‹ Afrique esquisse générale de l'Afrique et Afrique ancienneChapitre 104 sur 246 · TOUS LES POUVOIRS MILITAIRES EN · texte numérisé non relu

TOUS LES POUVOIRS MILITAIRES EN

Afrique, tente de se rendre indépendant. — A la mort de Valentinien (*) le sceptre d'Occident resta aux mains de son fils Gratien, âgé de dix-sept ans à peine, à qui l'armée donna pour collègue son frère Valentinien le Jeune, enfant de quatre ans ; et il se fit entre eux , diton, un partage, qui ne peut avoir été que nominal, par lequel l'Afrique, l'Italie et l'Illyrie auraient été attribuées au dernier. Quoi qu'il en soit, l'usurpateur Maxime , après s'être emparé du lot de Gratien, voulut dépouiller aussi Valentinien le Jeune , et parvint à se faire reconnaître en 38Ç dans le

(•) Le x 7 novembre 375.

diocèse d'Afrique, qu'il épuisa d'exactions; l'empereur Théodose vint le punir, et rétablir immédiatement l'autorité du prince légitime ; et quand celui-ci eut péri en 393, Théodose réunit en sa main tout l'empire, qu'il partagea définitivement à sa mort (en 395) entre ses deux fils; ce fut le plus jeune, Honorius,qui eut l'empire d Occident sous la tutelle de Stilichon.

Dans ces temps de troubles et de minorités, l'organisation hiérarchique des services publics éprouvait des variations au gré des besoins et des convenances locales ou du caprice des influences personnelles : Constantin avait prétendu séparer complètement l'administration civile du commandement militaire, mais à l'époque où nous sommes parvenus on voyait un même officier être à la fois duc et président de ia Mauritanie Césarienne , tel autre duc et correcteur de la Tripolitaine.

L'armée active avait été placée sous les ordres de maîtres de la milice résidant près de l'empereur, et les deux armes de l'infanterie et de la cavalerie étaient même attribuées à des mattres distincts; et d'un autre côté les troupes sédentaires préposées à la garde des frontières étaient spécialement commandées par des comtes et des ducs ressortissant au maître des offices ; mais quand le maître de la cavalerie Théodose fut envoyé en Afrique contre Firmus, le commandement militaire lui appartint sans réserve pour tout le temps de son expédition : c'était un premier pas; bientôt après le comte Gildon fut revêtu du même commandement en titre d'office, comme maître de Cune et l'autre milice en Afrique, ce qui lui conférait un tel pouvoir, qu'il eut été surprenant qu'il' n'en abusât pas, surtout après qu'une longue possession l'eût consolidé en ses mains (*) : aussi dès que l'autorité impériale faiblirait on devait s'attendre

(*) Claudien donne à Gildon douze aunées de gouveruemeut :

Jàin solis baben»

« Bis sena» lorqucnl bietnes , crrvicibus ex quo te juguta. »

Guerre de Gildon , tâi. ,

L'UNIVERS

de sa part à une défection. Un moment il put croire douteuse la fortune de Théodose le Grand, ébranlée par la révolte d'Arbogast et d'Eugène, et il négligea de fournir à son souverain le contingent de troupes qui lui était demandé. Après la mort de Théodose, il se trouva plus à Taise encore; et résolu à l'indépendance, mais n'osant toutefois se mettre en hostilité ouverte sans appui suffisant contre la vigoureuse activité de Stilichon, il prit le parti de se soustraire à l'obéissance d'Honorius en se plaçant nominalement dans la dépendance de l'empire d'Orient (*), ce qui lui assurait la protection d'une puissance rivale.

PUNITlOft DE GlLDONÎ SUPPRES- SION DE LA GRANDE CHARGE MI- LITAIRE DONT IL ETAIT REVETU. —

Mais Stilichon n'était point d'un caractère à souffrir cette défection déguisée , dangereuse pour Rome et l'Italie qu'elle pouvait affamer; il avait d'ailleurs à ses ordres un ennemi irréconciliable de Gildon,son frère Maskelzer, dont les enfants venaient d'être égorgés par ordre du perfide : il lui conOa un premier cprps de troupes assez considérable, prêt à le faire appuyer par de nouvelles forces s'il était nécessaire. Maskelzer , débarqué en Afrique, s'avance aussitôt contre Gildon et le rencontre près du fleuve Ardalion, entre Théveste et Ammédéra, l'attaque avec résolution, jette le désordre dans la cavalerie indigènè, et met l'ennemi en complète déroute :

Gildon , abandonné des siens, s'embarque pour chercher un refuge en Orient, mais les vents contraires le ramènent à Thabraca, où il trouve la prison et la mort (**). L'Afrique retourna à Honorius; tous les fauteurs de la rébellion furent sévèrement recherchés et punis, leurs biens furent confisqués, de même que ceux de Gildon , au profit du trésor impérial ; et des monuments lapidaires (***) aussi

(*) Sur la fin de 397.

(**) Au commencement de 398.

(***) Sans les rapporter ici , nous pouvons du moins y relever les phrases suivantes :

bien que les vers des poètes furent consacrés à célébrer le triomphe de Stilichon et le rétablissement de la paix.

La grande charge àemagisterutriusque militiœ per Jfricam demeura supprimée, et c'est postérieurement à cette suppression (*), que fut rédigée la Notice des Dignités si précieuse pour la connaissance de l'organisation administrative des empires d Orient et d'Occident à cette époque. L'Afrique y occupe une place importante, qu'il y a intérêt de constater ici au moins d'une manière succincte, et sans entrer dans les développements que nous interdisent la nature et les bornes de ce travail.

Organisation des pouvoirs publics.

Administration centrale. — Il nous faut dire d'abord comme introduction nécessaire qu'autour de l'empereur se trouvaient groupés, avec la qualification ^illustres, certains grands dignitaires, ministres et officiers dupalais, qui avaient, sur la conduite des affaires de l'empire, une influence diverse: le gouvernement proprement dit, comprenant l'administration générale et la distribution de la justice, était confié aux préfets du prétoire ; le commandement des armées aux maîtres de la milice; l'administration centrale dans le sens le

{)Ius étendu, mais au point de vue de a surveillance et du contrôle plutôt que de la direction des affaires, avec

Page 1