SEMAILLES DES PRAIRIES ARTIFICIELLES
enterre le sainfoin par un hersage qui assure un enfouissement modéré, parfois difiicile à réaliser, étant donnée la légèrelé de cette graine; les herses articulées et le rouleau Crosskill permettent de réahser ces conditions.
La qualité du fourrage, l'abondance des récoltes sont assurées par un semis très dru, qui empêche l'envahissement des mauvaises herbes ; il faudra épandre de 5 à 6 hectolitres à l'hectare, soit ICO à 190 kilogrammes de grains, selon la pureté de ces semences.
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Ecoulement des eaux, — Certaines cultures craignent l'humidité excessive. Durant la saison hivernale, parfois dès la fin des semailles, on ouvre, àTaide du buttoir, des raies d'écoulement dirigées suivant les pentes naturelles du sol et conduisant l'eau vers une rigole d'évacuation située au fond du thalweg. On répandra uniformément, de chaque côté de ces raies, la terre soulevée par le soc, qui risquerait, sans cette précaution, d'arrêter les eaux d'orage ou la fonte des neiges.
En sol argileux, à sous-sol imperméable, on creuse des dérayures parmi les cultures de colza ; la terre, rejetée en motte au pied des plants, rechaussera les jeunes tiges à la fin de l'hiver ; dans quelques régions, on butte même parfois le colza à l'automne.
Hersage. — Lorsqu'un printemps sec succède à un hiver humide, il se forme à la surface du sol, sous l'influence du hâle, une croûte dure, sèche, imperméable, s'opposant à la pénétration dans la terre des racines qui poussent au collet des blés d'hiver. Un hersage donné au blé, dès le mois de mars, lorsque la terre est ressuyée, assure les meilleures conditions de végétation, en brisant
la couche imperméable, en rechaussant la plante et en détruisant les plantes adventices. Thaër recommandait même de donner, à cet effet, un hersage très énergique ; on hersera avantageusement les blés clairsemés, qui talleront plus abondamment (fig. 153).
Le hersage des avoines au printemps, lorsqu'elles ont la hauteur du doigt et pirésentent trois ou quatre feuilles, est une opération avantageuse. Ce travail, qu'on dénomme regratter, réveiller, rehcrser l'avoine, favorise le tallage, aère les couches superficielles du sol et contrarie le développement des plantes adventices, de la moutarde des champs et de la ravenelle notamment, causant parfois des dommages sérieux parmi ces cultures ; l'emploi des herees légères à dents courtes et larges est particulièrement recommandable dans ce but.
En général, les semoirs à betterave portent à l'arrière des tubes distributeurs de petits rouleaux qui plombent le sol au-dessus des semences. Parfois, l'agriculteur, jugeant cette action insuf^lî^ante, fait passer
après les semailles un rouleau Crosskill ou un rouleau ordinaire ; ces façons culturalcs, resserrant la terre autour de lasemence, facilitent lagermination, mais fa vorisentégalement la levée des plantes adventices ; de plus, si une pluie continue bat le sol après le roulage, il se forme bientôt une croûte dure, nuisible aux jeunes plants. 11 importe
Cliché Garola.
Fig. 53. — Avoine avec ses racines à la floraison.
donc de briser cette croûte à l'aide d une herse légère, une herse émotteuse au besoin. La succession et Timportance de ces deux façons: roulage et hersage, dépendront d'ailleurs de la nature du sol, de la température, du temps, etc.
Il est indispensable de herser les champs de pommes de terre après la plantation, avant l'apparition des mau-
Cliché r.arola.
Fig. 54. — Blé <lo mais av(H' ses racines au lallage.
vaises herbes; on répétera avec avantage ces façons aratoires, même après la sortie des jeunes pousses; dès que les lignes seront visibles, on eiïecluera des binages. [In hersage donné lorsque la navette à quatre ou cinq feuilles permet, dès l'automne (lin septembre), d'éclaicir les semis trop drus ; sauf des cas exceptionnels d'envahissement du (crrain par la moutarde, la ravenelle, on ne sarcle pas les navettes.
Lorsqu'une pluie abondante a, dès la semaille du chanvre, durci la surface, on détruit celte croûte imperméable nuisible à la levée des plantes à l'aide d'instruments aratoires passant à travers les lignes : c'est ce que les cultivateurs appellent dccitrer.
Roulage. — Lorsque les blés ont été déchaussés pour l'hiver, il convient de donner un coup de rouleau ; le Crosskill passant sur ces terrains, vers la fin de mars, rétablit le contact entre le sol et les racines, en couchant les tiges et en appliquant sur la terre les jeunes plants de blé ; il se forme à chaque nœud des rejets nouveaux qui forment un tallage abondant. C'est dans ce but que l'on roule les blés de printemps vers la fin d'avril, lorsqu'ils ont 8 à 10 centimètres de haut.
Les autres céréales bénéficient également des roulages de printemps (fig. 54-55).
Le roulage tasse la terre, égalise le sol, enfonce les pierres et permet ainsi la coupe ras terre des céréales ; le rendement en paille augmentera sensiblement.
Depuis longtemps les praticiens ont reconnu, par l'observation, l'efficacité de l'emploi du rouleau pour le tassement des sols ensemencés en blés d'hiver.
Les expériences entreprises démontrent d'une façon très nette les avantages de l'emploi du rouleau pour les ensemencements de blé d'automne ; si la terre est trop peu serrée, soit par suite d'enfouissement tardif des fumiers, ou de l'emploi de fumiers pailleux, le blé semé se trouve dans de mauvaises conditions, et
dit lié finpi
Fig. 55. — Blé d'hiver avec ses racines au tallage, avec engrais.
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il faut avoir recours au rouleau pour raffermir le sol. On a souvent remarqué que le blé situé dans les
V'ig. 56. — Herse articulée eu acier à trois flèches (J. Bariut, à Chaulnes, Somme).
lignes tracées par les roues de semoir ou le passage des voitures se comporte mieux pendant la période de végé-
Fig. 57. — Herse à ressorts h patins à dix-sept dents (Faul et fils).
tation et pendant l'hivernage que les plantes qui n'ont pas été tassées.
Cette observation a naturellement conduit à l'idée d'employer des rouleaux spéciaux pour le tassement de chaque ligne de blé. On a utilisé des rouleaux pesant environ 5 kilogrammes, pouvant être adaptés sur n'importe quel semoir à lignes et présentant un dispositif déjà rencontré dans les semoirs à betteraves. A l'aide de ces rouleaux, la terre a été tassée suivant des lignes dans lesquelles la jeune plante
Fig. 58. — CuUivateur~à dents flexibles (Osborne).
s'est naturellement trouvée à l'abri des intempéries.
Il convient évidemment d'éviter de niveler ultérieurement la terre par un hersage. La neige s'accumule et se conserve dans les raies dirigées du nord au sud ; on créait ainsi de véritables réservoirs d'humidité, et la plante était protégée.
Dans le cas de dégel suivi de temps chaud, les jeunes végétaux ont moins à redouter une évaporation plus intense et la sécheresse du sol.
Les raies peuvent être également très utileé; lorsque,
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vers la lin de Thiver, les nuils étant trt's froides, les journées sont relativement chaudes; les plantes souffrent alors sérieusement des changements brusques de tempéi'ature. Or, l'humidité étant plus abondante dans les parties tassées et l'eau étant mauvais conducteur, les transitions entre les températures du jour et de la nuit sont moins brusques. Kn dehors des avantages précédents pi'ésentés par le roulage des lignes de blé, il y en existe
Fig. o9. — Cultivateur cnnadien (Gaboriau, H. Bourguignan).
d'au très que diverses observations on t m ises en évidence en ce qui concerne leur influence sur la terre au point de vue physique. Cette action est surtout observée au printemps, au moment du départ de la végétation vigoureuse du blé.
Afin de rendre les essais plus instructifs, on a tassé une ligne sur deux à l'aide d'un rouleau spécial.
Au mois d'avril, on constatait un état de végétation ditlërente entre les lignes roulées et non roulées. Le blé paraissait avoir été semé à un très grand écartement, car
la ligne non roulée disparaissait presque complètement entre le blé des raies tassées par les rouleaux.
Pour déterminer exactement les différences observées,
Fig. 60. — Herse déchaumeiise (Amiot, h Bresles).
on procédait le 21 avril à un examen méticuleux des lignes, en procédant de la façon suivante :
Flg. 61. — Herse h chaînons (Barial, à Clmulnes, Somme).
Dans le milieu du champ d'expérience et sur une longueur de 3 mètres, on arrachait le blé et on établissait très exactement le nombre de plantes, de
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feuilles, de tiges, ainsi que le développement de ces organes. En outre, après les avoir séchées, on déterminait le poids net des racines.
Dix-sept lignes, dont neuf non roulées, étaient ainsi arrachées. Le résultat moyen obtenu pour une longueur de 1 mètre figure dans le tableau suivant :