N1COT1ANE
son importateur en France, et de l'île de Tabago, où elle l'ut rencontrée d'abord.
Comp. — Contient, outre d'autres principes communs aux plantes : acide tannique et gallique, huile jaune acre, résine jaune, matière colorante, nicotine, etc.
La nicotine est un alcaloïde liquide et volatil non oxygéné ; = C20H14Az2. Incolore, oléagineuse, se colorant à la lumière, d'od. acre et de sav. brûlante; bout entre 240 et 250° et distille sans altération dans un courant d'hydrogène, ou en présence de l'eau. Elle est très hygrométrique, très sol. dans l'eau, l'alcool et l'éther. Elle dissout le soufre et non le phosphore. Sa solution aqueuse est très alcaline, elle a beaucoup des réactions de l'ammoniaque; elle précipite en blanc le bichlorure de mercure, l'acétate de plomb, les chlorures d'étain, les sels de zinc (ce dernier précipité est sol. dans un excès de nicotine) ; en jaune le bichlorure de platine; en bleu les sels de cuivre : le précipité est soluble dans un excès de nicotine avec coloration bleue-intense. — Elle précipite le chlorure d'or en jaune rougeâtre, sol. dans un excès de réactif; le tannin en blanc; le chlorure de cobalt en bleu qui passe au vert, insol. dans un excès de réactif. Ajoutons quelques réactions empruntées à M, Roussin et fort sensibles : le chlore gazeux à froid colore la nicotine en rouge de sang; on obtient le même résultat par un mélange d'ac. chlorhydrique et de bioxyde de baryum ; en mélangeant des solutions étendues de nicotine et d'iode dans l'éther, il se dépose au bout de quelque temps de belles aiguilles rouge-rubis, qui sont une combinaison directe d'iode et de nicotine =■ (C20HuAz2P) : cette réaction est caractéristique.
Elle forme des sels avec les acides, généralement déliquescents; l'ac. sulfurique concentré et pur la colore en rouge vineux à froid ; en présence de l'acide chlorhydrique elle dégage des vapeurs blanches, comme l'ammoniaque. — C'est un des plus violents poisons connus.
Pour préparer la nicotine, on distille la nicotiane avec une solution de potasse caustique; on sature l'hydrolat par Tac. sulfurique, on évapore en extrait qu'on épuise par i'alcool. La solution alcoolique, évaporée, laisse un extrait qu'on distille de nouveau avec une solution de potasse caustique, et le produit obtenu est agité avec de l'éther. Celui-ci, décanté, laisse la nicotine à peu près pure. — Les tabacs de diverses origines en contiennent de 2 à 8 0/0.
Act. pbys. — Le tabac ingéré présente d'abord un goût acre
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et piquant, suivi d'une sensation de chaleur dans la gorge et l'estomac ; peu après surviennent des nausées, du malaise, des selles; si la dose est forte : vomissements, purgation, défaillance avec relâchement des muscles, tremblement, tendance syncopale, confusion des idées; diminution du pouls, refroidissement, sueurs, convulsions, paralysie et coma précédant la mort. (Gubler.)
La nicotine à petite dose peut donner lieu aux mêmes symptômes. A dose toxique, elle agit avec une violence et une rapidité qu'on ne retrouve que dans l'acide cyanhydrique et la strychnine. Deux gouttes tuent en quelques minutes un chien de moyenne taille; les animaux sont comme furieux, et meurent foudroyés au milieu de convulsions violentes. Les effets se résument dans ces deux faits généraux : rétrécissement et déplétion du système artériel; contraction tétanique persistante des muscles, telle que, après la mort, la galvanisation n'a plus d'effets sur eux.
Gomme médicament, le tabac a peu d'usages ; on en fait un décodé: 50 : 1000, pour l'usage externe, contre la gale et les maladies de peau ; un i?ifusé : 5 : 500, qu'on administre en lavement, contre l'iléus, les hernies étranglées, les ascarides, et dans l'asphyxie par submersion. C'est un médicament qu'il ne faut employer qu'avec la plus grande prudence : il y a des exemples d'empoisonnements mortels consécutifs à l'administration de lavements de tabac.
La Nicotiane rustique, Nicotiana ruslica, L. — Citée par le Codex, possède les propr. du précédent. 11 n'y a rien à en dire de particulier.
Les tabacs de la Régie ont subi une fermentation qui donne naissance à de l'ammoniaque : celle-ci déplace une certaine quantité de nicotine qui se perd ; néanmoins il en reste suffisamment pour que les produits préparés aient encore des propr. toxiques. Parla combustion, ils donnent une huile empyreumatique qui en est chargée.
Toxicologie. — Les cadavres des sujets empoisonnés par le tabac présentent une remarquable pâleur, d'ailleurs pas de lésions appréciables. — Avec la nicotine, au contraire, les lèvres et l'intérieur de la boucbe sont brûlés, marqués de tacbes blanches, raccornis; on peut trouver des taches analogues dans l'œsophage, et dans l'estomac la muqueuse rouge, injectée, parsemée de taches noirâtres; tous les tissus exhalent l'odeur du tabac.
Les recherches chimiques sont difficiles, quand le tabac lui-même a été l'instrument du crime ; on ne peut en ce cas tirer parti que des symptômes observés, et des restes de la plante toxique que l'on pourra rencontrer soit