‹ Aide-memoire du carabinier volontiare, comprenant une compilation des termes de commandement usites dan l'armee anglaise,... aussi Le manuel su sergentChapitre 26 sur 29 · DESCRIPTION DE LA CIBLE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE LA CIBLE

Comme il est impossible que le Volontaire puisse se procurer une cible en fer, telle que celles fournies par le gouvernement, il pourra lui en substituer une faite de la manière suivante :

Il fera faire un cadre en fer ou en bois, de la grandeur voulue, le couvrira de coton et d'une seconde couverture en papier, du plus fort ; il devra se pourvoir, dans les jours de pratique, d'un pot de colle et de petits morceaux de papier, d'environ deux pouces carrés, pour fermer les ouvertures pratiquées par les balles. Une cible, ainsi faite et réparée, pourra servir un temps beaucoup plus long qu'on pourrait le croire d'abord.

Lorsqu'il tirera à la cible, il sera du devoir du tireur de la placer au bas d'une côte où s'arrêteront les balles. On ne pourrait prendre assez de précaution lorsque l'on se sert de la carabine Enfield, car une balle, lancée par cette arme formidable, avec la charge de poudre ordinaire (2j drachmes), peut tuer un homme à 2000 verges et plus.

Il chargera son arme à balle, ne mettant dans le fusil qu'à peu près le quart de la charge voulue, et tirera à une vingtaine de pas de la cible, pratiquant tous les. jours, pendant à peu près une demi heure, et augmentant aussi tous les jours la distance ainsi que la charge de poudre, jusqu'à ce qu'enfin il arrive à trois cents verges.

A cet exercice l'on devra ajouter celui de juger les distances, c'est-à-dire de se rendre capable, en voyant un homme dans le lointain, de pouvoir juger à quel nombre de verges il se trouve.

Les quelques règles qui précèdent, quoique bien simples, comprennent à peu près tout ce qu'il y a à faire pour pouvoir se servir de son arme convenablement, et j'ajouterai que celui qui aura ainsi pratiqué, ayant plus tard l'avantage de suivre un cours régulier, parviendra à un degré de perfection dans cet art, qui dépassera toutes ses espérances et le mettra en état de pouvoir rendre les plus grands services à son pays.

Les devoirs du sergent-couvreur (covering sergeant) étant, dans tous les mouvements de compagnie et de bataillon, si importants et si variés, que j'ai cru devoir ajouter, dans cette Aide-Mémoire, quelques explications sur ce sujet, qui semble avoir été, jusqu'à aujourd'hui, presque oublié.

Art. 1. — Le devoir du sergent-couvreur consiste :

Premièrement. A toujours couvrir correctement son capitaine, lorsque sa compagnie est en ligne de bataille ;

Deuxièmement. De lui conserver sa place lorsqu'il est obligé de la laisser, excepté dans le cas où il pourrait être appelé lui-même ailleurs;

Troisièmement. De connaître l'espace que peut occuper sa compagnie, et de prendre pour elle le terrain nécessaire, lorsque celle-ci doit converser ou changer son front lorsqu'en ligne de bataille avec d'autre compagnie, ou en colonne.

Art. 2. — Lorsqu'une compagnie est en colonne serrée, à distance de section, ou avec distance entière, la place du sergent-couvreur doit être en arrière de la seconde file du flanc pivotant.

MANUEL DU SERGENT. à 45

Art. 3. — Lorsqu'une compagnie en colonne reçoit l'ordre de se porter vers un flanc (take ground to a flank), par quatre, le sergent-couvreur doit être en front et vis-à-vis les hommes du premier rang, excepté dans le cas où la compagnie serait en colonne serrée, le capitaine, à qui cette place appartiendrait, obligera le sergent-couvreur à se placer en avant des deux hommes du rang de serre-file.

Art. 4. — Lorsqu'une compagnie doit changer son front par une contre-marche, au mot d'avertissement, le sergent-couvreur avancera pour couvrir le capitaine, et au mot de commandement " March," fera volte-face et restera stationnaire, et aux mots de commandement " Hait," " Dress," reprendra sa place.

Art. 5. — Si la compagnie, étant en colonne de subdivision, reçoit l'ordre de se reformer, au mot d'avertissement le sergent-couvreur devra aller occuper la place où le pivot de la seconde subdivision devra s'arrêter.

Art. 6. — Dans le cas où la colonne, étant par section, recevrait l'ordre de se former par subdivision, le sergent-couvreur ira indiquer, en s'y transportant, l'espace que devra occuper la première subdivision lorsque le mouvement aura été exécuté.

Art. 7. — Lorsqu'un bataillon, en ligne de bataille, doit ouvrir ses rangs (take open order), le sergent-couvreur, aux mots de commandement " Rearranktake open order," fera un pas de côté, de 21 pouces, à gauche, occupant la place laissée vacante par le pivot du rang de serre-file, afin de laisser libre le passage aux officiers surnuméraires ; ceux-ci passés, il occupera la place du capitaine, en faisant un pas de côté, à droite, et un pas en avant.

Art. 8. — Le bataillon ayant reçu l'ordre de serrer ses rangs (take close order), le sergent-couvreur devra faire deux pas en arrière et un à gauche, et attendre que les officiers surnuméraires aient repris leurs places en arrière de leur compagnie ; ceci fait, il reprendra sa place à droite et au rang de serre-file.

Art. 9. — Lorsqu'une compagnie détachera quelques files (Break off files), le sergent-couvreur devra couvrir le capitaine jusqu'à ce que toutes les files aient repris leur place, en rang, avec la compagnie.

Art. 10. Lorsqu'une compagnie, marchant au pas ordinaire, reçoit l'ordre d'ouvrir ses rangs (take open order), le sergent-couvreur occupera la place laissée vacante par le capitaine, et aussitôt que le commandement sera donné de prendre le pas accéléré, il reprendra sa place, qui sera en arrière de la seconde file de la droite du rang de serre-file.

Art. 11. En colonne serrée de section, le sergent-couvreur devra couvrir le capitaine. (Ce cas fait exception.)

Art. 12. Lorsqu'un bataillon, ployé en colonne avec distance entière, droite en front, devra reformer la ligne de bataille, la conversion devant se faire sur la gauche, le sergentcouvreur de la première compagnie devra indiquer, en s'y transportant, la place qu'occupera la droite de sa compagnie faisant face au véritable front, levant l'avant-bras qui ne porte pas l'arme, et s'alignant sur les pivots des autres compagnies ; les sergents-couvreurs des autres compagnies se transporteront sur le flanc droit de leurs compagnies respectives, et conduiront ; après la halte, ils conserveront la place de leur capitaine, et lorsque les mots de commandement " Eyes front" seront donnés, pour livrer passage aux capitaines, ils prendront deux pas en arrière et un pas à gauche ; ceux-ci étant passés, les sergentscouvreurs reprendront leurs places en faisant un pas de côté à droite, et un en avant, et couvriront leur capitaine.

Art. 13. Lorsque la colonne sera gauche en front, les compagnies devant converser en ligne de bataille sur la droite, le sergent-couvreur de la compagnie en front indiquera, en s'y transportant, la distance que doit occuper sa compagnie, et ceux des autres compagnies garderont leurs places respectives, jusqu'à ce que le mot de commandement " March" soit donné ; alors se transportant à la droite de leur compagnie, ils y retiendront la place de leurs capitaines, et aux mots de commandement " Eyes Front " ils agiront tel que mentionné dans l'article 12.

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