‹ Affections congénitales. maladies des bourgeons de l'embryon, des arcs branchiaux et de leurs fentesChapitre 36 sur 235 · Bull, loco cit · texte numérisé non relu

Bull, loco cit

2. Paget, Lectures on tumours, 1853, et Lectures on surgical pathology , 3e édition, 1871, p. 415.

3. Pfalz, Klinische Monatsblatter f. prakt. Augenheilkunde , 1885, 271-277, et Annales d’oculistique , 1885, vol. XCIV, p. 271.

KYSTES DERMOIDES ET MUCOÏDES

internes étaient les plus communs. Berlin1 a trouvé vingt-sept cas en dedans et douze en dehors. Cela doit provenir de ce que les kystes externes ou de la queue du sourcil sont d’une banalité telle qu’on ne les publie pas, tandis, au contraire, que l’attention a été fixée dans ces derniers temps sur ceux de l’angle interne.

Le kyste prélacrymal forme une petite tumeur arrondie, tendue, rénitente ou fluctuante, mobile dans une certaine mesure. On soupçonne souvent la présence d’une attache profonde plus ou moins serrée. La peau, d’aspect normal, glisse librement à sa surface. Il n’y a aucune trace de soulèvement ni de battement. On peut s’assurer que les voies lacrymales sont perméables et entièrement saines, et il n’y a pas de larmoiement; la conjonctive n’offre aucune trace d’inflammation. Il n’est pas toujours facile de reconnaître que la tumeur est indépendante du sac lacrymal. Cependant elle en est, dans la plupart des cas, visiblement distincte par sa situation dans l’angle supérieur et interne de l’orbite, ou dans l’une ou l’autre des deux paupières en dehors du sac lacrymal.

On doit soupçonner la présence d’un prolongement orbitaire lorsque la tumeur est partiellement réductible, ou plutôt lorsqu’elle se laisse plus ou moins facilement refouler en arrière ; mais il est impossible avant l’opération de se rendre compte de la profondeur à laquelle atteint la portion orbitaire.

Le diagnostic ne présente pas généralement de difficulté : on est déjà guidé par la marche de l’affection, par son origine congénitale ou par son apparition précoce; un accroissement plus rapide à une certaine période, une indolence parfaite, une mobilité tout au moins partielle, sont, avec les caractères physiques de la tumeur, des signes qui rendent le diagnostic évident.

1. Berlin, Krankheiten der Orbita, in A. Graefe et T. Sæmish, Handb. der gesammten Augenkeilkunde, Bd. VI, 1880, p. 679.

DE LA RÉGION INTERNE DE L’ORBITE

Parfois cependant, surtout lorsque les adhérences profondes des kystes sont étendues, on pense à une affection d’une tout autre nature, à l’encéphalocèle qui se montre quelquefois dans la même région; il est nécessaire d’établir la distinction d’une manière certaine, à cause des conséquences graves que pourrait entraîner une intervention opératoire en cas de tumeur communiquant avec les méninges. Or , l’encéphalocôle se montre dès la naissance môme , et à cette époque son volume, sa large base, sont autant de caractères étrangers aux kystes dermoïdes, qui ordinairement ne sont pas alors apparents ou sont d’un très petit volume. Le plus souvent, la première apparition et le développement des kystes dermoïdes n’ont lieu qu’au bout de quelques mois, ou de deux ou trois ans, et même à un âge plus avancé. Il semble donc qu’un examen attentif du malade doive mettre à l’abri d’une erreur d’autant plus regrettable qu’elle a eu quelquefois une conséquence désastreuse, c’est-à-dire la mort du sujet.

On confondra presque toujours les kystes dermoïdes avec les kystes séreux ; mais ceux-ci sont tout à fait exceptionnels ; cependant Makrocki1 a excisé la paroi antérieure d’un kyste de la partie interne de la paupière du volume d’une noisette. L’examen de la paroi a démontré qu’il s’agissait d’un kyste séreux qui paraissait se rattacher à un traumatisme ancien.

Les kystes du côté interne de l’orbite ne causent guère qu’un peu de gêne dans les mouvements de la paupière supérieure; c’est donc surtout en raison de la difformité qu’ils produisent que les malades réclament la guérison.

TRAITEMENT

S’il reste un doute au sujet du diagnostic, il est prudent de pratiquer d’abord une ponction exploratrice qui renseignera

1. Makrocki, Klinische Monatsblatter f. prakt. Aicgenheilk., p. 466-475, 1883, et Annales d’oculistique, 1885, t. XCIV, p. 51.

KYSTES DERMOIDES ET MUCOÏDES

sur les qualités du contenu, et par suite sur la nature de l'affection. La certitude acquise, le seul mode d’intervention est l'excision. Celle-ci est facile le plus souvent; elle doit être complète, et on doit poursuivre attentivement le prolongement attaché dans la dépression osseuse voisine. La question est un peu différente lorsque le kyste pénètre à une distance de plusieurs centimètres dans l’orbite. L’extirpation totale de la poche pourrait alors constituer une opération compliquée, minutieuse, difficile et même presque impossible sans d’assez gros délabrements. On devra alors se contenter de l’ablation d’un segment antérieur de la tumeur, de toute la partie qu’on peut atteindre, et on agira sur le reste de la cavité avec les caustiques, avec une solution concentrée de chlorure de zinc. La guérison radicale a souvent été obtenue par ce traitement mixte.

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