FISSURE CONGÉNITALE OU BIF1DITÉ DE LA LANGUE
I. Geoffroy Saint-Hilaire décrit déjà les divisions congénitales de la langue. Ce sont « des anomalies très rares, mais dont les auteurs ont recueilli quelques exemples. Hoffmann et Schubarth ont vu la langue bifurquée à sa pointe chez des sujets monstrueux; Dana, chez un enfant d’ailleurs remarquable par une luette excessivement allongée. Dans tous ces cas, plus ou moins dignes d’attention, la langue réalisait presque exactement chez l’homme les conditions normales de la langue des phoques et présentait de l’analogie avec celle des serpents et de la plupart des sauriens1. » Geoffroy Saint-Hilaire distingue la bifidité et la duplicité de la langue. «Les deux langues, ditil, sont tanLôt l’une à côté de l’autre, disposition dont j’ai moimeme observé un exemple chez le veau, et tantôt superposées. Suivant Meckel, il y a bifurcation de la langue dans tous les cas du premier genre ; il y a duplicité dans tous ceux du second; mais les uns et les autres sont encore trop peu connus pour qu’il soit permis de se prononcer sur eux d’une manière positive2. » La même réserve convient dans l’interprétation de quelques faits publiés après l’ouvrage de Geoffroy Saint- Hilaire.
Pigné3 a montré à la Société anatomique, « sur un monstre monocéphale, bimane, ayant quatre membres abdominaux..., deux langues latérales développées dans la cavité buccale. Les
1. I. Geoffroy Saint-Hilaire, Histoire générale des anomalies, t. Ier, p. 602.