LYMPHANGIOMES DE LA LANGUE
longue une hauteur considérable. Il est inutile d’insister sur les troubles de la parole, car celle-ci est tout à fait empêchée ou à peine intelligible, ni sur la physionomie hébétée des sujets.
La macroglossie est le plus souvent une lésion diffuse qui s’étend à toute l’épaisseur de la langue, au moins dans sa partie antérieure. Cependant nous avons observé un cas de macroglossie unilatérale (Y. obs. LXXXII, p. 673).
En général l’altération hypertrophique est limitée à la langue et même à la région antérieure de cet organe, si toutefois nous nous en rapportons à l’examen que nous avons fait d’une pièce anatomique doublement intéressante (V. obs. LXXXIY, p. 674). Dans ce cas, la partie horizontale était lymphangiectasique, tandis que la portion verticale de la langue avait conservé sa structure normale. De plus, l’enfant présentait un lymphangiome kystique du cou. C’est donc un de ces faits où le même sujet offre à la fois les deux formes anatomiques du lymphangiome.
Dans la plupart des cas on n’indique pas la limite où cesse la tuméfaction dans la langue; on sait toutefois que l’altération anatomique est le plus souvent limitée à la langue lorsque l’affection a débuté par cet organe. On doit cependant en excepter les faits d’hypertrophie congénitale très étendue de la face, et on verra dans la suite les rapports des lymphangiomes localisés avec l’éléphantiasis diffus unilatéral de la face ou du corps tout entier.
On trouve parfois dans le lymphangiome lingual une altération des ganglions sous-maxillaires sur la nature de laquelle il serait intéressant d’être fixé. Virchow a constaté que les glandes sous-maxillaires éprouvent une sorte de transformation kystique. Un engorgement des ganglions lymphatiques a été également noté par Variot1 et par de Larabrie 2. Le fait
1. Variot, Recherches anatomiques sur un cas de macroglossie : Journal de l’anatomie, 1880.
2. De Larabrie, Contribution à l’étude de l’hypertrophie congénitale de la langue, thèse de Paris, 1882, observations, p. 28 et p. 37.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
complexe qui nous a montré réunis sur le même sujet un lymphangiome lingual et un lymphangiome kystique du cou, nous a permis aussi de constater, par la dissection, la présence de ganglions tuméfiés en arrière de la masse kystique sousjacente au plancher de la bouche. La nature de ces engorgements ganglionnaires n’est pas déterminée avec précision. Une ulcération sur une langue en prolapsus, une suppuration diffuse de la langue, comme chez notre sujet, peuvent expliquer ces adénites sous-maxillaires, et d’autre part, étant donnée la nature lymphatique des lacunes du tissu lingual, on comprend que les ganglions puissent être altérés par propagation de la lymphangiectasie, en dehors de toute complication inflammatoire.