E. DE R
Paris, janvier 4892.
« J'accepte les graves leçons qui émanent de rincognoscible. La raison a la prétention de tout rationaliser, soit dit sans pléonasme. L'Incognoscible s'oppose directement à cette tendance téméraire, et il s'y oppose sans plus ample informé, sans discussion et par sa seule présence.
Il me sufBt de le contempler sur le trône
de sa sombre grandeur pour me dégager
de tous les dogmatismes, spiritualistes ou matérialistes *. »
Ainsi parle Littré, le disciple le plus autorisé d'Auguste Comte. Mais la contemplation de rincognoscible occupa constamment le métaphysicien et, tout d'abord, le théologien. Les dogmatismes religieux et philosophique n'eurent jamais d'allié plus ferme que cette doctrine. Et cela semble vrai aujourd'hui encore.
On en peut juger par la situation actuelle du problème de la connaissance.
Quel profit la philosophie contemporaine tira-t-elle de l'accroissement de matériaux et de moyens d'enquête dus aux récents progrès en biologie et en psychologie? Poser cette question suffit pour montrer combien de tels avantages paraissent douteux.