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De la Grande Leptis aux Autels des Philènes

Route depuis Mebcurios jusqu'à.

Rusadder. — La première de ces routes partielles avait son point de départ au poste de iMercurios, c'est-à-dire à la pointe d'Hermès ou du petit Atlas, et son point d'arrivée à Tingis, décorée par l'empereur Gaude du titre de colonie et du surnom de Julia Traducta, à la place de laquelle s'élève la moderne Thangeh; la route passait d'abord à Sala, dont le nom est resté à la ville de Sale ; plus loin à Banasa , colonie d'Auguste, surnommée Valentia, dont les cartes de Ptolémée nous montrent que la position n'était point tout à fait littorale; puis à Lix ou Lixos, célèbre par les fabuleuses relations de l'antiquité qui y plaçaient le palais d'Antée et le jardin des Hespérides , érigée en colonie par l'empereur Claude, et représentée aujourd'hui par El- 'Arâysch, à l'embouchure du fleuve Aouîkos (*); ensuite à Zilis ou Zilia,

(*) Nous préférons écrire Thangeh , El- 'Arâysch, Aoulkos , Sebtliah , plutôt que Tanger, Larache, Luccos , Ceu ta , parce que l'exactitude nous paraît devoir l'emporter sur la corruption d'orthographe. Ji est des gens dont la prononciation transforme, comme ou sait, Sltakspeare , s/iut Oie eloar, en chat qui expire, chat qui dort; est-ce un

autre colonie d'Auguste, nommée plus tard Julia Constantia, et dont la moderne Azylah retient la place et le nom.

La seconde fraction de route se poursuivait depuis Tingis jusqu'à Rusadder, colonie d'origine assez récente, dont remplacement parait répondre à celui de Mélylah ; dans l'intervalle, nous ne trouvons d'autre point digne d'être signalé ici, que les Sept frères ('E7rc' à&Xipol de Ptolémée), où Ton reconnaît par son nom la ville de Sebtbah , que les Espagnols appellent Céuta.

Route de Rusaddeb a Césabée ;

DÉSACCORD ENTEE l'IïIlN ÉfiAIRE ET

lus Tables de Ptolemee. — Depuis Rusadder jusqu'à Siga. — La troisième partie de la route que nous parcourons se continuait depuis Rusadder, ou Mélylah, jusqu'à Césarée, jadis sous le nom de loi, résidence des rois indigènes , dotée du titre de colonie romaine par l'empereur Claude, et capitale de la province à laquelle elle imposa son nom. On ne doute plus aujourd'hui que Césarée, qu'on a cherchée tour à tour sur l'emplacement d'Alger et sur celui de Ténes, ne fût précisément à la place occupée par la moderne Scherschel, où l'on a recueilli, dans ces dernières années, des inscriptions qui paraissent décisives :

L. LICINIO L. FIL. QVIB 8ECVKMN0. DECVRIOM 2AESABIENSIVM. EQVO PVBLICO EXORNATO SACR1SQVE LVPERCAL1BVS FVNCTO

« A Lucius Liciniiis Secundinus, fils de « Lucius, de la tribu Quirina, déeurion des « Césaréens, "ratifié d'un cheval d'honneur, « et ayant été chargé de la célébration des « Lupercdcs. »

" EOTO C. P. FAT ALI

DECVRIOM SPLENDIDLSSIMAB COLON IAE CAESAKIENSIS RELICIOSO .

APmSTITI SANCTI ISVMLMS MATR1S DEVU DENDROPIIORO DiGNISBIMO

«A.... énius Fat al i s, fils de Caius, dé- « curion de la magnifique colonie de Césa* « rée, religieux pontife de la sainte divinité « de la Mère des Dieux, digne dendrophore. »

motif pour cjue l'orthographe se plie à ces ridicules balivernes ?...

D'un autre côté, les Trois-Iles, et le fleuve Malua, qui marquent les deux premières étapes a partir de Rusadder, sont bien reconnus pour les trois îles des Gjaïaryn et le fleuve Malouyah :

ainsi les deux extrémités de cette route sont bien déterminées; mais toutes les stations intermédiaires le sont fort peu, à raison de la discordance de l'Itinéraire avec les cartes de Ptolémée, en outre d'une grande lacune que laisse en cette partie la Table Peutiugérienne, et de l'insuffisance actuelle des notions acquises sur cette région. Ce n'est pas que les principaux lieux compris dans cet intervalle ne figurent à la fois dans le routier romain et dans la série des positions données par le géographe grec; mais leur situation relative est souvent inverse. Du moins ne peut-il y avoir doute sur certains points : Siga , par exemple, qui avait été la capitale du pays au temps de Syphax, c'est-à-dire a 1 époque des guerres puniques, Siga devenue ensuite une colonie romaine ainsi que le constate Ptolémée au second siècle, érigée plus tard en municipe comme nous le montre l'Itinéraire 250 ans après; cette ville est indiquée par ces deux autorités dans une position qui doit en faire reconnaître remplacement sur les bords de la Tâfnày, où l'on en trouve encore des restes, à l'endroit même où s'était élevée, après la conquête musulmane, la ville mauresque d'Areschqoul , non loin de laquelle les Français avaient naguère établi leur poste de la Tâfnày, appelé également par les Arabes Arescbqoul, tandis que nous n'avons conservé ce nom, de£guré en Risgoun ou Harschgoun, qu'a la petite île voisine.

— Depuis Siga jusqu'à Césarée.

— Le géographe alexandrin nous désigne bientôt après le Portos Magnos ou Grand Port, puis la colonie de Kouiza qui dans le principe était un établissement étranger , ensuite le Theôn-limên ou Port des Dieux , enfin la colonie d'Jrsenaria, naguère ville latine, à trois milles du rivage : lieux importants qui seraient représentés aujourd'hui respectivement par Mersày-el-Kébyr ou le Grand Port,

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