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III. VILLES ET BOUTES

Considérations préliminaires.

Importance des Itinéraires.

— Au surplus, les révolutions politiques font varier l'emplacement des peuples, surtout lorsqu'ils persistent dans les habitudes nomades et errantes où l'histoire et la géographie les ont trouvés; c'est ainsi que les Maures, les Gétules, les Mazikes, et bien d'autres, se sont avances graduellement de l'occident extrême à l'extrême orient de la région d'Afrique. Les villes qu'ils ont bâties ou laisse bâtir au milieu d'eux otfrentaucontraire, ainsi que les traits caractéristiques du sol, tels que la découpure des côtes, l'assiette des montagnes et le cours des fleuves,

des points de repère invariables, pour déterminer le véritable théâtre des événements , et remplacement alors occupé par les peuples qui en ont été les acteurs.

Nous ne pouvons , à ce titre , nous dispenser de jeter ici un coup d'ceil rapide sur la distribution des villes à la surface du territoire que nous étudions. Les sources d'information les plus importantes que nous ayons à cet égard sont bien moins les géographes, comme Strabon et Pomponius Mêla

3ui se bornent à un petit nombre d'inications principales, ou même comme Pline et Ptolémée dont les listes sont assez considérables, que certains autres documents moins usuels, mais beaucoup plus utiles par leur spécialité, savoir, les deux routiers romains vulgairement connus sous les dénominations de Table Peutingérienne et d'Itinéraire d'Antonin, dont le premier date de l'année même de la mort de Constantin le Grand, et dont le second a été rédigé une quarantaine d'années plus tard par Ethicus.

Il est donc naturel que nous ayons recours surtout à ces guides que rien ne pourrait remplacer pour nous, afin de donner une idée assez précise, tout à la fois, des villes répandues sur le sol africain et des routes qu'elles jalonnaient.

Disposition génébalk des grandes boutes de l'afrique.

— Une observation préalable est d'abord nécessaire à cet égard : c'est que la civilisation, avec les villes qu'elle enfante et les routes qu'elle trace, a fixé son point de départ à Carthage, soit dès le temps des fondateurs phéniciens de cette cité puissante , soit après leur chute sous les coups de Rome, qui commença par là la conquête du pays. C'est donc de là que devaient rayonner et que rayonnaient en effet les routes principales conduisant successivement, à travers des gîtes d'étape plus ou moins nombreux, vers les centres d'administration des provinces successivement ajoutées à ce premier noyau ; et ces centres secondaires devaient offrir à leur tour,

et offraient respectivement en réalité le point de départ d'un nombre plus ou moins considérable de voies rayonnant à travers le territoire soumis à chacune d'elles; enfin le croisement de plusieurs de ces voies en quelques points faisait encore de ceux-ci comme de nouveaux centres de rayonnement.

Le territoire occupé offrant, au surplus , sous le méridien de Carthage , une bien plus grande largeur qu'en toute autre partie, les routes s'avançaient à l'intérieur, de ce côté, jusqu'à des profondeurs beaucoup plus considérables.

A examiner sous un point de vue d'ensemble la disposition générale de ces routes, on pourrait les systématiser ainsi : 1° une route non interrompue le long des côtes , plus certaines portions de route plus directes entre quelques-unes des principales villes maritimes; 2° diverses routes, à l'intérieur, dirigées parallèlement à la première; 3* enfin les communications transversales des unes aux autres.

La réunion de toutes ces lignes constitue un réseau aux mailles duquel se trouvent invariablement attachés tous les points compris dans l'un et l'autre routier, de manière à fournir un * moyen assuré de fixer complètement la correspondance des voies anciennes avec le sol tel que les explorations modernes nous le font connaître aujourd'hui ; cependant il n'en est pas tout à fait ainsi , attendu que l'un ni l'autre de ces routiers ne nous est parvenu dans son intégrité officielle , et que nous en possédons seulement des copies, doublement altérées par les mutilations du temps et la révision des éditeurs.

Incertitude des synonymies

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