PRÉFACE
DE LA DEUXIÈME ÉDITION
Quand, en 1851, je quittai les bancs de l'École de Paris, j'avais, comme presque tous les jeunes médecins, une instruction plus théorique que pratique. Établi en province, je résolus dès lors de rédiger, pour mes besoins journaliers, un petit manuel contenant à la fois médecine, chirurgie et accouchements.
Commencé en 1852 et interrompu par le peu de loisir que laisse au praticien la médecine de campagne, ce manuel a été s repris et terminé depuis mon retour à Paris, en 1862.
J'ai eu pour guides dans ma rédaction presque tous les ouvrages classiques qui sont entre nos mains :
Trousseau, Valleix, Grisolle, Requin, Jaccoud, pour la médecine ;
Boyer, Vidal, Nélaton, pour la chirurgie ;
Sédillot, Chassaignac, A. Guérin, Malgaigne, pour la médecine dite opératoire ;
Fleetwood Churchill, Scanzoni, Huguier, Boinet, Nonat et Linas, A rm. Desprès, pour les maladies des femmes ;
Bouchut, Barthez et Rilliet, Barrier, Gueksant, Giraldès, Holmes, pour les maladies des enfants ;
Bazin, Devergie, Cazenave, Hardy, pour les maladies de la peau;
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Ricord, Civiale, Leroy (d'Étiolles), Reliquet, pour les maladies des organes génito-urinaires ;
Desmarres, Galézowski, Coursseratnt, Bonnafont, pour les maladies des yeux et des oreilles ;
Pénard, Stoltz, Joulin, Pajot, Verrier, Gazeaux, N.egelé et
Grenser, pour les accouchements ; Tardjeu, pour les intoxications.
Et enfin le Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie ■ pratiques, publié sous la direction du docteur Jaccoud, pour d'autres articles.
Je ne me suis occupé ici que des symptômes des maladies, — des maladies ou des lésions qu'on pourrait confondre entre elles, — et surtout du traitement. J'ai tenu essentiellement à donner des formules nombreuses, non banales, toutes sanctionnées par la pratique des maîtres et que j'ai révisées en partie d'après le Codex (i), d'après les Commentaires thérapeutiques du Codex, par A. Gdbler (2), d'après les Formulaires de Jeannel (3) et de Bouchardat, et d'après l'Officine de Dorvault. J'ai surveillé et indiqué soigneusement la posologie des médicaments, et j'ai précisé, autant que je l'ai pu, les Eaux minérales qui conviennent le mieux dans le traitement des maladies.
J'ai senti bien des fois . à la campagne le besoin de revoir l'anatomie qui s'oublie loin des am phi tbéâ très, et ce besoin était encore plus vif chaque fois que je devais prendre mon bistouri pour une opération un peu importante, ou que j'étais appelé pour réduire une luxation ou une fracture.
Ce qu'alors j'ai éprouvé de regrets et d'angoisses, j'ai voulu l'éviter à mes confrères, et j'ai tenu à faire entrer dans mon Aide-Mémoire toutes les figures anatomiques que j'ai crues
(1) Codex medicamentarius, Pharmacopée française. Paris, 1866.
(2) Gubler, Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française. Paris, 1868, in-8.
(3) Jeanriel, Formulaire officinal, comprenant environ 4000 formules tirées des pharmacopées légales de la France et de l'E franger ou empruntées à la pratique des thérapeulistes et des pharmacologistes. Paris, 1870.
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utiles et indispensables, comme pour certaines plaies, pour les ligatures d'artères, pour les luxations, etc.
Les luxations et les fractures ont été rédigées par moi d'une façon que je crois neuve et très-méthodique. Ces lésions ont besoin d'être bien connues, parce qu'elles sont très-fréquentes, surtout en province ; et le jeune praticien se rappellera que, dans les campagnes, leur réduction constitue encore pour les rebouteurs une sorte de spécialité que les médecins doivent faire cesser.
J'ai divisé mon livre en trois parties :
Livre T. — Maladies générales, internes, externes, cutanées ; intoxications; asphyxies.