XVII. — Sclérose testiculaire
1 bas. — 1 opéré.
Obs. 304. — G... (Henri), âgé de 16 ans, estadmis dans mort service le 26 novembre 1887.
Son père est bien portant. Sà mère est jDrobablement affectée de tuberculose pulmonaire. Ses deux frères et sa soBui?sont maladifs. Lui-même jouit d'une bonne santé.
Il y a deux mois, sans uréthrite antérieure, le testicule droit se tuméfia tout à coup pendant la nuit et devint très douloureux. Le lendemain, toiit rentra dans l'ordre. Le malade n'avoue pas s'être livré â la masturbation.
Quelques jours après, il reçut sur le scrotum un coup de pied donné par un enfant de cinq aus. Aucun accident consécutif, ni ecchymose, ni douleur. Mais, trois jours après la contusion, nouvelle poussée congestive du testicule droit, qui reste i tuméfié et occasionne des douleurs de plus en plus vives.
A l'hôpital, deux mois après le début des accidents, je constate que le testicule droit est petit, très dur. L'épididyme correspondant est noueux, volumineux,, de consistance dure. Le cordon est sain. Rien à la prostate. Pas d'épanchement vaginal. La peau du scrotum est normale. Pas de ganglions appréciables dans la profondeur du ventre, sur la face antérieure de la région lombaire. Les douleurs du début se sont calmées. Le testicule gauche semble tout à fait indemne.
Je m'arrête au diagnostic de tuberculose testiculaire aii début. Je prescris un emplâtre de Vigo sur les bourses, et à l'intérieur un gramme d'iodure de potassium, de l'huile de foie de morue et du sirop d'iodure de fer. ^
Le 10 décembre. Le testicule s'est encore rapetissé. Il a une consistance analogue à celle de la pierre. L'épididyme a aussi dirninué de volume et reste indiiré. L'exploration provoque
des douleurs. Il semble que les douleurs augmenteut à mesure que le tissu testiculaire se rétracte.
Le même traitement est continué.
Le 22. Je ne constate aucune amélioration. Il est bien évident que ce testicule atrophié, dur, douloureux, est perdu pour les fonctions génitales. Gomme, d'autre part, le testicule gauche, la prostate, les poumons et tous les organes sont sains, il est dangereux de conserver un foyer de bacilles tuberculeux pouvant infecter l'économie. Je me décide donc à pratiquer la castration.
Le jeune malade étant chloroformisé, j'incise le scrotum depuis l'anneau inguinal externe jusqu'à sa base, j'isole le testicule et le cordon, que j'attire au dehors le plus possible. Je passe à travers le cordon une aiguille mousse qui entraîne un fil de catgut double. Chacun de ces fils, croisés en X, lie une moitié du cordon, puis l'un d'eux lie tout le cordon en masse. Au-dessous de cette double ligature, le cordon est sectionné. La peau du scrotum est suturée.
Le l^"" janvier 1888. L'opéré sort guéri. La cicatrisation s'est faite, sans accident, par réunion immédiate.
Le testicule enlevé, gros à peu près comme une amande sèche revêtue de sa coque, présente l'aspect nacré et la surface lisse d'un testicule sain. L'altération pathologique ne se révèle que par sa consistance extrêmement dure. L'épididymebosselé, induré, n'a pas subi la même rétraction que le testicule.
La coupe du testicule montre que la tunique albuginée a une épaisseur de trois à quatre millimètres. Les cloisons celluleuses, qui séparent les cônes séminifères, se sont hypertrophiées et sont devenues fibreuses. Les tubes séminifères semblent avoir disparu.
En aucun point, soit dans le testicule, soit dans l'épididyme, les coupes ne font découvrir des dépôts caséeux ni des noyaux de tubercule cru.
Il ne s'agit donc pas d'une afïection tuberculeuse, mais d'une sclérose testiculaire, analogue à la cirrhose atrophique du foie.
Je suppose que les poussées d'orchite, sous l'influence de causes très vagues, peut-être de l'onanisme, ont déterminé
une albuginite. Les éléments cellulaires de l'albuginée et des cloisons ont d'abord proliféré, puis se sont condensés en tissu fibreux, de manière à amener la rétraction du testicule et l'atrophie des tubes séminifères.