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une ou deux exceptions, les enfants ont toujours paru extérieurement bien développés ; leur poids, noté un certain nombre de fois, atteint 2,500 grammes, 3 kilogrammes, 3,500 grammes et même davantage.
Le premier symptôme de l’affection apparaît lorsque l’enfant prend le sein. Il le fait d’abord avec l’entrain commun à presque tous les nouveau-nés; mais au bout de peu d’instants il s’interrompt; puis, quelques minutes après, il rejette par régurgitation le lait qu’il vient de prendre, avec ou sans efforts de vomissements, souvent avec les signes d’une violente suffocation : accès de toux, congestion et teinte violacée de la face, expulsion de mucosités. Le calme revenu, on remet l’enfant au sein ; il tette de nouveau, mais il ne tarde pas à s’interrompre pour rejeter le lait avec les mêmes efforts et la même suffocation. Si on essaye de faire boire le petit sujet avec la cuiller, le spectacle précédent se reproduit invariablement. Durant le premier et le second jour, l’enfant évacue du méconium ; puis il rend encore quelque chose, et finalement la fonction intestinale est supprimée.
L’.examen de la bouche ne faisant découvrir rien d’anormal, la persistance de la régurgitation du lait et de tous les liquides avalés, régurgitation qui se reproduit constamment de la même manière quelques instants après la déglutition, éveille l’attention et donne d’emblée l’idée d’une imperforation de l’œsophage ou d’un obstacle quelconque sur le trajet de cet organe. Cette opinion est encore renforcée par la constatation notée par Yincent, à savoir que le lait est rejeté sans aucune modification, sans être caillé, par exemple, comme celui qui s’est imprégné de suc gastrique dans l’estomac.
La preuve de l’imperforation est fournie par l’exploration directe. La sonde œsophagienne s’arrête à douze centimètres environ du bord alvéolaire; elle vient buter contre un obstacle fixe et insurmontable; le diagnostic d’imperforation de l’œsophage est dès lors établi, et il explique pourquoi le
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lait avalé ne descend pas au delà du cul-de-sac qui arrête la sonde.
Toutes les tentatives faites pour secourir l’enfant restant impuissantes, on a eu recours dans quelques cas à des lavements de bouillon. Pour être réel, le bénéfice n’en est pas moins fort minime. L’enfant maigrit rapidement et ne tarde pas à succomber. La mort arrive d’habitude du premier au quatrième jour, quelquefois beaucoup plus tard. Certains sujets ont résisté jusqu’au septième jour (deux cas), huitième jour (un cas), neuvième jour (un cas), onzième jour (un cas), douzième jour (deux cas). A l’autopsie, on trouve l’estomac et l’intestin grêle vides de substances alimentaires et distendus par des gaz. Le gros intestin peut contenir une certaine quantité de méconium.
La lésion essentielle siège sur l’œsoj) liage, ainsi que le faisait prévoir l’impossibilité de la déglutition. Le pharynx se termine à deux ou trois centimètres au-dessous du cartilage cricoïde par un cul-de-sac simple, ou plus souvent par une légère dilatation au-dessous de laquelle le conduit est interrompu. Il est remarquable qu’en aucun cas l’anomalie ne siège plus bas, et la terminaison du cul-de-sac pharyngien à une très petite distance au-dessous du larynx est un fait qui jusqu’ici nous a paru constant.
Au contraire, si, l’on procède à l’examen de l’œsophage à partir du cardia, on rencontre diverses dispositions. L’estomac peut être fermé au niveau ou immédiatement au-dessus du cardia. Il y a alors absence complète d’œsophage (L. Cooper, Warner, Mellor, Mondière) ; c’est le cas le plus rare. Ordinairement l’œsophage existe avec un calibre normal depuis le cardia jusqu’à la bifurcation de la trachée. 11 remonte même souvent un peu sur la face postérieure de ce dernier organe, en sorte que la distance qui le sépare du cul-de-sac pharyngien est peu considérable (3 à 6 centimètres en moyenne). L’œsophage contracte alors une adhérence avec le canal tra-
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chéal, et, disposition plus inattendue, dans tous les cas observés il communique avec la trachée par un orifice plus ou moins large. Une sonde introduite de l’estomac dans l’œsophage arrive dans la trachée et sort par l'orifice supérieur du larynx. La communication entre les deux conduits siège tantôt au niveau même de la bifurcation trachéale, tantôt un peu audessus, sur la face postérieure de la trachée ; elle peut être très étroite (1 à 2 millimètres), ou un peu plus large, et dans ce dernier cas l’orifice affecte la forme d’une fente verticale. La présence de celte communication explique comment on a pu rencontrer dans une autopsie quelques traces de lait dans l’estomac : le lait avait suivi le conduit laryngo-trachéal pour arriver dans l’œsophage.
Entre le cul-de-sac pharyngien et l’œsophage, on ne trouve parfois aucun vestige de canal, et la séparation est absolue ; mais il n’est pas rare que le cul-de-sac du pharynx soit rattaché au bout inférieur de l’œsophage par une bandelette de fibres musculaires lisses, libre ou adhérente à la face postérieure de la trachée. C’est là sans aucun doute la trace de la portion œsophagienne qui fait défaut.
Dans les rares exemples d’absence complète de cet organe, l’orifice cardiaque remonte jusqu’au diaphragme et lui est adhérent; on ne trouve alors aucun vestige œsophagien audessus du diaphragme.
■ L’examen détaillé de la structure de l’œsophage imperforé a été rarement fait. Luschka a noté que le bout inférieur, relié à la trachée, ne contenait que des fibres musculaires lisses, et que le bout supérieur ne possédait que des fibres striées. Boisvert (de Bordeaux) a fait l’examen de l’épithélium de l’œsophage dans le cul-de-sac sous-pharyngien, et à diverses hauteurs entre le cardia et la trachée. Partout cet épithélium était pavimenteux stratifié, c’est-à-dire normal. L’arrêt de développement de l’œsophage est fort souvent une anomalie complètement isolée, le reste du corps n’offrant aucune irrégularité
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de développement. Cependant on a rencontré diverses malformations voisines ou éloignées.
Polaillon, ayant observé les vomissements dont nous avons parlé, chez un nouveau-né, constata une imperforation anale avec fistule recto-uréthrale, et fit une opération pour cette dernière anomalie. L’enfant mourut quarante-huit heures après la naissance; en môme temps que l’imperforation anale, il y avait une imperforation œsophagienne. Ce même enfant offrait en outre deux mains botes avec absence du pouce, de l’index et du radius, llott a trouvé dans l'un des cas qu’il rapporte une anomalie des gros vaisseaux du médiastin : l’artère sous-clavière droite venait de l’aorte descendante et passait derrière le rudiment œsophagien pour se porter vers le côté droit; les deux carotides primitives naissaient par un tronc commun qui montait au-devant de la trachée. On a signalé encore comme anomalie vasculaire l'a persistance du trou de Botal et du canal artériel (llott, Tarnier, etc.).
Enfin l’imperforation de l’œsophage a été observée sur des monstres. Pinard a examiné un pseudocéphale qui présentait, avec une imperforation de l’œsophage, de nombreux arrêts de développement : gueule-de-loup, mains et pieds bots, absence de pouce et d’index, absence des reins, des uretères, de la vessie. Dans le cas ancien de Lozach, il n’y avait ni œsophage, ni pharynx, ni voies aériennes.
En dehors de ces monstruosités complexes, l’imperforation œsophagienne est le plus souvent isolée, ainsi que nous l’avons déjà dit, et les sujets qui en sont atteints sont en général bien développés, de telle sorte que les exemples d’anomalies multiples sont exceptionnels.
On ne sait rien ' de l’étiologie de cette affection. Rappelons seulement que Perier et Boisvert ont noté un hydramnios; de plus, dans le cas de Boisvert le placenta avait subi une dégénérescence fibro-graisseuse, et l’enfant était né à huit mois. Mais ces -altérations ont été trop rarement signalées (deux
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fois sur trente) pour qu'on en puisse rien déduire de précis, bien que l’on soit porté tout d’abord à établir un rapport entre les lésions des membranes et les anomalies du fœtus.
Le mécanisme pathogénique de l’arrêt de développement de l’œsophage est environné de la même obscurité que l’étiologie proprement dite; on est encore réduit à l’hypothèse pour comprendre le siège unique de l’anomalie dans tous les cas et la présence constante de la communication avec la trachée. Tout cela provient de ce que le mode de développement normal de l’œsophage est loin d’être lui-même complètement connu. Si l’on admet que l’œsophage se forme par la jonction de deux culs-de-sac provenant de l'invagination du pharynx en haut et du cardia en bas, on peut, dans une certaine mesure, expliquer d’une manière satisfaisante la présence de deux portions d’œsophage, l’une supérieure, l’autre inférieure, se séparant toujours au même point; mais cette hypothèse ne justifie aucunement la communication constante du bout inférieur avec la trachée. Cette ouverture commune exige un mécanisme à part; il faut supposer, par exemple, que le cul-de-sac de l’œsophage inférieur rencontre la trachée et se fusionne avec elle au lieu de passer sur sa face postérieure pour atteindre le cul-de-sac pharyngien.
Luschka a pensé qu’une compression exercée au niveau de la trachée pourrait amener ce résultat; mais, nous le répétons, ces vues ne reposent sur aucune base solide. L’atrésie congénitale de l’œsophage n’a été jusqu’ici l’objet d’aucune tentative d’intervention opératoire. Tarnier dans son travail de 1866, Holmes dans son Traité de thérapeutique des maladies des enfants, ont parlé de la possibilité théorique d’une opération. Mais que l’on ait en vue une œsophagotomie avec réunion des deux bouts supposés voisins ou une gastrostomie, on ne peut guère s’arrêter à l’idée de pratiquer avec succès sur le nouveau-né une opération qui est fort grave chez l’adulte lui-même. Néanmoins il serait certainement permis de tenter une opéra-
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tion sur le cou pour réunir les deux bouts de l’œsophage, si l’on avait quelque chance de pouvoir les aboucher. Mais comment aller chercher le bout inférieur derrière la bifurcation de la trachée ? Ce premier temps étant impraticable, il nous paraît inutile de disserter plus longuement sur ce sujet. L’atrésie œsophagienne est fatalement mortelle.
Tarnier a observé une anomalie plus simple que l’atrésie que nous venons de décrire. Chez un enfant qui présentait des troubles de la dégluliLion analogues à ceux de l’imperforation congénitale de l’œsophage, cet auteur put faire pénétrer une sonde œsophagienne jusque dans l’estomac et démontrer par conséquent que l’œsophage était perméable. L’enfant ayant succombé, l’autopsie fît voir que l’œsophage était complet; mais on découvrit une fissure de deux centimètres et demi de hauteur faisant communiquer l’œsophage avec la trachée. Le même sujet était en outre atteint d’une imperforation anale et d’une communication recto-uréthrale. Tarnier avait rétabli l’ouverture anale par une opération.
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
Richter. — De Infanticidio in arte obstetriciæ exercilio non semper evilabili. Dissertcitio, Leipzig, 1792. — Un enfant, né vivant, ne pouvait avaler. Il mourut le troisième jour ; la trachée et l’œsophage se terminaient dans un cul-de-sac commun.
Martin. — Observateur de s sciences médicales, Marseille, juillet 1823.
C.-P.-J. Wolf. — Specimen anat.pathol. de monst. sirenifovmibus; Amsterdam, 1839. — Communication entre l'œsophage et la trachée. Le bout inférieur de l'œsophage s’abouche dans la partie inférieure de la trachée.
Tilanus. — Canstatl’s Jcihresbericht, 1845, Bd. IV, s. 6. — Garçon mort le cinquième jour. Atrésie de l’œsophage et communication du bout inférieur avec la trachée.
J. Cruveilhier. — Traité d’anatom. pathol., t. II, p. 232. — Fœtus à terme.
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Bout supérieur de l’œsophage terminé à la partie moyenne de la trachée, et l’on voit réapparaître l’œsophage à l’angle de bifurcation des bronches. Pièce déposée au musée Dupuytren.
Padieu. — Bull, delà Soc. anatom., 1835, 20 août. — Nouveau-né du sexe féminin. Vomissements fréquents de mucosités. Les boissons sont rejetées aussitôt après l'ingestion. Mort le troisième jour. Moitié supérieure de l’œsophage terminée en cul-de-sac, à un pouce au-dessous du larynx. Bout inférieur de l’œsophage abouché dans la trachée par une très petite ouverture ohlongue située au niveau de la bifurcation des bronches.
Schœller. — Cité par Follin, Thèse d’agrégation, 1852. — Enfant nouveauné, bien conformé. Vomissements et suffocation. Mort au bout de quatre jours. Le bout supérieur de l’œsophage descend derrière le larynx jusqu’à la partie moyenne de la trachée; le bout inférieur s’ouvre dans la trachée, sur sa surface postérieure, par une ouverture ovale.
W. Ogle. — Pathol. Soc. Trans., 1849-1830, t. III, p. 52. — Enfant bien développé ayant vécu quatre jours. Régurgitation du lait. Partie supérieure de l’œsophage terminée en cul-de-sac et communiquant avec le larynx. Le bout inférieur de l’œsophage s’ouvre dans la trachée, à un quart de pouce au-dessus de la bifurcation.
Ogier Ward. — Pathol. Soc. Trans., 1850-1851, t. VIII, p. 173. — Enfant mâle, né à terme, mort le douzième jour. Pharynx terminé en cul-desac. Ene bande musculaire s’en détache pour aller à la bifurcation de la trachée, puis apparaît le bout inférieur de l’œsophage qui communique avec la trachée.
Lévy. — Cité in Follin, Thèse d’agrégation, 1852. — Nouveau-né, en apparence bien conformé. Il rejette tout le lait qu’il prend. Une sonde œsophagienne s’arrête à une profondeur de quatre pouces. Mort au bout de six jours. L'extrémité inférieure de l’œsophage se termine en bas en culde-sac. Le bout inférieur de l’œsopbage s'abouche dans la trachée audessus de sa bifurcation.
Lévy. — Cité in Follin, ibid. — Fœtus né avant terme, mort immédiatement après la naissance. Plusieurs vices de conformation dans le bassin. Œsophage terminé en cul-de-sac par sa partie supérieure et ouvert dans la trachée par sa partie inférieure. On trouve des demi-cerceaux cartilagineux dans une certaine étendue de l’œsophage.
Quain. — Archives gén. de méd., t. XLVIII, 4° série, p. 326. — Nouveau-né. Il ne peut avaler. Régurgitation des liquides. Mort au bout de douze jours. Bout supérieur de l’œsophage dilaté en cul-de-sac; bout inférieur ouvert dans la trachée par un orifice semi-lunaire à un demi-pouce audessus de sa bifurcation.
Bull, de la Soc. anatom., 1858. — Enfant bien conformé, pesant 2,300 gr. Rejette tous les liquides. Mort cinq jours après la naissance. Œsophage imperforé à 4 centimètres et demi de son origine, bout inférieur ouvert dans la trachée, sur sa face postérieure, à un centimètre au-dessus de sa bifurcation.
E. Porro. — Annali univ. di med. [Virchow' s Yahresbericht, 1871, Bd. II, s. 144). — Fille nouveau-née, morte au bout de deux jours. Partie supé-
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rieure de l’œsophage terminée à deux centimètres et demi au-dessous de la glotte. De ce cul-de-sac partent quelques faisceaux musculaires qui vont s’insérer à la partie postérieure de la trachée, près de sa bifurcation. La portion inférieure de l’œsophage communique avec la trachée par un orifice de 2 millimètres de diamètre.
Pinard. — Bull, de la Soc. anatom., 1873. — Pseudocéphalie. L’enfant a vécu dix minutes. Spina-bifida rachidien; rachis ouvert en arrière; les méninges sont, pour ainsi dire, à nu. Bec-de-lièvre double avec division palatine, oreilles déformées. Mains et pieds bols. Absence du pouce gauche. Sept orteils au pied droit. Absence complète d'organes génitaux externes. Imperforation du rectum. Œsophage effilé, transformé en un cordon fibreux s'accolant à la paroi postérieure de la trachée. Pharynx terminé en infundibulum, se continuant avec le cordon qui représente l’œsophage. Absence des reins, de l’uretère et de la vessie. Enceinte de six ou sept semaines, la mère a visité les galeries du Muséum et a été prise de syncope à la vue des monstres. Elle ignorait alors être enceinte.
Polaillon. — Bull, de la Soc. de chir., 1875, p. 613. — Enfant avec deux vices de conformation apparents. Absence des deux radius et deux mains botes sans pouce ni index. Imperforation anale avec communication ano-vésicale ou ano-uréthrale : des gaz sortent par l’urètre. Cet enfant vomit quelques minutes après chaque tetée. Opération de l’imperforation anale; mort quarante-huit heures après la naissance. Le pharynx se termine par un cul-de-sac œsophagien descendant à deux centimètres audessous du larynx; la trachée présente, au niveau de sa bifurcation, un orifice qui communique avec la partie inférieure de l’œsophage.
Perier. — Bull, de la Soc. de chir., 1873, t. II, p. 587. — Hydramnios notable. Enfant bien constitué, pesant 3,500 grammes. Rejet du lait après chaque essai de prendre le sein. La sonde œsophagienne s'arrête à douze centimètres du bord gingival. Mort au bout de sept jours pleins. L’œsophage se termine en cul-de-sac à dix centimètres au-dessous de l’orifice supérieur du larynx et à deux centimètres au-dessus de la bifurcation de la trachée. Un orifice fait communiquer la trachée avec le bout inférieur de l’œsophage. L'insufflation de la trachée gonfle l’estomac.
Baltus Van de Water. — Angeboren onvolkomene Sluling van den Slokdarm, Inaug. Diss., Leyden, 1857. Communication de la trachée et de l’œsophage au-dessous du larynx. Rétrécissement de l’œsophage au même niveau.
Luschka. — Virchow’s Archiv, 1869, Bd. XLVII. — La partie supérieure de l’œsophage se termine en cul-de-sac. La partie inférieure, de calibre normal, s’abouche dans la trachée; elle ne contient que des fibres lisses. Elle est rattachée à la partie supérieure par un cordon d’un millimètre de largeur formé de fibres musculaires lisses.
Annandale. — Edinburg me d. journal, january 1869, p. 598. — Le nouveau-né rejette par le nez et la bouche tous les aliments. Mort au bout de quarante-huit heures. Partie supérieure de l’œsophage terminée en
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cul-de-sac; partie inférieure ouverte dans la trachée, sur la paroi postérieure, par un orifice du diamètre d’une plume de corbeau.
Povis. — Biennial retrospect of Sydenham Society, 1871-1872, p. 152. Cité par Ilotl, Pathol. Soc. Trans., 1876, t. XXVII, p. 152. — Partie supérieure de l'œsophage terminée en cul-de-sac derrière le larynx. Partie inférieure communiquant avec la trachée au niveau de la bifurcation. Des Iraces de lait avaient pénétré dans l’estomac en passant par la trachée.
Ilott. — Two cases of congénital malformation of the pharynx and œsophagus : Pathol. Soc. Trans., loco cit.
1er cas. — Enfant né au huitième mois. Respiration établie difficilement. Régurgitation du lait immédiatement après avoir pris le sein. Après le rejet du méconium, plus de selles. Mort quatre jours après la naissance. Estomac et intestin grêle vides, mais distendus par les gaz. Le gros intestin contient une quantité notable de méconium. Le pharynx se termine en cul-de-sac un peu au-dessous du cartilage cricoïde. La partie inférieure de l’œsophage se termine sur la face postérieure de la trachée, à mi-chemin entre le cartilage cricoïde et la bifurcation. Une sonde, introduite dans l’œsophage par l’estomac, arrive dans la trachée.
2e cas. — Enfant né à terme. 11 rejette le lait aussitôt après avoir pris le sein et rend du méconium en petite quantité. Mort le sixième jour. Le pharynx se termine en cul-de-sac à un quart de pouce au-dessous du cricoïde; l’œsophage se termine en haut au niveau de la bifurcation trachéale. Un intervalle de plus d’un demi-pouce sépare l'œsophage du pharynx. Une sonde arrive dans la trachée par l’œsophage à partir de l’estomac. L’artère sous-clavière droite naît de la partie descendante de la crosse de l’aorte, passe derrière la trachée et le rudiment d’œsophage pour se rendre au côté droit. Les deux carotides naissent par un tronc commun qui monte un peu au-devant de la trachée, avant de se bifurquer.
Birch-Hirschfeld. — Berl. Klin. Wochenschr., p. 377, 23 juin 1880. — Terminaison de l’œsophage en cul-de-sac immédiatement au-dessous de la bifurcation de la trachée; abouchement dans cette dernière de l’extrémité inférieure de l’œsophage. Réunion de ces deux organes par un cordon musculeux. Mort de l’enfant, d’ailleurs bien conformé, quelques heures après la naissance.
F. Boisvert. — Arrêt de développement de l’œsophage : Journal de mèd. de Bordeaux, 24 octobre 1886, p. 125. — La mère a une malformation de l’oreille ; le lobule est adhérent. La voûte palatine est anormalement excavée. Les deux petits doigts sont courts et crochus. Deux enfants nés à terme antérieurement. A la dernière grossesse, hydramnios. Dégénérescence fibro-graisseuse du placenta; insertion vélamentaire du cordon. L’enfant, né avant terme, rejette le lait quelques instants après la succion. Mort le neuvième jour. Œsophage terminé par une dilatation d’une longueur de quatre centimètres. Orifice faisant communiquer la trachée au niveau de sa bifurcation avec le bout inférieur de l’œsophage. L’épithélium des deux segments isolés de l’œsophage est pavimenteux stratifié.
Vincent. — Lyon médical, 1887, vol. LIV, p. 406. — Pièce anatomique.
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Pharynx terminé en cul-de-sac à cinq millimètres au-dessous du larynx. Œsophage terminé par une pointe effilée qui aboutit dans l’intérieur de la trachée, entre le deuxième et le troisième anneau probablement. Le lait, que l’enfant rejette, n’est pas caillé comme celui qui a pénétré dans l’estomac.
Tarnier. — Bull, de la Soc. de chir., 1873, 2° série, t. II, p. 475, et Pinard, Bull, de la Soc. anatom., 1873. — Accouchement normal. Enfant en apparence bien développé pesant 4,590 grammes, respirant avec difficulté. Dès qu’il prend le sein, survient un accès de suffocation et un vomissement ; la face se cyanose. Du méconium pur est rendu par l’urètre. Diagnostic : ouverture du rectum dans les voies urinaires, imperforation de l’œsophage. Mais une sonde œsophagienne ne rencontre pas d’obstacle et va jusqu’à l’estomac. Opération de l’imperforation anale. Suture du rectum à la peau. Mort dix-neuf heures après l’opération. Ouverture du rectum dans la portion membraneuse de l’urètre. Une fissure trachéoœsophagienne de trois centimètres de hauteur part de l’orifice sousépiglottique ; les bords de cette fissure sont presque au contact. Trou de Botal ouvert; canal artériel perméable; orifice auriculo-ventriculaire droit presque fermé par un diaphragme très mince, percé de deux petits trous de la largeur d’une tête d’épingle.
Pagenstecher. ■ — Archives gén. de méd., lro série, t. II, p. 116, 1828. — Mère bien conformée. — Enfant du sexe féminin extérieurement bien constituée. Elle vomit au bout de quelques secondes le lait quelle vient de prendre. Lavements de lait. Mort le quatrième jour. L’œsophage se termine en cul-de-sac près de l’origine de la trachée, quatorze lignes au-dessous du larynx. Une petite bandelette partie de ce cul-de-sac se terminait à l’extrémité de la portion d’œsophage qui était attachée à l’estomac et qui avait un pouce neuf lignes de longueur. Le grand culde-sac de l’estomac manquait complètement.
S. Cooper. — Cité par Uott, Pathol. Soc. Trans., 1876, t. XXVII, p. 125. — Enfant mort huit jours après la naissance. L’œsophage fait défaut ; l’estomac est privé d’orifice cardiaque.
Warner. — The Lancet, 1840. — Cité par Follin, Thèse d'agrégation, 1852. L’œsophage fait défaut à sa partie moyenne, et l’orifice cardiaque se termine en cul-de-sac sans cordon intermédiaire.
Mellor. — Archives gén. de méd., 1840, 2e série, vol. IX, p. 322. — Enfant bien conformé. Il rejette la nourriLure avec des mouvements convulsifs. Mort le septième jour. Pharynx terminé en cul-de-sac un peu au-dessous du cartilage cricoïde. Au delà, on ne trouve pas d’œsophage. L’orifice cardiaque, légèrement renflé, adhère intimement au diaphragme. Aucune trace d’œsophage.
Mondière. — Archives gén. de méd., 1833, 2e série, t. II, p. 507.
1er cas. — - Bibliothèque médicale, t. LXX1V, p. 245. — Nouveau-né du sexe masculin ayant vécu huit jours, ne pouvant avaler. Pharynx terminé en cul-de-sac. Estomac adhérent au diaphragme; absence de cardia.
2° cas. — Lozach, Journ. univers., t. III, p. 187. — Absence de l’œsophage, du pharynx et des voies aériennes.
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P.-B. Ayres. — Pathol. Soc. Trans., 1850-1851, vol. III, p. 91. — Enfant ayant vécu onze jours. Régurgitation du lait et suffocation aussitôt après avoir pris le sein. Pharynx normal, œsophage terminé par une bande imperforée adhérente à la face postérieure de la trachée. Élargissement de l’œsophage au niveau des bronches. Il n’est pas question de communication avec la trachée. La recherche ne paraît pas en avoir été faite.
Tarnier. — Bull, de l'Acad. de méd., 1866, t. XXXI, p. 884. — Œsophage complètement développé, communiquant avec la trachée par une fissure verticale de deux centimètres et demi de hauteur. Imperforation anale, fistule recto-urélrale.