‹ Agglutination du Proteus dans le Typhus Exanthématique du CobayeChapitre 45 sur 55 · TO · texte numérisé non relu

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5. —— Le blocage du système réticulo-endothélial ne favorise pas l'apparition de la réaction de Weil et Felix chez le cobaye typhique

Quoique l'expérience paraisse paradoxale, nous avons cherché à savoir quelle serait la réponse de l'animal à l'infection typhique en paralysant les organes de défense.

1 c.c. d'encre de Chine pour bactériologie est dilué dans 20 fois son volume d’eau physiologique. Cette solution est stérilisée à l'auloclave pendant 20 minutes à 120°.

Le cobaye C 40 reçoit 1/5° de cerveau du cobaye Toulon C 20 et, en même temps, 1 c.c. de la solution d'encre de Chine dans le veñntricule gauche; 3 jours plus lard, on lui injecte dans le cœur 1 c.c. de la même solution, puis Ü c.c. » tous les 3 jours.

L'animal après une incubation de 9 jours, fait une fièvre de 4 jours; il est très affaibli; très amaigri; ponclionné le premier jour d’apyrexie, on recueille 5 c.c. de sang qui, après coagulation, laissent 4 c.c. 5 de sérum. Ce dernier, mis en contact avec une suspension de proteus X 19, est dépourvu de tout pouvoir agglutinant.

Le cobaye C #1, suivant le même protocole d'expérience, reçoit le 1/5° de cerveau du cobaye Toulon C 20 et plusieurs injections intracardiaques d'encre de Chine à 1/20.

Incubation 9 jours; fièvre 3 jours; à la défervescence, il est ponctionné : anémie, perte considérable de globules rouges, le sérum représente les 9/10e du sang total. La réaction de Weil et Felix est négative.

6. —— Effets de l’inoculation au cobaye typhique de divers tissus animaux

(Rapports entre la séro-réaction de Weil et Félix el l'antigène de Forssman)

Forssman [18], en lui inoculant des organes de cobaye sain (foie, poumon et surtout rein), constate que le lapin produit des hémolysines pour les globules rouges de mouton; ces anticorps, on les nomme anticorps hétérophiles ou anticorps de Forssman. Plus lard, on à vu que le cobaye n'était pas le seul à posséder cel antigène dans ses

issus: les tissus d'autres animaux tels que le cheval, chien, chat, tortue, etc, déterminent des hémolysines anti-mouton chez le lapin; par contre, les émulsions d'organes de lapin, de rat, de bœuf ou de pigeon ne contiennent pas l’antigène de Forssman; aussi a-t-on créé deux groupes : le groupe du cobaye qui comprend les animaux dont les organes contiennent l’antigène de Forssman, et le groupe lapin, qui englobe les animaux dont l'injection des organes ne produit pas d'anticorps hétérophiles.

Il est curieux de constater que lantigène de Forssman se trouve différemment distribué; on le rencontre chez la poule pas chez le pigeon; les souris l'ont, il manque chez le rat, etc... Les hommes sont égaiement partagés en deux groupes : le groupe cobaye qui comprend les hommes du groupe sanguin Il et IV, et le groupe lapin auquel appartiennent les hommes du groupe Let II.

Mais les hommes et les animaux ne sont pas seuls à posséder l’anligène de Forssman; les bactéries le possèdent également et il s'y trouve distribué aussi curieusement que chez le monde animal : ainsi, quelques bacilles typhiques contiennent l'antigène de Forssman, d'autres pas; le bacille de Gœrtner, quelques para B font partie du groupe cobaye, d’autres para B appartiennent au groupe lapin. On rencontre l’antigène de Forssman dans le bacille de Shiga [42}, la bactéridie charbonneuse {7}; il est inexistant dans le bacille du colon, le vibrion cholérique.

La connaissance de l’antigène de Forssman présente une imporlance, tant au point de vue pralique qu'au point de vue théorique.

Friedberger et Hartoch avaient montré que le cobaye était très sensible à l'injection du sérum de lapin anti-mouton, Ce pouvoir toxique peut être expliqué par la découverte de l'antigène de Forssman et l’on peut dire que les Sérums à anticorps hétérophiles sont toxiques pour les animaux qui contiennent dans leurs tissus l'antigène de Forssman.

En hygiène, même, on trouve une application pratique de la découverte de Forssman; lorsqu'on veut s'assurer que des conserves alimentaires ne contiennent pas de viande de cheval, de chien, etc..…., une réaction de fixation du complément suffit pour mettre en évidence la présence d'antigènes de Forssman qui sont résistants à la cuisson.

Il est curieux de constater, en ce qui concerne la distribution de

l’'antigène de Forssman chez les espèces animales, qu'on retrouve à peu près la même division pour ce qui concerne la réaction de Weil etFelix.

D'après Schmidt [56| appartiennent au groupe du cobaye les espèces animales suivantes :

Cobaye, mouton, chèvre, poule, cheval, chameau, chien, chat, faisan, autruche, dinde, baleine, tortue, carpe, brochet, anguille, tanche, crapaud, souris.

Et à celui du lapin :

Lapin, bœuf, chevreuil, cerf, singe, pore, oie, pigeon, rat, coucou, hibou, faucon, hareng, morue, blatte. ;

Il est important de noter que, d’une part, les espèces animales qui ne possèdent pas l'antigène de Forssman répondent à l'inoculation du virus typhique par la formation d'agglutinines anti-proteus, à savoir, le lapin, le singe, le rat et que, d'autre part, le cobaye et la souris, possédant l’antigène hétérogénétique, ne produisent pas’ d’agglutiüines anti-proteus lorsqu'ils sont inoculés de typhus.

Une exception, cependant, en ce qui concerne le chien: cet animal, quoique possédant l'antigène de Forssman, agglutine le X 19 lors de l'infection typhique.

Des auteurs, avant nous, avaient pensé à une relation étroite entre le manque d’agglutinines chez le cobaye typhique et la présence de l’antigène hétérogénétique; Hishikawa [20} étudie comparativement l'infection typhique du cobaye et celle du lapin; « la différence présentée par les deux espèces, dit-il, n’est qu'apparente; le cobaye produit, lui aussi, des agglutinines pour le proteus X 19 au cours de l'infection typhique, mais elles sont absorbées par les protides du cobaye: il y a communauté de propriétés antigéniques entre celles-ci et le virus typhique, ainsi que le proteus X 19. On réussit, en effet, d’une part à produire des agglutinines pour le proteus X 19 en fraitant le lapin par de l'émulsion de cervelle de cobaye el d'autre part à absober partiellement avec une telle émulsion les agglutinines pour le proteus X 19, présentes dans le sérum de lapin infecté de typhus.

Amzelowna [1] reprend ces travaux, qui tendent à prouver que le

proteus X 19 renferme un antigène hétérologue commun avec l'antigène de Forssman; à la suite d'expériences précises, il conclut que :

1° L'inoculation des organes de cobaye au lapin ne détermine pas d’agglutinines anti-proteus X 19.

2° Aucune trace d'hémolysine n'apparaît à la suite de l'injection de X 119:

3° Aucune absorption des agglutinines anti-proteus n'a lieu en présence des organes de cobaye.

4° Les sérums humains avec réaction de Weil et Felix positive ne se rencontrent jamais plus hémolytiques que les sérums normaux.

Les rapports entre la négativité de la réaction de Weil et Felix chez le cobaye typhique et la présence de l’antigène de Forssman dans les tissus de cet animal ont été étudiés par nous dans les expériences suivantes :

Un cobaye sain est saigné à blanc par ponction cardiaque. On prélève aseptiquement les ? reins, les capsules surrénales, la rate et la moitié du foie; tous ces organes sont finement broyés dans un mortier stérile et passés à travers une toile métallique; on entraine la pulpe au moyen d'eau physiologique stérile : on centrifuge l’émulsion ainsi obtenue. On lave le résidu plusieurs fois au moyen d'eau salée, jusqu'à ce que toute trace de trouble disparaisse. Puis la fine suspension est injectée à raison de 0 c.c. 50 dans la cavité péritonéale du lapin C 287; on répète l'injection 4 fois en 20 jours en augmentant, chaque fois, la dose initiale de 0 c.c. 50. Saigné par ponction cardiaque, le sérum est dépourvu de tout pouvoir agglutinant visà-vis du proteus X 19.

Le lapin 383 reçoit, dans le péritoine, le 1/10 d’une culture de X 19 âgée de 24 heures, chauffée 1 heure à 65°; puis, tous les 3 jours, 1 c.c. de la même émulsion microbienne dans la veine marginale de l'oreille. Dix jours après la 5° injection, on le saigne; son sérum agglutine le X 19 à 1/1.000€ mais il est totalement dépourvu de propriétés hémolytiques vis-à-vis des globules rouges de mouton.

En ce qui concerne ces 2 expériences, nous sommes pleinement en accord avec Amzelowna, à savoir, d'une part, que l’inoculation d’or-

ne

ganes de cobaye au lapin ne détermine pas, chez ce dernier, la formation d'agglutinines anti-proteus et, d'autre part, que le sérum de lapin, préparé avec une culture de X 19, est dénué de tout pouvoir hémolytique vis-à-vis des globules rouges de mouton.

Des organes, reins, capsules surrénales, foie, rate de cobaye sain, finement broyés et passés à travers un tamis à fines mailles, sont mis en contact avec un sérum humain agglutinant le proteus X 19 à 1/6.000°

A titre de contrôle, nous mettons à macérer dans le même sérum :

a) Les organes du cobaye C 258, guéri du typhus murin de Toulon : incubation 7 jours, fièvre 10 jours; ces organes sont broyés et passés à travers les mailles d’un tamis fin.

ay

b) Les organes du cobaye C 265, inoculé de virus Toulon, incubation : 7 jours, sacrifié au 2e jour de fièvre.

c) Les organes d’un lapin sain, broyés et passés à travers un tamis.

Tous ces mélanges sont placés à la glacière; après 36 heures de contact, on centrifuge fortement; les agglutinations, effectuées avec le proteus X 19, fournissent les résultats suivants :

SE LUTMOUE Br ere danses aie Ces eee der + 6.400 SÉRUEENOTSANÉSRUTICODA CROSS PERRET EE ee + 6.400 Sérum orsSanes du cobaye Cr2065 Te ne + 6.400 SON de ESC INDNN MEET 0 Pecconcramsee + 6.400

Après un séjour de ? semaines à la glacière :

À CURNED UE ER ne At ne te cle moe ee A se Sets + 6.400 SÉDULIENOL ANS IOUICODAVELCMESS REC EES eee + 3.200 SÉTUM HN OTSANES AULCODAYE C6). 0 nee + 3.200 SÉRUE MOD T ANNÉES MADLDES AID EP Le + 3.200

Après un séjour d’un mois à la glacière :

AN ON ee nn NP ER PR OC + 6.400 SÉPUMÉ MOTLANESIAUACODAYENCN ES REP E Eee + 800 SÉTUME OLLANeS AU COPDAVELCR CEE re + 800 SÉRUN SOC ANCSITeMADINES AIN. eee + 800

Nous constatons donc qu'après un certain temps, les agglutinines anti-proteus sont partiellement absorbées par les organes de cobaye sain et de cobaye typhique: mais cette propriété n’est pas spécifique; elle est commune même aux animaux ne possédant pas l’antigène de Forssman,

Nous avons réalisé cette dernière expérience in vivo.

Deux cobayes, C 68 et C 69, reçoivent chacun dans la cavité péritonéale, 2 cc. 5 du sérum 14 (sérum de convalescent, agglutinant le X 19 à 1/10.000e.

Les témoins de cette expérience étaient constitués par 2 rats, rat R et rat B, et par les lapins C 70 et C 71. GA

Les ? rats reçoivent dans le péritoine, 1 c.c. du sérum 14 et les lapins 8 c.c. du même sérum humain.

On saigne les animaux par ponction cardiaque, après 3 h., 8 h., 24 h,, 60 h., 100 h., 150 h., 200 h., 250 h., et 300 heures.

La dose de sérum 14 injectée a été choisie comme représentant très approximativement le 1/10 de la quantité de sang chez lés animaux; 25 c.c. chez le cobaye, 10 c.c. chez le rat, 80 c.c. chez le lapin.

RÉSULTATS

Nous constatons d’abord que la diffusion du sérum humain dans le tissu sanguin est très rapide chez le rat (agglutination à + 500 après 3 heures), plus lente chez le cobaye et le lapin (+ 50 après 3 heures); chez le rat, le taux d’agglutination reste le même pendant 24 heures puis tombe très rapidement après 60 heures (+ 50), pour devenir nul 150 heures après l’inoculation (cf. schéma).

La différence entre ces 2 animaux et le cobaye réside dans le fait que ce dernier conserve plus longtemps dans son sang des agglutinines anti-proteus X 19, Cette présence peut s'expliquer par le fait que le cobaye produit lentement les anticorps et que la formation d'anti-agglutinines est moins rapide que chez le lapin ou le rat.

In vivo, nous ne constatons done pas d'absorption d'agglutinines anti-proteus par les tissus du cobaye,

Nous mélangons à parties égales le sérum du lapin C 256, inoculé du virus historique et agglutinant le proteus X 19 à + 100, avec le sérum du lapin C 287, possédant des anticorps hétérophiles de Forssman et dont le le pouvoir hémolysant pour lesglobules de mouton se manifeste à la dilution du 1/300°.

Le témoin est constitué par le sérum du lapin C 956 dilué au 1/2 avec de l'eau physiologique, |

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