions instruire à propos tous les enfans de l'Église du jugement qu'il faut porter , d'après la doctrine des lettres sacrées et de la sainte tradition , touchant ces malheureuses questions qui font aussi le sujet de votre lettre. Averti par ces paroles de saint Léonle-Grand , notre prédécesseur , que notre faiblesse gouverne V Église au nom de celui dont la foi combat toutes les erreurs, nous comprenons bien que notre
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gimus, id nobis speciatim commissum esse,uto?nnes conch tus nostros causis impendamus in quibus universalis Ecclesiœ sains possit infestari. Id nos,Deobene juvante, atque auspice in primis Virgine sanctissimâfidenter peregimus , datis solerani Assumptionis ipsius die ad catholici orbis Antistites Encyclicis Litteris , quibus sanam , et quam sequi unicè fas sit , doctrinam pro nostri officii munere protulimus. Dédit voci nostrœ vocern virtutis Pater luminum , in quem spem omnem conjeceramus : easque alacriter, religiosè, studiosèque ubique receptas fuisse, gratulabundi testati sunt et sacrorum Antistites , et viri ex universis ordinibus commendatiores. Imô auctores ipsi fautoresque consiliorum , de quibus praecipuè querebamur , ad quos mittendas eas litteras curavimus , publiée denuntiarunt , se ab incœptis illico cessasse , ne voluntati ïiostrae obsisterent. Qux quidem declaratio eam illico no~ bis spem indidit, sincerè ipsos, plenè, absolutè , oniniquedepulsâ ambiguitate judicio nostro paruisse, idque luculentioribus quoque raonumentis fore in posterum testaturos eâ fide , quâ se erga Christi Vicarium incensos loties disertissimè professi sunt. Hœc sane perjucunda spes animum nostrum in summa temporum difficultate pro rei sacrre incolumitate sollicitum erexerat : at dolorem adhuc injiciunt, quœ etiam nunc perferuntur in vulgus. Humilibusproinde precibus oculos manusquead auctorem etconsummatorem fidei Jesim attolîimus,utprœbente ipso omnibus cor docile, ortos in Ecclesia strepitns, ut verbis S. Cœlestini pontificis utamur, compressos tandem pacatissimâ ratione fuisse gratulemur. Communia in tantum
JUSTIFICATIVES. 41 charge spéciale est de consacrer tous nos efforts aux affaires où le salut de l'Église universelle se trouve compromis. C'est ce que nous avons fait avec confiance , aidé du secours d'en-haut, et particulièrement sous les auspices de la très sainte Vierge, en adressant , lejour solennel de son Assomption , aux évèques de l'univers catholique, la Lettre encyclique dans laquelle nous avons exposé , suivant le devoir de notre charge 7 la saine doctrine, la seule qu'il soit permis de suivre. Le Père des lumières , en qui nous avions mis toute notre espérance, a rendu notre voix forte et puissante : notre Encyclique a été reçue partout avec joie , avec empressement 7 avec des sentimens religieux , comme nous l'ont attesté , avec actions de grâces, et lesévêques et les personnages les plus recommandables dans tous les ordres de la société . Bien plus : les auteurs eux-mêmes et les partisans des projets qui faisaient surtout l'objet de nos plaintes , et auxquels nous avions eu soin d'envoyer l'Encyclique , ont déclaré publiquement qu'ils se désistaient à l'heure même de leurs entreprises , pour ne pas s'opposer à notre volonté. Cette déclaration nous inspira d'abord la confiance qu'ils avaient obtempéré à notre jugement avec sincérité , pleinement, absolument , sans aucune sorte d'ambiguïté , et que dans la suite ils en donneraient des témoignages plusconvaincans , avec les sentimens de foi dont ils ont dit souvent , et dans des termes les plus expressifs, qu'ils étaient animés pour le Vicaire de Jésus-Christ. Cet espoir si doux avait relevé notre âme alarmée du péril de la religion , dans l'extrême difficulté des temps : mais ce qu'on répand encore aujourd'hui dans le public nous jette de nouveau dans la douleur. Nous levons donc avec d'humbles prières nos yeux et nos mains vers Jésus-Christ , l'auteur et le consommateur de la foi , afin que , donnant luimême à tous un cœur docile, nous puissions nous féliciter , selon l'expression du pape saint Célestin , de ce que les bruits qui se sont élevés dans VÉglise ont été calmés de la manière la plus paisible.
finem vota, consilia , eistudia ingeminet cum aliis istiu» regni spectatissimis religioniszelo Episcopis, quos singu- Iari benevolentise afFeclu complectimur , fraternitas tua , cui dum hanc rescribimus Epistolam nostrse in te voluntatis testera , cœlestia quœque dona adprecamur , atque Apostolicam benedictionem peramanter impertimur.
DatumRomœapudsanctumPetrumdie8maiianni i833 , pontificatûs nostri anno III.