‹ Agathe et Cécile (volume 2)Chapitre 37 sur 82 · PAULINE · texte numérisé non relu

PAULINE

Quelque peu de crédit que chez nous il obtienne, Je crois que ta frayeur égalerait la mienne Si de telles norreurs t'avaient frappé l'esprit, Si je t'en avais fait seulement le récit.

Et elle en fait le récit, et le termine par ces mots

Voilà quel est mon soBge.

8TRATONICE.

Je conçois qu'il est triste, Mais il faut que voire âme à ces frayeurs résiste. La vision, de soi, peut faire quelque horreur, Mais non pas vous donner une juste terreur.

Puis arrive le père de Pauline, qui s'écrie :

Ma fille, que ton songe En d'étranges frayeurs ainsi que toi me plonge I Que j'en crains les effets qui semblent s'approcher I

Nous avons encore le songe d'Iphigénie :

ismênie, confidente.

Quoil ne comptez- vous plus sur votre frère Oreste? Avez-vous oublié cet espoir qui vous reste?

DE PONTANGES \%\

IPHIGÉRIE.

Vain espoir! son trépas ne m'est que trop prédit! Un songe encor présent à mon cœur interdit...

1SMÉRIS.

Pourquoi tous alarmer sur la foi d'un mensonge? Fille du roi des rois, devez-vous craindre un songe? Croyez-en moins un songe et yos pressentiments; Il n'est d'oracles sûrs que les événements.

Voilà des raisonnements parfaits.

Ducis, dans sa tragédie à'OEdipe chez AdmUe, fait aussi raconter à Alceste un songe qui trouble ses esprits; Admète, pour la rassurer, lui répond :

Dans ce songe confus, quelque effroi qu'il te donne, Je n'ai rien distingué qui me trouble et m'étonne... Pour trembler sur mes jours, craintive au moindre bruit. Tu n'avais pas besoin des erreurs de là nuit. Va, sans interpréter de bizarres mensonges, Remplissons nos devoirs, et dédaignons les songes.

Enfin M. de Voltaire lui-même, si granà4 ennemi de toute superstition, se permet un petit songe en foripe de madrigal :

Cette nuit dans Terreur d'un songe, etc., etc.

M. Casimir Delavigne prouve aussi sa foi dans les songes par ce couplet d'une romance bien connue et bien

jolie : i

Ha sœur se lève

Et dit déjà :

J'ai fait un rêve ;

Il reviendra!

Et cela au xix* siècle ! comme disent les philosophes de journaux.

Et l'on ne voudrait pas m'accorder, à moi, dans un roman, un pauvre rêve, un délicieux songe fatal qui trouble la vie d'une jeune femme en lui révélant son amour !

Je reviens donc à mon idée.

Un songe I me<teTn»-je inquiéter d'un songe?

Oui.

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