EXÉCUTION DU SEMIS
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qui reçoivent successivement trois tiers de poignée.
Peu à peu le champ se couvre ainsi de semences croisées par trois jets et, par suite, réparties uniformément ; il n'y a plus qu'à terminer le semis à l'autre extrémité de la parcelle, soit en diminuant, suivant les trois derniers rayages, d'un tiers de poignée chaque fois la quantité de semences épandue, soit en passant l'avantdernier rayage et en semant suivant la lisière du champ et, par exception, contre le vent, en coulant la semence d'abord deux tiers de poignée [suivant CD, puis un tiers suivant DC; on évite' ainsi d'épandre la semence sur la parcelle contiguë.
Les lisières latérales ^'^8- *3.
du champ, BC, AC,
dénommées les fourrières, sont mal ensemencés, le début de la marche de l'ouvrier suivant ces rayages entraînant une certaine confusion ; on engraine spécialement ces portions avant chaque départ sur les rayages.
L'ouvrier guide sa marche rectiligne à l'aide de trois jalons et effectue ainsi un semis régulier et uniformément épandu.
La répartition exacte d'un poids donné de graines par hectare s'assure en établissant une relation entre la largeur du terrain, la valeur de la poignée, la longueur du pas; cette dernière longueur ne saurait être modifiée sans inconvénient; c'est donc entre les deux autres facteurs que se règle ce problème.
Pour les céréales semées en proportion élevée et à poignée entière, la poignée est une constante, c'est donc la longueur du jet que l'on réglera judicieusement.
Un calcul très simple perniettrd de déterminer la largeur du train correspondant par exemple à un semis de 300 litres à Thectare. Le volume de la poignée de graine est d'environ 0"',1 (Garcia) et s'étendra sur une longueur égale à deux pas, — l'ouvrier jetant une poignée tous les deux pas — soit 0",75 X 2 ; la largeur du train sera donc déterminée par l'équation :
Quantité de semence à l'hectare = ^ -^ ' X 10 000 = 300 lit.>
d'où :
ou, sous une forme générale :
10 000 X m ^~~ px2xS '
m représentant la poignée, p la longueur du pas, S la quantité de semence à l'hectare.
Le jet, dans le cas des semis à trois jets croisés, ayant l'amplitude de 3 trains aura donc une longueur de (2™,22 X 3) ô'^jôô ; un ouvrier d'une force normale pourrait d'ailleurs projeter à 8 ou 9 mètres une poignée de grains de blé.
Lorsqu'il s'agit de semences fines, comme celles des graminées et des légumineuses des prairies, leur légèreté et leur petitesse sont des obstacles à l'amplitude du jet, qui, dans le cas de la luzerne et du trèfle, par exemple, ne dépasse guère 4 mètres. Ici, c'est la longueur du train que nous considérerons comme constante ; la valeur de la pincée seule variera et se déterminera à l'aide de l'équation suivante :
d'où
Quantité de semence à l'hectare = ^ : x 10000 = S,
2jo X /
2xpx^xS 10000
EXÉCUTION DU SEMIS. Ii5
Pour semer 30 kilogrammes de trèfle à l'hectare à triple croisement avec un jet de 4 mètres, c'est-à-dire un train de (4 : 3) 1"»,33, on devrait projeter tous les deux pas une poignée de semence d'une valeur de : 2x0n>,75xln»,33x30k8r ^ ^^
^ = wm^ = ^'''^^•
Ces simples calculs montrent la possibilité de déterminer les éléments du problème dans tous les cas avec la plus grande facilité.
En général, un bon semeur ensemence :
2 hectares si le train a 1 mètre environ. 4 — 2 —
Les semailles à la main, à la volée, sont d'un usage immémorial et courant; on peut leur reprocher divers inconvénients.
11 est parfois difficile de trouver un semeur habile et consciencieux ; de plus, la proportion de graines placées dans des conditions défavorables à la germination étant élevée, on emploie un poids de semence beaucoup plus considérable que la quantité théoriquement nécessaire. Alors que le peuplement normal de 1 hectare de blé n'exigerait que ôS à 70 kilogrammes de graines germant, soit 1 heclitre environ, on a coutume de semer de 250 à 300 litres.
Pour parer à ces difficultés, on a été amené à créer, comme nous allons le voir, des semoirs mécaniques opérant l'ensemencement dans des conditions plus favorables.
Enfouissement de la semence. — Suivant la profondeur à laquelle la graine doit être placée, on recouvrira la semence épandue à la main à l'aide du rouleau, de la herse, du scarificateur ou de la charrue.
Pour les graines fines, il est simplement nécessaire de les rouler légèrement, à moins qu'on ne fasse usage d une herse d'épines, de branchages ou de la herse-couleuvre (1).
(1) Lorsque le sol est sablonneux, on peut avoir recours au piétinen ent des moutons, qui enfouiser.t la semence et p!omI>enl !e sol.
Le sol peut être d'une comjpacité telle que le moindre tassement de ces graines fines serait préjudiciable : le? herses légères travaillant « en décrochant » suffiront à ce travail.
Les céréales sont ordinairement recouvertes par deux dents de herse ou par un scarifiage ; sur les sols légers et secs, on a recours à la charrue. La profondeur du labour de semailles ne doit pas dépasser 8 centimètres; on l'exécute de préférence avec les polysocs.
L'enfouissement achevé, il est souvent avantageux de rouler le terrain pour déterminer l'ascension de l'eau dans les couches superficielles du sol et mettre la graine en contact avec la terre. Cette opération est surtout recommandable pour les semailles de printemps et pour les semis de blé, cette céréale redoutant les sols creux et peu consistants. On utilisera avantageusement pour ces plombages le rouleau Crosskill dans les terres moyennes ou légères; il est indispensable de crosskiller à l'automne les blés faits sur racines arrachées tardivement ou semés sur un défrichement de prairies artificielles.
Les petites graines, pour lesquelles la dessiccation est à craindre, exigent un roulage après leurs semailles, soit au rouleau de bois, soit au Crosskill.
Les défrichements de prairies artificielles, la récolte des racines laissent toujours un sol soulevé qu'il importe de crosskiller avant les semailles.
Semailles mécaniques, — Semoirs à la volée. — On peut faire usage, pour distribuer la semence sur le sol, d'instruments mis en mouvement par des animaux, et deux groupements d'appareils peuvent être distingués suivant la nature du travail accompli. Les semoirs à la volée permettent de répandre la graine avec régularité et rapidité. En principe, cet instrument se compose d'un coffre monté sur deux roues porteuses, qui reçoit 70 litres à 1 hectolitre de graines; certains dispositifs particuliers facilitent l'écoulement de cette semence le long d'un panneau ver-
SEMAILLES MÉGANIQUES.
tical, où les graines se dispersent avant d'arriver au sol. Attelés d'un cheval et conduit par un seul homme, -ces semoirs couvrent une largeur de 3",60 environ et permettent d'ensemencer 8 à iO hectares par jour. Le travail s'eflfectue même pendant les grands vents sans difficulté, et on ne répand ainsi que la quantité de graines nécessaire ; ces procédés économisent environ un quart de la semence. Les graines sont recouvertes comme
Fig. 44. — Semoir à la volée (Smylh et fils).
dans le cas des semis à la main à la volée (fig. 44). Les semoirs mécaniques à la volée sont enjployés parfois à certaines époques, où l'humidité et la nature collante des terres s'opposent à l'emploi des semoirs en ligne, que nous allons maintenant examiner.
Semoirs en Hgnes, — La seconde catégorie d'instruments mécaniques de semaille est constituée par les semoirs en lignes. Ces appareils permettent de disperser la graine suivant des lignes t^quidistantes et de l'enfouir à une profondeur uniforme. L'avantage considérable de ces procédés se manifeste clairement. Cette répartition de la semence en lignes économise une proportion de graines voisine d'un tiers ou de la moitié de la totalité; grâce à l'enfouissement uniforme, la germination s'effectue régulièrement, et la levée est partout uniforme. Les plantes
mieux éclairées, mieux aérées, résistent aux attaques des maladies cryptogamiques, à la verse, à Féchaudage et à la rouille. Cette disposition particulière permet le nettoiement du sol et la destruction des mauvaises herbes. Grâce à ces méthodes perfectionnées, les semailles peuvent s'effectuer même parmi les vents les plus violents; on économise de plus le travail particulier de l'enfouissement, les semoirs en lignes répartissant la semence et déterminant son recouvrement (fig. 45).
Les jeunes plantes, moins serrées, poussent plus rapidement, et, dès les premières phases de leur développement, les végétaux semés en lignes apparaissent plus vigoureux ; le tallage des céréales est plus fort et plus régulier,
La verse des céréales provient surtout de l'étiolement de la partie inférieure des tiges par suite d'un mauvais éclairement; la distribution des plantes en lignes successivement éclairées et parfaitement aérées évitera ces accidents. Les contres des rayonne urs forment sur le sol de petits bourrelets de terre qui peuvent, dans une certaine mesure, protéger le jeune végétal du froid (Hervé- Mangon) ; enfin l'excédent des produits en quantité peut aller jusqu'à 9 ou 10 p. 100.
Un des plus grands avantages des semis en lignes consiste dans l'exécution facile des binages. Les sarclages à la main dans les récoltes semées à la volée sont difûciles et coûteux; au contraire, dans le cas de semailles en lignes, ce nettoiement du sol peut s'effectuer à l'aide d'instruments attelés, d'une manière rapide et économique.
11 est d'ailleurs intéressant de noter que l'établissement des semis en lignes permet aux plantes adventices de se développer plus librement et nécessite d'une manière plus absolue les binages et sarclages.
L'économie réelle de semence réalisée avec ces instruments n'implique pas l'obligation de réduire d'une façon sensible la quantité de graines employée; il faut se défier des accidents divers pouvant survenir pendant
SEMAILLES MÉCAiNIQUES. it9
le cours de la levée : germination défectueuse, attaque des insectes, gelée; le tallement peut déplus être contrarié par diverses circonstances ; il conviendra donc de ne pas semer trop clair sur les lignes (fîg. 46).
On pourra déplus, avec cette disposition, déposer dans le voisinage des plantes les engrais assimilables au lieu
Fig. 45. — Semoir en lignes.
de les répandre à la volée (1) ; enfin, par la nécessité de préparer parfaitement le sol, de l'ameublir, de le niveler, les semoirs en lignes apparaissent comme des instruments de progrès agricole. Il est nécessaire de donner, après le dernier labour, « deux dents » de herse pour régulariser la surface du sol, et le fumier, pour ne pas gêner la marche de l'instrument, ne devra pas être enfoui tardivement, ni superficiellement. On ensemence environ 4 hectares par jour avec un semoir à dix rangs. Afin d'assurer la réussite des semis en ligne, il importe d'observer, par un essai à blanc, sur une route, si le
(1) 11 existe des distributeurs d'engrais l»asés sur ce principe.
semoir épand la semence avec régularité. Lorsque la distribution des grains est défectueuse, les plantes trop serrées se nuisent, s'enchevêtrent, s'étiolent ; à Fépîage, les tiges trop faibles se couchent sous les moindres orages. La distribution régulière des semences assure, au Contraire, la levée de plantes vigoureuses et saines.
Écartement des lignes. — La nature du végétal cultivé, les conditions de son développement règlent l'écartement qu'on doit fixer aux semis en lignes; l'état du sol, sa fertilité, l'époque des semailles, les conditions climatologiques exercent également une influence considérable sur ces déterminations.
Certains végétaux possèdent la propriété de taller, c'est-à-dire d'émettre des jeunes tiges partant du collet de la tige primitive et émettant des racines adventices.
Le tallage se m an if estera avec d'au tan t plu s de nette té que le terrain est riche, bien ameubli, la saison humide, la température chaude etlesplants espacés;les céréales d'automne en particulier tallent plus que les céréales de printemps
Les chiffres suivants donnent, pour les principales plantes de grande culture, quelques données i*elatives aux espaces occupés :
Surface Nombre
nécessaire de plantes
Plante. au complet nécessaires
développement Ihéoriquement
(centim. carrés). par hectare.
Blé 68 1 470 533
Seigle 55 1 818 181
Orge 48 2 083 333
Avoine 60 1 666 660
Millet 68 1 470 588
Maïs (en lignes) .... 2.000 50 000
Sarrasin 68 1 470 188
Trène 27 3 703 703
Luzerne 48 2 083 333
Sainfoin 27 3 703 723
Choux 2.000 50 000
Lin 6 16 666 666
Chanvre 82 1 219 512
Colza 110 909 909
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