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POMMADES

Préparations destinées à l'usage externe dont les corps gras solides font la base. L'axonge, le beurre, le suif, le beurre de cacao, la moëjle de bœuf, etc., sont usités pour cet usage. La matière médicamenteuse active peut être soluble dans le corps gras : alors la pommade s'obtient parmélangeou solution à chaud. Elle peut être insoluble : alors la pommade sera préparée par simple mélange au mortier ou au porphyre, la substance médicamenteuse étant préalablement réduite en poudre fine, ou dissoute, si cela se peut, dans un peu d'eau ou de glycérine. — On prépare encore des pommades par coction avec les plantes fraîches, ou par combinaison chimique (pommade citrine, pommade oxygénée).

On doit les conserver dans un endroit frais et dans des pots couverts. Elles sont sujettes à rancir. On prévient assez bien cette altération par l'emploi de Vaxonge benzoïnêe ou populinée.

POMMES. Malus communis, Lamk. — Rosacées.

La variété, dite pomme de Reinette, donne par décoction avec l'eau une tisane agréable, rafraîchissante et tempérante, qui convient aux malades atteints de fièvre, d'embarras gastrique, d'ictère. — Elles doivent leurs propriétés à l'acide malique et au principe odorant qu'elles renferment.

Suc de pommes.

Prép. c. le Suc de coings.

PONGE. Pierre ponce.

Minéral d'origine volcanique, gris, poreux, fibreux. La poudre entre dans quelques dentifrices. On s'en sert aussi pour user les cors.

POTASSE. Potasse caustique ; pierre a cautère; oxyde de potassium ; Oxydum potassicum ; = KO, HO.

Prép. — On prend :

Carbonate de potasse (sel de tartre) 2000

Chaux vive 1000

Eau 25000

La chaux est éteinte et délayée dans 5 ou 6 f. son poids d'eau. Le carbonate de potasse dissous dans le reste de l'eau est porté à l'ébullition dans une chaudière de fer ; on ajoute peu à peu le lait de chaux sans interrompre l'ébullition. On agite avec une spatule de fer, et Ton continue à chauffer pend. 1/2 h. en remplaçant l'eau qui s'évapore. Si un peu de liqueur étendue de son vol. d'eau filtrée se troublait par l'eau de chaux, il faudrait continuer l'ébullition jusqu'à ce qu'on ait atteint ce résultat. — Alors passez sur une toile, lavez le résidu, réunissez les liqueurs claires et évaporez-les rapid1. dans une bassine d'argent jusqu'à fusion ignée. — Coulez alors en pastilles ou en plaques sur un marbre huilé, ou mettez en cylindres à l'aide d'une lingotière. — Cette potasse contient à l'état de mélange du chlorure de potassium et du sulfate de potasse provenant du carbonate de potasse ; elle constitue la Potasse h la chaux on pierre à cautères.

Pour l'obtenir pure, on la traite à plusieurs reprises, dans un vase bouché, par l'alcool à 90° : les liqueurs alcooliques claires sont distillées à la moitié de leur volume. Le résidu est évaporé rapidement dans une bassine d'argent ; on a soin d'enlever la matière charbonneuse noire qui se produit à la surface vers la fin de l'opération, et on coule en plaques sur des plateaux d'argent, quand la matière est arrivée à la fusion tranquille sans ébullition, malgré l'intensité du feu. C'est la potasse dénommée Potasse h V alcool; elle contient seulement des traces de chlorure et de carbonate.

La potasse doit être renfermée immédiatement après sa préparation dans des vases fermés de bouchons cirés ; une courte exposition à l'air lui permet d'absorber de Feau et de l'acide carbonique.

Act. Phys. — Appliquée sur un tissu organique quelconque, elle le désorganise rapidement en absorbant l'eau et produit une eschare molle, gélatiniforme. Cette propriété en fait un poison corrosif des plus puissants, et s'oppose à son emploi pour l'usage interne. Comme son action thérapeutique est absolument identique avec celle de son carbonate, on lui préfère ce dernier comme beaucoup moins corrosif. — D'autre part on met à profit sa causticité, en l'utilisant à l'application des cautères; on préfère pour cet usage la potasse à la chaux qui fuse moins : on applique sur le point indiqué un morceau de sparadrap que l'on fait adhérer avec soin ; au centre est pratiquée une ouverture de la largeur de l'eschare qu'on veut obtenir ; on y place un morceau de potasse beaucoup plus petit que cette ouverture, que Ton maintient au moyen d'une seconde bande de sparadrap.

L'effet est obtenu au bout de quelques minutes ; on préfère généralement aujourd'hui la Poudre de Vienne.

Chim. — Les sels de potasse sont fort solubles en général et incolores à moins que l'acide ne soit coloré ; ils résistent à l'action de la chaleur. L'acide tartrique ajouté en excès à leurs solutions, donne, surtout par l'agitation, un précipité blanc, cristallin, soluble dans beaucoup d'eau et dans les alcalis. — Le bichlorure de platine les précipite à l'état de chloro-platinate de potasse (KGI, PtCl2) jaune serin, peu soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool fort.

Au chalumeau , sur le fil de platine, ils colorent en violet l'extrémité de la flamme extérieure , à moins qu'ils ne contiennent des traces de soude.

Toxic. — Les symptômes d'empoisonnement par les alcalis caustiques (Potasse et Soude caustiques, Eau seconde, Eau de Javelle), ressemblent singulièrement à ceux que produisent les acides minéraux : brûlure et resserrement de la bouche, de l'œsophage , de l'estomac ; nausées et vomissements, anxiété, tremblement ; coliques suivies de déjections sanguinolentes, refroidissement. La mort peut survenir au bout de quelques heures.

Souvent la terminaison fatale se fait attendre plusieurs mois , et les sujets succombent après un dépérissement progressif dans le dernier degré du marasme.

Les lésions observées sur le tube digestif sont peut-être moins profondes mais plus étendues que celles qui proviennent des acides; dans les cas aigus, l'estomac est ramolli dans toute son épaisseur par une sorte de gangrène humide ; dans les cas chroniques, on observe des ulcérations de l'organe, et souvent un rétrécissement partiel de l'œsophage , avec état lardacé des parois.

Recherche du poison. Il ne faut pas perdre de vue que presque toujours la substance toxique sera passée à l'état de carbonate. Il peut se présenter deux cas : ou l'autopsie a été faite immédiatement et- l'on a pu recueillir les matières et organes à examiner et les renfermer vivement dans des vases bien bouchés ; ou l'exhumation ayant été faite tardivement , la transformation des alcalis en carbonates est complète.

Dans le premier cas, on doit pratiquer l'analyse aussi rapidement que possible. Toutes les matières sont mises à macérer pendant 12 heures avec de l'eau distillée bouillie et refroidie, dans un flacon fermé. Le liquide filtré rapidement est divisé en deux parts : dans la première on détermine le titre alcalimétrique au moyen de la burette ; dans la seconde on pratique le même essai, après avoir précipité l'alcali carbonate par le chlorure de baryum.

Dans le second cas , l'alcali est à l'état de carbonate et les précautions sont moins délicates ; toutefois il importe de se débarrasser des sels ammoniacaux qui ont pris naissance et pourraient induire en erreur. On fait macérer les matières et le tube digestif divisé finement dans de l'eau distillée à 40" pendant plusieurs heures ; on exprime sur un linge lavé, on filtre au papier Berzélius. La liqueur est évaporée à siccité au B.-M . et le résidu chauffé à 4- 120°, tant qu'il fait virer au bleu un papier de tournesol rougi et humide placé au-dessus. On reprend le résidu par l'eau tiède, et la solution filtrée est

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