Desault, Œuvres chirurgicales, t. Il, p
BEC-DE-LIÈVRE
Gensoul1 consiste à saisir le tubercule avec une pince, à le porter violemment en arrière et en bas, à l’amener ainsi au niveau du bord alvéolaire. Il est à peine besoin d’insister sur les inconvénients de cet emploi de la force. Malgaigne2 trouve la tentative hasardeuse. Sédillot 3 4 croit que « l’exécution en est peu sûre, difficile toujours, impossible souvent. » Bouisson 1 exprime la crainte que la fracture, au lieu de se produire sur la racine du tubercule, n’ait lieu à distance, sur la base du crâne. Bien que l’on puisse trouver quelques exemples de succès obtenus par la réduction forcée5, ce procédé n’est évidemment pas applicable à la grande majorité des faits. Nous l’avons vu échouer dans des cas où nous ne pensions rencontrer qu’une faible résistance. Ses résultats sont irréguliers et incomplets le plus souvent; il doit être rejeté.
4° Rédaction par section du vomer. Procédé de Blandin. — Le procédé de Blandin conduit à la réduction du tubercule en réséquant la cloison des fosses nasales qui le soutient. Blandin6, se servant de longs et forts ciseaux, emportait, au moyen de deux incisions, une pièce triangulaire du vomer. Mais la section simple d’une membrane aussi vasculaire que la pituitaire expose à une hémorragie abondante et même difficile à arrêter. C’est la principale raison qui a fait apporter différentes modifications au manuel opératoire. Mirault (d’Angers)7 a proposé et exécuté la résection sous-périostée ; il a été imité par plusieurs chirurgiens, A. Guérin8, Butcher9, etc.
1. Gensoul, Gazette des hôpitaux, 27 février 1830. Observation prise par Jourdan; Frédéric Courmont, Des opérations applicables au bec-de-lièvre compliqué , thèse de Paris, 1875, n° 420.
2. Malgaigne, d’après P. Broca, Bull, de la Soc. de chir., 22 avril 1868.