DU VOISINAGE DE L’OREILLE
Le lendemain, il sort des blocs fétides comme des ganglions gangrenés, puis enfin une masse agglomérée blanchâtre de 2 centimètres et demi sur 13 millimètres, composée de lamelles concentriques supportant un petit renflement hémisphérique, probablement le moulage de la cavité mastoïdienne agrandie. La cavité osseuse vidée présente deux orifices ouverts, l’un dans le conduit auditif externe, l’autre à la surface de l’apophyse mastoïde. La membrane du tympan est détruite, et la paroi labyrinthique de la caisse, blanchâtre. Sous l’influence de pansements boriqués, la suppuration s’arrête, mais la cavité persiste avec son orifice situé à 7 millimètres en arrière de l’insertion du pavillon. Cet orifice, haut de 11 millimètres, large de 8 millimètres, correspondait par son extrémité inférieure au niveau du bord supérieur du conduit auditif. Ajoutons que la masse expulsée avait la structure des « cholestéatomes ». C’est là un exemple remarquable de kyste dermoïde intra-osseux, ouvert à l’extérieur probablement à un âge précoce par un orifice mastoïdien et par un orifice auriculaire.
Les kystes du creux parotidien peuvent acquérir des dimensions considérables et envahir plus ou moins la région latérale du cou. Tels sont les cas de Flaubert1, de Virchow2, de Fergusson3 4 5, de Giraldès ;, de Saussure Ford3. Chacun d’eux présente quelques particularités à rappeler. Le kyste observé par Flaubert était apparu chez une femme de vingt-cinq ans, derrière la branche montante du maxillaire inférieur du côté gauche. En cinq ans, il avait acquis le volume du poing et descendait jusqu’à un pouce de la clavicule. L’incision démontra
1. Flaubert (de Rouen), obs. recueillie par Laloy, Archives ge'n. de méd., 1839, 3e série, t. V, p. 269.