ACTE PREMIER
AFGAR.
Oh, du Levant elle exagère, J'étais du levant autrefois.
ZAYDÉE.
Cette captivante étrangère, Me plaira fort, je le prévois.
COUCOURLI, palpant Isilda.
Regarde un peu quelle riche nature, Cette beauté ne craint pas l'examen Je la garantis sur facture On peut prendre l'article en main!
Il pousse Isilda vers Afgar.
AFGAR, l'examinant et touchant à mesure5 chaque partie qu'il nomme.
Le front n'est pas mal, le nez est passable,
Et les yeux sont frais :
Et tirant dessus, c'est reconnaissable,
Les cheveux sont vrais, Descendons un peu : qu'elle ouvre la bouche
Je veux voir dedans, Ça ne suffit pas, il faut que j'y touche Pas de fausses dents!
J'aime à me rendre compte Je ne suis pas un daim, Car jamais on n'en conte Au Maure grenadin!
TOUS
Il veut se rendre compte, Car il n'est pas un daim, Et jamais on n'en conte Au Maure grenadin.
L'épaule me plait, voyons la poitrine,
Un joli dessin :
Ce n'est pas mouvant lorsqu'on tambourine;
Elle a ses deux seins, La hanche parait ferme sous la robe,
Le mollet gaillard Et quand au trésor qu'elle nous dérobe Nous verrons plus tard !
J'aime à me rendre compte Je ne suis pas un daim, Car jamais on n'en conte Au Maure grenadin!
TOUS
Ii veut se rendre compte, Car il n'est pas un daim, Et jamais on n'en conte Au Maure grenadin.
ZAYDÉE.
Ce qu'elle veut cacher, son châle le souligne, Pas une ici n'a cette ligne !
GOUGOURLT.
Si le physique est excellent Le savoir est bien autre chose,
A Isilda.
Allons montre nous ton talent, A toi la pose!
ZAYDÉE.
A toi la pose!