Gusset, thèse citée
4. Spencer Watson, Congrès d'ophthalmologie de Londres, 1872, compte rendu traduit par Duwez, Paris, 1873, p. 151. '
100 KYSTES DERMOÏDES ET MUCOÏDES
fait établit une fois de plus, et spécialement dans la région orbitaire, la liaison qui existe entre les kystes dermoïdes et les fistules congénitales.
Les caractères extérieurs des kystes orbitaires internes pris en eux-mêmes offrent peu de particularités propres. Ce sont de petites tumeurs arrondies ou ovoïdes dont le volume est comparé à celui d'un pois, d'une noisette, d'une aveline, rarement d'un objet plus gros. Leur siège d'élection est la dépression située au-dessous de la tête du sourcil, entre la racine du nez et la paupière supérieure. Ils peuvent empiéter plus ou moins sur cette paupière ou descendre un peu plus bas au niveau de la commissure palpébrale, comme dans une de nos observations, et même au-dessous de la commissure. On verra plus loin que certains kystes de la paupière inférieure doivent être rapportés à la région orbitaire interne à cause d^ leurs connexions profondes.
La tumeur est franchement sous-cutanée ; on constate, au moment de l'opération, qu'elle est sous-jacente à l'orbiculaire et accolée au squelette. Les rapports de sa face postérieure sont les plus importants à étudier. Dans la grande majorité des cas, pour ne pas dire toujours, un pédicule rattache le kyste à la paroi orbitaire. Ce pédicule consiste tantôt en un prolongement de la tumeur elle-même, en un diverticule creux adhérent à l'os sur une certaine étendue, sur une largeur d'un quart depoucè^(6 millimètres) dans un cas de Wagstaffe, tantôt dans un simple lien fibreux long de quelques millimètres. L'os est souvent déprimé au point d'insertion du pédicule. Richet insiste spécialement sur ce fait, ainsi que sur la difficulté et l'importance d'enlever complètement le prolongement kystique intra-osseux. Le siège précis de l'insertion pédiculaire a été déterminé plusieurs fois. Wagstaffe, attribuant ici comme à la région orbitaire externe une importance particulière aux sutures, pense que les kystes prélacrymaux se rattachent à la
i, "Wagstaffe, loco cit.
DE LA REGION INTERNE DE L'ORBITE dOl
suture intermédiaire à l'os lacrymal ou ung-uis et à l'apophyse montante du maxillaire ; il fournit du reste un fait à l'appui de son opinion. Mais d'un autre côté Léon Tripier^ a vu un kyste orbitaire interne s'attacher par un long- pédicule fibreux sur la lèvre antérieure de l'ung-uis, immédiatement au-devant du sac lacrymal, de telle sorte que ce chirurg-ien craignit d'ouvrir ce conduit en extirpant le kyste. Ce lieu d'insertion est remarquable en ce qu'il place le point de départ du kyste dans la région du sac lacrymal qui est un vestige normal de la fente fronto-maxillaire.
Les kystes orbitaires internes comme les externes se prolongent fréquemment dans la profondeur de l'orbite en suivant la paroi osseuse, par conséquent sans contracter aucun rapport direct avec le globe de l'œil, qui peut être cependant comprimé et déjeté en dehors. Nous avons pu réunir sept cas de ces kystes profonds, sans compter l'ancienne observation de Barnes ^ qui se rapporte à un kyste congénital présenté par un jeune homme de dix-sept ans. Le kyste était formé de deux poches contenant, l'une une substance athéromateuse, l'autre un liquide laiteux. Sa paroi allait se fixer profondément à un pouce du rebord orbitaire, vers la jonction de l'ethmoïde avec le maxillaire supérieur. Ce serait là un cas de kyste dermoïde branchial, né sur un point profond de la fente fronto-maxillaire; mais il serait oiseux d'insister sur un fait décrit avec trop peu de détails. Nous avons rencontré deux kystes orbitaires internes prolongés en arrière des paupières ; dans l'un d'eux, le stylet pénétrait à une profondeur de trois centimètres. Les autres cas appartiennent à Spencer Watson^ (2 cas), Taylor '\ Wagstafîe^, Lopez^ Ce dernier auteur a observé un