‹ Aide-mémoire de pharmacieChapitre 109 sur 376 · CIGUË OFFICINALE OU GRANDE GIGUE · texte numérisé non relu

CIGUË OFFICINALE OU GRANDE GIGUE

liquide et volatil (cicutine, conicine, conine ou conéine), uni à l'acide conéique ; une huile volatile, à laquelle elle doit son odeur ;

Fig. 34. — Ciguë officinale ou Grande Ciguë.

une résine. On a signalé en outre un second alcaloïde solide et cristallisable : la conhydrine. (Wertheim.)

La cicutine (G16H15Az) s'obtient de la manière suivante :

Prenez :

Séminoïdes de ciguë . . . 3, 000

Chaux éteinte 1,500

Carbonate^de potasse 375

GIGUE OFFICINALE OU GRANDE GIGUE 20l

Délayez dans l'eau les séminoïdes contusés et la chaux, ajoutez le carbonate de potasse, et distillez le tout tant que le produit mi passe sera alcalin. Saturez exactement celui-ci par l'acide sulfurique étendu, et évaporez au B.-M. en consistance sirut euse. Introduisez dans un flacon et [agitez avec 2 p. alcool et 1 p. éther. Séparez par le filtre le sulfate d'ammoniaque précij ité, et concentrez la liqueur par distillation au B.-M.; ajoutez un peu d'eau, et achevez ae chasser l'alcool en chauffant dans me capsule. Mêlez le résidu sirupeux avec la moitié de son volume d'une solution concentrée de potasse, et distillez au B. i huile ou de chlorure de calcium. La cicutine passe avec de l'eau, décantez celle-ci, et remettez la cicutine sur la potasse; cMstillez de nouveau. Le produit obtenu sera déshydraté par quelques fragments de potasse caustique récente, puis distillé une dernière fois dans le vide ou dans un courant d'hydrogène. -- 3 kilos séminoïdes donnent environ 30 gr. cicutine.

Liquide incolore, transparent ; odeur acre, pénétrante ; D = C, 878; bout à -f-2120; peu soluble dans Peau, plus à froid qu'à chaud; soluble en toute proportion dans l'alcool et l'éther. ( 'ïodex.)

Act. phys. — La ciguë est considérée comme fondante, résolutive, et, à ce titre, s'emploie en topique, sous différentes formes. Elle a en outre des propr. calmantes, stupéfiantes, souvent i tilisées contre la toux, la coqueluche, la chorée, la phthisie, le rhumatisme. — Doses. Poudre : de 5 centigr. jusqu'à 2 gr. Extraits : 5 à 20 centigr. Teinture : 10 à 30 gouttes. Infusé pour us. ext : 25 à 50 : 1000.

A haute dose, c'est un poison violent dont l'activité est connue depuis une haute antiquité. Ses effets sont dus à la cicutine s celle-ci, ingérée, cause des nausées, du malaise, des vertiges ; elle est rapidement absorbée, et alors les phénomènes produits sont plus intenses : troubles visuels, embarras de la langue, affaiblissement progressif. La paralysie gagne à la fin les muscles respiratoires, le diaphragme, et la mort a lieu par asphyxie. ((T-ubler.) Quelquefois le sujet est en proie à d'affreuses convulsions et pousse des cris déchirants. — En somme, la cicutine est un poison d'une violence égale à celle de l'aconitine ou de la vératrine, et manifeste des propriétés inverses de celles de la strychnine. Cependant il ne faudrait pas en conclure prématurément que Tune est l'antidote de l'autre. — Gomme médicament, la cicutine ne doit être employée que par milligr. et avec prudence : convulsions, contractures, tétanos, rage, etc., coqueluche et affections nerveuses.

Page 1