ONGUENTS
Préparations de consistance plus ou moins molle, ou susceptibles d'être facilement ramollies par une légère élévation de température, dont la masse est formée de résines et de corps gras, auxquels on incorpore diverses substances médicamenteuses. — Ils se rapprochent à la fois des pommades et des emplâtres. Ils sont toujours destinés à l'usage externe (onguent, de ungnere, oindre).
Les règles générales qui s'appliquent à leur préparation sont les suivantes : faire fondre les résines et les corps gras, passer à travers une toile ; ajouter les extraits préalablement ramollis, les gommes-résines purifiées par dissolution dans l'alcool et rapprochées en extraits, les poudres à l'aide d'un tamis quand la masse est à demi-refroidie, les huiles volatiles tout à fait à la fin de l'opération.
opium 417
OPIUM. Suc épaissi des capsules vertes du Pavot ; Papaver sornniferum, L. — Papavéracées.
L'opium est préparé en Asie-Mineure, en Egypte, en Perse, dans l'Inde, depuis une époque très reculée. Selon ses diverses provenances, il présente quelques différences, soit dans sa composition, soit dans sa forme. — En général les moyens employés pour l'obtenir diffèrent peu : on incise horizontalement et superficiellement les capsules du pavot pourpre, au moyen d'un couteau à plusieurs lames, et Ton recueille le suc qui s'écoule; quand il s'est suffisamment épaissi, on le pile au mortier pour obtenir la réunion des larmes, ou l'on se contente de le malaxer et de lui donner la forme de pains plus ou moins volumineux, qu'on enveloppe d'une feuille de pavot, et qu'on sépare les uns des autres au moyen de semences de Rumex. Quelques auteurs admettent que l'on ajoute aux larmes l'extrait fourni par le suc desséché de la plante pilée ; d'autres que cet extrait constitue à lui seul l'opium du commerce Européen; cette dernière assertion est contraire aux vraisemblances. — On distingue dans le commerce les sortes suivantes :
Opium de smyrne ou d'anatolie. En pains de 200 à 500 gr. irréguliers, couverts de fruits de Rumex; un peu mous, faciles à rompre; la cassure montre une foule de petites larmes blondes ou fauves, agglutinées ; od. forte et vireuse, sav. acre et arrière. Il contient de 6 à 12 0/0 de morphine combinée à l'acide méconique; il donne moitié de son poids d'extrait : — C'est l'opium officinal.
Opium de constantinople ou de Turquie. Il vient de Kava» Hissar et Gaïmas, autres parties de l'Anatolie ; en gros pains de 250 à 300 gr. de forme variable, avec peu de semences de Rumex, enveloppés d'une feuille de pavot; en petits pains de 80 à 90 gr. aplatis, lenticulaires, toujours enveloppés d'une feuille de pavot, dont la nervure médiane trace un diamètre. — Od. moins forte que celle du précédent ; pâte moins pure, plus brune ; il contient 5 à 10 0/0 de morphine à l'état de sulfate.
Opium d'égypte ou théûaïque. Pains orbiculaires , aplatis, larges de 6 à 8 centim., couverts de débris de feuilles de pavot ; cassure nette, luisante; couleur hépatique; od. moins vireuse que celle des deux précédents. — 3 à 7 0/0 de morphine.
Les sortes suivantes ne sont pas usitées en pharmacie :
Opium de perse. Pains ou plutôt bâtons cylindriques, longs de 10 à 15 centim., enveloppés de papier; cassants, peu colorés, presque entièrement solubles dans l'eau. Quoiqu'assez riche en
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morphine (10 à 12 0/0), il fournit un extrait moins actif que l'opium officinal à cause de sa grande solubilité.
Opium de l'inde. En gros pains enveloppés de feuilles de tabac ou de pélales de pavot, ou bien renfermés dans des boîles; il est entièrement dirigé sur la Chine, où les Thériakis le fument ou le mangent.
Opium indigène. M. Aubergier a obtenu de l'opium des diverses sortes de pavots; le pavot pourpre paraît propre à fournir un opium dosant d'une manière assez régulière 10 0/0 de morphine, en faisant la récolte dans les mêmes conditions de maturité de la capsule. L'auteur a proposé d'appeler cet opium Affium. Le Pavot-œillette fournit un opium pouvant donner jusqu'à 26 0/0 de morphine, ce qui n'empêcherait pas de récolter les graines. Jusqu'à présent, cette récolte ne s'est pas régulièrement établie, et l'opium indigène pas plus que l'opium d'Algérie ne constituent des sortes commerciales.
Comp. — Elle est fort complexe; il n'y a pas de substance qui ait fourni à la chimie autant de principes divers et bien définis; il est juste d'ajouter qu'aucune n'a été étudiée avec tant de soin. Les principaux corps signalés dans l'opium sont : Morphine, Codéine, Narcotine, Narcéine, Thebaîne ou Pararnorphine^ Pseudomorphine, Porphyroxine, Papavérine, Méconine, Opianine, Acide Méconique; eau, matières extractives et résineuses, principe vireux volatil, glucose, etc. — Nous avons donné, à leurs noms, les caractères de la Morphine, de la Codéine, de la Narcéine, nous ajouterons quelques indications sur les plus importants des autres principes.
La Narcotine (G46H25Az014) est une base très-faible, non vénéneuse, insol. dans l'eau, peu sol. dans i'alcool et dans l'éther, insol. dans la potasse. Par l'acide azotique concentré elle est violemment attaquée, même à froid ; il se dégage des vapeurs rutilantes, et il se produit une matière résinoïde rouge.
La Thebaîne ou Pararnorphine (G38H21Az06) cristallise en paillettes nacrées; d'une sav. acre et styptique ; insol. dans l'eau et dans la potasse ; sol. dans l'alcool et i'éther; l'ac. sulfurique concentré la colore en rouge foncé.
La Papavérine (C*°H21 AzO8) cristallise en fines aiguilles ; insol. dans l'eau, sol. dans l'alcool et I'éther; elle est colorée en bleu intense par l'ac. sulfurique concentré.
La Méconine (C20Hl0O8) cristallise en prismes; sol. dans l'eau, l'alcool, I'éther, les alcalis fixes. Dissoute dans l'acide sulfurique étendu de la moitié de son poids d'eau, elle donne une solution
opium 419
d'abord incolore, qui devient par l'évaporation d'un vert foncé ; l'addition d'alcool fait virer au rose, et la liqueur redevient verte par l'évaporation de l'alcool.
L'Acide méconique (G14H4014-f 6HO) cristallise en paillettes nacrées, à sav. aigre et styptique; sol. dans 4 p. d'eau bouillante ; sol. dans l'alcool, peu sol. dans l'éther. — Sa dissolution aqueuse dégage par l'ébullition de l'acide carbonique ; l'addition d'ac. sulfurique ou chlorhydrique produit une véritable effervescence. — Une dissolution d'acide méconique, même très-étendue, prend une coloration rouge de sang par l'addition d'un sel ferrique, persulfate ou perchlorure ; si Ton ajoute du chlorure d'or, la coloration persiste, ce qui n'a pas lieu quand la coloration rouge est produite par un sulfocyanure.
Au point de vue de la puissance toxique, M. Cl. Bernard range les alcaloïdes de l'opium dans l'ordre suivant : Thébaïne, Codéine, Papavérine, Narcéine, Morphine, Narcotine.
Act. Phys. — A la dose de 1 à 2 centigr., l'opium donne lieu à une légère excitation circulatoire avec sensation de bien-être, et accroissement de la force musculaire; de 5 à 10 centigr., les symptômes d'excitation sont plus marqués-, et bientôt suivis d'une dépression circulatoire, avec sécheresse de la bouche, nausées et qquefois vomissements, affaissement général, obtusion des sens et tendance invincible au sommeil. — A dose toxique, ou bien la torpeur et le collapus se produisent d'emblée, ou bien ils sont précédés de mouvements convulsifs qui rappellent l'action des tétaniques. La période comateuse arrivée, la face d'abord rouge pâlit bientôt et finit par prendre l'apparence cadavéreuse; les pupilles, contractées dès le début, restent jusqu'à la fin punctiformes. La mort peut terminer la scène, ou bien le sujet, après un sommeil prolongé, est au réveil pris de nausées, vomissements et étourdissements, et tourmenté par un état saburral plus au moins prolongé, avec inappétence et dégoût des aliments.
L'habitude d'absorber de l'opium émousse la sensibilité de l'organisme pour cette substance, et il faut constamment augmenter les doses pour obtenir les mêmes effets d'excitation ou de narcotisme. Il y a des exemples d'individus absorbant par jour des doses effrayantes, plusieurs grammes d'extrait, 1/2 litre et plus de laudanum de Sydenham. Cette habitude amène dans l'économie des troubles assez graves pour détruire à jamais la santé et causer une mort prématurée : « on reconnaît le mangeur d'opium à son corps amaigri, à son teint jaune, à sa démarche tortueuse et chancelante, à l'incurvation de son épine, à ses yeux
OPIUM
brillants et excavés » (Oppenheim, cité parG-ubler). Si l'habitude vient à être interrompue tout à coup, il se manifeste immédiatement les symptômes d'un empoisonnement chronique, caractérisés par la céphalalgie, la dépravation des sens, l'insomnie, les spasmes, des nausées, des troubles de l'intelligence, des hallucinations. Cet état se prolonge plusieurs mois et laisse toujours le sujet dans un état de faiblesse et d'engourdissement général, avec altération du goût (Tardieu).
Usages. — C'est le plus usité et le plus précieux des médicaments ; il est indiqué dans toutes les affections douloureuses, dans lesquelles il procure un soulagement presque instantané ; dans les affections spasmodiques, comme sédatif du système musculaire; dans les affections mentales délirantes. On l'associe à un grand nombre de médicaments, soit comme correctif de leur action excitante, soit pour faciliter la tolérance dans certaines maladies de l'estomac. — Il revêt un grand nombre de formes pharmaceutiques : Poudre : 1 à 10 centigr. ; Extrait : 1 à 5 centigr.; Teinture d'extrait ; 1 à 12 gouttes. Laudanum : 1 à 20 gouttes.
Voici la valeur comparative des diverses préparations opiacées.
1 p. d'opium brut 0,10
représente :
Morphine
Opium brut ....
Extrait
Teinture d'extrait. .
Laudanum Sydenham — Rousseau Vinaigre d'opium. .
Masse de cynoglosse Diascordium ....
Thériaque
Elixir parégorique .
1 p. d'extrait représente
En d'autres termes
,01 de Morphine
10 d'Opium brut
05 d'Extrait
60 de Teinture d'extrait
85 de Laudanum de Sydenham
36 de — de Rousseau
85 de Vinaigre d'opium
50 de Masse de cynoglosse
30 de Diascordium
» de Thériaque
» d'Elixir parégorique
Contiennent
on représentent
0,10 opium brut
ou 0,05 extrait aqueux.
Toxic. — Après la mort, la surface du corps est complètement décolorée, et la peau offre par places l'aspect de la chair de poule; la chaleur
opium 421
persiste longtemps, même quand le cadavre est devenu rigide ; la putréfaction est retardée. L'autopsie permet de reconnaître une congestion manifeste du cerveau et des poumons ; le sang peut être noir et fluide, ou coagulé. La membrane gastro-inleslinale est ordinairement exempte d'ulcérations, et quelquefois colorée par la teinte safranée du laudanum, quand cette préparation a été le poison employé.
La recherche chimique du poison aura toujours pour objet l'isolement de l'un des alcaloïdes de l'opium, ordinairement de la morphine, qui est le plus abondant et le mieux caractérisé; en outre si c'est une préparation opiacée qui a été ingérée, et non l'alcaloïde, il conviendra de rechercher l'acide méconique qui, particulier à l'opium, suffirait pour caractériser celte substance.
Voici, d'après M. Roussin, la meilleure méthode à suivre :
Les mat. solides, organes, etc., sont coupés en petits morceaux, mélangés aux produits liquides, déjections, sang, vomissements, etc., et additionnés d'une solution saturée d'acide tartrique pur, jusqu'à réaction nettement acide. On ajoute Q. S. d'alcool à 95°, pour que la masse soit bien liquide, et qu'une nouvelle addition d'alcool ne précipite plus rien ; on fait digérer dans un ballon, pendant quelques h., à -f~ 50°. On laisse refroidir, et l'on passe sur une toile lavée à Tac. chlorhyd. ; on exprime fortement, on lave le résidu avec une nouvelle q. d'alcool à 95° ; on réunit les liqueurs et on les filtre au papier Berzélius. On évapore au B.-M. jusqu'en consistance de sirop épais ; on ajoute alors au résidu cinq fois son volume d'eau distillée tiède, et on passe sur un filtre Berzélius préalablement mouillé ; on lave le résidu sur le filtre ; les solutions aqueuses réunies sont évaporées en sirop, additionnées de 5 ou 6 fois leur vol. d'alcool absolu, filtrées, évaporées de nouveau.
L'extrait obtenu est dissous dans Q. S. d'ammoniaque, pour que celle-ci soit en très-léger excès ; il se produit un précipité composé de phosphates calcaires provenant des matières animales et de morphine ; il faut laisser la liq. au repos pendant qques heures; il arrive alors qu'elle cristallise et adhère aux parois du vase. On la racle avec une barbe de plume coupée en brosse, et on la délaie bien dans le liquide qu'on filtre sur un papier Berzélius, plié en quatre ; on lave bien l'intérieur du vase pour tout recueillir, et on achève d'épuiser par l'eau de toute matière soluble, le contenu du filtre ; le filtre bien égoutté est séché au B.-M, dans une capsule de porcelaine. On le coupe alors en petits fragments avec son contenu, et on le met digérer dans l'alcool à 95°, à une lemp. de 50 à 60°. On agite de temps en temps pendant 4/4 d'h., puis on jette sur un filtre, qu'on lave avec de nouvel alcool. Le liquide est évaporé à une douce chaleur : si la morphine est assez abondante elle se sépare en cristaux brillants et durs, sinon elle est sous forme d'un résidu écailleux ; on enlève ce résidu avec une spatule de platine et on le soumet aux réactions caractéristiques de la morphine :
1° Par l'ac. azotique : coloration rouge orangée qui vire au jaune en une ou deux minutes.
2° En laissant tomber une petite q. de morphine sur une goutte de solution de persulfate de fer assez concentrée, et aussi peu acide que possible, il se produit une coloration bleue qui passe au vert après qques instants* Ferrand, Aide-mémoire, 24
OPIUM
3° En projetant un peu de morphine pulvérisée dans une solution d'acide iodique au 1/10 additionnée d'empois d'amidon, la morphine décompose l'acide iodique, et l'iode misa nu colore en bleu l'amidon. — On peut remplacer l'acide iodique par un iodate alcalin qu'on additionne de 1 à 2 gouttes d'acide sulfurique étendu de son vol. d'eau.
Ces réactions s'observent aisément, en opérant sur une soucoupe ou dans une petite capsule de porcelaine blanche.
Quand l'empoisonnement a été pratiqué au moyen de la morphine ou de ses sels, les recherches doivent se borner là ; au contraire si l'on a administré de l'opium ou une préparation d'opium, il convient de tâcher de reproduire la réaction spéciale à l'acide méconique avec les persels de fer ; pour cela la liqueur filtrée d'où provient la morphine, qui retient l'acide méconiqueà l'état de méconate d'ammoniaque, sera acidulée lég' par l'ac. chlorhydrique ; l'acide méconique étant ainsi mis à nu , l'addition de qques gouttes d'un persel de fer produira immédiatement la coloration rouge, intense, non détruite par le chlorure d'or.
Contre-poisons. — Les astringents, les substances contenant du tannin sont les principaux. En outre les substances qui sont propres à combattre l'action narcotique : café, thé, quinquina, sulfate de quinine. — On a beaucoup vanté aussi la belladone, qui a donné qques succès remarquables.
Essai de l'opium. — On y a mélangé beaucoup de substances inertes : 'pierre, sable, plomb, terre, huiles, résines, extraits, glucose ; on l'a versé dans le commerce, après Ta voir privé de morphine et lui avoir rendu son aspect ordinaire. Pour s'assurer de sa valeur, il faut en doser la morphine, et s'assurer qu'il donne environ la moitié de son poids d'extrait. — Pour doser la morphine, on emploie ord1. le procédé de M. Guilliermont. On prend sur différents points de la masse de petits échantillons qu'on réunit, et dont on pèse 45 gv. On les délaie dans un mortier avec 60 gr. d'alcool à 70°, on passe sur une toile, on exprime, on reprend le marc de la même manière par 40 gr. d'alcool à 70° ; on réunit les liqueurs, on filtre et on ver=e dans un flacon où l'on a pesé 4 gr. d'ammoniaque ; on agite et on abandonne au repos. Du jour au lendemain, la morphine cristallise, tandis que la narcotine se précipite en petites aiguilles nacrées. On réunit le tout sur un filtre et on lave avec soin; la narcotine est ensuite séparée par lévigalion dans l'eau, étant fort légère, ou par trituration avec l'éther; la morphine restée en résidu est séchée et pesée : un opium a 10 0/0 doit donner 1,50 de morphine.
Poudre d'opium.
Coupez l'opium par tranches, faites-le sécher à Fétuve ; pulv. par contusion et trituration, passez au tamis de soie, et conservez dans des flacons bien bouchés. (God.) Extrait d'opium. Extrait thébaïque.
Pr. Opium de Smyrne. . . . 1000 Eau distillée froide . . . 12000
Div. l'opium en tranches minces, et traitez-le par les deux tiers de l'eau ; agitez souvent. Après 24 h. passez et exprimez. Traitez le marc de la même ma-
nière pend. 12 h. avec le reste de l'eau. Filtrez les liq. réunies, et évaporez-les au B.-M. en consistance d'extrait. Reprenez celui-ci par 10 p. d'eau froide, laissez déposer, filtrez et évaporez de nouveau en extrait ferme. (God.)
Rendement : 49/100.
Teinture d'extrait d'opium. Teinture thébaïque.
Pr. Extrait d'opium 10
F. dissoudre par macération et filtrez.
OPIUM
Laudanum de Sydenham. Vin d'opium
composé.
Pr. Opium de Smyrne .... 200
Safran incisé 100
Cannelle deGeylanconc . 15
Girofles conc. 15
Vin de Malaga 1600
Coupez l'opium en petits morceaux, et faites-le macérer avec les autres subst. dans le vin pend. 15 jours, en agitant de temps en temps. Exprimez fortement et filtrez. — 4 gr. de laudanum de Sydenham représentent 50 centigr. d'opium ou 25 centigr. d'extrait. (Cod.)
Laudanum de Rousseau.
Pr. Opium de Smyrne .... 200
Miel blanc 600
Eau chaude. ...... 3000
Levure de bière fraîche . 40
Alcool à 60» 200
Div. l'opium, faites-le dissoudre dans l'eau chaude, ajoutez le miel, puis la levure. Mettez le tout dans un matras que vous exposerez à une temp. constante de 25 à 30°, jusqu'à ce que la fermentation soit terminée. Filtrez, évaporez au B. -M., jusqu'à ce que la liqueur pèse 600 gr. Laissez refroidir, ajoutez l'alcool et après 24 h. filtrez de nouveau. — 4 gr. de laudanum de Rousseau représentent 1 gr. d'opium ou 50 centigr.
d'extrait. (Cod.)
Gouttes noires anglaises. Black Drops.
Pr. Opium de Smyrne .... 100
Vinaigre distillé 600
Safran 8
Muscades 25
Sucre 50
Div. l'opium; pulv. grossièrement les muscades, incisez le safran. Faites macérer le tout pend. 10 j. avec les 3/4 du vinaigre, en agitant fréquemment. Chauffez au B.-M. pend. 1/2 h. Exprimez.
Ajoutez sur le marc le dernier 1/4 du vinaigre et exprimez après 24 h.; réunissez les liqueurs, filtrez, ajoutez le sucre, et évaporez au B.-M. jusqu'à réduction à 200. Le produit froid doit marquer 29° Be'. — 1 gr. de gouttes noires représente 50 centigr. d'opium ou 25 centigr. d'extrait. (Cod.)
Sirop d'opium. Si7-'op thëbaïque.
Pr. Extrait d'opium 2
Eau distillée 8
Sirop de sucre 990
F. dissoudre à froid l'extrait dans l'eau, filtrez et mélangez au sirop. — 20 gr. contiennent 4 centigr. d'extrait d'opium. (Cod.)
Sirop de karabé.
Pr. Sirop d'opium 100
Esprit de succin 0,50
M. (Cod.)
Sirop diacode.
Pr. Extrait d'opium 0,50
Eau distillée 4,50
Sirop de sucre 995
F. dissoudre l'extrait dans l'eau, filtrez et mélangez au sirop. — 20 gr. contiennent 1 centigr. d'extrait d'opium. Ce sirop remplace l'ancien Sirop de pavot blanc. (Cod.)
Fotion antispasmodique opiacée.
Pr. Sirop d'opium 15
— de sucre 10
Eau dist. de fl. d'oranger. 15
Eau commune 100
Ether sulfurique 1
F. S. A. Bouchez avec soin. (Cod.) Potion calmante. Julep calmant.
Pr. Sirop d'opium 10
— de fl. d'oranger. . . 20 Eau dist. de tilleul. ... 120
M. (Cod.)
Teinture d'opium camphrée. Elixir
parégorique de la Pharm. de Dublin.
Pr. Extrait d'opium 3
Acide benzoïque 3
Huile vol. d'anis 3
Camphre 2
Alcool à 60" 650
F. macérer 8 j., filtrez. — 10 gr. représentent 5 centigr. d'extrait d'opium.
Pilules de cynoglosse.
Pr. Extrait d'opium 10
Poudre de semences de jus- .
quiame. . 10
Poudre d'écorce de rac. de
cynoglosse . 10
Poudre de myrrhe .... 15
— d'oliban 12
— de safran 4
— de castoreum ... 4 Sirop de miel 35
Faites sécher à l'étuve et pulvérisez ensemble les semences de jusquiame et l'écorce de racine de cynoglosse, dont vous avez eu soin de prendre 1/4 en sus du poids indiqué, quart qui vous restera en résidu à la fin de l'opération. Les deux poudres mêlées doivent peser 20 gr. Mêlez aux autres poudres, ajoutez l'extrait d'opium dissous au B.-M. dans le sirop de miel et faites une masse homogène que vous conserverez dans un vase fermé. — On en fait le plus ordinairement des pilules de 20 centigr., contenant chacune 2 centigr. d'extrait d'opium. (Cod.}
OPIUM
Poudre de Dower. Poudre d'ipeca-
cuanha opiacée.
Pr. Poudre de nitrate de pot. . 40
— de suif, de potasse. 40
— d'ipecacuanha ... 10
— de réglisse 10
Extrait d'opium séché et
pulvérisé 10
F. bien sécher les poudres et mélangez-les intimement. — 1 gr. contient 9 centigr. d'extrait d'opium sec. (God.)
Électuaire Diascordium.
Pr. Flles sèches de scordium Fleurs de rose rouge. .
Racine de bistorte. . .
— de gentiane. . .
— de tormentille. .
Semences d'épine-vinette
Gingembre
Poivre long
Cannelle de Geylan. . .
Dictame dé Crète . . .
Benjoin en larmes . . .
Galbanum. .......
Gomme arabique. . . .
Bol d'Arménie préparé.
Extrait d'opium ....
Miel rosat 1300
Vin de Malaga l'OO
Evap. le miel ros."\ à ne peser que 1000 gr. et pendant qu'il est chaud, ajoutez l'extrait d'opium dissous dans le vin, puis peu à peu toutes les substances réduites en poudre fine. Mélangez exactement. — 1 gr. contient environ 6 milligr. d'extrait d'opium. (Cod.) Electuaire thériaque. Thériaque, Thériaque d'Andr orna que, Electuaire opiacé /polypharmaque oupo/yamique ; Theriaca (Treacle, Ang.).
Pr. Racine d'acore
— de gingembre .
— d'iris
— de quintefeuille.'
— de rhapontic . .
— de valériane . .
— de nard celt. .
— de meum. . . .
— de gentiane . .
— d'aristoloche clém.
— de cabaret . .
Bois d'aloès
Schœnanthe
Ecorce de cannelle. .
— de citrons . .
Scille sèche
Som.
de scordium . .
— de marrube . .
— de calament. .
— de chamœdrys .
— de chamœpitys.
— de pouliot . . .
Dictame de Crète . .
Laurier, feuilles 30
Centaurée p 10
Hypericum 20
Stœchas 30
Roses rouges 60
Safran 40
Sémin. d'ammi 20
— d'anis 20
— de fenouil 20
— de daucus de Crète. 10
— de séséli 20
— de persil 30
Cardamome minor. ... 80 Poivre noir 60
— long 120
Sem. d'ers 200
— de navet sauv. . . 60
Agaric bianc 60
Vipères sèches 60
Castoréum 10
Opium de Smyrne .... 120 Suc de réglisse ..... 60
Cachou 40
Gomme arabique 20
Mie de pain desséchée. . 60
Galbanum 10
Myrrhe 40
Oliban 30
Benjoin en larmes .... 20
Opopanax 10
Sagapénum 20
Asphalte 10
Terre sigillée 20
Su'.fate de fer desséché. . 20
Téréb. de Chio 50
Miel blanc 3500
Vin de Maîaga 250
Faites avec toutes les matières (la térébenthine, le miel et le vin exceptés) une poudrj fine composée : c'est la poudre thériacal".
Liquéfiez la térébenthine à une douce chaleur, ajoutez-y assez de poudre pour la diviser, délayez ce premier mélange avec le miel fondu et chaud, ajoutez peu à peu le reste de la poudre et Q. S. de vin d'Espagne pour avoir une pâte molle. Conservez. Au bout de quelques mois il est nécessaire de broyer de nouveau la thériaque. (Codex.)
4,0 de thériaque contiennent environ 0,05 d'opium brut, ce qui équivaut à 0,025 d'extrait.
Alcoolat de thériaque composé. Esprit thériacal, Eau thériacale spiritueuse.
Pr. Racine d'angélique. .
— d'aunée 60
— de souchet .... 60
— de contrayerva
— d'impératoire.
— de serpentaire . . 30
— de valériane ... 30
OPIUM
— de zédoaire. ... 30
— de galanga. ... 30
Cannelle fine 15
Girofle. 15
Zeste3 frais d'orange. . . 15
— de citron 15
Baies de genièvre .... 15
— de laurier 15
Sommités de romarin . .. 15
— de rue .... 15
— de sauge ... 15
Thériaque 250
Alcool à 56° c 1500
Eau distill. de noix . . . 1500
Faites macérer les substances sèches dans l'alcool, ajoutez la thériaque délayée dans l'eau de noix, et distillez toute la partie spiritueuse. (Guib.)
Sudorifique, cordial, stomachique. 2 à 15 gr. dans un véhicule convenable.
Peu employé.
Gérât opiacé.
Pr. Extrait d'opium i
Eau distillée 1
Gérât de Galien. 98
F. dissoudre l'extrait et mêlez. (Cod.)
Gérât laudanisé.
Pr. Laudanum Sydenham ... 10
Gérât de Galien 90
M. (Cod.)
Emplâtre d'extrait d'opium.
Le Codex indique de le préparer comme l'emplâtre d'extrait de ciguë, en employant, bien entendu, l'extrait aqueux d'opium. Généralement, cet extrait étant de consistance convenable est simplement étendu en couche mince sur du taffetas ou de la peau.
Collyre opiacé.
Pr. Extrait d'opium 0,20
Eau distillée de rose. . . 100 F. dissoudre et filtrez. (Cod.)
Glycéré d'extrait d'opium.
Prép. c. le Glycéré d'extrait de belladone.
Liniment camphré opiacé.
Pr. Huile camphrée 80
Cérat de Galien 10
Teinture d'opium 10
Délayez le cérat dans l'huile, ajoutez
la teinture. (Cod.)
Liniment narcotique. Linim'nt calmant.
Pr. Baume tranquille 80
Cérat de Galien 10
Laudanum Sydenham. . . fO Délayez le cérat dans le baume, ajoutez le laudanum. (Cod.)
Tinctnra opii. (Brit. Pharm.)
Pr. Opium en poudre gross. 42,52
Alcool à 60" c 518,05
F. S. A. (Cod.)
Teinture acétique d'opium. Vinaigre
d'opium.
Pr. Opium 1
Vinaigre 6
Alcool à 80" . 4
(Cod. 1837.)
4 gr. correspondent à 0,35 d'opium.
La Liqueur sédative d'opium de Battley [Battley's liquor opii sedativus) est un soluté d'opium dans le vinaigre; mais, comme on ne peut la conserver sans y ajouter un peu d'alcool, ce qui détruit une partie de ses propriétés sédatives, il s'ensuit que cette préparation revient à celle ci-dessus. (Dorv.)
Pilules d'opium ou thébaïques.
Pr. Extrait aqueux d'opium. Q. V.
F. des pilules de 5 centigr. (1 grain).
Edimb. prescrit : opium 1 part., sulfate de potasse 3 part., conserve de roses 1 part. F. une masse à diviser en pilules de 0,25. (Dorv.)
Lavement laudanisé ou anodin.
Pr. Décocté de guimauve. . 250,0 Laudanum de Syd. . . 0,6 En ajoutant à ce lavement 15 grammes d'amidon, on a le lavement d'amidon laudanisé employé contre la diarrhée; ce dernier additionné de 10 gr. d'alun et de 4 gr. d'extrait de valériane, a été employé avec succès contre la dyssenterie, par le docteur Valérius. (Dorv.)
Lavement opiacé camphré de Ricord.
Pr. Camphre 0,5
Extrait d'opium ..... 0,05
Jaune d'oeuf n° 1
Eau „ . 200,0
Pour combattre les érections.
Cigares opiacés.
Pr. Extrait d'opium 0,15
Belladone 3,0
Faites dissoudre l'extrait dans quelques gouttes d'eau, arrosez-en la belladone, laissez sécher un peu, et faites un cigare. On remplace quelquefois l'extrait d'opium par le laudanum. (Dorv.)
Pommade contre les engelures. (Knœrlzer.)
Pr. Opium 10
Carb. d'ammoniaque ... 10
Acétate de plomb 20
Axonge 120
(Bouch.)