PREFACE
Depuis 1870-71 , la France n'a soutenu aucune grande guerre. Or, pour écrire avec une compétence indiscutée un livre sur les Blessures de guerre, il faut avoir fréquenté de nombreux champs de bataille, ou bien s'être livré, avec les armes et les projectiles nouveaux, à des recherches de chirurgie expérimentale.
Ainsi ont opéré, les premiers en Europe, les savants auteurs français des deux derniers Traités de chirurgie de guerre ou d'armée, trop jeunes pour avoir participé aux trois grandes campagnes du troisième Empire qui précédèrent la guerre de 1870 et nous valurent le Traité de chirurgie d'armée, de Legouest.
Il ne restait à glaner, pour eux comme pour toutn la génération de médecins militaires qui confine ■aujourd'hui à la retraite, que dans les champs funèbres de la frontière perdue, où la moisson chirurgicale des plus sanglantes journées fut faite surtout par le vainqueur, entre les mains de qui restèrent la plupart des blessés.
Quelques médecins d'armée de cette époque, — nous fûmes de ceux-là, — ont bien recueilli des faits intéressants dans les armées de province, à Paris. Strasbourg, Metz, sur d'autres théâtres restreints, mais la plupart d'entre eux n'étaient pas enapre. professionnellement, à l'âge utile pour les faire valoir.
Dans la préface de leur ouvrage, Chauvel et Nimier déclarent qu'ils ont résumé les connaissances actuelles sur la chirurgie d'armée, en réunissant dans un seul volume des matériaux épars en de nombreuses publications, en condensant les résultats acquis depuis la guerre de 1870-71... Pour notre part, nous •devons à la vérité de dire qu'à toutes les sources où puisèrent Chauvel et Nimier et Delorme, nous avons puisé aussi, mettant, de plus, largement à contribution leurs recherches expérimentales, opposant, chemin faisant, leurs formules et leurs conclusions, maintes fois dissemblables. Nous n'avons point oublié