Agnès, ou, La petite joueuse de luth [microforme]
Les images suivantes ont été reproduites avec le plus grand soin, compte tenu de la condition et de la netteté de l'exempiaire filmé, et en conformité avec les conditions du contrat de filmage.
Les exemplaires originaux dont la couverture en papier est imprimée sont filmés en commençant par le premier plat et en terminant soit par la dernière page qui comporte une empreinte d'impression ou d'illustration, soit par le second plat. selon le cas. Tous les autres exemplaires originaux sont fiimés en commençant par le première page qui comporte une empreinte d'impression ou d'illustration et en terminant par la dernière page qui comporte une teile empreinte.
Un des symboles suivants apparaitra sur la dernière image de chaque microfiche. selon le cas: le symbole == signifie "A SUIVRE", le symbole Ÿ signitie “FIN.
Les cartes. planches, tableaux, etc.. peuvent être filmés à des taux de réduction différents.
Lorsque le document est trop grand pour être reproduit en un seul cliché. il est filmé à partir de l'angle supérieur gauche, de gauche à droite, et de haut en bas. en prenant le nombre d'images nécessaire. Les dis grammes suivants illustrent la méthode.
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TAADUIT DE L'ALLEMAND
DE OHRISTOPHE SCOHMID
PAR LOUIS FRIEDFL
MONTRÉAL, LIBRAIRIE BEAUCHEMIN Limitée … 79, rue Saint-Jacques, 79 a = Rd | ; 7 é
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Droits réseryés, Canada, 1917,
par la LiBrArmIé BEAUCHEMIN Limitée.
AGNÈS
| Le château pris d'assaut,
Par une de ces sombres soirées d'automne où les feuilles, jaunies déjà sur les arbres, commencent à être agitées par un vent plus âpre, la noble Théo- : linde, tenant sur ses genoux sa fille unique, Adeline, était assise dans les appartements de son château isolé et presque désert de Haute-Roche. Adelina était à celte époque une enfant d'environ cinq ans, et son père, le « *valier A’:'bcrt, se trouvai! alors dans une contrée fort éloi- £e. Parti pour la guerre, il avait emmené avec lui tous ses écuyers et la majeure partie de ses bmmes d'armes, Un de ses fidèles servite: «, nommé Jacques, et quelques valets, étaient les seuls défenseurs restés en ce moment au fort de Haute-Roche, bâti sur un énorme bloc de granit qui couronnait une très haute montagne, et d'où ce château avait tiré son nom. Jacques était d’abord parti avec le chevalier Adelbert ; mais, comine la position des deux armées avait longtemps empêché le chevalier de recevoir aucune nouvelle de sa femme
et de son enfan',, et qu'il ne pouvait quitter soû poste,
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il avait pris le parti d'envoyer à Haute-Roche le fidèle Jacques, déguisé en pèlerin, pour savoir ce
. qui,s’y passait,
Cependant la guerre tourna de mal.en pis; les ennemis envahirent le sol de la patrie, pillant, incendiant, saccageant les villes et les campagnes, et une colonne de ces barbares s’approchà même du château de Haute-Roche. Dans ces circonstances, Théolinde, craignant une attaque, crut devoir retenir Jacques auprès d'elle, afin d'augmenter le nombre de ses défenseurs. Cependant les fortifications, délabrées, pré: senfaient peu de sécurité, et dans ce moment Haute. Roche ressemblait plutôt à une maison de campagne qu'à une forteresse destinée à imposer à l'ennemi, et capable de soutenir un siège. Son architecture et
surtout la masse de ses vieilles tours crénelées rappellaient seules encore la haute importance de cet an-
. tique château, dont le pourtour et la cour immense
étaient plantés de chênes séculaires et de gigantesques tilleuls, =
Ce soir done, le vent glacé du nord secouait en silant la cime des chênes et des tilleuls, et les feuilles arrachées des branches couyraient le pavé de la vaste cour. Déjà le soleil avait disparu, le crépuscule était passé, et la nuit commençait à noircir les murs extérieurs de cet antique château, lorsque soudain on crut entendre dans le vallon des cris sourds et tumultueux, = s |
* Que signifie cela ? demanda Théolinde, effrayée, à un domestique qui apportait des bougies; seraient. ce les ennemis ?” Cependant le tumulte et les Clairons allaient en augmentani, et paraissaient se rapprocher. - Un instant après, le gardien de la tour sonna de la
trompette, et le vieut Jacques, pâle comme la mort, entra précipitamment dans la chambre. ‘ Noble dame, dit-il, ne vous effrayez pas de la triste nou- ‘velle que je vous apporte, et dans ce moment critique mettons notre espoir en Dieu, qui peut tout, et en sa divine assistance. Il paraît qu’une ‘troupe de gens armés s'approche de notre château. On ne saurait encore distinguer si ce sont des amis ou des ennemis. Mais; à dire vrai, je crois plutôt que ce sont des ennemis ; car hier j’ai reçu la nouvelle affligeante, et j'ai cru devoir vous la cacher, que les nôtres ont été battus et dispersés,
— Juste Ciel ! s’écria Théolinde, s’il en est ainsi, que deviendrons-nous, ma pauvre enfant et moi ?
— Rassurez-vous, noble dame, dit Jacques; de tout temps vous vous êtes montrée bonne chré-.
lienne, ainsi vous n'avez pas oublié cet ancien et bel adage:! ;
Celui qui se repose en la Divinité Entrevoit l'avenir avec sécarité.
— Vous avez raison, mon brave Jacques, répliqua Théolinde ; faites hausser le pont-levis. Je ne le sais que trop, notre châleau n’est pas en état d'opposer une longue résistance. Mais tâchons de gagner au moins le temps nécessaire pour mettre en sûreté mes bijoux et mes effets les plus précieux.
— Vos ordres seront exécutés, noble dame,” répoudit Jacques ; et il s’éloigna.
Le bruit de la marche des soldats, devenu tout à fait distinct, annonçait que déjà ils devaient être:
- arrivés au pied des murs. Théolinde, tremblante, __s'approcha du balcon de sa fenêtre, et pâlit de terreur
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