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ENTRE L'AMPSAOAS ET LES AUTELS

des Philènes. — Strabon et Pline considèrent de même, au point de vue géographique, la région des Syrtes comme formant une division séparée; mais ils ne tranchent pas, dans leurs indications ethnographiques , la séparation marquée par Hérodote au fleuve Triton. Sans doute la domination de Carthage avait, en se propageant sur la côte, imprimé aux indigènes un cachet extérieur de civilisation uniforme: aussi Strabon attribue-t-il sans distinction le littoral aux Libo-Phéniciens , derrière lesquels il étend , sur une zone parallèle, les Garamantes, jusqu'aux montagnes des Gétules dans l'ouest.

Pline se borne d'abord à nous désigner quatre nations principales dans la région syrtique , savoir : au fond de la grande Syrte confinant aux Autels des Philènes, les Lotophages, quelquefois appelés Alachroes; à 1 entrée, du côté de la grande Leptis , les Cisipades ; et au delà de vastes déserts qui les séparaient de la petite Syrte, les Garamantes , au-dessus desquels étaient les Psylles. Mais ensuite il ne compte pas

(*) Voir, au sujet de cette île, le volume de la présente collection spécialement consacré aux îles de l'Afrique , page 80.

L'UNIVERS

moins de cinq cent seize peuplades sujettes de Rome, entre les Autels des Philènes et l'Ampsagas; il ne donne toutefois qu'une très-petite liste de noms , savoir : les Natabudes , les Capsitans, les Misulans, les Sabarbares, les Massyles, les Nisives, les Vamacures, les Éthins, les Mussins, les Marchubiens, et tous les Gétules jusqu'au fleuve Nigir qui sépare l'Afrique de PÉthiopie.

Ptolémée nous offre une nomenclature beaucoup plus riche , sans distinguer non plus les peuplades syrtiques de celles qui avoisinent Carthage ; il en fait rémunération en allant de l'Ampsagas auxAutelsdes Philènes. Quelque sèche et décharnée que soit une liste étendue de noms auxquels se rattachent peu de souvenirs, il nous semble nécessaire de rapporter ici celle que nous a transmise le géographe alexandrin , de peur que l'omission n'en fût considérée, avec quelque raison, comme une regrettable lacune.

Voici donc la version fidèle de ses indications ethnologiques:

« Les habitants des parties occidentales de l'Afrique propre jusqu'à la mer sont les Cirtésiens et les Nabathres ; après eux vers l'est, les Iontiens, - contre la Numidie ou Nouvelle province, jusqu'à Thabraca ; puis les Midènes, et contre la Carthaginoise, les Liby-Phéniciens; ensuite, jusqu'à la petite Syrte les Makhynes , et derrière (*) celle-ci les Kinithiens, et plus à l'est jusqu'au fleuve Cinyphos les Nigitimes, et autour de ce même fleuve les Lotophages. Puis vers la

faraude Syrte les Samamykiens , et à eur suite les Nycpiens , derrière lesquels sont placés les Éléons.

« En revenant au sud des Cirtésiens et de la Numidie , derrière le mont

(*) Bien que la particule Ciird pût être littéralement traduite sans iuconvénient par sous, au-dessous de, j'ai préféré la rendre uniformément, pour plus de clarté, par derrière, qui laisse moins d'incertitude à l'esprit le plus inaltentif. J'ai soigneusement traduit etta par puis ou ensuite. Ces mots ont ici une importance spéciale pour caractériser la situation relative des peuples.

Audon, les Mlsoulans, derrière eux les Nattaboutes , puis les Nisibes ; [au sud] des Midènes les Miédiens, derrière lesquels les Mousounes; ensuite derrière le mont Thammès les SabOurboures , derrière eux les Haliardes, et la campagne SittaCenne. Au sud des Liby-Pheniciens est la contrée Byzacitide, derrière laquelle sont les Ozoutes; puis les Kérophées, et les Mampsares sur la montagne du même nom, et derrière la montagne les Motoutouriens. Derrière les Makhynes sont les Makhryes, puis les Gèpnes , après lesquels 'les Mimakes , et derrière le mont Ousaleton les Ouzales et le commencement de la Libye déserte.

« De même derrière les Kinithiens sont les Sigiplosiens , puis les Achémènes, puis les Moutourgoures, derrière lesquels les Moukhthousiens; derrière les Nigitimes les Astacoures; derrière les Lotophages les Éropées , puis les Dolopes , derrière lesquels les Erébides; derrière les Samamykiens les Êdamcnsiens , puis les Nygbènes ; enfin derrière les Nycpiens et les Éléons, les Makes syrtites, et la Libye déserte. »

On voit que Ptolémée a disposé les quarante noms qui composent sa liste, sur trois zones parallèles , représentant par leur réunion la zone littorale d'Hérodote; quant à la zone intérieure sur laquelle les Garamantes d'Hérodote et les Gétules de Salluste viennent, au dire de Strabon, se rejoindre bout à bout, elle fait, dans son ensemble, pour le géographe alexandrin, le sujet d'un chapitre spécial sous le titre de Libye intérieure. Nous y reviendrons après un coup d'reil sur le reste des populations de la côte, dont nous n'avons encore nommé que celles qui occupent la fraction orientale.

Peuplades littorales db l'ouest : entee l'ampsagas et les colonnes d'hercule. — a l'ouest de Carthage, où Salluste se borne à signaler, en deux grandes divisions, les Numides et les Maures, Strabon n'est guère plus explicite , puisqu'il se contente de nommer les

Numides Massyliéens quil englobe dans le domaine punique , puis les Numides Massésyliens qu'il étend du cap Trèton au cap Métagonion, et enfin les Maurusiens a l'extrême occident.

Pline n'entre pas dans beaucoup plus de détails : il mentionne sous la simple dénomination de Numides les Massyliéens de Strabon , puis les Massésyliens, parmi lesquels il place les peuplades des Macurebes et des Nabades, enfin les Maures ou Maurusiens , que l'invasion des Gétuies Baniures, Autololes et Vésunes, avait réduits, de son temps, à un petit nombre de familles.

Ptolémée a recueilli une bien plus grande quantité de dénominations particulières des peuplades qui se rattachent à l'une ou à l'autre de ces souches, dont la distinction ethnologique n'avait pas cessé, bien que le territoire respectivement occupé par chacune d'elles portât , au moins depuis le règne de Claude, l'appellation uniforme de Mauritanie, saur addition de l'épithète de Césarienne pour l'ancienne Numidie , et de Tingitane pour la Mauritanie véritable. Ptolémée, dont les descriptions procèdent d'occident en orient, commence par la Tingitane, et la fait suivre de la Césarienne; voici, dans l'ordre qu'il a suivi, rénumération qu'il donne des populations de ces deux contrées.

« Les habitants de la province (Tingitane) sont, vers le détroit (des Colonnes), les Métagonites , vers la mer Ibérienne les Socossiens , et derrière ceux-ci les Ouerouès, et derrière la contrée Métagonite les Masikes; ensuite les Ouerbikes, derrière lesquels les Salinses et les Kaunes; puis les Bakouates , derrière lesquels les Macanites. Derrière les Ouerouès les Ouoloubilians ; puis les Iangaucanes , derrière lesquels les Neetibères; ensuite la campagne Rousse (ïluftWv 7te5îov) , derrière eux les Zégrensiens ; puis les Banoïoubes et les Ouakouates. La lisière orientale est habitée en entier par les Maurensiens et une partie des Herpéditans.

« Les habitants de la province (Césarienne), vers l'occident, sont les

Herpéditans, sur ce qu'on appelle les mines de cuivre ( XaXxwpuxta); derrière eux les Taladousiens. Puis les Sôres , au midi desquels les Masésyles, derrière lesquels les Dryites. Ensuite, au delà du mont Dourdon, les Élouliens, et les Tolôtes et les Nacmousiens jus-

3u'aux montagnes Garapha. A l'est es Taladousiens jusqu'aux bouches du fleuve Chinalaph sont les Machousiens , derrière lesquels le mont Zalacon, et au delà de celui-ci les Mazikes. Puis les Bantourariens, et derrière les montagnes Garapha les Akouensiens et les Mykènes et les Maccoures, et sur la montagne Kinnaba les Enabases. A l'est du mont Zalacon, vers la mer, les Makkhourèbes, derrière lesquels les Toulensiens;

f)uis les Banioures , derrière lesquels es Makhoures ; ensuite les Salassiens et les Malkhoubiens. Encore à l'est des Toulensiens les Moukounes et les Khitoues jusqu'au fleuve Ampsagas ; derrière ceux-ci les Kédamousiens ; puis les Todoukes vers les sources du fleuve Ampsagas. »

Quelque nombreux que soient ces noms, on est loin d'y retrouver pourtant tous ceux qui figurent dans les récits d'Ammien Marcellin ou dans les cosmographies d'Ethicus et de Julius Honorius : nous ferons ici grâce au lecteur de ces nomenclatures arides qui passent sous les yeux sans intéresser l'esprit ; l'histoire nous dira ces noms avec plus de profit, en les enchâssant au milieu des faits auxquels ils se lient.

Peuplades de l'intérieur. — Passons à la grande zone intérieure partagée d'une manière générale, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, entre les Garamantes à l'est et les Gétuies à l'ouest; il nous reste à voir comment Ptolémée distribue sur ce vaste territoire les tribus comprises dans chacune de ces deux divisions principales. Nous nous bornerons encore à traduire littéralement ce que le laborieux géographe d'Alexandrie nousexpose lui-même à cet égard.

« Derrière les Mauritanies est située laGétulie; derrière l'Afrique et

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