IRRIGATION ET DRA1RA6E
On distingue les irrigations d'hiver et les irrigations d'été. Les premières ont pour but d'enrichir le sol par l'apport du limon ; elles protègent aussi la prairie contre les pands froids ; pour être soumis à ces irrigations» le sol doit avoir pente douce et ne présenter ni bas-fonds ni dépressions ; dans cas contraire, il se produirait ravinement et stagnation nuisibles. Les secondes fournissent eau de véfi^étation et augmentent la production en mettant, par dissolution, matières fertilisantes a la disposition des plantes ; aussi, doivent être complétées par apport d'engrais.
Les eaux emplovées doivent être bien aérées et posséder température assez élevée ; c'est le cas des eaux de canaux et de rivières; celles provenant des sources, celles sortant des forêts ou des terrains bourbeux pyriteux, ocreux, sont impropres aux irrigations et demandent à être améliorées par exposition à l'action de l'air et de la chaleur dans petits réservoirs (LimousiO) Vosges) ou eneore par apport de chaux, de fumier.
La manière de déverser les eaux sur le sol à irriguer varie avec la configuration de ce dernier; il en résulte différents systèmes d'irrigation :
1" Irrigation par submersion. — Employées sur terrains plats. On couvre le sol d'une couche d'eau qui s'écoule ensuite par rigoles de colature. La prairie est divisée en planches de 50 à 60 mètres de côté possédant pente de 1 millimètre par mètre.
2« Irrigation par rigoles de niveau. — Conviennent terrains de montagnes. On établit des rigoles étagées qui. en contournant le terrain, conservent sur tout leur parcours un niveau h peu près constant. L*eau de la première, venant d'un réservoir, se déverse uniformément sur le sol et imbibe ce dernier ; l'excédent arrive à la rigole inférieure qui se remplit et fonctionne comme la première. Jusqu'au bas de la pente, tontes les rigoles se comportent de la même façon. On assèche par collecteurs diriges dans le sens des plus grandes pentes. Si le terrain est très accidenté, on facilite la répartition des eaux par des rigoles secondaires prenant naissance aux rigoles de niveau. Ce système se prêtant à toutes les pentes demande un bon nivellement et beaucoup de soins dans le tracé des rigoles.
3" Irrigation par razes. — Pour les terrains ondulés, les rigoles de distribution suivent la plus grande pente; la vitesse de l'eau est ralentie, si besoin est, par de petites cascades. Sur elles prennent naissance les rigoles secondaires ou razes de O^OOl à O^OS et allant répartir Teau sur les flancs du vallon. De petites vannes placées sur la rigole principale favorisent l'accès de l'eau dans les razes. L'assèchement se fait facilement à cause de la pente lorsque l'arrivée de l'eau est interrompue. Les deux méthodes précédentes, combinées, constituent le système d'irrigation du Limousin et des Vosges.
4» Irrigation par planches en ados. — Le sol est disposé en ados dont les dimensions varient avec la nature du terrain : ordinairement longs de 40 à 50 mètres avec une largeur de 10 à 20 mètres. La pente est de '^ 05 à » 10 par mètre. Les rigoles de déversement arrivant sur le sommet des ados ont » 25 de largeur sur 0" 04 à " 10 de grofondeur ; les rigoles d'égouttement, 0"25 de larg. sur ■ 50 de profond, et « 25 lorsqu'elles arrivent au fossé d'assèchement.
5» Irrigation par infiltration. — Employé aeulemeni
par les jardiniers et dans les vignobles du Midi. L'eau arrivant du canal de distribution est conduite par de petites rigoles parallèles sur toute la surface du terrain à irriguer. Le débit est réglé de façon à ce que Tinflltration suffise à remploi de Teau et qu'il n*y ait pas submersion.
Considérations pratiques. — Selon le climat, la saison, le terrain, la culture, le système j)ratiqué, la quantité d'eau eniployée pour les arrosages varie dans des proportions considérables.
Quel que soit le système employé, commencer les irrigations de printemps en mars par des arrosages modérés, éviter de laisser le sol découvert si la température descend au-dessous de zéro. Augmenter le nombre des arrosages et la (|uantiié d'eau employée à mesure que la température s'élève. Laisser un intervalle de quelques jours entre chaque arrosage et cesser complètement lorsque l'herbe est déjà élevée. On reprend après la fenaison. Les regains récoltés, donner à nouveau 1 eau aux prés ; sous i^on influence, l'herbe continue à croître et se tasse, aussi résistera- t-elle mieux il Thiver; pendant cette dernière saison, suspendre les arrosages si on ne peut couvrir totalement le sol d'eau.