REVUE DE FIN D'ANNEE
Influence des engrais sur la richesse du blé en gluten. ~ L*au$(mentation du grain en gluten croît très lentement pour des augmentations notables d engrais azotés, et il ne parait pas qu'au point de vue de la pratique agricole, il y ait lieu d'accroître les pngrais azotés au delà d'une certaine limite assez rapidement atteinte.
En faisant croître la quantité d'acide phosphorique, toutes les autres conditions restant égales, on constate une diminution progressive dans la teneur du grain en azote et, par suite, en gluten.
Telles sont, sur ce sujet, les conclusions de MM L. Yignon et P. Couturier, de la Station agronomique de Lyon.
Destruction de la Pyrale de la vigne par les pièges lumineux. — L*ebouillantage des souches en niver, constitue un excellent remède contre la Pyrale, mais, pour que s^on efficacité soit complète, il demande à être fait avec soin e.t par un temps favorable.
MM. Gastine et Vermorel ont essayé de complèler l'action de l'eau bouillante par l'emploi de pièges lumineux destinés à capturer des papillons. Ils se sont servis, dans ce but, d'une lampe à acétylène qui, sous un faible volume, est douée d'un grand pouvoir éclairant.
Cette lampe porre, au dessous de son foyer, un large bassin circulaire contenant un peu d'eau recouverte d'une légère couche de pétrole. Les papillons, attirés par la flamme brillante de l'acétylène, viennent voltiger autour, et finalement se laissent choir dans le bassin où ils sont étouffés par le pétrole.
Le nombre des captures est prodigieux. Dans une note présentée, sur ce sujet, à l'Académie des sciences, MM. Gastine et Vermorel signalent, certaines nuits, une moyenne de prise de 3 à 4.000 papillons par lampe. La défense d'un hectare nécessite l'emploi de 4 lampes pendant 15 à 20 nuits. La dé-
gense. par lampe et par nuit, s'élève à fr. 08 et atteint fr. 40 pour les 20 soirées d'allumage.
Destruction par l'air chaud saturé. — Depuis, dans une nouvelle note, les mêmes auteurs indiquent leà movens de détruire par l'air chaud, les larves des pyrales, cochylis et eudemis, sur la vigne en repos ou végétation.
Dépérissement des vignes causé par un acarien. — MM. Mangin et Viala ont reconnu que le dépérissement des vignes plantées en terrain bas, tourbeux ou argileux était dû à un petit acarien, le Cepophagus echihopus. — Les ceps attaqués présent ent une grande irrégularité dans rallongement des rameaux ; certains exagèrent leur longueur normale, d'autres restent courts, amincie au sommet ; tous sont peu ramifiés, contrairement à ce que l'on observe dans les taches phylloxériques. La première année, les fruits mûrissent mal et, un ou deux ans avant la mort du cep, la fructification disparait.
Le cepophagus creuse ses galeries sur les racines; d'abord superficielles et peu profondes, elles s'étendent peu à peu jusqu'au bois et occasionnent la décomposition des tissus. L'insecte n'attaque pas les vignes saines et bien portantes ; mais il intervient chaque fois que, par suite du milieu, la végétation est languissante. Le sulfure de carbone, appliqué à la dose de 400 k. à l'hectare, en deux traitements, a 200 k, chacun, arrête complètement l'extension du parasite.
Cépages très sensibles; Terres- Ôourret, Petit- Bouschet, Aramon, Alicante-Bouschet, Grand noir de la Calmette. Caunoise. Peu sensibles : Garignan, Espar, Panse. Résistants : Vignes américaines et hybrides americo-amerie^ins.
Influence de la proportion d'eau sur l'aoûtement et par suite sur le rendement en fruits des arbres. — M. Kovessi a observé que : 1* La forme d'un arbre ainsi que l'emplacement de ses branches florifères sont, en majeure partie, déterminés par des conditions relatives à l'aoûtement ; 2** le degré d'aoûtement des branches et par suite le nombre des fleurs et des fruits de l'année suivante sont plus grands quand la quantité d'eau que reçoit la plante est moins considérable.
Ces faits nous donnent des renseignements précieux sur la taille rationnefie des arbres et de la vigne; ce qu'il importe de régler, c'est la quantité d'eau que recevra la plante. 11 faut connaître la quantité et la disposition des racines dans les diverses couches du sol où elles exercent leurs fonctions, et les propriétés de ces couches au point de vue de leur contenu en eau. Dans certains cas, la taille des racines elle-même est possible, et l'on devra la pratiquer de façon à atteindre le but que l'on se propose.