Livraison. (Afrique ancieni
jorien eut bien le projet d'aller en
(personne faire revivre les droits de 'empire sur ce point ; mais la mort l'arrêta dans ses préparatifs. Les empereurs d'Orient voulurent à leur tour porter la guerre chez les Vandales pour réprimer et punir leurs pirateries; Léon l'Ancien envoya contre eux en Afrique (*) Héraclius, qui débarqua dans la Tripolitaine , battit les troupes qu'il y trouva , occupa les villes sans difficulté , et, laissant là sa flotte , conduisit par terre son armée vers Carthage pour y rejoindre Basilisque , beau-frère de l'empereur, qui devait y arriver avec une expédition formidable , et qui vint attérir en effet au cap d'Hermès , mais pour y voir bientôt sa flotte incendiée par les brûlots de Giséric ; en sorte qu'il n'eut rien de mieux à faire que de s'en retourner à Constantinople , aussi bien qu'Héraclius ; et Giséric reprit de plus belle ses courses de piraterie; mais enfin Zénon conclut avec lui, en 476, une paix solennelle, qui dura jusqu'au règne de Justinien.
Règtte des successeurs de Giséric.
ÉTENDUE DES POSSESSIONS VAN- DALES sous Hunéric. — L'étendue et la division territoriale du royaume des Vandales nous est particulièrement indiquée par un document précieux qui se rapporte au temps de la persécution exercée par Hunéric contre les catholiques de ses domaines : Victor de Vite raconte qu'il exila quatre mille neuf cent soixanteseize évéques , prêtres, diacres et autres clercs, lesquels furent réunis à Sicca et Lares, ou ils furent livrés aux Maures qui venaient les y chercher pour les conduire au désert. La liste oes évéques arrachés ainsi à leurs sièges en l'année 484, se trouve à la suite de l'histoire de cette persécution écrite en 487 par Victor de Vite ; on y voit figurer les noms de quatre cent soixante et un évéques, y compris
(*) En Tannée 468.
L'UNIVERS
ceux des fies , plus quatorze sièges va- rent toute la Mauritanie depuis G ad es
cants , le tout ainsi réparti : jusqu'aux frontières de la Numidie, et
Province proconsulaire 54 u»e SraPde Partie <|u reste de l'Afri-
Provinre de Numidie 125 <lue; Evidemment leur émancipation
Province de Bvzacène 1 15 *™t dû commencer par la Imgitane,
ProvincedeMauritanieCésarienne 126 P^s éloignée du centre du gouverne- Province de Mauritanie Sitifienne. 42 nient, et se propager successivement
Province de Tripolitaine 5 ™r? 1 est ; a la mort de Hunenc , elle
Province de Sardaigne 8 ava,t deJa atte,nt et envahi 1 Aurasion.
-— Gondamond eut à soutenir contre eux
lotal 475 plusieurs combats, et Trasamond
Pbovinces successivement en- éprouva une sanglante défaite de la
levées aux Vandales parles Mau- part de ceux auxquels commandait
bes. — Aucune indication ne se trouve Kabaon dans la Tripolitaine: Hildéric
làdelaprovinceTingitane.Lescritiques à son tour fut battu par Antalas chef
ont cru reconnaître, il est vrai, quel- des Maures de la Byzaeène.
ques sièges susceptibles d'être attri- Usubpation de Gélimeb; Béli-
bués à cette province dans la liste de saire lui enlève l'Afrique. —
ceux de la Mauritanie Césarienne; mais Gélimer se prévalut de ce honteux
cette attribution paraît fort douteuse, revers pour arracher le sceptre à Hil-
On peut expliquer de diverses manié- déric, qu'il emprisonna : l'empereur
res l'absence du nom de la Tin^itane; Justinien, allié et ami de Hildéric
ou bien elle n'avait point d'évêques, qui avait été élevé à Constantinople,
ou ses évêques avaient embrassé l'a- réclama sa mise en liberté ; Gélimer la
rianisme, ou bien encore elle secouait refusa : de là la guerre qui substitua
déjà le joug des Vandales. La présence la domination des Byzantins à celle
des évêques catholiques de la Sardaigne des Vandales. Il y eut d'abord défec-
etdes Baléares ne permet pas decroire tion de la Tripolitaine, qu'un citoyen
que ceux de laTingitane,si elle enavait de cette province livra aux troupes
eu , se fussent soustraits à l'appel impériales. Puis Bélisaire vint débar-
d'Hunéric sous prétexte de leur union quer à Caput-Vada, à cinq journées
à l'Hispanie sous le rapport de l'obé- de Carthage, avec une armée de 15 000
dience ecclésiastique. Elle apparte- soldats ; laissant à Gélimer, qui était
nait incontestablement aux Vandales àHermione, à quatre journées dans
sous le règne de Giséric; mais elle les terres, la faculté de le poursuivre,
dut être la première à échapper à ses il marcha sur Carthage en suivant le
successeurs. littoral, et passant par Syllecte, Lep-
Nous savons en effet que les indigè- tis et Adrumète , il atteignit Grasse,
nés commencèrent, dès la mort de ce résidence royale à trois cent cinquante
prince, à s'insurger dans leurs monta- stades ou cinquante milles romains de
eues et à harceler les Vandales, tantôt Carthage; quatre jours après il arriva
battants, tantôt battus; sous le règne à Décimum , c'est-à-dire, comme le
même de Hunéric, ceux de l'Aura- nom l'indique, à dix milles de la capi-
sion avaient repris leur indépendance, taie, où l'on se rend en passant sur
et nul effort des Vandales ne put les la droite contre une sebknah («eSfov
réduire à la soumission : il est certain àXwv, une plaine de sel). C'est là que
3 ue Procope, dans une rapide esquisse Gélimer le joignit, fut battu, et se e leur histoire , dit que les Romains sauva avec les restes de son armée les avaient repoussés aux derniers dans la plaine de Bulla, à quatre jourconfins de l'Afrique habitable, tandis nées vers les frontières de la Numiqu'ils avaient pris à leur solde les Car- die, pendant que Bélisaire entrait à tnaginois et les autres Libyens ; mais Carthage. Ayant été rejoint à Bulla que les Maures, après de fréquents par les troupes que son frère luiraavantages sur les Vandales , occupé- menait de Sardaigne , Gélimer vint de
nouveau se faire battre par Bélisaire à Tricamara, à vingt milles de Carthage(*), et s'enfuit précipitamment en Numidie, où il se réfugia chez les Maures barbares des montagnes escarpées de Pappua , dans leur ville de Médéos, située à l'extrémité de ces montagnes; mais il y fut rigoureusement bloqué, et forcé enfin de se rendre ; et Bélisaire , après avoir envoyé ses lieutenants prendre Césarée de Mauritanie qui est à trente journées de Carthage , le fort de Septon qui est près des Stèles Héracléennes, les Baléares, la Corse, la Sardaigne, et avoir pourvu à la sûreté de la Tripolitaine, mit à la voile pour Constantinople , emportant d'immenses trésors , Gélimer enchaîné, de nombreux captifs, et laissant à Carthage , pour commander à sa place, Salomon qui avait été son chef d'état-major.