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PULPES

Ce sont des préparations faites en général avec les parties succulentes des végétaux, privées des éléments fibreux. Pour cela les substances étant écrasées par un procédé convenable, on les fait passer à travers un tamis de crin au moyen d'une spatule nommée pulpoir.

On emploie des matières crues ou cuites selon les cas. Les pulpes sont toujours d'une conservation difficile et doivent être, même les pulpes cuites, souvent renouvelées.

PYRÈTHRE OFFICINALE. Ânacyclus Pyrethrum, DC; Anthémis Pyrethrum, L. — Synantbérées.

Plante d'Afrique, dont on emploie la racine sèche; grosse comme le doigt, grise à l'extérieur, blanchâtre à l'intérieur; od. désagréable; sav. acre et brûlante. — Elle contient : huile fixe, huile volatile et une résine molle (Pyréthrine), qui passe pour la partie active.

C'est un irritant énergique, qui, maintenu sur la peau , pourrait produire la rubéfaction. Il provoque la salivation d'une manière remarquable. Aujourd'hui, il n'est usité que comme dentifrice, odontalgique et sternutatoire.

Les feuilles et les racines pulvérisées de Pyrêthre du Caucase, Pyrethrum caucasicum, auquel on substitue souvent le P. carneum ou le P. roseum de Perse, sont très-employées aujourd'hui pour la destruction des punaises. C'est, en effet, pour ces insectes, un poison violent, très-efficace quand il est pur.

Poudre de pyrêthre.

Prép. c. la Poudre de historié.

Teinture de pyrêthre.

Prép. c. la Teinture de cannelle, 1 p. pour 5 p. alcool à 80°.

PYROLE OMBELLÉE. Winter-green; PyrollaumbeUata,L. — Pyrolacées.

; Plante d'Amérique, qu'on rencontre, mais rarement, dans les

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Vosges. Les feuilles sont légèrement astringentes, stomachiques, toniques et surtout diurétiques. On l'emploie aux États-Unis contre l'hydropisie. — Extrait : 0,50 à 2 gr.

L'essence dite de Winter-green est Fhuile volatile de Gaultherie couchée.

quassi AMER. Bois amer de Surinam; Quassia amara, L, — Simaroubées.

On emploie le bois du tronc et des racines; il est blanc, inodore, léger, couvert d'une écorce mince, grisâtre, peu adhérente. Le bois et l'écorce ont une saveur amère intense, due à un principe cristallisable, la Quassine (C20H12O6), peu sol. dans l'eau, sol. dans l'alcool et Péther, précipitable par le tannin.

Act. Phys. — C'est un amer pur, sans astringence, et dépourvu de tannin. Il en résulte que son action tonique et stomachique, fébrifuge même, ne s'accompagne ni d'irritation, ni de constipation. — On emploie le quassia dans la dyspepsie, l'anémie, la chorose, la diarrhée, et en général dans toutes les affections caractérisées par le défaut de nutrition et la débilité progressive. On l'emploie en tisane : macéré : 5 : 1000; sous forme de poudre (1 à 2 gr.) ; d'extrait, etc.

Le quassi amer est toxique pour les animaux inférieurs, et sert à ce titre à la préparation des papiers tue-mouche, répandus dans le commerce.

— Depuis longtemps on substitue au précédent le bois du Quassia de la Jamaïque, Picrœna excelsa, Lindl. — Rutacées. — Il est en morceaux plus volumineux, et ne dilfère aucunement par ses propriétés du vrai quassi de Surinam. C'est avec ce bois qu'on fabrique ces gobelets qui communiquent à l'eau qu'on y laisse séjourner pendant quelques minutes la saveur amère du quassia. Ces gobelets sont à peu près abandonnés parce qu'ils ne tardent pas à prendre une odeur de moisissure qui se communique à l'eau, et en outre, parce qu'ils s'appauvrissent peu à peu de matière amère et ne fournissent plus rien au véhicule.

Foudre de quassia amara.

Râpez la racine: séchez à l'étuve, et achevez la pulvérisation au mortier de fer ; passez au tamis de soie. (God.) Teinture de quassia amara.

Prép. c. la Teinture de gentiane, avec 1 p. pour b p. alcool à 60n.

Extrait de quassia amara.

Prép. c. Y Extrait de gentiane. — Rendement : 2,5/100.

Vin de quassie.

Pr. Vin de Madère 500

Quassie pulvérisée .... 30 Faites macérer, filtrez. (Bér.)

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QUILLAI SAVONEUX. Écorce de Panama: Quillaja saponaria, Mol. — Rosacées.

Cette écorce vient de Panama, en grands morceaux larges et plats, presqu'entièrement constitués par le liber ; elle est d'un gris-jaunâtre pâle, fibreuse. Elle contient une grande quantité de saponine, qu'on en retire au moyen de l'alcool, à chaud. Le soluté alcoolique de saponine dissout les résines, les gommes-résines et les huiles, et la solution étendue d'eau forme des émulsions permanentes. La saponine est spécialement employée au nettoyage des mérinos et des laines, et n'a pas d'autre emploi pharmaceutique que de faciliter l'émulsion de certains produits (coaltar saponine, etc.). Cependant elle parait être puissamment diurétique à faible dose, et toxique à haute dose ; sa poudre provoque l'éternuement, la toux et la salivation ; c'est ce qui rend dangereux et pénibles la pulvérisation et le maniement des écorces de panama.

Teintnre de saponine ou de quillaya.

(Lebeuf.) Pr. Ec. de quill. saponaria. . 100 Alcool à 90» c 500

Chauffez jusqu'à ébullition et filtrez.

24 de cette teinture mêlés et mis à digérer pendant 8 jours daus de l'eau

;rer penuani o jours aans ae i eau 7/iuiswn viere

QUININE. (Voir Quinquina et Sulfate de

tiède, avec 10 de coaltar, puis, agités et filtrés, donnent la teinture de coaltar saponinée de Lebeuf, employée par M. Lemaire pour la désinfection des plaies, etc. 1 p. de cette teinture saponinée mêlée avec 4 p. d'eau de fontaine, donne IVmulsion mère de M. Lebeuf. (Dorv.)

quinine.)

QUINQUINAS

On comprend sous ce nom un grand nombre d'écorces fournies par diverses espèces du genre Cinchona et de genres voisins de la famille des Rubiacées. — Le genre Cinchona a été divisé en deux sous-genres d'après le mode de déhiscence de la capsule : Cinchona (fig. 111), capsule s' ouvrant de bas en haut; Cascarilla (fig. \ 12), capsule s'ouvrant de haut en bas.

Leur histoire est encore incomplète malgré le grand nombre de savants qui s'en sont occupés. Cela se conçoit d'ailleurs, à cause des renseignements peu précis qu'il est possible d'obtenir des Cascarilleros ou récolteurs de quinquina, et à cause des caractères variés que présentent les écorces suivant l'âge de l'arbre qui les a fournies. — Quoi qu'il en soit, les arbres à quinquina habitent les Cordillières du Pérou, de la Bolivie et de l'Equateur, à une altitude qui varie entre 1000 et 1300 m. au-dessus du niveau de l'océan, et occupent une région dont la célèbre localité de Loxa fait à peu près le centre. La manière dont on fait l'exploitation, en abattant l'arbre pour en enlever l'écorce, fait disparaître peu à peu les grands arbres et

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les belles écorces. On peut prévoir un moment où le prix en deviendra très-élevé à cause de leur rareté ; aussi les gouvernements se sont émus de cet état de choses et favorisent les tentatives de plantations faites aux Indes, à Java, en Algérie. — Les propriétés fébrifuges du quinquina furent mises en lumière par la comtesse Del Ginchon (d'où cinchona) en 1638. Mais il ne fut désigné à cette époque que sous les noms de Poudre de la Comtesse ou des Jésuites, et sa véritable nature ne fut connue qu'après que Louis XIV en eut acheté le secret, en 1679, à l'Anglais Talbot.

Gomp. — La composition des quinquinas est trèscomplexe et varie beaucoup d'une écorce à l'autre; aussi est-il nécessaire de donner une notion suffisante des divers principes qui s'y rencontrent communément , pour parler d'une manière intelligible des propriétés des sortes médicinales.

Les principes les plus communs et les mieux étudiés des quinquinas sont :

l'acide quinîque, la quinine, la quinoidine, la quinidine, la cinchonine et la cinchonidine. On a signalé en outre dans diverses écorces : la huanoquine, la pseudo-quinine, lapitonine, la blanquinine, Taricine, la cinchovatine, la paricine, sans compter les produits nombreux qui dérivent des principaux alcaloïdes.

Acide quinique. (G14H12012). On l'obtient en traitant par l'alcool l'extrait aqueux de quinquina. Lequinate de chaux que celui-ci contient reste en résidu, et est décomposé par l'acide oxalique; prismes transparents sol. dans l'eau, peu dans l'alcool et l'éther. Ii fond à 155° et se décompose au-dessus de 280 en benzine, acide benzoïque, acide phénique, etc.

11 ne faut pas le confondre avec l'acide quinovique ou quitiova-

Cinchona.

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tique {amer cinchonique) que l'on obtient en traitant le quinquina par un lait de chaux bouillant, évaporant la solution en extrait et décomposant par l'acide chlorhydrique. L'acide quinoviquo est purifié par solution dans l'alcool et précipitation par l'eau. M. Hlasivetz le considère comme un glucoside.

Quinine. (C40H24Az2O*). On l'obtient en précipitant une solution bouillante de sulfate de quinine dans l'eau par q. s. d'ammoniaque. (Voir Sulfate de quinine.) Elle cristallise difficilement; elle est sol. dans 400 p. d'eau froide, 250 p. d'eau bouillante, 2 p. d'alcool et 60 p. d'éther. Elle dévie à gauche la lumière polarisée. — Elle fond à 120° et se volatilise en partie en élevant un peu la température. L'iode se combine avec elle et donne de

Fig. 112. — Gascarilla.

Yiodoquinine. Une solution acide de quinine additionnée d'eau chlorée récente, puis de quelques gouttes d'ammoniaque, prend une belle teinte verte; si l'ammoniaque n'est pas en excès, une. nouvelle addition d'eau chlorée fait passer la liqueur au violet et au rouge. — La quinine que l'on fait bouillir avec l'oxyde puce de plomb en instillant goutte à goutte de l'acide sulfurique se transforme en une matière rouge : la quinétique. — Chauffée avec de la potasse, elle dégage de la quinoléine. — Les sels de quinine donnent des solutions aqueuses à reflet opalin ; elles sont précipitées par le tannin, par les alcalis, et l'iodure ioduré de potassium.

Quinoïdine. C'est un produit d'altération des alcaloïdes du quinquina sous l'influence de l'air et du soleil, au moment de la

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dessiccation des écorces, ou même pendant la préparation du sulfate de quinine. Elle a été retirée des eaux-mères de ce produit. C'est d'ailleurs un corps complexe d'où l'on extrait par l'éther 50 à 60 0/0 de quinidine.

Quinidine. Isomère avec la quinine, elle existe dans les Quinquinas Huamalies, Macaraibo et Bogota, Elle est moins sol. dans l'eau que la quinine, et s'en distingue en ce que son sulfale n'est pas précipité, comme le sulfate de quinine, par l'acide oxalique. — La quinicine est un autre isomère obtenu par M. Pasteur en chauffant pendant 4 heures à 120°, du sulfate de quinine humide, additionné d'acide sulfurique; insol. dans l'eau, sol. dans l'alcool; aspect résineux; elle dévie à droite la lumière polarisée.

Cinchonine. (G40H24Az2O2). (Voir au mot Cinchonine.) Nous rappellerons seulement ses principaux caractères : cristalline, déviant à droite, volatile sans décomposition ; à peu près insoluble dans l'éther. — Les sels de cinchonine précipitent par le cyanure jaune ; le précipité disparaît à l'ébullition et se dépose par refroidissement en lamelles cunéiformes d'un jaune d'or éclatant.

Ginchonidine. Isomère de la cinchonine, mais dévie à gauche. Elle a été trouvée dans le Quinquina Macaraibo. Ses sels à une temp. élevée, se changent en sels de Ginchonicine (Pasteur), autre isomère amorphe, déviant à gauche également.

Acide quinotannique. Enfin les quinquinas renferment un tannin particulier, analogue à celui du cachou, et précipitant en vers les sels ferriques. On le nomme acide quinotannique.

Écorces commerciales. On les range généralement sous trois types principaux dénommés : Quinquinas gris, Q. jaunes et Q. rouges. Bien qu'on attribue chaque variété d'écorce à une espèce particulière, quelques auteurs pensent que les Q. gris sont souvent les écorces des jeunes branches d'arbres dont le tronc fournit des quinquinas jaunes et rouges. Le Codex, dans le but de fixer le choix des pharmaciens, n'admet que trois sortes officinales, parce qu'elles sont aisées à reconnaître, et de bonne qualité.

Nous reproduisons toutefois, d'après D. Gauvet et Otto Berg, un tableau qui peut faciliter la détermination des écorces les plus répandues dans le commerce.

I. Tubes ou demi-lubes, à surface externe blanchâtre, grise, gris-brun, brune et finement gercée; surface interne rouge-brun; cassure égale en dehors et en dedans à fins éclats. . . Quinquinas bruns ou gris :

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