‹ AïdaChapitre 12 sur 39 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

AMNERIS, AÏDA

Aïda paraît portant la couronne.

AMNERIS, l'observant.

A son aspect un doute affreux m'a déchirée !... Ce mystère fatal bientôt s'éclaircira.

A Aïda.

La fortune te traite en ennemie.

Pauvre Aïda ! Le poids d'un destin rigoureux Je le partage ! A toi ma seule amie, Parle sans contrainte ; — je veux Te voir heureuse !

Heureuse !... ah ! puis-je l'être

Loin du pays natal, seule et sans rien connaître

Du destin de mon père et des miens.

AMNERIS.

Je te plains Mais à tous nos chagrins Dieu laissa l'espérance.

Seul, quelque jour le temps calmera ta souffrancev Et plus encore... un dieu puissant ! l'amour!

AÏDA, à part, vivement émue.

L'amour ! l'amour ! il tue, enivre, Bonheur divin, tourment cruel, Dans ces douleurs je me sens vivre, Un seul regard m'ouvre le ciel !

AMNERIS, regardant fixement Aïda.

Quelle pâleur ! quel trouble extrême !

Et quelle fièvre dans son cœur !

Je connaîtrai celui qu'elle aime, Je saurai d'où vient sa douleur !

A Aida.

Dis-moi quelle tristesse,

Chère Aïda, t'oppresse.

Que toute crainte cesse, Ouvre ton âme à ma tendresse,

A quelqu'un des soldats

De cette lutte ardente

Ton âme impatiente, Dis-moi, ne rêvait-elie pas?

Qu'entends-je?...

AMNERIS.

A tous le sort N'a pas été contraire, Si notre chef est mort, Frappé dans cette guerre...

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