CHAPITRE PREMIER
MALADIES INTERNES
Fièvres continues. — Fièvre éphémère ou courbature. — Fièvre continue simple.
Maladies éruptives. — Suette miliaire. — Grippe. — Variole, — Varioloïde. — Varicelle. — Vaccine. — Rougeole. — Roséole. — Urticaire.— Scarlatine.
Maladies infectieuses. — Fièvre typhoïde. — Choléra-morbus ou asiatique, sporadique ou nostras. — Hydrophobie rabique, non rabique.
Fièvres intermittentes. — Simple. — Pernicieuse. — Larvée. — Rémittente.
Mcdadies diathe'siques, maladies constitutionnelles . — Rhumatisme articulaire aigu, chronique. — Rhumatisme musculaire. — Goutte.
— Scrofules, lymphatisme, rachitisme. — Chancres mou, simple, superficiel, non infectant, chancroïde, chancrelle. — Chancre induré syphilitique. — Syphilis constitutionnelle, accidents secondaires. — Accidents tertiaires. — Chloro-anémie. — Pléthore. — Scorbut. — Purpura. — Leucémie. — Diabète sucré ou glycosurie. — Diabète non sucré. — Urémie.
Névroses. — Névralgies. — Tétanos. — Chorée. — Convulsions. — Epilepsie. — Hystérie. — Vertiges. — Migraine. — Paralysie générale.
— Ataxie locomotrice. — Atrophie progressive.
Maladies mentales. — Folie, délire, démence, manie, mélancolie, idiotie, imbécillité, crétinisme.
1. Fièvre éphémère ou courbature. — Symptômes : — Généraux : Fatigue, prostration; brisement dans les lombes.
Corliku, Aide-mém., 2c édit. 1
MALADIES GÉNÉRALES
dans les membres ; douleur contusive à la pression ; quelquefois frisson marqué, sensibilité au froid. Inappétence, altération; langue humide, blanchâtre, jaunâtre; abdomen indolent ; elles normales ou constipation. Céphalalgie; tôle lourde; somnolence, rêvasseries ; délire chez les enfants. Peau chaude ; pouls fréquent, plein; puis moiteur, sueurs, vésicules herpétiques.
Ne pas confondre avec fièvres éruptives(3 à 12), fièvre typhoïde (13),
Traitement. — Boissons acidulés, limonade au citron, solution de sirop de groseilles, de cerises, de fr^poboises : eau vineuse; limonade purgative ou eau de Sedlitz en cas de constipation; diète; repos au lit; antispasmodiques au besoin : expectation.
2. Fierre continue simple. — Symptômes. — Généraux. — Beaucoup d'analogie avec les précédents, mais plus intenses et de plus longue durée; altération; langue rouge à la pointe, quelquefois état saburral et inappétence; vomissements, gargouillement des deux côtés; constipation; urines rouges foncées: peau sèche, ne dépassant guère 37°; taches bleuâtres au ventre et à la partie supérieure des cuisses. Pouls fort, plein, de 90 à 110.
Ne pas confondre avec fièvres éruptives (3 à 12), fièvre typhoïde (13), fièvre éphémère (1).
Traitement. — Comme pour la fièvre éphémère : compresses froides ou imbibées d'eau de Cologne, d'eau sédative, sur le front '; saignée légère ou quelques sangsues à l'anus, si le pouls est fort et la céphalalgie très-intense : expectation ; diète.
3 Snette nviliaire. — Symptômes. — 1 " Précurseurs non caractéristiques : Malaise, lassitude; céphalalgie ; nausées, frisson.
2° Confirmés : Picotement à la peau ; éruption miliaire rouge ou vésiculeuse, ou blanche, au thorax, à l'abdomen, aux membres, tantôt discrète, tantôt confluente : prurit, picotements aux extrémités. Céphalalgie, agitation ; abattement ; insomnie. Inappétence ; état saburral ; quelquefois flux dysentérique. Constriction épigastrique, oppression, dyspnée. Urines troubles, sédimenteuses. Pouls fort, accéléré, et quelquefois serre, petit. Lasuette est bénigne, foudroyante, quelquefois rémittente. Rechutes fréquentes. Complications bronchiques, dyspeptiques, hémorrhagiques. p (4..,.
Ne pas confondre avec fièvres éruptives (^aii).
Traitement. - Chambre aérée ; ne pas trop couvrir les malades ; les changer fréquemment de linge; boissons fraîches, acidulés, solutions de sirop de groseilles, de limons, de cerises ,
MALADIES I INTERNES
centaurée, limonade, etc. Étudier le caractère de l'épidémie et agir selon les indications; en général débuter par un vomitif, ipéca (2 gr.). Combattre la. céphalalgie par les compresses froides sur le front, par les compresses trempées dans l'eau sédative, par de légères émissions sanguines : — Yipigastralgie par les sangsues ou mieux par les opiacés (extrait thébaïque <>,05àO,tO en potion; chlorhydrate de morphine 0,0o), le sirop de morphine, diacode; par les cataplasmes sinapisés, ou les sinapismes, ou les vésicatoires, ou par le sirop d'éther ; par la teinture de musc (I gr. en potion); — la constipation par les lavements laxatifs; — l'agitation, le délire, par les sinapismes aux mollets, par les opiacés, l'éther ; — la chaleur acre de la peau par dés lotions froides et alcalines; — les accès intermittents ou la forme rémittente par le sulfate de quinine, 1 à 2 grammes par jour en pilules ou en potion.
4. Grippe. — Symptômes.— Généraux: — Malaise, courbature, douleurs contusives des membres; céphalalgie frontale; prostration; épistaxis ; lipothymies; fièvre variable; enchifrènement, coryza; larmoiement, tuméfaction des yeux; mal de gorge; raucité de la voix; toux fréquente, quinteuse, douloureuse, sèche d'abord, puis humide; râles sibilants, ronflants, muqueux ; dyspnée. Inappétence, nausées, vomissements. Dans certains cas prédominance des symptômes cérébraux, ou thoraciques, ou abdominaux.
Ne pas confondre avec bronchite (240), coryza (140), courbature (1), fièvre typhoïde (13), rougeole (9).
Traitement. — Repos; tisanes pectorales, émollientes, mauve, bourrache, tilleul, feuilles d'oranger. Potions calmantes, sirop diacode, de morphine, matin et soir; fumigations émollientes, narcotiques ; pédiluves sinapisés. Sulfate de quinine (0,50 à 1 gr.) pendant 2 jours.
Combattre la forme cérébrale par les révulsifs; éviter les saignées ; — l'a forme pectorale parles loochs kermétisés, les boissons pectorales, les sinapismes dans le dos ou sur les côtés de la poitrine ; — la forme abdominale par les lavements émollients ou calmants ou additionnés de 15 cà 20 gouttes de laudanum.
5. Variole: — Symptômes. — Cinq périodes : 1 0 Incubation, 9 à 1 1 jours.
2° Invasion : Frissons, puis chaleur vive ; céphalalgie ; douleurs lombaires; nausées, vomissements; constipation, quelquefois convulsions, délire, coma, hémorrhagies : 2 à 3 jours.
3° Éruption: Taches, saillies rouges au menton, autour des
livres, puis au front, au cou, au tronc, aux membres, puis sur les muqueuses de la bouche, du pharynx, des bronches, occasionnant l'éternument, le crachotement, une toux rauque, etc. Disparition de la fièvre ; abaissement de température après l'éruption ; quelquefois hémorrhagies ou phlegmasies viscérales ; vers le quatrième jour de l'éruption, ombilicalion des pustules; tuméfaction de la peau : éruption discrète ou confluenle; durée 5 jours.
4° Suppuration: Retour de la fièvre dite secondaire; gonflement considérable de la face, des membres; salivation, difficulté de parler/de respirer, d'avaler; liquide opaque, purulent, séreux, sanguin dans les pustules ; quelquefois diarrhée, délire, chaleur vive. Complications : affaissement des pustules, prostration, frissons, délire, diarrhée fétide, infection purulente ; hémorrhagies; pneumonie, laryngite ulcéreuse.
5° Dessiccation: Du 9e au 10e jour après l'invasion, les pustules se crèvent, se vident, se tarissent, se dessèchent; disparition du gonflement de la peau ; quelquefois ulcération de la peau ; plaies saignantes ; abcès plus ou moins volumineux; quelques complications consécutives ; otorrhée purulente, carie du rocher ; ophthalmies, etc.
Variétés de la variole: \" Variole discrète ou confluante; — 2° V. maligne ou atâxique avec exagération des symptômes nerveux ; — 3° V. adynamique ; — 4° V. hémorrhagique ; — o° Y. cristalline; — 6° V. emphysémateuse; — 7° V. verruqueuse, tuberculeuse.
Ne pas confondre avec varioloïde (6), scarlatine (12), rougeole (9), varicelle (7).
Traitement. — Repos au lit ; chaleur ordinaire; tisane tiède, sauge, mauve, violettes, bourrache, queues de cerises ; lait coupé, eau de groseilles tiède. — Traiter le lumbago par les frictions huileuses, calmantes, additionnées de chloroforme, de térébenthine. Lotions fréquentes des yeux, des narines, de la face avec l'eau de guimauve tiède, la glycérine, l'huile d'olives ; gargarismes avec l'eau de guimauve, l'eau d'orge et le mielrosat. Envelopper les pieds et les mains de cataplasmes; onctions huileuses; ouate ou flanelle. Maintenir la liberté du ventre à l'aide de lavements émollients ou laxatifs ; diète. — Ouvrir les pustules delà face et badigeonner avec l'huile ou la glycérine.
•Tremper dans l'ammoniaque ordinaire a 25°, un linge eu toile de lin ou de coton, avec ouvertures pour le nez, les yeux, la bouche; placer ce masque, pendant 4 minutes sur la face;
MALADIES INTERNES
après ce temps le remplacer par un autre trempé dans le liniment oléo-calcaire (Em. Duval). Employé pour prévenir les cicatrices. — Collodion élastique dès le début (Robert-
Latour). .
Complications. — Sî\es symptômes généraux sont très-intenses et le sujet vigoureux : émission sanguine très-rarement ; grands bains ou lotions alcalines chaudes sur le corps.
Contre l'ataxie : potions calmantes additionnées de teinture de musc ou de castoréum (1 gr.) ; lavements de valériane additionnés d'asa fœtida (2 à 4 gr.), de camphre (2 à 4 gr.).
Contre l'adynamie : extrait hydroalcoolique de quinquina (4 gr.) en potion ; sulfate de quinine (0,25 à 1 gr.) ; vin ou sirop de quinquina, vins généreux.
Contre l'insomnie et les douleurs : Opiacés ; en cas d'alcoolisme, alcoolature d'aconit (2 à 5 gr.), eau de laurier-cerise, sirop d'éther, d'acétate d'ammoniaque.
¥ Acétate d'ammoniaque lo gr.
Sirop d'éther 20 —
— de capillaire 20 —
Hydrolat de menthe '^.qa
— de fleurs d oranger I
— de mélisse 50 — (Sédillot.)
Si l'éruption se fait avec peine, si la peau est sèche : tisane de bourrache, de fleurs de sureau, de sauge avec 10 à 15 grammes d'acétate d'ammoniaque, lotions chaudes.
Cautériser avec le nitrate d'argent les pustules palpèbrales et conjonctivales ; si elles sont nombreuses, injections avec la solution de nitrate d'argent (0,05 à 0,10 pour 100). Traitement analogue des pustules des narines et du conduit auditif.
Contre l'angine varioleuse, gargarismes au borate de soude (10 gr.) dans la variole discrète, au chlorate de potasse (10 gr.) dans la variole confluenle.
Contre la laryngite varioleuse, cautérisation ayee la solution de nitrate d'argent (2 gr. pour 15) une ou deux fois en 24 heures.
Contre le délire, acétate d'ammoniaque (15 à 25 gr.), teinture de musc (i gr.), camphre (1 à 4 gr.) : extrait thébaïque (0,05 à 0,15); vésicatoires aux mollets.
A la période de suppuration, lotions chlorurées, goudronnées, pbéniquées (i pour 150). A l'intérieur, permanganate de potasse (0,10 à 0,25), acide phénique (0,25 cà 1 gr.) par jour en potion pendant huit jours. Dans la variole confluenle, administrer la potion phôniquée dès le début (Chauffard).
MALADIES GÉNÉRALES
Contre la pneumonie varioleuse, vésicaloircs, ipéca, plutôt que tartre stibié ; potion à l'alcool, au cognac. A la fin, bains additionnés de liqueur de Labarraque, I litre.
6. "Varioloïde. — SYMPTOMES. — Peu OU pas de symptômes d'invasion; éruption peu abondante ; pustules petites, molles, flasques, non purulentes, à marche irrégulière, pas de fièvre de suppuration. Durée : 6 à 12 jours.
Nepas confondre avec variole (5), varicelle (7). Traitement. — Tisanes émollientes, pectorales, acidulés lièdes. Diète pendant 2 ou 3 jours.
7. Varicelle. — Symptômes. — . Peu prononcés; éruption de vésicules acuminées, les unes très-petites, les autres aplaties, à fluide transparent, lactescent; ou bien vésicules plus grosses remplies de sérosité ; avec ou sans démangeaison, Durée : 8 à 10 jours.
Variétés : V. pustuleuse, globuleuse, papuleuse, vésiculeuse.
Traitement. — Comme pour la varioloïde.
8. Vacciue. — Conservation du vaccin. Recueillir du 6e au 7e jour, pas plus tard, la lymphe vaccinale sur deux plaques de verre enveloppées de papier métallique ou d'un linge mouillé: ou bien dans des tubes capillaires ; fermer les deux extrémités du tube à la lampe ou à la bougie.
Age: Vacciner dans les 2 ou 4premiersmois, mais non pendant la dentition ; choisir une période de bonne santé à moins d'épidémie.
Vaccinifêre: Choisir un enfant bien portant, non entaché de syphilis, de scrofulisme ; prendre le vaccin vers le 6e jour et éviter de faire saigner la pustule vaccinale.
Procédé opératoire : Se servir d'une lancette à grain d'avoine, ou cannelée, ou de l'aiguille cannelée, ou de la petite lancette à gouttière (fig. 1). Avec ces instruments on peut vacciner plusieurs en fanls sans recharger la lancette; introduire
Fig