ASPHYXIE
Nous traiterons cette question seulement au point de vue des secours urgents à donner, dont le choix peut incomber aux pharmaciens *.
a. Asphyxie par l'acide carbonique, Yoxyde du carbone, les gaz des marais, des mines, d'éclairage, etc.
Exposer le sujet nu au grand air, le tronc élevé, couché sur le dos; affusions d'eau froide sur le visage et la poitrine ; frictions avec l'eau vinaigrée ou des alcoolats aromatiques, puis avec des flanelles ou une brosse ; titiller les narines avec les barbes d'une plume ou des vap. d'acide acétique; lavements à l'eau froide add. de 1/3 de vinaigre, puis avec une poignée de sel ou du sulfate de magnésie. — Insufflations d'air bouche à bouche, ou par des moyens artificiels. — Saignée à la jugulaire ou au pied. — Continuer tous ces moyens pendant plusieurs heures avec persévérance.
b. Asphyxie par l'acide siïf hydrique, le gaz des fosses d'aisances et d(s égouts. — Voyez Acide suif hydrique.
c. Asphyxie par Veau. — Noyés.
Déshabiller rapidement, étendre le sujet sur le côté droit, la tête un peu
t. Voyez, pour plus de détail, A. Corlieu, Aide-Mémoire de Médecine et de Chirurgie. 2e édition, Paris, 1372.
Extrait de pointes d'asperges.
Prép. c. Extrait de ciguë, — Rendement : 2/100.
penchée pour favoriser l'écoulement du liquide de la trachée ; envelopper de laine, débarrasser les narines et le nez des mucosité?. — Réchauffer au moyen de briques chaudes, de fers à repasser enveloppés, etc. ; au moyen de frictions sèches ou alcooliques répétées. — Essayer de rétablir la respiration par des compressions méthodiques sur la poitrine et le bas-ventre, au besoin par des insufflations de bouche à bouche. Employer à l'extérieur les révulsifs les plus prompts et les plus énergiques. — Lavements de tabac. — Continuer les efforts pendant plusieurs heures avec persévérance.
d. Asphyxie par strangulation. — Pendus.
Saigner immédiatement à la jugulaire ou au pied ; d'ailleurs employer les moyens indiqués ci-dessus.
e. Asphyxie par le froid.
Mettre le malade dans un bain froid, dont on élèvera peu à peu la température. — Moyens généraux semblables aux précédents.
f. Asphyxie par Valcool ou les boissons fermentées.
Faire boire de l'eau en abondance; appliquer sur la tête des compresses froides. Administrer l'ammoniaque (10 gouttes dans un verre d'eau) ou l'acétate d'ammoniaque (4 à 6 gr. dans une potion).
g. Asphyxie par les inhatations d'éther ou de chloroforme. — Voyez ces mots.
atropine. Atropina. = C34H23Az06.
Prép. — Cet alcaloïde est extrait de la belladone; il existe dans toutes les parties de la plante, mais surtout dans les racines. Prenez :
Racine de belladone fraîche 10,000 p.
Potasse caustique Q. S.
Chloroforme 200
Alcool à 90° Q. S.
Le suc étant bien exprimé, la racine est lavée à plusieurs reprises avec de l'eau et les liq. sont réunies; décanter, coaguler par la chaleur et filtrer. Ajoutez potasse caustique jusqu'à réaction franchement alcaline et la moitié du chloroforme, agitez vivement, séparez le chloroforme, et faites une nouvelle opération semblable avec la seconde moitié. Les sol. chloroformiques sont filtrées et distillées au bain-marie : le résidu, bouilli avec alcool à 90°, donne une sol. qui, décolorée par le charbon animal et filtrée, dépose par évaporation spontanée de fines aiguilles blanches d'atropine.
L'atropine a une saveur amère et acre-, se dissout dans 500 p. d'eau froide, 30 p. d'eau bouillante, 8 p. d'alcool à 90°, 60 p. d'éther. Elle est très-soluble dans les acides; ses sels cristallisent difficilement. (Codex.)
Act. phys. — L'atropine est un violent poison, qui, à dose infinitésimale, produit simplement des effets sédatifs; à dose
plus élevée, elle cause des désordres considérables de la motilité, des sens et de l'intelligence ; à dose toxique, elle provoque des vomissements, la constriction delà gorge, l'aphonie, la résolution musculaire, la syncope et la mort. Dans tous les cas son influence est toujours prononcée sur la pupille qu'elle dilate considérablement. — Appliquée extérieurement sur les muqueuses ou la peau dénudée, elle cause une sensation de cuisson fugitive et un peu d'inflammation. — Introduite entre les paupières, elle irrite et rougit la conjonctive ; l'œil larmoie, mais immédiatement la pupille se dilate proportionnellement à la dose employée. Introduite dans la circulation par la bouche, la surface d'un vésicatoire ou à l'aide d'injections sous-cutanées, elle ne tarde pas à se manifester par une grande sécheresse de la gorge, de la soif, de la dilatation pupillaire ; puis, si la dose a été assez forte : difficulté de parler et d'avaler, anesthésie de la face, mydriase excessive, céphalalgie, vertiges, délire ; battements du cœur tumultueux et variables, respiration courte, précipitée, quelquefois très -ralentie, paralysie, tremblement, quelquefois des convulsions, stupeur, coma et mort. — Si l'organisme résiste à l'empoisonnement, le retour à la santé est singulièrement rapide, ce qui tend à prouver que l'atropine change de nature dans l'économie, disparaît rapidement et ne s'accumule pas.
Usages et doses. — L'atropine est journellement employée à l'extérieur en collyres dans les maladies des yeux; à l'intérieur, contre les bronchites nerveuses, incontinence d'urine, constipation, scarlatine. — 1 à 3 millig. sous forme de granules; en injections sous-cutanées : 1 à 5 gouttes d'une solution à 1/100, contre les névralgies, sciatique, etc.
Chim. et toxic. — Les lésions cadavériques produites par l'atropine ne sont pas conslantes ni caractéristiques; la seule qu'on puisse noter est un état congestif général des poumons, des méninges, du cerveau et de la rétine ; on peut ajouter qques taches noirâtres de l'estomac, et une certaine fluidité du sang.
La recherche de l'atropine offre de grandes difficultés, à cause du peu de fixité de cet alcaloïde, et du peu de netteté de ses réactions, mais sa propriété spéciale et qu'elle seule possède à un tel degré, de dilater la pupille d'un animal vivant, est un caractère qui domine et efface tous les autres et lui constitue un véritable réactif. Voici, d'après Tardieu et Roussin, comment devra être instituée l'expérience : les organes et matières sont divisés finement avec des ciseaux, introduits dans un ballon de verre avec 4 fois leur poids d'alcool très-pur à 95°, auquel on ajoute assez d'ac. oxalique pur et finement pulv. pour que la liq., après une macération de deux heures au B.-M. à -{- 50°, conserve une réaction acide très-manifeste. On filtre; on épuise le résidu par des lavages à l'alcool; on réunit les liq., on
évapore au B.-M. à -J- 50°, jusqu'à consistance sirupeuse. On reprend par l'eau, qui élimine des mat. grasses et dissout l'oxalate acide d'atropine. La liq. est filtrée et reçue dans un tlacon à l'émeri contenant une vingtaine de gr. de chloroforme pur, puis additionnée d'une sol. de carbonate dépotasse jusqu'à réaction franchement alcaline. On agite vivement et on laisse reposer. Le chloroforme chprgé d'atropine est séparé et évaporé spontanément à une temp. de -\~ 40°. Le résidu sirupeux est traité par qques gr. d'eau acidulée à 1/2 0/0 par l'ac. suif. ; il en résulte la séparation des mat. grasses, color., etc., et une solution de sulfate propre aux expériences physiologiques. On peut la concentrer si sa saveur, à peine amère, indique qu'elle est trop étendue. — Avec cette liq. on pourra faire des expériences physiologiques par ingestion directe ou par la méthode sous-cutanée.
i° Par ingestion. On prend deux lapins de taille moyenne, à jeun depuis quatre heures au moins, qu'on place dans une pièce bien éclairée par la lumière diffuse, et l'on opère entre midi et deux heures. On s'assure que ces deux lapins ont des pupilles sensiblement égales. On fait avaler à l'un d'eux la moitié de la liq. obtenue ; l'autre sert de terme de comparaison. A partir de ce moment on examine attentivement les deux animaux,' et l'on note tous les symplômes; au bout de 20 à 30 minutes, la pupille est largement dilatée, quand la liq. contient de l'atropine.
2° Par la méthode sous-cutanée. On introduit avec la seringue de Pravaz 1 à 2 centim. cubes de liq. dans le tissu cellulaire sous-cutané. Les phénomènes commencent à se manifester, par cette méthode, cinq minutes à peine après l'opération.
On peut encore, même avec très-peu de mat. suspecte, obtenir un résultat en inoculant dans l'un des yeux du lapin 2 gouttes de solution et laissant l'autre comme point de comparaison. L'action étant presque immédiate, il faut la suivre incessamment, pour noter les phénomènes, avant que, par suite d'absorption, l'autre œil se trouve également influencé. Pour contrôler ses expériences, l'expert devra préparer une solution de sulfate d'atropine, d'un goût aussi rapproché que possible de celui de la liq. obtenue des organes, et avec ces deux liqueurs, faire des essais comparatifs sur deux lapins de même taille et de même âge ; il aura soin de noier tous les effets produits, dont l'accord sera de nature à produire la conviction du tribunal.
Des liquides intestinaux, de l'urine, l'atropine peut être extraite par la dyalise. On obtient ainsi une liq. propre aux essais physiologiques et aux réactions chimiques.
Les propriétés de l'atropine se retrouvent, quoiqu'un peu amoindries, dans la daturine et Vhyoscyarnine, qui sont des poisons également puissants, à effets très-analogues et dont la recherche devrait être tentée d'après les mêmes principes.
Voici les principales réactions de ces trois corps; l'ac. suif, concentré colore passagèrement l'atropine en violet, et développe une odeur de roses. Le tannin la précipite en blanc; le chlorure d'or en jaune, le chlorure de platine en jaune isabeile (le précipité est sol. dans l'ac. chlorhyd.) ; le bichlorure de mercure et la sol. de biiodure de mercure dans l'iod. de potassium, en blanc ; la teinture d'iode et l'iodure de potassium ioduré, en brun kermès. Le poids de l'iodure double de mercure et d'atropine permet de doser
AUNEE
cette dernière. D'après quelques chimistes, la daturine et l'hyoscyamine sont précipitées en blanc par le chlorure d'or et ne sont pas précipitées par le chlorure de platine.
Contre-poisons. — Vomitifs, café, purgatifs, saignée. On a beaucoup vanté l'opium comme un véritable antidote de la belladone et de l'atropine ; de nombreux cas de succès sont contre-balancés par des échecs complets.
Dissolvez à l'aide d'une goutte d'acide chlorhydrique. Quelques gouttes suffisent pour dilater la pupille.
Pommade d'atropine.
Pr. Atropine 0,25
Axonge 5,00
Matin et soir, on introduit gros comme une tête d'épingle de cette pommade entre les paupières pour détruire les adhérences cristalloïdiennes. (Bouch.)
Granules d'atropine.
Prép. c. les Granules de digitaline.
Alcoolé d'atropine. Gouttes ou teinture d'atropine.
Pr. Atropine 1
Alcool à 85» 40
Dissolvez (Bouch.), 1 à 5 gouttes en
potion.
Collyre^d'atropine pour dilater la pupille. (Bouchardat.)
Pr. Atropine 0,05
Eau distillée ci0,0
AUNÉE. Inula Helenium, L. — Composées.
Plante indigène, dont on emploie la racine comme toniqae, stimulante et diaphorétique. Utile contre le catarrhe chronique, la dysménorrhée, les maladies de la peau.
Odeur forte, poivrée; saveur camphrée, acre et amère. Elle contient une résine acre, un peu d'huile volatile, une sorte de camphre., et un glucoside (inuline) qui n'est pas bleui par l'amidon, et se dissout dans l'eau sans former de gelée.
Doses. — Poudre : i à 4 gr. Infusé : 20 : 1000. Extrait : 1 à 4 gr. Vin et Sirop : 1 5 à 60 gr.
Teinture d'aunée.
Prép. c. la Teinture de gentiane, avec 1 p. pour 5 p. alcool à 60».
Vin d'aunée.
Prép. c. le Vin d'absinthe.
Extrait d'aunée.
Prép. c. l'Extrait de gentiane. — Rendement : 21,3/100 Alcoolat d'aunée composé. ( Dorv. )
Elixir américain de Courcelles.
Pr. Racine d'aunée 640
— d'aristoloche .... 4^0
— de canne à sucre . . 480
— d° de Provence. . . 30
— d'asarum 10
de palmiste 10
Feuilles d'avocatier. . . .
— de millepertuis. .
— de sureau ....
— de croton bals. . .
— de romarin . . .
— de justicia pect. .
Fleurs d'oranger
Ecorce de bois de fer. .- .
Baies de genièvre ....
Fleurs de tilleul
Opium
Calebasse n° 1/2
Alcool rectifié 2000
Eau Q. S.
Cendres provenant de la combustion des mêmes plantes qui servent à la préparation de l'élixir 240
Faites infuser les quatre premières racines dans l'eau bouillante, Q. S. pour avoir 2,4 lit. de liqueur, fortement exprimée ; ajoutez-y toutes les autres substances divisées, puis l'alcool. Faites macérer 3 jours, et distillez toute la partie spiritueuse.
Exprimez le résidu, brûlez-le, ajoutez les cendres à la liqueur extractive avee- Q. S. d'eau pour distiller à feu nu autant d'eau aromatique qu'on a obtenu d'alcoolat; mêlez les deux liqueurs et colorez-les avec 60 gr. de coquelicots et 30 gr. de racine de garance ; filtrez.
Guibourt supprime les feuilles de palmiste et remplace la canne à sucre par Q. E de canne de Provence, les feuilles d'avocatier par du laurier commun, le croton bals, par la cascarille, le justicia pect. par l'acanthe molle, le bois de fer par l'écorce de Gayac.