Eczéma. Voir Maladies de la peau
199. Corps étrangers. — Symptômes. — Le plus souvent nuls, ou bien bourdonnements d'oreille; douleurs locales selon l'objet introduit : examiner l'oreille avec le spéculum, aidé ou non de l'appareil réflecteur.
Traitement. — Pas de tentatives d'extraction à moins de certitude de la présence d'objets étrangers. Si ce corps étranger est fondant, injections forcées d'huile ou d'eau tiède ou de lait. Si ce sont des insectes, les noyer ou les extraire avec des pinces fines. Si ce sont des corps durs, les extraire avec des pinces, une aiguille courbe, une anse de fil d'archal, la canule de Vidal, qui consiste en une canule plate parcourue par ikn fort ressort de montre qui se termine par un petit bouton aplati; la curette articulée de Leroy d'Étiolles, la petite pince à polypes, la pince de Bonnafont (fig. 52). Chercher à saisir le corps entre les deux branches de la pince à disséquer. Injections puissantes et répétées avec la pompe à courant continu, ou avec une forte seringue ou avec i'irrigaleur de Prat {fig. B3).
200. Otite externe aiguë. — Symptômes. — Douleur locale et de voisinage peu marquée; rougeur érythémateuse, erysipélateuse, eczémateuse; engelures; chaleur, dureté de l'ouïe; sécheresse du conduit ; éruption de boutons; sécrétion muco-purulente ; otorrhée; quelquefois obstruction du conduit.
injec-
Traitement. — 1° État aiyii : Cataplasmes laudanisés tious calmantes, narcotiques; ouate laudaaisée ; bourdonnet de coton dans lequel est un peu de camphre; huile camphrée; sangsues.. 2° Période de déclin, injections avec sousacétate de plomb (0,25 à 0,50) et eau (30 gr.)
201. Otite externe chronique OU ©torrhée. — Symptômes. — Écoulement par l'oreille d'un pus jaune sale, jaunâtre, fétide ou inodore, sans couleur, avec dureté plus ou moins prononcée de l'ouïe et bourdonnements d'oreille.
Tuméfaction rougeâtre, violacée de la peau du pavillon, du conduit auditif, avec croûtes blanchâtres, grisâtres, jaunâtres, et aspect fendillé, gercé : écoulement ichoreux jaunâtre, fétide , très-abondant (O.
dartreuse).
Traitement. — 1° Général : Combattre la cause diathésique, le lymphalisme (26), l'herpétisme (54), la syphilis (28, 29) ; bains salés, sulfureux, alcalins, de sublimé (15 gr.).
Eaux du Mont-Dore, de Vais, de Saint-Nectaire, de Saint-Sauveur.
Dans l'otite chronique, pas de traitement local, sans traitement général : quelquefois vésicatoires volants derrière les oreilles.
2° Local : Subordonné à l'étendue, à la profondeur et à l'ancienneté de l'otorrhée. Commencer par des injections détcrsives d'eau tiède, puis injections alcalines, savonneuses, as-
v lû — Pincus tic Hennin. 1 ont
tringentes,en tâtant la susceptibilité Servant à l'extraction des corps
du malade, étrangers du conduitauditii'(*).
(*), a, Canule terminée par les branches de la pince c, qui s'écartent par leur élasticité; b, //, tige qui se passe dans la canule, et est année d'un anneau destiné à serrer les mors de la pince; d, mors de la pince, vu de face.
"2f Sous-acétate de plomb.. 0er,50
Eau distillée 100 gr.
Diss.
If Pierre divine 1 gr.
Eau de roses. . . 100 —
Miel rosat 30 —
Diss.
"2f Sulfate de zinc 1 gr.
Diss.
If Sulfate de cuivre 4 gr.
Eau de roses 100 —
Diss. •
"2f Eau distillée ICO gr.
Teinture d'iode 10 —
Iodure de potassium.... 0sr,50 Diss.
If Alun 2 à 5 gr.
Eau 100 —
Diss.
Contre les vers parasitaires et l'écoulement fétide :
"2f Eau 250 gr.
Acide phénique 1 gr.
Diss. (Prat).
Quand Pécoulement n'est ni vert ni fétide, employer l'une après, l'autre, à quelques jours d'intervalle, les injections suivantes (Triquet) :
"Jf Tannin lsr,20
Eau de roses 2sr,50
If Alun.
Pommade au goudron (2 gr. pour 30), au précipité blanc
(2 gr. pour 30), au turbith (1 à 2 gr. pour 30); glycérine ; glycérolé de goudron, d'amidon, surtout dansTotorrhée diathésique.
Irrigations abondantes d'eau tiède à 38° ou 40° ; 5 à 10 litres à chaqueirri galion et dans chaque oreille, deux fois parjour,et pendant cinq jours; cesser les irrigations pendant quelques jours s'il n'y a pas guérison pour les reprendre au besoin : faire les irrigations avec un puissant irrigateur Éguisier ou mieux avec l'in-
Fig. 53. — Irrigateur de Prat.
strument de Prat {pg. 53). Introduire dans l'oreille malade le bec de la sonde AB : le tube d'arrivée À plonge dans un réservoir à ciel ouvert et fait siphon; c'est par ce tube que l'eau arrive dans l'oreille , et elle sort par le tube B ; on amorce préalablement avec une poire en caoutchouc (Prat).
202. Olite interne. — Symptômes. — Extension à la trompe d'Eustache des phlegmasies de la gorge ; douleur profonde, continue, exacerbante; surdité ; agitation; délire; insomnie; puis, quelquefois, perforation du tympan et issue du pus par l'oreille externe et par la trompe d'Eustache.
Ne pas confondre avec otite externe (200, 201).
Traitfment. — Sangsues derrière les oreilles ; cataplasmes laudanisés: pas d'injections; bains de pieds; lavements purgatifs ; boissons chaudes et émollientes : inhalation dans la bouche des vapeurs ci-dessous ; fermer la bouche et le nez et faire alors une forte expiration (De Lucé) :
2 à 5 gr.
Après la perforation du tympan, injections émollientes, astringentes, avec l'eau blanche, l'eau alcaline, les eaux sulfureuses.
203. Otalgie. — Symptômes. — Douleurs névralgiques plus ou moins violentes, sans phlegmasie de l'oreille.
Ne pas confondre avec otite (200, 201).
Traitement. — Boulettes laudanisées ; cataplasmes laudanisés; vésicaloires morphinés. Voir Névralgies (39).
204. Polypes tic l'oreille. — Symptômes. — Peu prononcés ; léger suintement ; dureté de l'ouïe; examen avec le spéculum et le miroir; chercher avec le stylet à contourner la base du polype.
Ne pas confondre avec otite (200, 201 , 202).
Traitement. — Si le pédicule est étroit, non adhérent au tympan, arrachement à l'aide des pinces de Bonnafont (Jig. 52), laisser saigner, puis cautériser le pédicule avec le nitrate d'argent tous les 2 ou 3 jours; préférer la ligature si le polype est adhérent au tympan; excision avec un bistouri très-long et
IL Baies de genièvre. . . .
Eau bouillante
Esprit de Mindererus.
très-étroit doritle tranchant n'a qu'un millimètre et demi de lar-
Ficj. M.
Introduction de la sonde dans la trompe d'Eustaclie (*).
geur, après avoir saisi le polype avec l'érigne de Bonnafont.
InsLifflalions de poudres caustiques sur la buse du polype (nitrate d'argent, laïc de Venise, âa parties égales).
205. Cathélérïsiue de la trompe d'Eustache. — Saisir de la main droite la sonde d'itard a {fig. 54), l'introduire dans la narine le bec dirigé en bas et en dehors le long du méat inférieur el des fosses nasales; quand la sonde a dépassé la portion osseuse du voile du palais k, relever un peu le bec de l'instrument qui pénètre dans l'orifice pharyngien de la trompe b. Une fois la sonde introduite, adapter à son pavillon libre a l'insufrlateur {fig. 55) d'itard, et chasser l'air dans la cavité du tympan pour s'assurer si la trompe est ou n'est pas libre.
Fig. 55. — Appareil d'itard pour insuffler de l'air ou des vapeurs d ether dans l'oreille.
(*) «> nasales
Sonde; b, orifice pharyngien de la trompe; e i, méat inférieur dos fosses ; g, cornet inférieur; h, dents incisives; A; voile du palais; «, lobe du nez.
SECTION IL
MALADIES DU NEZ
206. L,«piis. — Symptomfs. — Taches, proéminences tuberculeuses; puis ulcérations s'étendant en profondeur et en surface, avec gonflement, destruction des parties molles, des cartilages (lupus exedens ou rongeant; d'autres fois absence d'ulcérations, mais hypertrophie, taches livides.
Ne pas confondre avec ulcère syphilitique (126), acné hypertrophique (60).
Traitement. — 1 0 Local : Caustiques, acides nitrique, chlorhydrique; pâte arsenicale du frère Côme ou de Rousselot; chlorure de zinc ; pâte de Canquoin ; pommade à l'iodure de soufre (1 à 2 gr.), au proto-iodure de mercure (2 gr.), au deutoiodure (1 gr.) ; toucher avec un pinceau trempé dans
2£ Biioclurc de mercure. . .
Huile d'amandes douces Axonge
2° Général: Voir lymphatisme (26) .
207. Épistaxls. — Symptômes. — Écoulement très abondant de sang par le nez, venant par rupture de quelques vaisseaux de la pituilaireou par exhalation.
Traitement. — Si l'écoulement est peu abondant ou supplémentaire, expectation. Si l'écoulement est considérable, placer le malade à l'air frais, la tète haute ; compresses froides sur le front, les tempes ; éther ou chloroforme sur le front ; tenir élevé le bras du côté où se produit l'hémorrhagie ; injection de quelques gouttes de perchlorure de fer très-dilué ; faire priser l'alun, la poudre de ratanhia, de gomme, de tannin mélangés ; sinapismes, ventouses sèches entre les épaules; introduire dans le nez des bourdonnels de charpie ou d'amadou mouillés et trempés dans les poudres ci-dessus, dans l'eau de Rabel, dans le perchlorure de fer. — Tamponnement : Introduire par la narine une tige d'arbre, ou une sonde flexible à laquelle on attache un fil solide ou bien la sonde de Belloc A (fig. 56) dont l'extrémité est amenée dans la bouche; attacher aux yeux de cette sonde les deux chefs d'un fil ciré au milieu duquel est lié un bourdonnet de charpie B : retirer la sonde par le nez, entraîner le
15 gr.
tampon jusqu'à résistance: écarter alors les deux chefs de la ligature, introduire dans leur intervalle des boulettes de char-
Fig. 56. — Tamponnement des fosses nasales (*).
pie que l'on tasse dans le nez, et fixer les extrémités du fil au bonnet du malade: laisser un fil buccal pour pouvoir enlever
(♦) a, Base du crâne; g, nez; ch, lèvre supérieure; k, lèvre inférieure; l, coupe de la langue ; on aperçoit les fibres en éventail du muscle génio-glosse s'inséra nt en d, à la face postérieure de la mâchoire inférieure; e, coupe de l'os hyoïde ; t, téguments de la face antérieure du cou; f, larynx; b, coupe des vertèbres cervicales- m, n, o, cornets et méats de la fosse nasale droite; E, sonde de Bellocpour exécuter le tamponnement de la fosse nasale; B; sonde destinée à pratiquer le cathétérisme de la trompe d'Euslache 2; À, sonde destinée à pratiquer le catheterisme du canal nasal, cri pénétrant par l'orifice inférieur de ce canal.
Ifi3
le tampon quand l'hémorrhagie est arrêtée. — Sac de baudruche de Martin Saint-Ange, ou petite vessie que l'on insuffle après l'avoir introduite comme on le fait avec le tube de caoutchouc vulcanisé de Gariel (fig. 57). Introduire dans la fosse nasale, à l'aide d'un mandrin, le tube de Gariel jusqu'à l'orifice pharyngien, de manière à le dépasser d'un centimètre ; dilater par insufflation le renflement olivaire, empêcher par un nœud la sortie de l'air : tirer légèrement sur la tige, de manière à ramener le renflement contre la fosse nasale et l'y fixer à l'aide de bourdonnels de charpie.
208. Coryza. — I. C. Aigu. — Symptômes. — Prurit, sécheresse, picotement dans les narines ; éternument, chaleur âcre, gonflement ; sécrétion de mucus incolore, âcre ; respiration nasale gênée ; voix nasonnée ; olfactiondiminuée ou abolie; quelquefois céphalalgie; malaise ; fièvre.
Ne pas confondre avec rougeole commençante (9), coryza syphilitique.
Traitement. — Tisanes pectorales, émollientes, mauve, violettes, bourrache; pédiluves sinapisés; sinapismes entre les épaules; fumigations émollienles; onctions sur la lèvre supérieure avec le cérat simple pour prévenir les excoriations.
II. C. chronique. — Symptômes. — Peu ou pas de douleur; sentiment de gêne dans les fosses na- Fig. 57. — sales; éternument; sécrétion muqueuse, séreuse. Pelote à lam'
avec OU Sans Odeur. ponnement ,r „ , nasal (de Ga-
J\e pas confondre avec coryza ulcéreux, syphili- riel). tique.
Traitement. — S'il y a suppression de sueur habituelle des pieds, chercher à la rappeler par des pédiluves sinapisés; par l'application locale de chlorhydrate d'ammoniaque; faire priser du tabac, les poudres de Schneider, de Trousseau.
"if- Camphre Cg',40
Résine de gaïac 0gr,50
Germandréc maritime 0sr,30
Sucre blanc 0gr 30
Mêlez. (Schneider.)
If Précipité blanc
Oxyde rouge de mercure.
Sucre candi
Mêlez. (Trousseau.)
1er,20 0gr,60 15 gr.
\ umigations excitantes ; injections térébenthinées, injections de liqueur de Van Swieten (une cuill. à café pour un verre d'eau chaude) ; cautérisation.
Rappeler les plaies supprimées et combattre la diathèse scrofuleuse (26), herpétique (54, p. 55).
III. C. ulcéreux ou Ozène. — Symptômes. — Ulcération des fosses nasales qu'on ne confondra pas avec l'impétigo ; mucus sanieux, fétide; nez quelquefois déformé; chercher s'il y a des antécédents syphilitiques; examen des fosses nasales a la
lumière ou à l'aide du spéculum nasal (fig. 58).
Ne pas confondre avec coryza simple chronique ni avec déviation de la cloison.
Traitement. — Insufflation de poudres astringentes ; inspiration d'eau tiède aromatisée avec essence de menthe, eau de Cologne; eau phéniquée (acide phénique 0,40; alcool b; eau 100); eau chlorurée (chlorure de chaux liquide, 1/2 cuill. pour \ /2 verre d'eau), cautérisations au nitrate d'argent; l'une des poudres -composées suivantes :
Fig. 5S. — Spéculum nasal de S. Duplay.
IL Sous-nitrate de bismuth ) * „ Talc de Venise )
IL Précipité blanc 0sr,25
Sucre 15 S1' ■
2/f Chlorate de potasse 2 gr. 2£ Précipité rouge
Sucre pulvérisé.
Sucre 15 gr-
Traitement général approprié; combattre la chlorose , je lymphatisme, l'herpétisme , la constipation, le lroici
pieds. . j.fn
■ IV. Coryza des enfants. - Symptômes. - Respiration difficile, bruyante ; difficulté de téter; chercher s'il y a des éruptions cutanées syphilitiques concomitantes, et si le corjza est simple ou syphilitique. .
Traitement. - S'il est simple, pédiluves demi-bams egeiement sinapisés ; faire boire avec une cuiller; nettojer le nez, fumigations* ,
S'il est syphilitique, traitement général (29, 30) ; hqueui « de Van Swietea (1/2 cuillerée à café dans de l'eau sucrée) bains de sublimé (1 à 2 gr. ; alcool 5 gr.) chaque jour, lodure de potassium dans du sirop (0,20 à 0,50 par jour).
209 folypes des fosses nasales. - Symptômes. - lu-
meur plus ou moins saillante, distincte, mobile, flottante, et simulant le brait de drapeau, pédiculée ou non : envie fréquente de se moucher, respiration gênée, sifflante (P.
^Quelquefois, oblitération complète de la narine; perte de l'odorat voix nasillarde (Pi oblitérant).
D'autres fois irritation, inflammation, écoulements puriformes ; extension et envahissement considérable du polype qui déforme le nez, la face, les cavités orbitaires, etc. (P. envahissant).
Ne pas confondre avec engorgement scrofuleux, abcès du cartilage, déviation de la cloison.
Traitement. — 1° Arrachement avec des pinces à polypes, saisir le polype entre les mors et pratiquer l'arrachement en tordant le pédicule :
eau fraîche vinaigrée en cas d'épistaxis (207). — '2° Ligature : avec le serrenœud de Graefe [Jig. 59), saisir la base du polype dans les deux chefs de l'anse du fil b; tourner la vis c qui fait mouvoir l'écrou mobile d auquel sont fixés les bouts du lien ; se servir de fil fort et Ciré OU de fil métal- . e ig% 59. Scrre-,nœud de Graef (•). lique. — A défaut de cet
instrument, se servir de la sonde de Belloc (fig. 00), ou d'une
(*) Tige d'acier c, percée à son extrémité d'un trou par où passent les deux chefs de l'anse du fil b entourant la tumeur. À l'autre extrémité est une vis c, qui, mise en mouvement d'un côté ou de l'autre, fait monter ou descendre un écran mobile d auquel sout fixés les bouts du lien, un simple tour suffit pour augmenter ou diminuer la striction.
sonde de femme dont on enlève le bout arrondi pour passer le
Fig. 60. — Sonde de Belloc pour les polypes des fosses nasales (*).
fil. 3° Cautérisation avec le nitrate d'argent, les acides, etc. 4° Excision (204).