‹ Afgar; ou, Les loisirs andalousChapitre 8 sur 61 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

TOUS

Elle a des poids sur l'estomac...

AFGAR.

Que l'on agite un chasse-mouche Pour ranimer son œil battu !

ZAYDÈE.

Non! je ne veux pas qu'on me touche...

AFGAR.

Qu'as-tu, qu'as-tu, qu'as-tu?

ZAYDÉE.

Ce que j'éprouve est très étrange :

Ma bouche est tapissée en bois; Je n'ai pas faim et cependant je mange, Je n'ai pas soif et cependant je bois.

TOUS

Son teint est vert son œil est cave Ah c'est très grave !

ZAYDÉE.

J'ai les nerfs en corde à violon Ils sont tendus comme des tringles, J'ai des fourmis dans les talons Et dans les reins, j'ai des épingles.

TOUS

Elle est piquée assurément, C'est alarmant, c'est alarmant.

De tout cela je crois savoir la cause Et ne m'en trouble pas Mais ne sens-tu pas autre chose Surtout entre tes repas?...

ZAYDÉE.

J'éprouve des désirs bizarres

Pour de singuliers mets, Pour des plats recherchés et rares

Qu'on ne me sert jamais ; Des sauterelles en friture,

Du chat en godiveau, Et dans du jus de confiture

De la tête de veau.

J'imagine une marmelade

De miel aux haricots, Du chocolat mis en salade

A l'huile de coco ; Et dans ces aliments sans nombre

Un surtout m'engagea :

Du rat braisé dans du concombre

Et du sirop d'orgeat...

TOUS

On en mange déjà !

AFGARj transporte d'allégresse.

Allah est grand, je frémis d'aise, Cette cuisine est un aveu Oporto viens que je te baise, Nous serons pères avant peu î

Pendant qu'Afgar embrasse Oporto.

ZAYDÉE.

Il a gobé toute l'histoire !

LES TROIS FEMMES

Ah ! qu'il est poire !

ZAYDÉE.

Ce n'était qu'une échappatoire !

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