Appareil urinaire d’un
Mammifère.
entourés de petits cônes ( calices ) qui s’ouvrent dans le bassinet.
Les matériaux de l’urine, séparés du sang, s’accumulent dans le bassinet, puis s’en échappent par les uretères (Ur), qui s’ouvrent dans la vessie (Bl), réservoir musculaire dont la base est formée par un étranglement et dont le sommet est le point de départ d’un cordon qui se rend à l’ombilic; ce cordon est Vouraque et c’est le dernier vestige de l’allantoïde. Les uretères débouchent séparément (1, 1) dans la vessie, mais il n’existe qu’un seul orifice et canal de sortie (2), l’urètre.
Appareil reproducteur. — L’appareil reproducteur comprend les organes males et les organes femelles, il est situé dans la partie inférieure du bassin et les conduits vecteurs ont des orifices externes distincts.
La glande mâle , toujours paire, se compose d’une grande quantité de tubes flexueux, dont l’épithélium produit les cellules maies.
La glande se développe dans l’abdomen sur le bord interne du corps de Wolff ou mésonéphros, dont les canalicules la pénètrent et deviennent les tubes séminileres.
Il est rare que la glande mâle reste dans l’abdomen , le plus souvent elle descend dans un canal situé au pli de l’aine ( canal inguinal) et se loge dans une poche musculo-cutanée, le scrotum.
La glande elle-même est composée d’une membrane fibreuse extérieure ( albuginée ) et d’un tissu à la fois conjonctif et vasculaire, qui renferme les tubes séminifères. En un point, la membrane albuginée montre un renflement ( corps de Highmore)r d’où rayonnent des prolongements qui divisent la glande en lobules. Les canalicules séminifères forment des pelotons, leur extrémité périphérique est un cæcum, mais vers le centre, ils se réunissent sous
forme de tubes droits qui, gagnant le corps de Highmore, y forment le réseau de Haller et sortent de l’organe sous le nom de canaux efférents.
Les conduits de la glande mâle sont pairs, sauf l’urètre. Ce sont Y épididyme, organe oblong résultant de la fusion des canaux efférents du testicule, auquel il adhère par sa partie antérieure. La partie postérieure se continue avec le canal déférent. Annexés à l’épididyme, on rencontre l’hydatide de Morgagni et le paradidyme, qui sont les derniers vestiges, l’un du corps de Wolff, l’autre du canal de Muller.
Le canal déférent présente près de sa terminaison une vésicule séminale , dont le conduit uni à ce dernier formé le canal èjaculateur .
Les canaux éjaculateurs débouchent dans l’urètre de chaque côté d’une crête médiane ( verumontanum ), au centre de laquelle existe l’orifice d’un petit cæcum, Yutricule prostatique. L 'urètre, qui s’étend du col de la vessie à l’extrémité du pénis, présente à considérer deux parties, l’une intra-pelvienne, membraneuse, l’autre extra-pelvienne, spongieuse, entourée d’un tissu érectile, corps spongieux, qui se termine par un ou deux renflements. A l’intérieur de l’urètre, s’ouvrent les orifices d’un certain nombre de glandes, dont la plus importante entoure le col de la vessie; c’est la prostate.
L’accolement de l’urètre à une tige érectile simple ou double ( corps caverneux ) constitue l’organe de l’accouplement, le pénis.
L’appareil femelle comprend aussi plusieur parties :
V ovaire, producteur des ovules, est toujours interne et souvent pair. Les ovules se forment dans des vésicules closes, ovisacs ou vésicules de de Graaf. Le développement de l’ovaire est identique à celui de H. Girard. — Zoologie. 14
la glande male, seulement l’épithélium péritonéal envoie bientôt dans la profondeur de l’ovaire des prolongements aveugles qui forment les vésicules de de Graaf. Les deux membranes, albuginée et conjonctivo-vasculaire, se retrouvent dans la paroi de l’ovaire. La seconde se différencie en couche corticale, où sont disséminés les ovisacs, et couche médullaire, qui jamais n’en renferme.
Les oviductes ou trompes de Fallope sont les conduits vecteurs des ovules. Ce sont des canaux musculo-membraneux, tapissés intérieurement de cils vibratiles. Leur extrémité externe est évasée en pavillon et s’ouvre près de l’ovaire; l’extrémité interne s’ouvre dans l’utérus.
L'utérus est un organe creux, dans lequel se développent les ovules. Il présente : \° une portion large, le corps ; 2° une portion rétrécie, le col. Sa paroi offre trois couches de fibres lisses; il est simple, bicorne, bifide , ou double .
Du col de Yutérus jusqu’à la vulve s’étend un conduit musculo-membraneux, le vagin, qui est un organe d’accouplement en même temps qu’un conduit excréteur; il est simple ou double ; le col de l’utérus y fait saillie.
La vulve est l’ensemble des organes reproducteurs externes. C’est une fente longitudinale, que terminent quatre replis cutanés externes et internes. Dans la commissure le plus éloignée de l’anus est un petit organe érectile, le clitoris, recouvert par les replis internes. Quelquefois il est traversé par l’urètre.
Chez tous les Mammifères, la femelle porte dos mamelles, glandes qui sécrètent un liquide, le lait , destiné à la nutrition du jeune.
Les mamelles sont toujours pourvues d’un prolongement que le jeune animal saisit avec ses lèvres ;
c’est le mamelon, sur lequel s’ouvrent les conduits vecteurs du lait ( canaux galactophores). Chez certains Mammifères, comme la Vache, les conduits galactophores se déversent dans un réservoir d’où le liquide s’échappe par un ou plusieurs trayons. Les glandes mammaires sont généralement superficielles et ventrales, mais peuvent être pectorales, abdominales ou inguinales.
Appareil locomoteur. — Chez les Mammifères, l’appareil locomoteur comprend les différentes parties énumérées à propos des Vertébrés en général.
Squelette. — Le squelette de la tête se divise distinctement en une face et un crâne.
La base du crâne comprend un occipital, un sphénoïde et deux temporaux. Le premier porte deux condyles s’articulant avec l’atlas.
Le sphénoïde se divise en un basi-sphénoïde, creusé d’un sinus et présentant une excavation, la selle tur- ■cique; un post -sphénoïde (grandes ailes du sphénoïde et apophyses ptérygoïdes) ; et un pré-sphénoïde portant les petites ailes et séparé des grandes ailes par la fente sphénoïdale. Entre le sphénoïde et l’occipital, s’étendent les temporaux, dans chacun desquels on reconnaît quatre régions : squamosale, tympanique, pétreuse et mastoïdienne. Le squamosal, qui forme la tempe, porte une apophyse zygomatique, qui s’unit à un os de la face, le jugal , pour former l 'arcade z ygomatique . Au-dessous de cette apophyse, dans une cavité glénoïdale, vient s’articuler le maxillaire inférieur. Le tympanique, qui dépend du squamosal, est en rapport avec l’os pètreux ou rocher, gouttière formant la caisse du tympan et le conduit auditif externe. Le rocher a la forme d’une pyramide : la base complète le conduit auditif et le sommet porte un trou donnant passage à la carotide interne. Le mastoïdien, situé en arrière du conduit auditif externe,
présente une apophyse mastoïde très développée.
La voûte du crâne comprend les frontaux et les pariétaux .
Dans la face, on distingue une région buccale et une nasale.
La première est formée de : 1° les maxillaires supérieurs, comprenant un pré-maxillaire ou os incisif. Le corps du maxillaire forme le plancher de l’orbite et est percé du trou sous-orbitaire, laissant passage à un nerf maxillaire ; 2° les palatins, en arrière des maxillaires, formés d’une lame verticale et d’une horizontale; celle-ci constitue la partie postérieure de la voûte palatine; celle-là, la paroi des fosses nasales ; 3° les jugaux ou malaires, formant la partie externe de la face ; 4° le maxillaire inférieur , seul os mobile du crâne, constitué par deux moitiés qui se soudent ou non.
Dans la région nasale, on distingue : 1° les nasaux ? os propre du nez; 2° les lacrymaux, petits et situés entre les os auxquels s’articulent les nasaux ; 3° Yethmoïde, placé en avant du sphénoïde ; 4° le vomer, qui forme la partie postérieure des fosses nasales.
L'hyoïde est impair et séparé du reste du squelette, il se compose d’un corps en forme de quadrilatère (basi-hyal), de deux cornes antérieures (cératohyal) et de deux cornes postérieures (thyro-hyal).
Le squelette viscéral est atrophié, il n’en reste que les osselets de l’oreille, vestiges du premier et du deuxième arc viscéral; le cérato-hyal et une partie du thyro-hyal sont les restes du deuxième arc ; le basi-hyal et l’autre partie du thyro-hyal sont les traces du troisième.
Les corps vertébraux ne sont point articulés entre eux, leurs faces sont planes ou très légèrement concaves, et l’articulation se fait par des zygapophyses, 4 (fig. 78), réunissant les arcs neuraux. On ne retrouve
les traces de la corde dorsale que dans les disques intervertébraux.
Le nombre des vertèbres cervicales est de sept. La première. Y atlas, supporte le crâne en s’articulant avec les deux condyles occipitaux ; la deuxième (axis) est munie d’une apophyse dite odontoïde , autour de laquelle tourne l’atlas; la septième présente une longue apophyse épineuse. Le nombre des
2, apophyses transverses. — 3, apophyse épineuse. — 4, apophyses articulaires.
dorsales est variable, mais si on les ajoute aux lombaires, le total fait un nombre variant de quatorze à trente. Le sacrum compte de deux à neuf vertèbres souvent soudées en un os unique. Le nombre des caudales est aussi variable. Elles sont soudées chez l’Homme en un seul os, le coccyx , tandis que chez certains animaux, on en compte quarante-six.
On compte chez l’Homme douze paires de côtes : sept rejoignent le sternum, ce sont les vraies côtes ; les cinq autres, fausses côtes , n’ont aucun rapport avec lui.
La ceinture scapulaire ou épaule comprend Y omoplate,
os plat appliqué contre les premières côtes, et la clavicule , qui réunit l’omoplate au sternum.
Dans la cavité glénoïde de l’omoplate s’articule Y humérus , cette cavité est surmontée d’une apophyse coracoïde. Le membre antérieur comprend trois os, Yhumérus, le radius et le cubitus. Les deux os de l’avant-bras peuvent être soudés ou non.
L’extrémité du membre se divise en carpe , métacarpe et doigts (Fig. 79).
Le carpe comprend sept os, disposés en deux rangées. Ce sont: le scaphoïde, s, le semilunaire , /, et le pyramidal , p; ces trois os forment le procarpe. Une deuxième rangée contient le trapèze , tz, le trapézoïde , t , le grand os, m , et le crochu , u; souvent le carpe présente un huitième os, le central, c, soudé au scaphoïde. L’ensemble de ces os forme le mésocarpe . Le métacarpe est formé d’os longs, que l’on trouve au nombre maximum de cinq. Certains de ces os peuvent disparaître, ou se fusionner, il en résulte un seul os long, le canon. Les doigts (1 à v) sont formés de trois phalanges, qui, chez certains animaux, comme le Cheval, ont reçu des noms particuliers : la première, le paturon; la seconde, l’os de la couronne ; la troisième, le pied.
La ceinture pelvienne comprend deux os iliaques ou coxaux , chacun relié en avant avec son symétrique et en arrière avec le sacrum.
L'iliaque, le plus large os du squelette, est formé par la soudure de trois os, ilion, ischion et pubis, soudés au niveau d’une cavité cotyloïde, qui reçoit, l’articulation du fémur. Chez les Mammifères implacentaires, sur le bord antérieur du pubis s’articulent deux os, qui soutiennent une poche abdominale ; ce sont les os marsupiaux.
Le membre inférieur comprend un fémur, un tibia et un péroné .
L’extrémité du membre inférieur se divise en tarse , métatarse et orteils (Fig. 80).
On peut distinguer dans le tarse un protarse et un mésotarse entre lesquels un os scaphoïde, n, joue le rôle du central dans le carpe. Le protarse contient le calcanéum , c, et Yastragale, a; ils correspondent au pyramidal et au scaphoïde; le calcanéum est l’os du talon. Le m,êsotarse comprend un cuboïde , c6, et
Fig. 79. — Extrémité du membre Fig. 80. — Extrémité du membre antérieur d’un Mammifère. postérieur d’un Mammifère.
trois tarsiens , 1,2, 3 ; le cuboïde est produit par soudure de deux tarsiens. Dans le métatarse et les orteils , on trouve la même disposition que dans le métacarpe et les doigts.
L’extrémité des membres, pied ou main, peut se modifier en aile, patte ou nageoire.
1° Aile. — L’humérus et le radius conservent leur valeur, mais le cubitus se réduit beaucoup, le pouce est court, les métacarpiens et les deux phalanges des doigts s’allongent, deviennent grêles et soutiennent une membrane. Le membre postérieur ne change pas; on trouve en arrière, dans le bord postérieur de l’aile, une pièce osseuse ou cartilagineuse, le talon , servant à la tendre.
2° Patte. — Les extrémités des membres perdent la faculté préhensile, ils ne servent plus qu'à la marche. Ils s’allongent verticalement et touchent le sol par l’extrémité des dernières phalanges. Le fémur et l’humérus, le tarse et le carpe restent courts et massifs; les phalanges s’entourent d’un sabot corné, les doigts médians prennent une grande importance aux dépens des autres, qui disr paraissent.
3° Nageoire. — Les membres antérieurs se modifient peu, les membres postérieurs s’atrophient. L’omoplate s’élargit, les os du membre antérieur sont raccourcis et aplatis, les doigts multiplient leurs phalanges et s’unissent par des muscles et des lames de tissu conjonctif.
L’articulation des os entre eux se fait par synarthrose ou suture (articulations immobiles) ; amphiarthrose ou symphyse (articulations semi-mobiles) , ou diarthrose (articulations mobiles).
Les mouvements des membres s’effectuent par l’activité de muscles toujours pairs et présentant à peu près la même disposition chez tous les Mammifères. On compte environ cinq cents muscles ; les plus importants sont :
1° Pour la tête : le frontal , Y occipital, les sourciliers , les muscles de V oreille externe , le releveur de la paupière et l’ orbiculaire ;
2° Pour la mâchoire : les maxillaires inférieurs et sus -hyoïdiens. Les premiers sont : le masséter , le temporal , les ptéry g oïdiens ; les seconds : le digastrique , le stylo -hyoïdien, le mylo-hyoïdien et les g énio-hy oïdiens ;
3° Pour la région du cou : les sterno-cléido-mastoïdiens, qui produisent la flexion et l’extension de la tête; les scalènes , les mouvements latéraux du cou; le droit latéral , l’inclinaison de la tête ;
4° Pour la région postérieure du cou : un muscle
du tronc, le trapèze, sous lequel sont les muscles chargés de donnera la tête des mouvements d'extension et de rotation.
5° Le thorax est couvert en avant parle grand pectoral, qui agit sur les bras. Latéralement, le tronc présente le grand dentelé et les intercostaux ; le trapèze agit sur les épaules et le grand dorsal sur les bras.
6° Antérieurement et latéralement à l’abdomen, le grand droit et le pyramidal fléchissent le tronc en avant ; entre les côtes et le bassin, le grand oblique, et au-dessous de luil e petit oblique, forment la paroi abdominale.
7° Le diaphragme sépare intérieurement le cœlome en deux parties; c’est un muscle en forme de voûte que traversent l’aorte, l’œsophage, la veine cave et le canal thoracique ; il s’attache aux côtes, au sternum et au rachis.
8° Le membre antérieur est mû de différentes manières par le deltoïde , le biceps, le brachial, le coraco-brachial et le triceps .
9° Le membre postérieur est soumis à l’action des fessier, couturier, biceps, triceps, fémoraux, droit interne et adducteurs .
Extérieur. — Animaux couverts de poils, porteurs de mamelles. Il y en a qui portent des cornes tantôt creuses, coniques, croissantes [bœuf), tantôt pleines, ramifiées ou non, dues à des ossifications dermiques {cerf).
Appareil phonateur. — L’organe essentiel de l’appareil phonateur est le larynx, avec les cavités pharyngienne, buccale et nasale.
Le larynx est suspendu à l’os hyoïde et surmonte la trachée ; il est constitué par quatre cartilages, deux impairs, thyroïde, c' et cricoïde, a; et deux pairs, les aryténoïdes, b, auxquels s’ajoute l’obturateur du larynx, l’épiglotte, d (fi g. 81).
La cavité laryngienne présente de chaque côté deux saillies horizontales dirigées d’avant en arrière, l’une est supérieure ( corde vocale supérieure ); l’autre inférieure (lèvre vocale) est un ligament élastique ( corde vocale inférieure). Un muscle double en dehors ce ligament. Les lèvres vocales délimitent la glotte , partie la plus étroite du larynx et par laquelle se fait la communication du pharynx et de la trachée.
Les vibrations des lèvres vocales gonflées, tendues et rapprochées par la contraction musculaire, mises en mouvement par le courant d’air expiratoire, produisent les sons, que modifient les cavités sus-laryngiennes. Les animaux possèdent la voix, l’Homme seul la parole (voix articulée).
Système nerveux. — Les enveloppes de l’encéphale et de la moelle sont au nombre de trois:
r , une dure-mère, une arachnoïde
Fier. 81. — Larynx de .
Mammifère. - i, 2, et une pie-mere.
articulations du cri- I. Moelle épinière. — Elle a la coïde. forme d’un gros cordon blanc
aminci inférieurement et pourvu de deux renflements, l’un cervical, l’autre lombaire, correspondant à l’origine des nerfs des membres. A l’intérieur, la moelle contient une colonne grise, creusée d’un canal central continué avec un filament creux entouré d’un prolongement de la dure-mère.
Extérieurement la moelle est formée de substance blanche ; elle présente deux sillons médians, a, p (fig. 82) ,
et deux collatéraux , qui la divisent en trois cordons de chaque côté : un antérieur, 1, un latéral, 3, un postérieur, 2.
La substance grise intérieure affecte en coupe transversale la forme d'un croissant de chaque côté. Chaque croissant a une corne antérieure , CA, une corne postérieure, CP, d'où partent les racines, RA, RP, des nerfs rachidiens. Les deux croissants sont unis par une commissure grise, x , qui forme le fond du
sillon médian postérieur et au centre de laquelle se voit la section du canal central tapissé par un épithélium cylindrique vibratile.
Les nerfs rachidiens partent de la moelle et sortent du rachis par les trous de conjugaison. On en compte chez l'Homme trente et une paires : six sacrées, cinq lombaires, douze dorsales et huit cervicales. Ils naissent par deux racines, l'une antérieure, l’autre postérieure. Cette dernière présente un ganglion spinal , au delà duquel la réunion des racines constitue le nerf. A leur sortie du trou de conjugaison, les nerfs spinaux se divisent en trois branches : l'une dorsale, l’autre ventrale et la troi-
sième viscérale ou ganglionnaire, qui se rend aux ganglions du grand sympathique. Les rameaux dorsaux innervent la tête, la nuque et le tronc; les branches ventrales restent isolées ou s’anastomosent en quatre grands plexus (cervical, brachial, lombaire et sacré), d’où partent des branches pour le tronc et les membres.
II. Encéphale — L’encéphale, partie du système nerveux central renfermée dans le crâne, se divise en trois parties : le bulbe rachidien inférieur, le cervelet postérieur et le cerveau supérieur.
1° Bulbe rachidien ou moelle allongée . — Portion de l’encéphale intermédiaire entre la moelle et le cerveau. A sa partie inférieure, le bulbe se confond avec la moelle, mais va s’évasant vers le haut, et le canal médullaire s’élargissant aussi, forme le quatrième ventricule, cavité bordée latéralement par deux cordons blancs ( corps restiformes) qui se rapprochent et le limitent inférieurement ( calamus scriptorius). A sa partie antérieure, le bulbe est formé de substance blanche et présente un sillon médian antérieur, séparant deux saillies longitudinales ( pyramides ) formées par les cordons latéraux de la moelle. Ceux-ci s’entre-croisent au fond du sillon ( décussation des pyramides). Latéralement, un sillon (sillon latéral du bulbe) sépare des corps restiformes une saillie (Y olive). Enfin, sur sa face postérieure, il présente un sillon médian postérieur, qui est le prolongement du sillon correspondant de la moelle
(fig- 83).
2° Cervelet. — Surplombe en arrière le bulbe. Se compose de deux lobes ( hémisphères cérébelleux , b, fig. 84) réunis par un lobe moyen, w. Composé de substance grise groupée autour d’une masse blanche. En coupe verticale, l’ensemble offre un aspect arborescent. Une masse grise entoure le noyau blanc,
et forme le milieu de chaque hémisphère. Trois sortes de pédoncules partent de la substance blanche du cervelet. Ce sont les pédoncules cérébelleux inférieurs qui unissent le cervelet au bulbe et forment les corps restiformes, les pédoncules cérébelleux supérieurs qui unissent le cervelet au cerveau ; et les pédoncules cérébelleux moyens qui unissent les hémisphères cérébelleux.
3° Cerveau. — Il termine l’axe cérébro-spinal. On peut le regarder comme formé de deux étages : le mésocéphale , en bas, et les hémisphères cérébraux au-dessus.
En avant du bulbe, et au-dessus, se trouve une proéminence blanche, le pont de Varole , dont la face supérieure fait partie du plancher du quatrième ventricule. Constitué par les fibres des pédoncules cérébelleux moyens et par le prolon-
Fig. 83. — Bulbe d’uu Mammifère.
— I, corps trapézoïdes. — o, olive.
gement des faisceaux longitudinaux du bulbe, le pont de Varole n’est développé que chez les Mammifères supérieurs. Au-dessus de lui, les fibres longitudinales du bulbe continuent leur trajet sous forme de faisceaux blancs divergents ( pèdoncides cérébraux ), qui présentent deux étages séparés par une masse grise ( locus niger).
Chaque pédoncule va rejoindre un gros noyau (corps opto-strié) que recouvre un hémisphère.
H. Girard. — Zoologie . 15
Au-dessus des pédoncules, on observe quatre mamelons de substance grise, les tubercules quadrijumeaux ou lobes optiques , deux inférieurs et deux supérieurs.
Le corps opto-strié se compose de deux gros ganglions, l’un postérieur ( couche optique ), l’autre antérieur ( corps strié) y séparés par un sillon dans lequel court un ruban gris (lame cornée ) recouvrant un ruban blanc ( bandelette semi-circulaire ). Entre les couches optiques, se trouve une cavité, le ventricule' moyen ou troisième ventricule, qui communique avee le quatrième par un canal (aqueduc de Sylvius) passant sous les tubercules quadrijumeaux. Le plancher de ce ventricule moyen est creusé en entonnoir (infundibulum ) et aboutit à un corps particulier, placé dansla selle turcique (hypophyse ou corps 'pituitaire) y tandisque son plafond est constitué par une voûte, le trigone cérébral ou voûte à trois piliers . Au-dessus des tubercules quadrijumeaux et en arrière du troisième ventricule, est un organe épithélial, rudiment de l’œil pinéal des Reptiles fossiles, c’est Yépiphyse ou glande pinéale.
Les hémisphères recouvrent l’encéphale à la façon d’une voûte. Ils constituent deux masses latérales séparées par une scissure inter -hémisphérique et réunies en bas par une commissure blanche, le corps calleux (mésolobe), spécial aux Mammifères. Chaque hémisphère est formé de substance blanche entourée d’une masse grise périphérique. La substance grise est formée par des expansions du pédoncule
Fig. 84. — Cervelet.
cérébral, par des fibres unissant l’écorce grise, et d’autres, issues du mésolobe.
Dans les corps opto-striés, le pédoncule cérébral forme une capsule interne constituée par des fibres blanches qui sortent en rayonnant vers l’écorce grise ( couronne rayonnante de Reil). On observe une seconde couronne blanche ( capsule externe ) entre le corps strié et une lame de substance grise (avantmur), séparée de l’écorce grise de l’hémisphère par une bande blanche. Le centre de chacun de ces derniers est occupé par une cavité ( ventricule latéral) dont le plafond est le corps calleux et le plancher le corps opto-strié. Sur la ligne médiane, chaque ventricule est séparé de l’autre par la cloison transparente (septum lucidum) allant du corps calleux au trigone. Un trou spécial ( trou de Monro) fait communiquer les deux hémisphères.
Outre le mésolobe et le trigone, trois commissures : une grise et deux blanches, relient les hémisphères cérébraux.
Chacun des hémisphères peut se décomposer en quatre lobes (frontal, pariétal, temporal, occipital) séparés par le sillon de Rolando , la scissure de Sylvius et la scissure perpendiculaire externe . Chaque lobe présente des replis contournés ( circonvolutions ) très développés chez l’Homme, moins chez les autres Mammifères.
III. Nerfs crâniens . — De l’encéphale partent douze paires de nerfs, dits nerfs crâniens , ce sont :
1° Nerf olfactif, — Développé chez beaucoup de Mammifères en lobe ou bulbe. Nerf de l’odorat.
2° Nerf optique. — Provenant des tubercules quadrijumeaux. Ils s’entre-croisent (chiasma) et s’épanouissent dans la rétine. C’est le nerf de la vision.
3° Moteur oculaire commun. — Agit sur tous les muscles de l’œil. Sa section amène le strabisme
externe, la dilatation de la pupille et la suppression de l’accommodation.
4° Pathétique. — Agit sur le muscle grand oblique de l’œil. Sa section amène la rotation de l’œil autour de son axe et la vue double (diplopie).
5° Trijumeau. — Mixte : nerf moteur pour les muscles masticateurs, et nerf de sensibilité générale pour toute la face. 11 innerve la pointe de la langue.
6° Moteur oculaire externe. — Moteur du muscle droit externe de l’œil, sa section amène le strabisme interne.
7° Facial. — Moteur des muscles de la face.
8° Auditif. — Nerf de l’audition. Sa section produit la surdité absolue et la perte de l’équilibre.
9° Glosso-pharyngien . — Nerf principal du goût. Innerve la base de la langue.
10° Pneumogastrique. — Nerf mixte pour l’appareil respiratoire, le cœur, le pharynx, l’œsophage, l’estomac et le foie. Sa section accélère les mouvements du cœur.
11° Spinal. — Moteur pour les muscles du larynx. Sa section amène l’aphonie.
12° Grand hypoglosse. — Nerf moteur de la langue. Sa section abolit les mouvements volontaires de cet organe.
IV. Système du grand sympathique . — Présente de chaque côté de la ligne médiane une série de ganglions symétriques deux à deux, allant de la base du crâne au coccyx. Les ganglions sont unis de chaque côté par un cordon, qui, réuni à son symétrique, forme le tronc du sympathique.
Les ganglions sympathiques reçoivent des branches venant des nerfs crâniens ou rachidiens, et en émettent qui se rendent aux autres ganglions et aux . viscères. Ces branches s’anastomosent pour former des plexus auxquels s’aj outent des ramuscules
du système cérébro-spinal. Les plexus principaux sont: le plexus cardiaque , le plexus solaire et le plexus hypogastrique . Le plexus cardiaque, voisin de la crosse de l’aorte, présente au centre un ganglion et envoie des blets au cœur. Le plexus solaire, voisin du tronc cœliaque, est parsemé de petits ganglions et fournit des filets nerveux aux rameaux de l’aorte. Le plexus hypogastrique, situé sur les côtés du rectum et de la vessie, innerve les viscères du bassin.
Organes des sens. — Toujours bien représentés chez les Mammifères.
Le tact a son siège dans des corpuscules logés dans les papilles du derme. Ce sont les corpuscules de Meissner et ceux de Pacini. Le sens du toucher s’exerce souvent aussi par des poils qui agissent comme transmetteurs de la sensation et la communiquent à des corpuscules spéciaux. D’autres fois les corpuscules subissent directement l’excitation.
Les organes du goût abondent sur la langue, ils ont la forme de bourgeons, parfois pédiculés (papilles caliciformes et corps fungif ormes). Dans les organes gustatifs, on distingue des cellules périphériques et des cellules sensorielles, celles-ci en rapport avec le cylindraxe d’une fibre nerveuse.
L’olfaction a son siège dans la membrane pituitaire, qui tapisse les fosses nasales et dans laquelle se ramifie le nerf olfactif. L’odorat est moins sensible chez l’Homme que chez les autres animaux.
L’organe de l’ouïe est l’oreille ; elle comprend trois parties : Y oreille externe A, Voreille moyenne B et Voreille interne C. Les deux premières sont des organes de transmission (fig. 85)..
1° Oreille externe. Deux subdivisions: pavillon 1, et conduit auditif externe 2.
Le pavillon est une expansion qui fait saillie hors du conduit auditif, il est constitué de pièces cartila-
gineuses recouvertes par la peau et pourvues de muscles plus ou moins bien développés. Le conduit auditif externe est limité intérieurement par la membrane du tympan 4, il est tapissé d'une peau renfermant des glandes sécrétant une substance cireuse jaune, le cérumen .
2° L 'oreille moyenne , creusée dans le rocher, comprend la caisse du tympan 3, en rapport par la trompe
d'Eustache 5 avec le pharynx ; sa paroi externe est la membrane du tympan ; l’interne est percée de deux orifices, la fenêtre ronde lOetla fenêtreovale 11, celle-ci supérieure, celle-là inférieure. La caisse est en rapport avec les cellules mastoïdiennes 6 du temporal. Du tympan à la fenêtre ovale s’étend la chaîne des osselets : marteau 7, enclume 8, os lenticulaire , étrier 9, dont le premier est en rapport avec le tympan et le dernier est appuyé sur la fenêtre ovale.
3° L'oreille interne ou labyrinthe est totalement close, et formée de deux cavités, l’une osseuse ( laby -
rinthe osseux ), l’autre membraneuse ( labyrinthe membraneux), emboîtée dans la première et renfermant un liquide albumineux, Yendolymphe ; un liquide de même nature, périlymphe , sépare les deux labyrinthes ; ils ne communiquent pas l’un avec l’autre.
On distingue trois parties dans le labyrinthe osseux : le limaçon 1 3, antérieur ; le vestibule 1 2, moyen; et les canaux semi- circulaires 16, postérieurs. Le vestibule occupe le centre du rocher; il contient deux vésicules membraneuses, Yutricule , contre la fenêtre ovale, et le saccule , inférieur, qu’un canal bifurqué relie à l’utricule. Ces deux vésicules présentent des épaississements ( taches auditives), au-dessous desquels se trouvent des cellules à poils dans lesquelles vient se terminer le nerf auditif ; au-dessus de ces cellules flottent des otolithes. Parmi les trois canaux semi-circulaires , deux sont verticaux, le dernier est horizontal. Chacun offre une ampoule ets’ouvreà ses deux extrémités dans le vestibule. Les ampoules présentent des épaississements ( crêtes auditives ), audessous desquelles sont des cellules à poils en rapport à leur base avec des fibres du nerf auditif.
Le limaçon est un tube enroulé en hélice, fermé à son sommet et contenant un autre tube membraneux, le canal cochléaire. Son axe est percé de trous, par lesquels passent des fibres du nerf auditif; c’est la columelle. Le canal cochléaire communique par le canal de Reichert avec le saccule; et aussi avec l’utricule et les canaux semi-circulaires par le tube bifurqué. Le canal cochléaire ne monte pas jusqu’au sommet du limaçon, dont il divise la cavité en deux rampes communiquant à leur sommet (hélicotrème).
Les deux rampes, pleines de périlymphe, comprennent entre elles le canal cochléaire, rempli d’endolymphe. L’une des rampes ( vestibulaire , 15) s’ouvre
dans le vestibule; l’autre (, tympanique , 14) aboutit à la fenêtre’ronde. Le canal cochléaire est fixé à son bord interne sur une lame osseuse ( lame spirale) et séparé de la rampe vestibulaire par la membrane de Reissner , tandis que la membrane basilaire le distingue de la rampe tympanique. Cette membrane est formée de fibres parallèles de plus en plus longues vers le sommet du limaçon. Sur ces fibres est disposé l’organe de Corti , composé d’arcs de Corti formés chacun de deux piliers ( piliers de Corti), l’un interne, l’autre externe. Au-dessous de ces arcs règne le tunnel de Corti , de chaque côté duquel sont des cellules auditives ciliées, externes et internes, en rapport à leur base avec les terminaisons des fibres nerveuses qui pénètrent dans le limaçon. Avant d’arriver à l’organe de Corti, ces fibres traversent le ganglion de Rosenthal , placé à la base de la lame spirale.
Le sens de la vue s’exerce par les yeux, auxquels s’ajoutent des organes accessoires.
L’œil, globuleux, est entouré par trois membranes (fig. 61, p. 183, et fig. 86) :
1° L’externe est fibreuse et composée de deux parties : la sclérotique , postérieure, opaque, blanchâtre (fig. 86, S), laisse passer le nerf optique N op ; la cornée antérieure, transparente et bombée; à la réunion des deux est un canal veineux circulaire.
2° La membrane moyenne est musculaire et se divise aussi en deux parties : la postérieure ou choroïde, Ch, tapisse la sclérotique ; l’antérieure, iris, est tendue en arrière de la cornée. La choroïde est souvent parsemée de cellules pigmentaires, qui peuvent manquer complètement (albinos) ou partiellement. En avant, la choroïde s’épaissit, et forme une couronne de plis rayonnés ( procès ciliaires ) entourant le cristallin. Entre les procès et la choroïde existe un
muscle ciliaire , dont les Fibres lisses sont, les unes longitudinales et vont de la cornée à la choroïde ; les autres, profondes, circulaires, forment un anneau autour du cristallin. L’iris est un diaphragme, libre sur ses faces, adhérent sur son pourtour, percé en son centre d’un orifice, la pupille, pouvant, sous Faction de fibres circulaires et radiées, s’agrandir et se
Fig. 86. — Membranes de l’œil.
rétrécir. La pupille est circulaire ou elliptique ; dans ce cas, son grand axe est vertical ou horizontal.
3° La membrane interne de l’œil est la rétine, R, formée par l’épanouissement du nerf optique ; elle se termine dans le plan équatorial de l’œil. A l’entrée, les libres du nerf optique forment une cupule , P, puis se recourbent en dehors pour ée terminer dans deux sortes d’organes : les bâtonnets et les cônes.
Chez les Mammifères supérieurs existe, en dehors de la pupille, une fossette, M, au milieu d’une tache
jaune ; en ce point les bâtonnets n’existent point, tandis qu’ils prédominent dans les autres régions. Les cônes font défaut aussi sur la rétine des animaux vivant à l’obscurité.
Entre la cornée et l’iris, la chambre antérieure de l’œil est remplie par un liquide incolore, l 'humeur aqueuse : il remplit aussi l’espace entre l’iris et le cristallin. Celui-ci est une lentille biconvexe, située derrière la pupille, il est enfermé dans une capsule transparente. Sa face antérieure est la plus bombée.
Entre le cristallin et la rétine s’étend un corps transparent, demi-fluide, le corps vitré , entouré d’une membrane transparente, hyaloïde. Celle-ci, en avant, se dédouble en deux feuillets : l’un se fixe sur la face antérieure du cristallin, l’autre passe derrière cette lentille. L’espace compris entre ces deux feuillets forme un canal circonscrivant le cristallin, c’est le canal de Petit.
Comme annexes de l’œil, on observe les sourcils et les paupières, organes de protection.
La face postérieure des paupières est tapissée par une membrane, la conjonctive, dont un repli constitue parfois une seconde paupière, membrane nictitante, qui ne recouvre jamais l’œil en entier.
La glande lacrymale, située à la partie externe et supérieure de l’orbite, présente des conduits [voies lacrymales ), qui se rendent à un sac lacrymal placé dans l’angle interne de la fente palpébrale ; un canal, partant de ce sac, s’ouvre dans les fosses nasales.
Les mouvements sont communiqués à l’œil et aux paupières par sept muscles qui sont : quatre muscles droits , le grand oblique , le petit oblique et le releveur des paupières .
Classification. — On distingue les Mammifères