SCENE IV
RADAMES, dans la crypte; AIDA.
Il est sur les degrés de l'escalier par lequel il est descendu. Au-dessus deux prêtres scellent la pierre qui ferme l'entrée du souterrain.
RADAMÈS.
J'entends sur moi le marbre qui retombe Oui, c'est ici ma tombe.
Je ne dois plus revoir les deux, Je ne dois plus te. voir, A'ïda !... toi, si chère... Où donc es-tu ? sois donc heureuse sur la terre, Ignore au moins quel fut mon sort affreux.
Il entend un soupir et distingue une forme indécise dans l'obscurité.
Mais qu'entends-je? Est-ce un spectre, un fantôme ? je crc' Que c'est un être humain... Ciel ! Aïda !...
C'est moi...
RADAMÈS.
Dans ce sépulcre !... toi !...
4b AIDA
J'avais d'avance
Deviné leur sentence, Dans ce tombeau pour toi prêt à s'ouvrir J'ai pénétré furtive, et sous la voûte
Où nul ne nous écoute Auprès de toi, la mort sera douce !
Il A DAMÉS.
Mourir !
Mourir î ô toi si belle !...
Mourir ! ô loi cruelle...
Quand pour toi l'existence à peine s'ouvre-t-elle ! Quand l'amour doit charmer ton cœur!
Dans mon malheur Quoi ! lu devrais me suivre !
Non ! tu vivras... car, moi, je t'aime... tu dois vivre.
Vois ! déjà l'ange d*e la mort
A déployé son aile,
De la vie éternelle
Il nous montre le port.
Pour nous s'est entr'ouvert le ciel,
Là, toute la douleur cesse,
Là, commence l'ivresse
De l'amour éternel !
On entend le chant des prêtres réunis dans le tempie. AÏDA.
2uel chant lugubre !...
C'est le chant du sanctuaire...
C'est notre hymne de mort?...